MARCHE
qui M rapportât au mouvement circulaire continu ,• mouvement capital dan» le» machine» et impossible dans les corps organisé» (si ce n’est peut-être de* moyens do diminuer les frottements des axes do rotation rendus si minimes dans les corps vivant» }, mai* pour ce qui est des leviers et combinaisons do leviers articulés les uns aux autres, on y trouve de* modèles variés à l'infini. Nous en indiquerons un cas particulier en analysant la marche chez l'homme.
La fig. 3t»6l , représentant la position de l'homme nu départ : m étant le centre de gravité, m’U» fémur, m" le tibia : ces os, comme ceux du pied, sont articulés autour des centres de rotation 0, P, Q.
Le mouvement do ces leviers est produit par la traction de» muscles qui leur sont attachés. En se redressant, ils élèvent le centre de gravité, et cela assez lentement dans le en» do la marche. Lo corps, «tant reporté sur la jambe gauche, par exemple, par l'actipci du pied droit, lajambe droite devient libre et se porto en avant. loi même action est répétée sur l'autre pied, et la progression sc produit.
Un curieux résultat des recherches de M. Weber, physicien allemand fort distingué , c'est quo le mem • bre inférieur tend h osciller autour de l'articulation 0 comme un pendule, que la durée de l'oscillation naturelle peut se déturmiucr d’après la loi du pendule pesant, et quo par suite, lo pas de marche, qui cause lo moins de fatiguo, bien moins qu'uue vitesse inférieure à celle qui correspond à ce seul mouvement pendulaire, est uniquement en raison de la longueur et du poids de ces membres.
Il en résulte quo pour des hommes no différant que par la grandeur des dimension» respective* de leur corps, tout étant égal d’ailleurs, le pas du plus grand embrassera une étendue plu* grande, mais le chemin parcouru ne sera pas pour cela plus considérable , car en même temps la durée de chaquo oscillation sera plus graude ; par suite, le nombre des pas dans un temps donné sera moindre.
Ce qni précède fait bien comprendre le peu de travail que consomme la marche en terrain horizontal ; il se réduit presque aux frotteinonts des articulations si parfaites, le contre de gravité du corp» ne se déplaçant pas sensiblement, n'éprouvant que des balancements insensible», et qui ne consomment pas de travail à cause do l’élasticité de» supporta. Nous supposons, bien entendu, qu’il 6’ agit d'un terrain incompressible, car il y aurait à ajouter sur un terrain mou , sur la neige, tout celui employé à la comprossion dn sol.
Nous avons supposé que l'action moléculaire qui produit le redressement des leviers se faisait assez lentement dans la marche pour ne pas imprimer au corps une vitesse sensible. S’il en est autrement, si l’effet est bruM)ue et eBt aidé par le mouvement articulaire du pied qui s’appuie sur le sol, on a le saut. La vitesse acquise par le haut du corps entraîne la séparation momentanée dn sol et du corps ; la partie supérieure en mouvement rappelant* elle les extrémités inférieure*.
Chez le» quadrupèdes, ce sont les jambes postérieures toujours bien plus longues, si on les suppose allongée* en ligne droite, que les membres antérieurs, qui projettent on avant la masse du corps pour le saut ou la marche. La disproportion devient considérablo
MENUISERIE -ÊDf.NlSTF.RIE. 303
dans le» races exercées * la marche rapide on au enut, comme celle des chevaux de course. Les membre» postérieurs subsistent presque seul* avec un développe meut considérable chez le» animaux hauteurs tel que la kangourou.
MENUlSERIE-fcBÊNISTEUIK. Lo travail du bois est fait en général par dos artisans dans do petits ateliers, et comme il s’exerce sur une substance qui doit être prise en masses proportionnées h la pièce à fabriquer, et nécessite souvent l'attention de J'oovrier pour tirer parti d'une pièce de bois strictement suffisante, avec des précautions convenables, on comprend facilement comment les machines ont été peu appliquées au travail du bois.
Dans des cas où il s’agit de fabriquer un grand nombre «le pièces semblables, quelques belles industries bien complète» ont été fondées sur lo travail mécanique du boi». Je citerai d'abord la fabrication dea poulies par M. Brunei, le modèle déjà ancien de l'organisation complète d’une industrie de cette nature rendue entièrement mécanique ; dans ccs dernières années, la fabrication des roues do voiture à la mécanique a été également organisée très-parfaitement par M. Philippe, dont nous avons décrit les scierie*. C’est, en effet, le perfectionnement de co modo si rapide de travailler le bois qni a permis surtout de rendre ces diverses fabrications presque entièrement automatiques; c’est surtout l'emploi de la scie circulaire de Brunei , si facilement conduite et guidée sur un chariot, qui a permis de pratiquer avec rapidité de* sillons parallèle». Nous donnons ànciE le dernier perfectionnement de la scie , l'invention do la scie continue , qui , n’ayant qu'uno largeur minime, et mue avec une grando vitesse, est parfaitement propre à obtenir à très-bon marché une foule do formes à génératrico rectiligne que réclame l’ébéni»terie.
