‹ Commetaire sur l'Évangile selon Saint MatthieuChapitre 19 sur 89 · Ainsi vous traitera mon Père céleste, si · texte numérisé non relu

Ainsi vous traitera mon Père céleste, si

vous ne vous pardonnez pas les uns aux au-

tres.

Si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux.

Y a-t-il quelque liaison entre la fin du précédent chapitre et le commencement de celui-ci ? Entre « ces enfants qui sont libres » et « ces petits « enfants qui seuls pourront entrer dans le « royaume des cieux; » entre « ces rois de la

« terre qui imposent le tribut, » et « ces humbles

qui sont les plus grands dans le ciel? »

Quoi qu’il en soit, Jésus vient de parler des rois de la terre et des enfants des rois, qui sont libres à l’égard du tribut. En ce moment, dit l'Évangile, les disciples s’approchent et demandent au

Sauveur : « Qui donc est le plus grand dans le

Ri Ë Le

« royaume du ciel? » Et le Seigneur, qui ne s’est

point OCCUPÉ directement de réformer les sociétés

par le dehors, et qui vient de parler un instant du pouvoir, du tribut et de la liberté, rentre dans les profondeurs ordinaires de son enseignement, et retourne au-dedans des choses, aux causes, à l’âme, à Dieu, à la loi principale et centrale de la vie.

Le plus grand dans leroyaume du ciel, dit-il à ses

disciples, le voici : Etil leur montreun petit enfant. $e O glorieux maitre! vous êtes bien toujours en 7 effet Dieu enseignant |

« En vérité, je vous le dis, si vous ne vous con:

Le)

vertissez, et ne devenez pas comme de petits en-

« fants, vous n’entrerez pas dans le royaume des

« CIeUX. »

« Quiconque se fait petit comme cet enfant, « celui-là est le plus grand dans le royaume du « ciel. Et celui qui reçoit un de ces enfants en « mon nom, me reçoit! Et quiconque scandalise « l’un des petits qui croient en moi, il vaudrait « mieux pour lui qu’on lui liât une meule au col, «et qu’on le jetàt dans la mer. »

Je me souviens encore de l’état d'âme où je vivais, lorsque j'étais un tel enfant. Beaucoup d'âmes se souviennent toujours de leur première et céleste enfance, et elles comprennent ces discours du Christ.

Au sein des sociétés chrétiennes, l'enfant régénéré dès le berceau par la vertu vivante du christianisme est une merveille encore inaperçue ! Les mères s'en doutent, chacune pour son enfant, lorsque dans leur amour et leur admiration, j'allais dire dans leur adoration, elles sont tentées de

pousser en leur cœur ce cri d’orgueil qu'un ancien

attribue à la première femme qui fut mére, en présence de son premier-né : « Ah! je possède F « l’homme-Dieu ! » :

Et si cette mère respecte, admire et contemple ainsi son enfant au nom du Christ, c’est le Christ qu'elle reçoit : £t qui suscipit unum talem parvulum in nomine meo, ME suscipir. « Celui qui reçoit «en mon nom cet enfant, c’est moi-même qu'il « reçoit. »

Et si l’on demande le sens vrai, scientifique et théologique de ces mots, qui ne semblent que poésie, il est facile de le trouver.

D'abord toute âme humaine est un trésor plus beau, plus grand, plus riche qu'un monde ou qu'un soleil. Et c’est un article de foi catholique . que Dieu même, en essence et substance, est au centre de toutes les âmes. Le Verbe même, le Verbe-Dieu présent, porte toute âme par sa racine, comme étant son principe créateur et sa source vivificatrice. Et, en ce sens déjà, quiconque reçoit une âme au nom de Dieu reçoit Dieu. Mais pourtant, que sont les millions d’âmes qui naissent chaque jour, et que nous voyons, par le fait, s’affaisser dès leur première enfance, et couler tout entières sur la pente ignoble des

