‹ Complément au Traité de thérapeutique et de matière médicaleChapitre 17 sur 19 · DES FORMES PARTICULIÈRES A DONNER AUX MÉDICAMENTS, ET · texte numérisé non relu

DES FORMES PARTICULIÈRES A DONNER AUX MÉDICAMENTS, ET

des principes généraux qui doivent régler leur préparation ET LEUR ADMINISTRATION.

Affusions.

L’affusion n’est point une forme médicamenteuse, mais un mode d’application. Ou sera peut-être surpris de nous voir eu parler ici; toutefois, eonime il est certaines précautions à prendre pour prescrire les affusions, nous avons pensé ne pas sortir de notre sujet.

L'affusion consiste à verser sur différentes parties du corps , soit de l’eau s inple froide ou chaude, soit de l’eau rendue médicamenteuse par l’addition de quelques substances. La composition de ces eaux médicamenteuses se réglera d’après ce qne nous avons dit an mot - Lotions .

Les affusions se font ordinairement avec l’eau froide, c’est à dire de ia à 18 degrés centigrades. Sa duree varie de 2 à 10 ou i5 minutes. L’affusion ne diffère de la douche qu’en ce que celle-ci est versée d’un lieu plus élevé, sous un moindre volume et avec une force de projection plus considérable.

Alcoolais (esprits).

On appelle ainsi les préparations pharmaceutiques officinales provenant de la distillation de l’alcool sur une ou plusieurs .substances médicamenteuses.

Les alcoolats s’emploient à l’intérieur, en potions on étendus dans des tisanes, à la dose de qnelques gouttes, une ou plusieurs fois par jour. Ou peut encore les faire prendre sur du sucre ou mêlés avec un sirop. Ceux qui contiennent des huiles essentielles en grande quantité, ou des résines, précipitent par l’eau et donnent à la mixture une couleur ordinairement opaline.

A l’extérieur, on s’en sert en fomentations, en frictions, en fumigations, en injections et eU lotions Les doses sont alors moins précises. On en prescrit depuis 3o grammes jusqu’à 60 grammes et plus.

Alcoolos (teintures alcooliques).

Les alcoolés sont des préparations officinales obtenues par la solution, la macération ou la digestion des principes de certaines substances dans l’alcool , ou par la simple mixtion de l'alcool avec un liquide acide ou alcalin. On les emploie comme les alcoolats.

Apozqmes.

Les apozèmes sont des solutions dans l’eau des principes immédiats des végé-

ART DE FORMULER

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taux, comme les tisanes; mais ils en diffèrent en ce qu’ils contiennent une proportion beaucoup plus grande de ces principes médicamenteux, et qu ils ne servent pas de boisson ordinaire aux malades. Les apozèmes sont des préparations magistrales peu employées aujourd’hui; leur goût désagréable n’a pas peu eontribuéà les faire négliger; d’ailleurs les malades ont souvent de la peine à les digérer, ils éprouvent des pesanteurs d’estomac qui ue sont pas sans inconvénients. Ces médicaments remplissent des indications spéciales ; ils sont sudorifiques, purgatifs, et les plus usités sont l’apozème antiscorbuti'cfùe, le bouillon aux herbes, la décoction blanche de Sydenham, la tisane de Feltz , etc. Bien que les apozèmes soient des préparations magistrales, l’usage ayant consacré leur formule, il suffît d’indiquer ia quantité à employer. On les prescrit froids ou tièdes, en une dose ou en plusieurs, le matin à jeun ou à différentes heures de la journée. On n’en fera préparer que pour un jour ; gardés plus longtemps, ils s’altéreraient.

Les médecines peuvent être regardées comme une espèce d’apozème, du ruoius pour la plupart. Le médecin n’a pas besoin d’en faire la formule, il suffît d’indiquer la médecine que l’on désire, et le pharmacien la préparera très bien sur ce renseignement.

Bains.

Un bain est un médicament dans lequel on plonge et on fait séjourner plus ou moins de temps la totalité du corps ou seulement quelqu’une de ses parties.

Les bains se divisent en deux classes, les bains généraux et les bains partiels ou locaux, suivant que le corps y est plongé en entier ou en partie. Les bains partiels se subdivisent eux-mêmes en demi-bains ou bains de siège, en pédiluves, en manuluves et en capiîiluves.

Sous le point de vue de leur nature , les bains se distinguent en bains liquides (eau douce, eau de mer, eanx minérales naturelles et artificielles, solutés, médicamenteux), en bains mous (boues minérales, marc de raisins ou d’olives, fumier), en bains secs (sable, cendre, son, plâtre, terre), en bains gazeux (chlore, air, etc.), en bain3 de vapeurs aqueuses on médicamenteuses.

