‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 213 sur 394 · I-* péri*" ““ porcelaine imitant le pnroe est d'origine · texte numérisé non relu

I-* péri*" ““ porcelaine imitant le pnroe est d'origine

anglaise ; il paraît avoir été fait |x>ur la preuiièru fois par M Copciand vers 4848 ; quelques auteurs en attribuent la découverte à M. Battam, d'autres à M. Minton : des discussions ouvertes h ce sujet, il noua a paru que M. L'opolaud était le fabricant qui l avait préporé le premier. Oii eu a tiré dès le principe uu parti trèsavantageux pour les objets de sculpture. Plusieurs fabricants anglais et français le font maintenant aveo succès.

L’idée d'une pâte céramique imitant le paras n'est pas nouvelle; il existe, parmi les produits de M. Kilhn de Meï.-scn, des médaillons d’une composition particulière sc rapprochant assez du tou des calcaires exploités comme marbre dans l’antiquité. On trouve de même, parmi les figurine» fabriquée* k Nymphemboorg, de petites statuettes présentant avec le marbre statuaire beaucoup d’analogie; ces productions tiennent, par leur composition, do la porcelaine dure. Le pnrisn présente des avantages réel* sur lo biscuit de cette porcelaine; la teinte est plus jaunâtre, moins froide, plus aunloguo a celle du marbre dos sntiques. Elle est aussi plus fusible, et prend par l'action du feu, «ans secours d’aucun vernis, un glacé bien plu* flntteurque celui des biscuits do porcelaine. Cetto qualité rend cette pâte propre surtout à lu reproduction des objets d’nrt.

La composition de cetto pâte est assez variable ; la coloration s’obtient sans addition do matières colorante* ; elle est simplement dne à la quantité de l’oxyde de fer accidentellement et naturellement contenu dans les matériaux que fournissent les éléments ; elle tient aussi, soit à lu tompératuro qui n'est pas assez forte pour réduire tout le for k l’état de silicate de protoxyde, soit à la séparation du peroxyde pends nt le refroidissement. Dans tous les cas, les fours » faïence fine paraissent satisfaire a toutes les conditions convenables ou développement de cette teinte et comme tem ^rature et comme composition d'atmospbèro gazeuse.

I-a pâte est peu plastique ; elle se rapproche par sa nature de la pâte de porcelaine tendre anglaise ; elle prend 30 p. 100 do retraite, et no se façonne aveo facilité quo par le procédé do coulage. Cependant elle peut ôtre moulée; le façonnage nu moyen du tour no lui serait appliqué qu’avec les plus grande* difficultés. Elle cuit en une seule fois dans le four à faïence fine, mais elle peut recevoir une glaçure plombifere dure et brillante, et s’appliquer de la sorte aux articles de consommation ménagère. Dans le Staffordshire, on cuit n plusieurs leux de biscuit, jusqu'à ce quo lo ton ait acquis la nuance jaunâtre qui plnlt su consommateur.

L'Exposition de Londres, en mettant sons les yeux des fabricants français les produit* remarquables do la fabrication si variée de M. Minton, a stimulé lo zèlo do plusieurs manufacturiers; Creil , Bordeaux, Sarix-gu*mines et C'boisy-le-Roi font aujourd’hui celte poterie

d’une manière remarquable.

J’ai fait une pâte qui donne de bons résultats, et je la donne ici comme exemple autour duquol peuvent osciller les compositions do cos diverse* fabriques s Feldspath cristallisé de Boy onno . . . 400

Kaolin lavé 40

Argile de Dreax (0

On fait cuire au feu de porcelaine tendre. L’argilo de Dreux et le feldspath de Bayonne peuvent être remplacés par des matériaux analogues. La proportion de kaolin peut être diminuée si lo ton n’est pas assez junnûtre et si la fusibilité n'est pas assez considérable; on augmente, pour obtenir la coloration, le dosage de l'argile, qui doit être plastique.

Bouton * en pdf* feldspath* que.

S'il est une fabrication qui puisse donuor une idée do l'avau tage des procédés méesniquot appliqué» k U cé-

POTERIES

POTERIES

rnmiquo, c'est «Martin ont celle de* boutons en pâte fcldspathique ; 11 e»t vrai que la petite dimension de* objets fabriqués se prêtait émerveille à* leur façonnage par la voie des machines.