Un modo de travail dn bois, qni ntilise très-bien le travail mécanique et a réduit le prix de fabrication des parquets et produits analogues, c'est la disposition circulaire du fer du rabot, lo rabot circulaire.
Le rabot, qui a évidemment donné l’idée de la machine à raboter les métaux, est peu propre à être mû mécaniquement. Si on ne cherche pas à travailler plus rapidement qu’à la main , si l'on ne donne pas plus de fer, il est plus simple de laisser à l’ouvrier le soin de pousser le rabot que de l’employer à surveiller une ma'ohinet si l'on donne plus de fer, celui-ci pénètre dans les fibres du bois et le fait éclater. Ccs inconvénients sont évité», et la machine réduite à une grande simplicité, si l'on dispose les fers de rabot autour d'un axe tournant , qne l’on peut approcher ou éloigner de la surface à dresser, tout en lui conservant un mouvement rapide do rotation. On peut ainsi enlever le bois rapidement , et par la nature do son mouvement le fer no saurait s'engager dans ses fibres et lo faire éclater.
I.es machines à percer, à mortaiser peuvent s’établir pour le bois comme pour le fer, et on a vu à l'Exposition de 4855 les machines de l'usino deGraflenstaden, construites avec la même solidité qne les machinesoutils ordinaires, qui travaillaient le bois avec nno rapidité et une netteté remarquables.
Il est clair toutefois qne les machines ainsi construites ont un excès de solidité pour le travail du bois , ce qui se traduit par une exagération de prix qni les empêcha de pénétrer dans les ateliers de peu d'importance, qui seront toujours les plus nombreux pour lo travail du bois. Pour la plupart des pièces, pour lee balanciers, les bâti», etc., la fonto peut parfaitement être remplacée par le bois , et c’est ce qui se fait avec grand succès.
Machine à débiter le bois de j.tacafft de Jf. Garand . — Couper les boi» en plaques mince* par procédés
MENCISKRIK- ÊBÊNISTEUIE.
MENUISERIE-ÊBËNISTEItlE,
mécaniques e*t une chose fort anciennement connne, surtout pour U boissellerie. L'application au placage eu avait également élé faite par M. l*icot, à une date ancienne, maie ces essais avaient présenté des inconvénients tels que l'ébénisterio en avait toujours rejmjusm) les produit», fabriqués d'ailleurs en petites dimensions et pour des usage» assez restreints.
On comprend l'importance qu’il y n, lorsqu’on emploie des bois d'un prix élevé, à ne pas faire de perte comme dans le débitage à la soie, dans lequel l’épaisseur du trait, c'est- ù-dire de la perte, so rapproche de cello du bois utilisé.
C'était donc un problème fort curieux à résoudre, s'il était possible, que de remplacer la scie par un couteau qui ne laisse put de déchet. Voici comment était disposée la machine mise à l'Exposition do 48.jo par M. Garand.
Le bois, passé à la vapeur, est placé sur une table horizontale qui s’élève à volonté. Deux crémaillères poussent horizontalement un bâti armé d'une lame de l™, iü de longueur; cette lame est placée obliquement par rapport au mouvement qu’elle reçoit ; à chaque course, elle détache une feuille de bois.
Dans la machine construite antérieurement à la précédente, et sur laquelle nous allons donner quelquos détails, le même inventeur s'était proposé do découper les feuilles circuinircmcnt, et, h cet effet, il donne au couteau un mouvement de translation, pendant que le bois reçoit un mouvement de rotation.
La grande difficulté était d’avoir un couteau trèsmince de tranchant, n 'éclatant pas des bois très-difficiles à couper, et cependant présentant une rigidité complète pour no pas s'engager ou être repoussé. M. Garand l'a bien résolue. Les feuilles sont d'une épaisseur très-égale et fort bien coupées; de plus, le bois n’est pas brit-é, ce qui était un point indispensable pour la vente des produits. 11 y a donc là un service important rendu à une industrie fort étendue et évitant uno perte de matière première d’un prix élevé. 1) semble que cette machine offre le seul moyen d'employer en placage certains bois précieux, qui ne se trouvent pas en grandes dimensions et qui par suite ne peuvent être obtenus ainsi que par le déroulement spiral de la feuille. C’est en effet cc résultat qui a fait le succès de cette machine, car le bois gardant, relativement à celui débité & la scie, une certaine élasticité, des fibres longues, exige au placage une meilleure colle et plus de soins au polissage.