Sous le rapport de leur température, les bains sont très froids, froids, frais tempérés on chauds. Lorsque la température est moindre que -j- 120 <h, le bain est très froid. Il est froid sa température étant comprise de 12 à 180C. On le dira frais à la température de ï8 à 2 5° G. Ces différents bains seront prescrits comme toniques. De 25 à 3o° C. le bain est tempéré et a des propriétés essentiellement hygiéniques. Enfin de 3o à 38° C. et plus, le bain est dit chaud et regardé comme débilitant.

Considérés d’après leurs composants, les bains sont simples ou médicamen teux. Les premiers se font avec de l’eau pure à une température déterminée, les seconds se préparent avec de l’eau chargée de principes pins on moins actifs (bains mncilagineux, bains émollients, bains aromatiques, bains gélatineux, etc.), ou avec les eaux minérales naturelles à leurs sources mêmes, ou avec des eaux minérales artificielles. Les bains d’eau de mer doivent être regardés comme des bains médicamenteux minéi’anx.

Les bains mous se donnent avec les boues thermales, le mare de raisin et le marc d’olives au moment où on les retire de la cuve encore échauffés par la fermentation. Le fnmier n'est guère employé aujourd’hui; on peut en dire autant des bains solides.

Quant aux bains gazeux et aux bains de vapeurs, ils sont fréquemment mis en usage depuis quelque temps. Leurs modes d’application singulièrement perfectionnés, en ont facilité l’emploi. L’air, le chlore, la vapeur d’eau simple ou chargée de principes aromatiques, d’acides sulfureux ou sulfhydrique, de mercure, de cinabre, etc,, servent à les composer.

Quand on prescrira un bain, on aura toujours soin de déterminer la température de l’eau et la quantité du principe actif, si le bain est médicamenteux. La

akt de formuler.

région du corps pour laquelle le bain est ordonné sera spécifiée. La durée peut être de quelques minutes on de plusieurs heures; la quantité d’eau à employer varie entre deux litres et quarante litres et plus, suivant l'indication* Le médecin indiquera s’il y a lieu de répéter les bains et à quels intervalles.

Bain aromatique.

Espèces aromatiques . . 1000 gr.

Faites bouillir pendant un quart d’heure dans

Eau commune .......... . « . q. s.

Ajoutez à la décoction

Essence de savon. — « . 125 gr.

Sel ammoniac . • . . . • . 60 gr.

Pour un bain de douze voies à prendre pendant nne heure; le répéter trois fois par semaine.

Bain gélatineux.

Gélatine . . . . • . . . . i ooo gr.

Faites dissoudre dans

Eau tiède. . . 1 5oo gr.

à ajouter à l’eau d’un bain ordinaire.

Bain sulfureux.

Snlfnre sec de potassium. . - . . . . - , . 20 gr.

Eau commune . . 7 5o grammes.

Verser dans le bain.

Bain mercuriel.

Dentochlorure de mercure. . ... . *. , -. i5 gr.

Faites dissoudre dans

Alcool . . . ia5 gr.

Versez dans une baignoire en bois contenant

Eau commune . q. s.

On peut dissoudre le sublimé dans de l’eau distillée au lieu d’alcool. La baignoire en bois n’est recommandée (pie parce que le mercure attaque les baignoires ordinaires. Cependant cette altération est au fond de peu d’importance. Dans ccs derniers temps on a conseillé d'ajouter du sel ammoniac dans le but d’arrêter la décomposition du sublimé qui avait lieu en partie. On donne alors la formule suivante :

Sublimé.

Sel ammoniac.

Faites dissoudre dans

Eau . q. s.

Versez dans l’eau du bain et servez-vous d’une baignoire ordinaire.

Baumes.

Composés pharmaceutiques officinaux qui ne sont que des alcoolats, des alcoolés, des huiles médicinales, des onguents, etc. Voir ces différents mots.

Bières.

Médicaments magistraux résultant de l’action de la bière sur certaines substances telles qne le quinquina , les bourgeons de sapin } les feuilles de petite centaurée, les plantes antiscorlmtiqnes, etc. Ce médicament destiné à l’usage interne est peu employé en Frauce. Le médecin n’a qu’à l'ordonner, le pharmacien n’ayant pas besoin de formule particulière. Les bières ne seront prescrites qu’au fur et à mesure du besoin à cause de leur facile altération.

Bols.

TJu bol n’est qu'une pilule dont le volume dépasse le poids de quarante centi-

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ART DE FORMULER

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grammes , cependant il faut dire que les bols sont en général d’nne consistance plus molle que les pilules et on leur donne la forme olivaire pour faciliter leur ingestion. Voir pilules.