La fabrication des boutons en pâto céramiquo se rapprocherait de l'art de la vitrification si les procédés de leur façonnage avaient le moindre rapport avec ceux employés par le verrier. La natnre de la masse fondue est plutôt vitreuse, et la composition de la pâte ne renferme aucun élément plastique soit h froid, soit à chaud. Mais les procédés employés pour façonner ces boutons, l’introduction du phosphate do chaux dans la préparation, les méthqdes de cuisson appliquées à leur cuite soit en blanc, soit en couleur, ont tant d’unalogie avec los moyens correspondants employés par la potier de terre, quo ccs boutons ont reçu dans le commerce le nom do boutons en pâte céramiquo. Créée en An gleterra par Polter, oette fabrication a été reprise, il y a vingt ans, par M. Prosser, qui substitua 1» pâte de porcclttiuo tendre à celle do porcelnino dure, et qui modifia complètement les procédés de fabrication. Les brevets furent exploités simultanément par deux manufactures. celle de M. Minton et celle do M.. Chamberlain, de Worocster.

En Franoc, la fabrication des boutons est pratiquée sur une très-grande échelle; dans la manufacture de Crcil, on suit 4 peu près les méthodes anglaises. A Briare, où M. Bapterosscs a transporté son établissement de la rue de la Muette, cm travaille snivant le procédé dont il est l’inventeur et que nous avons décrit à l’article boctoxs de ee Dictionnaire, t. I. Nous indiquerons ici seulement quelques données homériques qui complètent uotro premier travail.

Pour préparer la pâte dite ngutc , on ajoute it 2, (HH) kilogrammes de pâte (eldspathique légèrement humide , puisqu’il la dernière dessiccation ils se réduisent à 1,930 kilogrammes, 125 kilogrammes de phosphate de chaux. On emploie, j>our débarrasser oette quantité do feldspath de l’oxyde do fer qu’elle contient, I 40 kilogrammes d’ocido sulfurique. Ce passage à l’acide est nécessaire pour obtenir une pâte qui cuise blanc ; nous avons vu qu’il fallait attribuer à l’oxyde de for la cause de la coloration des pâtes de porcelaine quand elles cuisent dans une atmosphèro oxydante; c’est ici le cas d’enlever jusqu’aux dernières traces d’oxyde de fer.

Une petite quantité de lait est introduite dans In pâte, qucllo que soit sa nature, pour la rendre facile à mouler. On ajoute pour la quantité de pâte indiquée plus haut 45 litres de lait. Dans la manufacture do Cnil, on se sert d’huile de lin au lieu de lait. Co mélange empêche la rouille de* machines ; le 1er et le cuivre peuvont être employés dans la confection des presses.

Une presse marche souvent deux heures fans réparation des picots, poinçons, etc. Dans l’origine, chaque presse donnait 35U boutons n* 1 : c’étaient les plus petits; on en faisait 3,520 avec chaque kilogramme do pâte ; les frappeurs étaient payés à la journée, 4 raison de 3f,23 parjournée de dix heures.

En sortant de la presse, les boutons viennent se ranger d’eux -même* sur une fouillo de papier maintenue dans un fer rectangulaire, d’où, par un tour de main très-simple, ils sc trouvent placés sur la plaquo de terro qui doit los supporter dans le four.

I.a cuisson *c paye aux ouvriora chargés do ce travail n raison du poids de boutons cuits : dans Io principe, lorsque l’établissement était à Paris, rne de la Muette, on payait 36 francs les 100 kilog. de boutons strass ou transparents, oi 32 francs les 100 kilog. de boutons agate.

Si l’on n’avait la précaution d’enlovcr par dos lavages acides l oxyde do fer contenu daus la pâte, les boutons cuiraient jaune on rougeâtre ; ils sonta’nn blanc parfait

quand on enlève les dernières traces de cet oxyde.

Un mémo ouvrier chargé de la snrvoillance d’une même rangée de moufles travaille pendant douxo heures consécutives.

La manœuvre des plaques est facilitée par la tournent : c’est une plaque métallique à doux rebords verticaux de la largeur des plaques de terre qn’elle doit recevoir, fixée horizontalement sur un axe vertical qui peut recevoir un mouvement do rotation.

Les boutons cuits sont reçus dans des espèces de caisses 4 claire-voie, disposées par juxtaposition, de manière 4 tourner autour d’un axo vertical, ce qui leur permet do se présenter tour 4 tour devant l’ouvrier so préparant 4 vider sa plaque de terre incandescente et chargée do bontons cuits.