sens, de l’égoisme impitoyable, du vice et de l'ini-

quité ? Ce sont les âmes malades, blessées, déchues, telles qu’elles viennent en effet dans ce monde, Ce fait, qu'on le comprenne ou non, nous le voyons! Mais il y a dans la société chrétienne, dans la divine force de l'assemblée des hommes unis entre eux avec Dieu, dont le Verbe incarné est la vie et le sang, il y à un pouvoir régénérateur, qui non-seulement guérit les plaies de la génération, mais en outre inocule à l’âme le Christ lui-même avec tous ses mystères, tous ses pouvoirs, toutes ses beautés, tous ses trésors! Telle est notre foi catholique, et je déclare que de tout mon cœur, et de tout mon esprit, de toute ma science, de toute mon expérience et de toutes mes forces, je m'y attache et je m’y tiens dans une solidité et une sérénité croissantes.

Mais, s’il en est ainsi, si telle est l’âme régénérée, il est vrai que celui qui reçoit un pareil enfant recoit en effet Jésus-Christ. Et dira-t-on que nul ne peut se souvenir du temps dont parle le Seigneur quand il dit : « Craignez de mépriser un « seul de ces petits. Je vous le dis, leurs anges « au ciel voient sans cesse la face de mon Père « qui est au ciel. » Cherchez bien, et vous vous souviendrez peut-être.

Ne vous souvient-il pas des immenses splen-

deurs de justice, de vérité, de foi, de compassion, d'amour, qui planaient alors sur votre âme, et que reflétait l’innocente et angélique figure de votre enfance? C'était là, sur votre âme et sur votre face, c'était le reflet de votre ange, qui contemplait au ciel la face du Père.

Hier même, dans la rue, pourquoi ce tout petit enfant, aux bras de sa nourrice, s'est-il penché vers moi en me souriant? Pourquoi? Parce que son ange qui voit le Père le lui disait. Pour moi, saluant cet enfant avec respect et avec amour, j'ai voulu saluer Jésus enfant lui-même, présent par le baptême et par la création en cet ange innocent. Oh! oui, j'étais ainsi dans mes premiéres années, et vous aussi, mon frère. Je ne croyais qu’à. la bonté, à la beauté et à l'amour universels. Je ne croyais qu’à la justice et à la vérité. Je ne pouvais me douter du mensonge ni de la haine. L'erreur, le mal, la mort, n’existaient pas pour moi, et m’étaient incompréhensibles. Mon père, ma mére, me paraissaient puissants comme Dieu, bons, sages et beaux comme des anges. C'était toujours le reflet de l’ange qui contemple la face du Père.

Mais que dire des immensités d'espérance et des splendeurs d'amour et de beauté qui, comme

un ciel radieux, enveloppent et pénètrent l’âme!

LES ENFANTS. " Et cette puissance de certitude, et ces pressentiments réels de l'infini. La le doute n’entre point, ni le scandale, ni la vue de lobstacle. L'ange voit Dieu, et les âmes des enfants sont d’abord pénétrées d’infini et de perfection ! Je comprends cette jeune fille qui, apprenant, comme première révélation du mal, qu'un homme avait tué un homme, s’évanouit. La première fois que je fus témoin d’un acte d’oppression, l’étincelle électrique d’une colère formidable faillit briser mon cœur dans ma poitrine. Et que dire de mon étonnement, de mon abattement et de ma douleur, le jour où j'appris qu’il y avait des pauvres, des mères et de petits enfants qui avaient faim et demandaient leur pain ! Et lorsque, aussitôt décidé à tout faire afin qu'il n'en fût plus ainsi, l’on m'arrêta, et l’on m'apprit qu'il en avait été ainsi dans tous les temps et qu’on R°y pouvail rten changer, à Dieu! à maître bien aimé! le grand soulevement d'âme que je sentis alors et qui me vint de vous, de vous, Seigneur, présent dans mon ame innocente, fut peut-être le commencement de votre appel, et de l'attrait qui m'a conduit à vous comme un ouvrier de votre œuvre.