Bouillons.

Les bouillons s’obtiennent par la décoction de la chair de certains animaux dans l’eau. On doit avoir la précaution de les faire passer à froid pour en séparer la graisse. Du reste iout le monde sachant faire du bonillon , le médecin n’a guère qu’à le prescrire sans indiquer le mode d’opération.

On a à tort décoré du nom de bonillon aux herbes un liquide dans lequel on a fait cuire des herbes en y aj®utant du beurre et du sel, ce n’est qu’un apozème. Les bouillons sont alimentaires ou médicinaux. Les bouillons alimentaires sont préparés avec des viandes d’animaux mammifères arrivés à l’âge de puberté, les bouillons médicinaux sont faits avec des viandes moins nourrissantes telles que celles du veau, du poulet, etc.

On peut ajouter des plantes aux bouillons suivant le but que l’on se propose , elles seront adoucissantes, aromatiques, etc.

Cataplasmes.

Le cataplasme est nn médicament externe d’une consistance de bouillie épaisse , destiné à être appliqué sur quelque partie du corps. Il est composé de pulpes, de poudres, de farines et de différents liquides. On y ajoute très souvent des huiles, des onguents, des résines, des gommes résines, des sels, du camphre, du lait, des décoctions de plantes, du vin, du vinaigre, etc.

Les cataplasmes sont employés crus ou cuits. Les cataplasmes préparés avec la farine de moutarde qui par la chaleur perdrait son principe actif et ceux faits avec les palpes des plantes préparées à froid doivent toujours être crus. Les cataplasmes faits avec la farine de moutarde portent le nom spécial de sinapismes et ne doivent avoir pour excipient que de l’eau; ce liquide sera toujours froid ou tiède. On aiguise quelquefois les sinapismes avec du poivre , de l’ail, des cantharides ou leur teinture alcoolique. Voir Traité de Thérapeutique. T. i, p. 429 et suiv.

Les cataplasmes préparés à chaud sont de beaucoup les plus nombreux ; ils se préparent avec des pulpes ou avec des farines. Les cataplasmes faits avec des pulpes sont très bons, l’eau s’en séparant difficilement • ceux de farines sont d’autant meilleurs que les farines employées conservent plus longtemps l’eau qu’elles ont absorbée. La farine du phalaris canariensis , semble conserver l’humidité mieux queîtoutes les autres, et devrait être préférée le plus souvent; mais peutêtre n’a-t-on pas répété les expériences de M. Duportal et a-t-on attaché trop peu d’importance à cette propriété qu’il parait avoir suffisamment constatée.

Il est très simple de préparer un cataplasme, néanmoins il fant avoir soin que la pâte soit bieuhomogène et bien liée, des grumeaux pouvant devenir une cause d’augmentation de douleurs pour le malade.

Plusieurs précautions sont à prendre quand on veut ajouter certains médicaments à un cataplasme ordinaire.

i° Toutes les fois qu’on veut employer des plantes aromatiques, il est préférable

de s’en servir à l’état de poudres. On peut saupoudrer le cataplasme au moyen d’un liquide approprié, donner à la poudre une consistance convenable et en arroser le cataplasme, on fait aussi une décoction très chargée de la plante et on la verse sur le cataplasme.

20 Tontes les substances (poudre de ciguë, safran, camphre, acétate de plomb, etc.) qui, par l’action de la chaleur nécessaire à la cuisson du cataplasme, ouvraient perdre de leur vertu médicamenteuse, doivent être ajoutées au cataplasme en parti refroidi ou froid. La surface d’un cataplasme étant la portion véritablement efficace par son contact immédiat avec le point malade, on aura soin

AKT DE FORMULER.

de la reconvrir avec les substances dont nous venons de parler, au lieu de les incorporer à la masse comine on le fait souvent.

3° Les vins, les teintures, les alcoolats, les huiles, se versent tout simplement à la surface dn cataplasme.

4° Les sels, les savons et les extraits demandent à être dissous préalablement dans suffisante quantité d’eau, puis on les répandra sur le cataplasme.

5° Les onguents, les pommades et tous les corps gras étant délayés d’abord dans un peu d’huile seront ensuite étendus à la surface du cataplasme pendant qu’il sera encore assez chaud pour les liquéfier.

Rappelons ici qu’un cataplasme conserve plus longtemps sa chaleur, colle peu à la peau et cause moins de refroidissement au moment où on l’enlève, quand il renferme des corps gras.