Une plate-forme fixe est solidement rivée sur la caisse commune qui doit réunir après leur refroidissement les boutons provenant d une série de cuissons successives ; chacune des caisses 4 claire-voie a son fond mobile autour d’une arête qui fuit charnière. Il suffit d’appuyer sur de petites tiges attachées 4 ce fond pour le faire descendra ; les boutons tombent dans la caisse commune, et lorsque la pression ne s’exerce plus, des ressorts 4 boudin ramènent le fond dons sa position primitive et ferment les caisses. Le refroidissement a lieu pendant qne les caisses font leur circonvolution autour de l’axe. On les ride quand elles so présentent devant la plate-forme fixe sur -laquelle on place la plaque incandescente.

En introduisant dans la pâte des boutons différents oxydes métalliques, on obtient des boutons teints dans la masso; ce» pâtes colorées so cuisent exactement comme si le* bouton* étaient en pâte blanche.

Les boutons blancs ou coloré* dans la masse sont triés et livrés 4 l’encartage, mais ils peuvent être dorés ou peints de* couleurs très-variées que fournit la palette dn peintre en porcelaine. I.a dorure et la peintura so font au moyen de l’impression. Des cylindres d’acier gravés permettent d’obtenir le transport de la couleur sur un papier sans fin. L’impression s’exécute par des moyens très-économiques sur des boutons coller préalablement snr une feuille de papier, et la cuisson s’opère dans des fours analogues 4 ceux qui servent 4 cuire les bontons blancs, c’est 4-dirc 4 fou continu, 4 simple vue et très-rapidement.

I.a dorure appliquée par co* moyens deviendrait dispendieuse ; on l’emploie volontiers pour faire de* filets sur le bouton. 11 doit alors recevoir dn brunissage un éclat qui le complète. Les boutons 4 brunir sont placés circulairement sur nr.e plntc-formo qui est mobile sur son axe et les présente tour 4 tour devaut l’outil bmnisseur. Indépendamment do ce mouvoroen», chaqno bonton est porté par un pivot qui le fait tourner sur lui-même pour en présenter tous les points 4 l’action du brunissoir.

L’encartage se fait sur des cartes piquées 4 la ma chine ; l’cncartage proprement dit est la seule opération qui ne se fasse pas mécaniquement ; aussi coûtaitil d’abord 48 4 50 centimes par masse, c’est-à-dire en moyenne les 0,30 du prix do la masse des boutons blancs. Cotte façon ne coûte plus que 10 ou If» centimes par masso.

Les moyens perfectionnés par M. Bapterosses, et la concurrence qui so maintient entre scs produits et ceux des manufactures où les procédés anglais sont en usage, ont amené sur les prix de vente une baisse considérable. L’accroissement do la consommation a dâ s’en ressentir. Les prix se sont abaissés do 8 francs, la masse encartée (prix do 1848) 4 4 fr. 75 c. et même I fr. 25 c. I.a fabrication de M. Bapterosses atteint aujourd'hui de 800 4 1,000 masses par jour, y compris 150 ma**cë de boutons imprimes, ces derniers au prix moyen de 4 francs la masse.

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On fora remorquer ici ce résultat des plus honorables pour l’industrie française : la fabrication des boutons n cessé complètement aujourd’hui dans la Gramlc-Brc tagne, et les cessionnaire» du brovet Brosser achètent maintenant en France les boutons qu’ils vendent eu Angleterre.

Eu présence de cos faits, plusieurs fabriques spéciales ont tenté de s’établir h Paris et dans quelques contrées voisines ; à Paris les tentatives ont échoué ; elles n’oDt pas réussi davantage en Espagne; mais il parait que l’Allemagne et le duché de Bade possèdent des manufacture» de ce genre en état de grande prospérité.

Carreaux incnulti.

Il n’y a guère qu’une centaine d’années que l’attention s’est portée sur ces anciens carreaux incrustés qu’on retrouve employé» au pavage des vieilles églises. On y remarque de nombreuses inscriptions qui se composent d’armoiries, de devises, de monogrammes. Il résulte do découvertes faite» en Angleterre que la terre argileuse qui servait à faire ces carreaux était

monléo et séchée an soleil assez fortement pour conserver l'empreinte du moule en relief à l’aide duquel on imprimait un dessin quelconque à sa surface. Sur ce dessin on creux, on appliquait une terre d’une couleur différente , ordinairement do la terro do pipe blancho on colorée. Puis on enfournait. Une fois les carreaux dans le four, on les saupoudrait d'uno coucho mince de minerai de plomb en poudre et de sable blanc bien fin ; on obtenait ainsi par l’action du feu un vernis vitreux qui, ajoutant à leur éclat tout on les empêchant de s’altérer, donnait à l'argile blanche une légère teinte jaunâtre. On nomme encaustiques (encaujtic Mes) ces divers produits.

