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CONCLUSIONS

Nous pourrions multiplier ces indications, si les conclusions qui dérivent de ces premiers exemples n'étaient pas, quant à présent, suffisantes pour le but que nous nous sommes proposé; mais les faits sont assez démonstratifs pour qu il nous paraisse inutile d^insister davantage sur les détails exposés dans ce mémoire, et nous chercherons, en terminant, à en tirer quelques conclusions.

1^ Lorsqu*un solide se déforme sous l'influence d'actions extérieures, cette déformation peut être considérée comme le ré-* sultat d'un écoulement qui a Heu dans la masse même du solide, à partir des points les plus pressés et dans la direction où cet écoulement rencontre le moins d'obstacles.

2^ On peut définir les déformations qui sont produites par le laminoir sur un solide de forme prismatique, en disant que tous les éléments qui constituent le solide primitif se trouvent étirés individuellement et parallèlement depuis la surface jusqu'à Taxe même du prisme, lorsque les actions extérieures sont suffisamment énergiques.

3^ Le laminage peut être alors assimilé aux opérations du peignage et de l'étirage usitées dans la filature, et une barre de fer doit être considérée comme un faisceau de fils qui conservent leur individualité première, ce qui caractérise d'une manière nette les propriétés fibreuses ou le nerf de certaines qualités de fer.

4^ Cette constitution filamenteuse explique certaines propriétés de la tôle et du fer, à l'égard de leur conductibilité par rapport à la chaleur et à l'électricité.'

5® Elle conduira sans doute à une explication probante du fait de la transformation du fer à nerf en fer à facettes dans les pièces soumises, par les conditions de leur emploi, à des trépidations fréquentes.

1 10 APPLICATIONS DE UÉCODLEMENT DES £ORPS SOLIDES

6^ La tôle de fer est formée de nappes superposées et distinctes , dont le soudage plus ou moins parfait détermine les propriétés.

7° Quand Faction n'est pas suffisamment énei^ique, les déformations peuvent être plus grandes à la surface c[ue dans Tintérieur de la masse. L'explication de cette différence est, au point de Vue mécanique, caractérisée par les pertes de pression qui ont lieu d'un point à un autre, dans le sens de la déformation produite.

8° Le frottement contre les oi^anes qui déterminent les pressions peut être utilisé pour atténuer les déformations dans certaines directions ; il explique , en particulier, la constance de la largeur de la tôle dans les passes successives du laminage.

9^ Les déformations produites à la foi^e peuvent être assimilées aux résultats d'écoulements successifs déterminés par chacune des actions individuelles exercées sur la pièce à forger.

1 o® Le poids du marteau, la hauteur de chute, la forme de la panne , l'état de sa surface , sont autant d'éléments qu'il importe de combiner de la manière la plus favorable à l'effet à produire. L'intensité du coup détermine la profondeur jusqu'à laquelle Vaction est répercutée; la forme de la panne détermine Tétendue de la surface de contact, et, par conséquent, celle de la facette produite; l'état de la surface de cette panne détermine les résistances de frottement qui retiennent plus ou moins sous le marteau les parties qui reçoivent directement l'action du choc.

1 1^ Pour s'opposer aux déformations qui tendraient à se pro* duire en vertu des lois non encore déterminées de la répartition des pressions, il faut créer des résistances accessoires, au moyen de supports ou d'étampes, que l'on peut comparer à des canaux ouverts à l'écoulement, dans la direction des déformations que Ton veut produire.

i 2^ Quelles que soient les déformations régulières obtenues par les différents procédés de forgeage du fer, l'oxydation des coupes permet de suivre pas à pas toutes les circonstances de ces

déformations, et de retrouver dans la masse déformée la position occupée par un des filaments primitifs.

i3^ Dans tous les cas, ces déformations ont lieu de proche en proche, suivant un ordre géométrique que nos expériences font connaître, en attendant que cet ordre puisse êlre^soumis au calcul, au moins dans les principaux cas de la pratique.

1 4^ La pratique actuelle des procédés industriels tend à s'approcher, aussi exactement que possible, des meilleures conditions; mais la théorie de Técoulement des corps solides, en précisant chacun des effets dus à chacune des causes, doit permettre de remplacer les méthodes empiriques par des règles sûres, que nous nous proposons d'indiquer à la suite de ces vues générales.

Il nous restera à faire connaître à TAcadémie les résultats de nos expériences sur Taction des outils employés pour façonner les matières par voie d'enlèvement de certaines parties de la masse primitive. Les faits constatés dans cette direction sont aussi tous déterminés par des écoulements partiels, et nous pouvons déjà préciser .quelques-unes des actions produites alors, soit sur les copeaux détachés, soit sur le solide lui-même qui a été soumis à l'action de l'outil.

COMPLÉMFNT AU MEMOIRE

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