Un cataplasme de mie de pain ou de farine de graine de lin est fait très bien par tout le monde; il ne sera donc pas nécessaire d'en détailler le mode de pré paration dans la formule, mais il faudra déterminer la quantité de cataplasmes à employer, prescrire les substances qu’on voudra y ajouter , indiquer de quelle manière elles devront être incorporées à la masse, et enfin spécifier sur quelle partie du corps aura lieu l’application. La formule fera encore connaître si le cataplasme sera mis froid, tiède ou chaud, et pendant combien de temps le malade le gardera.

Nous croyons qa’il sera bonr quand on prescrira un sinapisme, d’indiquer le mode de préparation, car beaucoup de gens croient encore qu’il faut faire cuire la moutarde, ou y ajouter dn vinaigre.

Cataplasme antiarthrilique.

Mie de pain . i kilogramme.

Alcool, i ** partlCS egaleS en q* S'

Pour donner à la mie de pain la consistance d’un cataplasme, faites chauffer à fen doux. Le cataplasme étant fait, ajoutez en versant ;

Extrait d’opium. ) -

Extrait de datura stramonium, j aa’ grammes.

Ces extraits seront ramenés à consistance liquide.

Puis saupoudrez avec

Camphre en poudre . i S grammes.

Appliquer ce cataplasme tiède sur l’articulation douloureuse et le laisser trois jours au moins. Le recouvrir de taffetas ciré et de flanelles pour en conserver l’humidité.

Cataplasme anodin.

Cataplasme émollient . ?.5o grammes.

Laudanum de Sydenham. ... 2 grammes.

Vous étendrez le laudanum sur la surface du cataplasme avant de l’appliquer chaud sur le ventre.

Cataplasme suppuratif.

Faites un cataplasme émollient du poids de 5oo grammes.

Ajoutez :

Pulpe d’ognons de lis . . . . 6c grammes.

Onguent de la mère . 3o grammes.

Préalablement délayé dans huile. . . q. s.

Mêlez le tout exactement et appliquez chaud sur la partie malade pendant 24 heures.

ART DE FORMULÉE

Cataplasme avec le vinaigre.

Mie Je pain . 60 grammes.

Solution de chlorure de sodium. . . i5 grammes.

Vinaigre . q. s.

laites bouillir.

A appliquer froid, sur les contusions et à renouveler plusieurs fois par jour.

Cérats.

Médicaments externes officinaux formés d’huile et de cire, quelquefois de blanc de baleine ; la consistance en est toujours molle, mais elle varie suivant les proportions des substances employées. On ne se contente que très rarement de la simplicité que nous venons d’indiquer dans la composition des cérats , on y ajoute des liquides, des extraits , des sels, des poudres, etc. Ils s’emploient étendus sur du linge ou de la charpie et pour éviter les frottements des sondes. On s’en sert encore dans les liniments. Il n’y a point de formule à établir à leur égard, il suffit d’en déterminer la dose et le mode d’emploi.

Collutoires.

Les collutoires sont des préparations magistrales, ayant une consistance épaisse et semblable à celle d’un sirop concentré. Il est des exemples de collutoires secs. Ces médicaments s’emploient au moyen d’un pinceau ou d’un morceau d’éponge. Ils diffèrent des gargarismes par leur consistance et parce qu’ils ne sont pas en usage ponr les affections de la gorge. Les collutoires se prescrivent quelquefois dans le but de faciliter l’action sialagogue de certaines subslances.

Collutoire borate.

Sous-borate de soude. . . .

Miel .

io grammes.

Collutoire sec de borax.

Borax ....

Sucre en poudre

| aa i© grammes.

Collutoire odontalgique.

Pyrèthre concassée . \ . 1 5 grammes.

Opium . . . i5 centigram.

Faites macérer pendant une heure dans :

Vinaigre. . , . . . 190 grammes.

Filtre?. .

Collyres.

On nomme collyres des préparations officinales ou magistrales spécialement destinées aux maladies des yeux. Les collyres sont secs, mous , liquides ou à l’état, de vapeurs.

Les collyres secs se composent toujours de poudres très fines que l’on insuffle dans l’œil au moyen d’un tube ou d’un tuyau de plume.

L’alun, le borax, le sucre, le sulfate de zinc, l’oxyde de zinc, les os de seiche, réduits par la porphyrisation, forment les collyres secs les plus employés.

Collyre sec.

Alun calciné . \

Sulfate de zinc . . . . . > âa 1 gramme.

Borate de soude . j

Sucre blanc pulvérisé . 2 grammes.

Les collyres mous sont presque toujours des onguents et surtout des pommades. On les emploie particulièrement dans les maladies des paupières. Pour s’en servir on enduit l’œil elle bord libre des paupières avec environ gros comme une tête d’épingle tous les jours ou tous les deux jours , selon le besoin. On

ART Dli FORMULEE.

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