Un M Wright, dos poteries du StafTonlshire, fit de nombreux essais pour fuire revivre ces procédés anciens; mais ce fut M. Herbert Minton , propriétaire du brevet de Wright, qui triompha de tous les obstacles, et parvint & fabriquer de» produits bien supérieurs et plus variés que ceux d'autrefois. A la série restreinte des couleurs obtenues par les potiers du moyen âge, il ajouta celles du café uu lait, du gris, du noir, du fauve, obtenues dans toute la masse, et celles du bleu, du vert, du lilas et du pourpre placées par engobes minces sur la surface et par voie d’incrustation.

Les terres rouges et jaunes, qui font n Stoke-upon- Trcnt la ha»e de la fabrication, sont extraites du sol même de l'usine. On emploie pour les autres couleur» des oxydes métalliques, de ceux que nous avons indiqués à l’article décoratiox pour préparer les engobes. On compense les retraits que prennent les diverse» matière» premières pendant la cuisson par dos addition» de pegmatite ou de kaolin du Cornwall.ou de silex de Kent; les dosages ont une très-grande importance.

POTERIES. 469

Après que le» pûtes ont été broyées et ressuyées au point d être à l’état de barbotine, on les tamise, surtout pour celles qui sont destinées à donner les parties incrustée». La pâte est ensuite raffermie; on l'amène h consistance pâteuse. Un plâtre préparé d’avance et donnant le relief du dessin qu'offrira le carreau est disposé dans un moule métallique, dont les dimensions sont calculées en vue du retrait qui &e produira pendant la fabrication. Ce moule, pour une surface carrée de 38 centimètres doit on avoir une de 42.

On fait avec de l'argile do première qualité la surface du carreau, on lui donne une épaisseur d’un peu plus do 6 millimètres, et on la presse sur le plâtre qui laisse en creux une empreinte du dessin. On surcharge cette première couche d’une seconde plus commune, puis d une troisième, jusqu'à ce qu'on ait obtenu l’épaisseur ou’on veut obtenir. On alterne les qualités de terre de telle sorte qu’en diminuant la dépense on évite les irrégularités de retraite. Quand on a placé la dernière couche, on donne un fort coup de presse, afin d’obtenir une compacité suffisante; après quoi l'on coule dans les creux du dessin les couleurs convcna-

Ides à l’état do pâtes liquides, de telle sorte que la surface du carreau soit entièrement recouverte. Ou attend deux ou trois jours, puis on racle la surface du carreau pour enlever toute* les inégalités; cette opération fait apparaître le dessin, qui ne reçoit sa couleur propre que pendant la cuisson. On a représenté fig. 3700 et 3701 ces deux temps de la fabrication.

Les carreaux ainsi préparés vont au séchoir ; ils y restent dix ou quinze jours pour no pas gercer, l^t cuisson dure soixante heures. La combinaison des oxydes se fait avec les pâtes, et les couleurs apparaissent avec les nuances qui leur sont propres. Si le carreau doit recevoir une glaçon, on le trempe dans un vernis spécial, puis on le fait cuire de nouveau dans un four convenablement disposé.

Iass dessins bleus et verts sont obtenus par l'addition à la pfttc de porcelaine des oxydes de chrome et de cobalt, auxquels on ajoute une certaine quantité d'oxyde de zinc. Ces couleurs 6ont coûteuses.

L'application des couleurs aux carreaux devient fort chèro encore, il cause de la nécessité dans laquello on sc trouve d'affecter aux produits à cuire un laboratoire d’une grande étendue, chaque carreau devant être protégé sur sa face ornée par une brique commune et sans aucune valeur.

Il se fait pendant la cuisson nn transport par volatilisation des oxydes les un» sur les antres. Lorsqu’on ne veut avoir sur les carreaux qu’une glaçure trèsmince, le* parois internet des gazettes sont recouverte* de vernis volatils, d’nbonl pour éviter le rossui du carreau, puis pour remplir l’étui d’une vapeur saline, qui sc transporte sur l’objet à cuiro et lui communique nn glacé suffisant.