Oui, l’on dit aux enfants qu'il faut s dabirae

aux larmes et aux souffrances d'autrui, Puis qu'il

faut se soumettre aux injustices qu'on ne peut empêcher. Puis qu'il faut de son mieux chercher son intérêt. Puis aussi que l’on peut mentir. Et enfin que le vice est bon.

Et j'ai vu, sous le venin mortel de la parole et de l'exemple, j'ai vu d'angéliques créatures, des enfants qui portaient Jésus-Christ, précipités en quelques jours dans la laideur odieuse et dans la fange, et rouler à l’état de brutes dans le ricanement du vice et la bassesse de l’incrédulité? Mes yeux ont vu cela!

Et vous croyez qu'il n’eüt pas mieux valu pour ces meurtriers, avant de tels crimes, d’être euxmêmes jetés dans la mer avec une meule au col!

Mais, Ô Seigneur, y a-t-il une ressource pour ces pauvres empoisonnés? Oh! oui, car vous le dites, la volonté de votre Père, qui est au ciel, n'est pas qu'un seul de ces petits se perde. Et ailleurs vous le dites encore : « Le Fils de « l'homme est venu pour sauver ce qui était « perdu. » Vous poursuivez, Seigneur, chaque ame perdue comme un berger poursuit et cherche la brebis perdue. Et lorsque vous avez saisi cette ame blessée, vous lui dites : Courage! Vous étiez morte, voici la vie! Mais, courage; car il faut

maintenant de la force! Coupez et retranchez !

Maintenant, pauvre enfant, prends de la force et deviens homme : Confortare et esto vir. Voici le rude labeur de la virilité. Voici la guerre et le combat. IL faut savoir donner son sang plutôt que de fléchir devant le mal. Il faut savoir, dans les grands moments, supporter la mutilation de ses membres, et les glorieuses blessures qui maintiennent l’homme en possession de la justice et de la vérité, de la patrie et de la liberté. Et beñucoup d'hommes l’ont su, et le savent encore aujourd’hui par toute la terre.

Mais rentrons dans le point de départ de cette méditation : Se faire petit comme un enfant pour ètre grand dans le royaume du ciel! Moi qui suis homme depuis longtemps, puis-je donc redevenir enfant? Je le dois, je le puis, et quant à moi, à maitre | moi qui médite ces choses en ce moment, oui, Je dois dire que vous me les avez montrées depuis bien des années. Oh! que ne puis-je enfin les pratiquer !

Se faire petit comme un enfant, pour étre grand dans le royaume du ciel, c’est encore une des lois de la vie, et l’une de ces formules évangéliques, éternelles et universelles, d’une profondeur divine et d’une précision magnifique.

Moi qui, peut-être, ai dépassé l’âge mür, et qui

connais par une longue et dure expérience toute la vie et loute sa misère, tous ses scandales, tous ses obstacles, et cette espèce d’impossibilité uni- verselle et d’inintelligence endurcie qui arrête et opprime chaque homme, chaque peuple et tout le genre humain; moi qui m'avance vers les tristesses du soir et vers la décoloration du ciel; moi qui me suis, comme tous les hommes, développé depuis tant d'années en une grande multiplicité de pensées, d'efforts, de relations et d'entreprises ; moi dont le cœur est toujours plein et de regrets et de recherches; dont l'esprit est chargé d'objets, aveuglé de débris, nombreux et stériles comme poussière; moi qui ressemble ainsi à un vieil arbre planté près d’un chemin sous la poussière et sous les accidents, à bout de développement, chargé de branches trop nombreuses et trop longues, qu'il ne peut plus remplir de séve; oui, moi, malgré tout cela, je pourrai revenir de cette sécheresse et de cette vétusté, de cette stérile grandeur, de cette multiplicité onéreuse; je pourrai revenir à la simplicité, à la fraicheur, à la séve, à la joie de l'enfance! Quel miracle divin! Gloire à Dieu ! j'ai compris. Heureux, heureux sommesnous, si l'Évangile est vrai. |

