LE PRÉVÔT
Monsieur le capitaine... je le veux bien...
( Il tousse.)
LE PEUPLE, applaudissant.
Bravo ! bravo !
Mort de ma vie !... silence, tas de truands! silence!
GUILLAUME, à part.
U me fait trembler I
GUILLERY, montrant le parchemin.
Ceci porte l’attache du lieutenant de roi et l’attache de la prévôté de Renues, découvrez-vous !... (Tout t.s monde se découvre.) C’est bien !... (u lit.) « Nous, Henri de Bourbon, gouverneur « d.e Bretagne, pour crime de lésc-majesté et de trahison,
» mutinerie, méfaits, incendies, crimes, viols, pilleries, volc- » rie, etc., etc. » (a pari.) Qu’est-ce qui manque donc?... (Lîsam.) « Dévouons à la vindicte publique les tôles des Guilleryl... » (a part.) Avec cela qu’ils se laisseront faire !... (usant.) « Qu’on » les traque comme des loups ; qu’on les tue comme des » chiens; au ban de l’Église, ces misérables sont aussi au » ban du royaume; quant à leur chef, sa tôle est mise à prix » de trois mille écus. » (au peuple.) Trois mille écus, entendezvous? trois mille écus pour une seule tôte, et qui n’est pas difficile à prendre!... Réfléchissez, braves gens!... ça en vaut la peine, réfléchissez, réfléchissez!...
( Il desceod.)
LE PEUPLE, exalté.
Vive le capitaine!... Mort aux Guillerv !...
GUILLERY, à part.
Ah ! ils ont trois mille écus de trop... c’est bon à savoir.
LE PRÉVÔT, à Guillery.
Je suis touché de votre bon procédé, capitaine... votre main!... (Après lui a.oir serré la main.) Comment vous nommézvous?...
Le capitaine Guillery.
LE PRÉVÔT, éclatant de rire et lui lapant sur le ventre.
Ah! farceur!... elle est assez bonne, votre plaisanterie... Je la raconterai à monsieur de Bourbon, en retournant à la Prévûté. (Lui serrant do nouveau la main.) Allons, üU revoir... (il s’éloigne ; la populace le suit en criant à tue-tête :) Mort âUX Guillery !... mOl't
aux Guillery!...
GUILLAUME, bas à Guillery.
On ne joue pas plus gaiement sa tôte!
La ville fantasque que cette bonne ville de Rennes, où des folies vous poussent dans le cerveau comme des orties dang un champ !