‹ Commerce entre l'Espagne et ses provinces ultramarines et les provinces confédérées de la Puissance du Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 34 sur 42 · LÉ SL OI ON 0) PP · texte numérisé non relu

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La plus grande partie des importations faites par le Canada, venant de l'Espagne et des provinces ultramarine espagnoles consistait en sucre, mélasse et jus de canne, selon j'ai plusieurs fois indiqué. Un coup d'œil aux chiffres suivants constatant les importations des dits articles pour les années 1870 et 1877, démontrera

jusqu’à quel degré déplorable ce commerce est tombé : Jusq q 8

Sucre de toutes les qualités...$1,897,859 … $292,524 HOT ee 630,896 … 172,299 Jus de canne... … oo GUREORL

Cette diminution est due sans doute à la politique qui a eu pour résultat la fermeture de nos raffineries de sucre.

Comme M. Thomas White à remarqué dans son discours, prononcé le 23 septembre dernier. ‘“ Pendant que les raffineries de sucre était en opération, les importations de sucre par le Canada des Antilles anglaises et espagnoles en 1873-74, se montait à 264 millions livres de sucre, et de l'Amérique du sud et du Brésil, à plus de 104 millions, on a permis la clôture des raffineries de sucre à cause du procédé d’un gouvernement étranger

qui donnait des bonus à leurs raffineries de sucre, afin de leur permettre d'écraser les raffineries canadiennes. Le résultat a 6té qu'aujourd'hui l'importation nous arrivant des Indes est réduite de moitié, et que du Brésil, l'année dernière, pas une livre n’a été importée,” et il ajouta :

“ Prétendra-t-on que ceci intéresse peu le Canada et des communautés commerciales comme celles des cités de Montréal, Toronto, Halifax et St, John, que de faire commerce direct ou non.”

Que la chute désastreuse d'une branche de commerce jadis florissante est due au système de bonus, établie par les Etats-Unis, est évident par le fait que pendant les cinq dernières années dans lesquelles cette diminution a eu lieu, le tarif des droits de douane en Canada, n'a été que très-peu changé, tandis que les Etats-Unis ont réussi à détruire les raffineries canadiennes, et le gouvernement Canadien ne fit rien pour rencontrer les tactiques de leur voisins. Moi-même je n'ai pas voulu, et je ne pouvais pas dans le temps faire connaître cet état de choses officiellement, jusqu’à ce que la paix eût été déclarée à Cuba, parce que cette question du sucre « rattachait à celle du travail non employé et du socialisme, et le seul exposé de ces faits devant le public pourrait produire le résultat auquel j'ai fait allusion dans une autre partie de mon rapport; c’est-à-dire, d’inspirer l'idée au gouvernement, s'il ne l'avait pas déjà, et dans le cas où il l'aurait eu, de le déterminer à encourager le mouvement de plusieurs milliers d'ouvriers sans emploi vers le théâtre de l'insurrection à Cuba, Ce mouvement aurait empêché les derniers troubles survenus au Canada, ainsi que les dissensions politiques, améliorant momentanément l'état de choses à l'intérieur du Canada, de même qu’une saignée sauve le pléthorique

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au moins pour un instant. Quelques heures après que la paix fut proclamée à Cuba, Jj'eus le plaisir d'avoir une conversation avec Lord Duflerin, et dans le cours de notre entretien j'amenai cette question sur le tapis, et d'après la surprise dont il parut frappé, j'en con. clus, que la question du commerce du sucre avait été traitée quelque part de telle manière, que le gouverneurgénéral du Canada même ne s'était pas convaincu auparavant de tout le tort qui en résultait pour la Puissance, Je crois pouvoir dire, ainsi, que j'ai en quelque sorte contribué au changement qui s'opère aujourd'hui par rapport à cette question, et cela pour plusieurs raisons ; une des principales est que je connais $. E, le Comte de Dufferin, pour un homme si droit et si honnête sous tous les rapports, que je suis assuré qu'il n’est pas demeuré inactif après notre conversation.

Un marchand canadien écrivant an merce du Canada, dit :

“ Le verdict du peuple du Canada pour une politique de protection en faveur des

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lustries du pays, a été rendu d’une manière formelle aux dernières élections générales, et les nouveaux ministres, avec une immense majorité, ont aujourd'hui la meilleur occasion possible de mettre en pratique ce qu'ils ont prêché en théorie pendant si longtemps. La « politique nationale ” pourra: t-elle satisfaire tous les besoins et faire disparaître la crise financière qui a tant contribué à la chute du gouvernement McKenzie ? Ceci est une antre question, mais on ne peut douter, que la mise en pratique de cette politique, vu la diversité des objets mis en jeu et la position géogra Phique de la Puissance, ne soit accompagnée de nombreuses difficultés, et que les résultats causeront du désappointement à un grand nombre de ceux qui fondaient sur cette politique leurs plus belles espérances. En Angleterre, on considère le résultat des dernières élections comme un déplorable abandon des

grands principes du libre échange. Mais la majorité de la presse anglaise ne considère pas ou ne comprend pas la position particulière du Canada, assiégé de tons côtés par une nation ayant une population dix fois plus nombreuse que la sienne, et dont les citoyens sont des ardents défenseurs de la protection, toujours prêts à tirer avantage du tarif établi, et à vendre au Canada autant qu'ils peuvent, faisant de la Puissance un marché à sacrifice et accordant une prime à leurs manufactures pour toutes les marchandises qu’elles peuvent y entasser; mais avec une muraille de la Chine de leur côté, fermant l'entrée de leur marché à presque tous les produits que les canadiens peuvent y vendre.

“ Cet état de choses est téllement compris au Canada, que méme parmi les partisans du gouvernement réformiste, on en comptait un grand nombre dont les principes étaient en faveur d’une protection modéré». Le résultat étonnant des élections dans la province d’On: tario, montre jusqu’à quel point cette idée, et le désir du changement ont fait de progrès dans cette province.

“ Laissant de côté la question de parti, il est important de considérer attentivement les arguments des promoteurs de la “ politique nationale” Dans une brochure préparée pour la campagne électorale, publiée par la Gazette de Montréal, on trouve les chiffres et les arguments suivants, dont plusieurs ne sont certainement dénués de raison. La brochure en question nous fait voir qu'il y eût 1890 faillites au Canada durant l'année 1877, ce qui donne une faillite par chaque 39 marchands; tandis qu'aux Etats-Unis la proportion est d’une faillite par chaque 69.

“ Les chiffres des importations et des exportations du Canada pendant cinq ans sont aussi donnés, pour mon: trer combien la combinaison d'une politique de libre échange de la part du Canada avec une politique de

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protection de la part des Etats-Unis, ses voisins, est dommageable aux intérêts de la Puissance,

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