C'est donc bien l’art de rajeunir que vous nous

apportez, Ô Maitre; l’art de se rajeunir en restant homme, en conservant sa stature et ses forces, sa science, son expérience et tous les fruits du tra-. vail de la vie. Ramener par la force de Dieu tout mon être si développé, si multiple et si dispersé, … à l’unité vivante, à la simplicité centrale, à l’humble source d’où coule la vie; retrouver ces fraicheurs, ces fécondes profondeurs que j'avais délaissées pour cultiver et pour enrichir mes dehors ; creuser si droit vers la source intime, qu'elle jaillisse sur toute la surface; à travers l'analyse de mon être, retrouver son ensemble simple ; revenir après tant d'épreuves, de décepüons et de contradictions, revenir à la joie, à la confiance, à l'enthousiasme, à la foi de l'enfance. au sens de l'infini et de la perfection; après avoir traversé en tous sens cette vie finie, ce monde borné, trouver enfin son rapport au ciel, à l’immortalité : Dieu soit loué! voila ce que l'Évangile donne, voilà la bonne nouvelle, la régénération, la vie du troisième jour, la mort par la croix

pour renaitre, la vie ressuscitée. Dieu soit loué !

F à F Lorsque deux ou trois sont unis en mo nom, je suis au milieu d’eux.

= Voici d'autres mystères plus beaux peut-être “encore.

Le Maitre vient de nous dire comment il faut redevenir enfant pour être grand dans le royaume du ciel; comment il faut toujours ramener toutes nos forces, cœur, esprit, corps, à la jeunesse centrale de l'âme, à la source vive qui est Dieu, pour que vie et Jeunesse refluent sur tout l’ensemble et sur tous les détails, et qu’il n’y ait, dans l'être entier, aucun point trop éloigné du sanctuaire, trop isolé du tout. |

C'est la loi de l’union de l’homme avec luimême et avec son principe.

Voici maintenant la loi de l’union des hommes entre eux et avec Dieu, union qui est l'essence de la religion et le but de la création et de la régénération! Voici le fond des choses.

Le Christ, en venant sur la terre, a incarné, organisé, rendu visible l'ouvrage suprême, qui com- :

mencça au premier jour du monde, et qui est l’assemblée de Dieu, l'ÉcLise , ce mot. dont les

hommes de nos jours ignorent absolument le

sens. Or voici la propre “essence de l'Église : «de « vous le dis encore une fois, que si deux d’entre. « vous sont unis sur la terre, quoi qu'ils demant,;, à « dent, il leur sera fait par mon Père, quiestau « ciel. Car, lorsque deux ou trois sont unis en mon & « nom, je suis au milieu d'eux! » Cela même, c’est l'assemblée de Dieu. S'il n'y avait dans l’universique deux êtres humains, deux esprits libres, unis entre eux, Dieu même serait au milieu d'eux, et ces trois-là constitueraient l’Éelise, Or cette assemblée: d’êtres intelligents et libres, ayant VPamour et la lumière, vivant en un dans l'unité de Dieu, a existé dès l’origine : Æcclesia primutivorum. Mais le Verbe incarné , venu sur terre, rend manifeste cette assemblée, l’organise et lui donne des pouvoirs divins! Et quels pouvoirs ? Tous se ramènent à un. Le pouvoir tout divin d unir les hommes entre che et avec Dieu. Et comment? En pardonnant l’ offense , loffense à la justice, à la vérité, à l'amour, l’offense qui sépare. manifestement l’offenseur de ceux qui sont unis entre eux et avec Dieu, dans la juste dans la vérité, dans l’ amour!

Mais combien de fois, dit saint Pierre, pardonnerai-je à mon frère ses offenses ? Sera-ce are à sept fois ? ù |

ls à : « Je ne dis pas jusqu’à sept fois, « mais jusqu'à soixante et dix fois sept fois. » Et & les Pères de l’ Église se demandentsi après soixante et dix fois sept fois, exactement comptés, il faut … cesser de pardonner. Non pas, car ce nombre employé par le Maitre one qu'il faut indéfiniment pardonner. | sé Ainsi une pauvre âme isible: encore peu du:

mineuse et peu aimante, se dédchisa mille et mille fois, par l’offense, de la sainte assemblée céleste qui vit en Dieu : les Apôtres ont le pouvoir de lui pardonner, et de lui pardonner encore, et de la rattacher encore : « Tout ce que

