‹ CommunicationChapitre 16 sur 16 · POURQUOI ELLE A ÉTÉ CONTRACTÉE · texte numérisé non relu

POURQUOI ELLE A ÉTÉ CONTRACTÉE

Les libéraux aiment à parler de la dette publique et de la représenter comme une chose épouvantable. Nous n'avons pas la moindre objection à les suivre sur ce terrain.

La Minerve a déjà démontré que la dette du Canada n'a pas nui à son crédit parce que les capitalistes ont compris l'utilité des travaux publics et autres dépenses qui ont rendu les emprunts nécessaires.

Le 1er juillet 1893 — nous choisissons cette date parce que les renseignements officiels complets ne vont pas plus loin — la dette passive du Canada était de $300,054,524 ; et l'actif de $58,373,485, ce qui laissait une dette de 1241,681,039.

Les libéraux ont bien leur part de responsabilité à ce propos, puisque la dette nette qui était de quatre-vingt-deux millions lors de la chute des conservateurs en 1872, avait atteint cent quarante-deux millions quand ils remontèrent au pouvoir en 1879 — soit soixante millions d'augmentation durant le règne libéral.

Mais là n'est point la question que nous voulons discuter aujourd'hui. Demandons-nous seulement à quoi est due la dette publique.

Du montant de |241, 681,039, il faut déduire la dette des provinces assumées par le Dominion lors de la Confédération, soit $^5,728,641, et les dettes de Manitoba, de la Colombie Anglaise et de l'Ile du Prince Edouard qui, à leur entrée respective dans le Dominion, en 1870, 1871 et 1873 lui transportèrent leurs dettes, soit : $20,452,340.

Il faut déduire aussi une somme de $10,591,052 accordée aux provinces à titre de better terms en 1884-5-6.

Ces obligations ne peuvent donc pas être imputées au gouvernement fédéral, car elles n'ont pas été contractées par lui.

Il faut donc faire la soustraction suivante :

Dette nette $241,681,039

A déduire

Dette des provinces (1867) $75,728,642

Dette de Manitoba, C A et I P E... 20,452,340

Allocations aux provinces 10,291,052 106,472,034

Laissant une somme de $135,209,505

dont il faut rendre compte.

La construction des chemins de fer y compris le Pacifique Canadien et l'Intercolonial, et celle des canaux ont coûté de 1887 à 1893 : $155,285,764.

Il a été de plus accordé aux chemins de fer des subsides au montant de $11,596,302.

L'acquisition et l'organisation des territoires ont coûté $7,- 220,553.

Nous voici déjà rendu à $174,000,690, c'est-à-dire près de quarante millions de plus que la dette dont les gouvernements conservateurs et libéraux sont responsables.

Avec quoi a-t-on payé cette somme ? Avec les recettes ordinaires. Au lieu de faire du gaspillage, on a appliqué partie des recettes et des œuvres d'intérêt public, à des dépenses extraordinaires comme la construction des chemins de fer.

Sans doute les libéraux font mine d'ignorer tout cela, comme ils oublient leur part de responsabilité — dans la dette et non pas dans les économies ; — mais les capitalistes, qui accueillent avec tant de faveur les obligations et les bons du Dominion, démontrent de la meilleure manière possible que notre dette n'a rien de terrible. — La Minerve, 25 octobre 1894.

Page 1