Ce n’est guère, dit M. Poncelet, avant les années 4849 à 1 85 1 quelet machines construites par cet artiste, avec une remarquable précision, purent fonctionner couramment et d’une manière vraiment profitable au point de vue commercial ; cc qui jusqu’alors n'avait point eu Kou pour le» petite* machines h dérouler la bois de Pape on de Faveryer, et ce qu’elles doivent principalement à lu disposition ingénieuse du couteau, imitée toujours do celle de la varlope, mais où l'on aperçoit de pins, comme dans lu sciorie de M. Frentz, l'emploi de deux règles biseantées en fer, serrant fortement entre elles la lame effilée et amincie jusqu'auprès du tranchant, tout en l’empêchant do mordre dans la bille do bois au delà de l'épaisseur jugée dans chaque cas nécessaire. Cette épaisseur est ici d’ailleurs réglée par l’avance continue d'un large chariot horizontal en fonte, à patins et coulisses û grains d’orge, conduit parallèlement par une vis centrale, et portant l'outil soatenu, épaulé de die tance en distance |*nr de fort* étriers postérieurs à vis de serrage, cette fois disposé presque verticalement et tangeatiellement à la bille de bois, de manière n agir non pins au sommet, mais latéralement à cette bille, qui, en tournant lentement au-dessus d’une bassine à eau chaude, où elle baigne légèrement, est simplement montée, aux deux
Umts, sur de fortes pointes de totlr, pyramidales et munies de croisillons variables de forme, de dimension, avec le diamètre de cette même bille, à laquelle, selon la couleur, la contexture ou l'essence, l'application do l’eau chaude et le dëroulage qui fend à ouvrir intérieurement les fibres lors du redressement permanent des feuilles destinées au placage, ne laissent pas que de faire subir certaines modifications plu# ou moins favorables, et qui probablement se reproduisent, mais avec moins d'intensité ou de persistance, dans le tranchage à plat des bois.
Quant aux arbres moteurs du tour, ils étaient, dans ces premières machines de M. Gnrand, mis en rotation de part et d’autre de la bille au moyen de rouages dentés solidaires et symétriquement situés, soutenus par des poupées verticale#, l’une entièrement fixe, l’autre, à suspension supérieure, susceptible d'être déplacée latéralement ou horizontalement d'après la longueur de la pièce à dérouler, mais dont l’arbre central, fileté à vis, pouvait lui-même glisser, recevoir un déplacement relatif longitudinal dans l'intérieur du moyeu de la grande roue motrice, enveloppant extérieurement les filet# do vis, auxquels il était simplement uni par un tenon glissant dans une feuillure rectiligne pratiquée au travers de la partie carrée et saillante de ccs mêmes filets. Il est sans douto pea nécessaire d'ajouter que, dans cette ingénieuse machine, l'avance de la vis horizontale, conductrice du chariot porte-outil le long de scs coulisses, est subordonnée à la rotation même de la bille, an moyen d'engrenages, de poulies à cordons sans fin, dont il est toujours facile de faire varier les rapports de vitesse proportionnellement à l'épaisseur qu'il s’agit de donner aux feuilles de placage û dérouter; mais il importe beaucoup, au contraire!, de faire remarquer qu'ici la marche de l'outil à inclinaison transversale légèrement variable au moyen de via dé rappel, pour régler la profondeur du mordant ou de lu prise, ne serait point suffisamment assurée si, à l’imitation |dc ce qui avait lieu daiiB la machine primitive de M. Pape, la partie extérieure ou détachée des feuille* n'était soutenue, au point mémo où s’opère le déroulement de la bille, à l'uide d’un butoir à talon arrondi dont la position, par rapport au tranchant de l'outil, toujours réglée au moyen de vis de rappel, détermine en réalité l'invariabilité de l'épaisseur des fouilles.
Malgré la complication apparente de la machine à dérouler de M. Garanti et sa chorté relative, conséquence inévitable de tout système de construction en fer et en fonte, elle paraît destinée h rendre d’utiles services k l’industrie du placage, du moins si l’on en joge d’après le» rééditât* qu’en obtient depdis plusieurs années M. L. Maréchal dan# se# atelier* de U rue de Charonne, à Paris, où une paissance de six chevauxvapeur, appliquée il une machine de cette espèce, produit journellement, et sans déchet appréciable, des feuilles de plus de t mètres de largeur sur 100 mètre» de longueur, tirées de billes d’essences diverses, à raison de 30 au pouce, vendues aux ébéniste» du faubourg Saint-Antoine et de l'étranger même, sous la forme de rouleaux découpé# en volutes ou spirales, et toutes prêtes à recouvrir par le collage des surfaces d’une étendu* pour ainsi dire quelconque. Un atelier de pareilles machine*, dont le couteau et la bille marchent avec une vitesse relative d'environ 8 mètres par minute, serait capable de livrer la majeure partie des feuilles de plaoège nécessaire# à la consommation d'une ville telle que Paris, si la demande ou In vogue s’en mêlait, et si raffûtage trop fréquent d'aussi longs outils, poiir léqoel M, Garand a imaginé uno ingénieuse et simple machine où la hune, serrée entre deux mâchoires verticales, passe et repasse horizontalement devant des meules à rotation rapide, n’entraiuait des