« vous lierez sur la terre sera lié au ciel, etce

« que vous délierez sur la terre sera délié dans le «ciel. » Vous, cœurs unis, demandez avec foi la réunion des séparés, vous l’obtiendrez du Père qui est au ciel. ne Mais n'y a-t-il donc point de condition : à ce retour en grâce de l’égaré? Il y en a une seule, qui. suffit, mais qui est ‘manifestement nécessaire. Il faut que l’égaré ne persévère pas librement dans son égarement. Cherchez-le, cherchez-le partout, comme le berger cherche sur la montagne la brebis qui s’est égarée. Saisissez-le vous seul et en

secret ; allez, saisissez-le; que tout se passe entre

lui seul et vous. Oui, dis-je, saisissez-le, embrassez-le, prenez-le corps à corps, d'âme à âme, et dites-lui: Reviens! reviens! Il faut qu’il y consente; car c'est une brebis libre; vous ne pouvez pas l'emporter corporellement comme un berger porte un agneau. « S'il vous écoute, vous aurez « gagné votre frère! » S'il ne vous écoute pas, prenez ün ou deux frères comme témoins; peutêtre la force morale de plusieurs pourra-telle conquérir cet esprit et cette volonté: S'il n’écoute pas encore, prenez à témoin l'Église même, car peut-il résister à la puissante assemblée de Dieu! S'il y résiste, il est bien séparé librement et déeidément. Laissez-le, qu'il soit un inconnu pour vous. C’est le dernier moyen de le gagner. « Quand « vous aurez tout fait pour ramener un cœur qui « s'éloigne de vous, dit un profond observateur, « il vous reste un dernier moyen, c’est de ne plus « rien faire. »

Ainsi s’exercera, dans le prochain grand siècle religieux, la nécessaire inquisition des âmes. Chercheurs d’âmes, allez et recherchez par les sentiers les plus arides toutes les âmes séparées ! Et puis ramenez-les comme il vient d’être dit.

Mais pourquoi l'Évangile ne nous parle-t-il

donc que des offenses d’un frère envers ses

frères, et non pas des offenses de l’homme à Dieu. Voici pourquoi. C'est que Dieu, quant à lui, se charge de pardonner tout ce qui s’est fait contre lui, lorsque les hommes se seront pardonnés entre eux.

C’est qu’en effet, dit le Seigneur, le royaume du ciel est semblable à un roi qui règle ses comptes avec ses serviteurs. En voici un qui est chargé d’une dette énorme envers le roi. Il lui doit mille talents! II demande un répit avec larmes, et le roi lui remet toute sa dette. Mais voici qu à peine libéré, il saisit à la gorge et menace d’étouffer un débiteur qui lui doit cent deniers. Malgré ses larmes, il le fait jeter en prison. Le roi l’apprend et dit à ce méchant : Sur vos prières, ne vous avaisje pas tout remis? Et vous, vous voilà sans pitié. Vous serez enfermé jusqu’à ce que vous rendiez le tout.

« C’est ainsi, dit Notre-Seigneur, c’est ainsi que « mon Père, qui est au ciel, vous traitera, si cha- « cun, du fond de son cœur, ne pardonne pas à «son frère ses offenses. » Et cette parole nous rappelle celle de l’Oraison dominicale. « Et par- « donnez-nous nos offenses, comme nous les par- « donnons à ceux qui nous ont offensés. »

L'union des hommes entre eux et avec Dieu est

un seul état simple. Si les hommes sont unis entre eux, par cela même Dieu est au milieu d'eux. L’Évangile vient de l’affirmer. Par cela même qu’ils ne sont pas unis entre eux, par cela même Dieu n’est pas avec eux. Qu'ils s'aiment les uns les autres, c'est à ce signe que l’on connaîtra mes disciples, dit Jésus-Christ, divin chef de l’assemblée de Dieu.

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