POTERIES

POTERIES

En Angleterre, les argile» du St&ffordshire et de Bro- »cley sont réputées les seules propres à fournir une belle couleur rouge, qui se conserve même sous la glaçnre ; elles sont employées presque exclusivement pouf les carreaux encaustiques; M. Minton, en mettant en lumière cette précieuse qualité des terres du Suffordsliire, s'est assuré pour longtemps une grande supériorité dans ce genre de fabrication, et ses concurrents ont jugé convenable de s’étahlir sur les carrières mêmes do Broseley. MM. tfav et C* sont aujourd’hui des concurrents sérieux. Quoi qu’il en soit, M. Herbert Minton a le mérite incontestable, je dis pins, incontesté, d’avoir fait revivre les carreaux encaustiques et d’en avoir porté la fabrication à son plus haut degré de perfection. I.es difficultés qu’il a vaincues ont été nombreuses, mais aussi les »uccè3 qu'ont obtenus ses produits ont été en raison même de l’importance des obstacles à surmonter. Les carreaux de Stoke-upon- Trent sont aujourd’hui répandus dans les églises, les chapelles, les hôtels, les habiutions particulières et les etablissements publics; on cite comme étant des plus remarquables les pavages des parlements d’Osbornc, de Washington, du palais de Saint-Georges et de l’hôtel de ville de Liverpool, des cathédrales d’Ely, Salislmry et Gloucester. Une fabrication similaire manque complètement en France.

§ III. DBA POTERIES

Considérées dans leur t rapjtorls avec le s beaux-arts.

Il n’est à ma connaissance que bien peu d'industries qni puissent offrir avec les beaux-arts autant de rapports que celle qui nous occupe en ce moment. A l'exception des bronzes et do l’ameublement, qui nécessitent l’application immédiate et générale des arts du dessin, la sculpture et la peinture, je ne vois aucun fabricant qui ait plus que le potier k se préoccuper de l’application des beaux-arts k son industrie. Et cette situation n’est nullement moderne. Nous trouvons dons la céramique antique des types très-recherchés au double point de vue de la forme et du dessin , et les spécimens les plus authentiques de l’art chez les peuples civilisés de l’ancien comme du nouveau monde nous sont fournis par les poteries que certains usagos ont fait parvenir jusqu’à nous beaucoup mieux conservées que les bronzes et les édifices.

Sans vouloir présenter ici les principes de ce qn’on peut appeler le beau dans Ut arlt, il nous suffira do constater la grande variété qu’on rencontre dans les pièces d’usage ou d’ornement, tant vases et ustensiles divers que figures, groupes et sculptures que les potiers des différentes époques ont produits tour à tour. On a pu voir par une étude attentive du musée céramique de Sèvres, en suivant l’ordre chronologique des productions de la Manufacture impériale, l’hiatoire la plus évidente de l’art céramique dans ses transformations ou ses rapports avec le goût du jour. Cet établissement, qui a généralement pris la tète du mouvement, fait voir par conséquent toutes les variations de co que, suivsnt des époques peu séparées les unes des autres, les gens de Fart réputé» hommes d’un goût exquis ont regardé comme beau.

Nous devons dire à lu gloire de notre pays que depuis le commencement du siècle, il marche le premier dans la voie de l’application deB beaux-arts k l’industrie; il est inutile de rappeler ici la supériorité qu’ont mise en lumière les Expositions universelles do Londres et de Paris pour tout ce qui touche aux objets do goût. Nos voisins eux-mêmes se sont émus de cette tendance, qni contribue dans une large proportion à maintenir la prépondérance des produits de fabrication française sur les marchés étrangers ; ils ont bien compris leur infériorité sous ce rapport dès la première exposition universelle, et c’est sur une grande échelle,

avec des ressources immenses, qu’ils out cherché de suite à répandre chez le peuple ln vue dos objets de bon goût, à faire saus fatigue l’éducatiou artistique do leurB ouvriers. On les a vus créer Mnrlborough-housc, et pour ce qui regarde particulièrement la poterie, instituer dans leur centre de fabrication des écoles gratuites de dessin, de sculpture et do peinture. On a remarqué en France l’influence salutaire do ces établissements, presqu’au début do leur installation, à l’époque ds l’Exposition de Paris, et personne n’a, jo le pense, oublié l’effet produit sur le public par l’exhibition deM. Minton. Les meilleurs modèles de la manufacture de Sèvros avaient été reproduits à ce point, quo l'administration jugea prudent, pour conserver son rang et ses droits, do faire placer dans son exposition les plâtres, avec leur date, des objets reproduits et exposés par les fabricants anglais.

On commence en Franco à profiter de l’influence de la manufacture de Sèvres. 11 faut qu'on saebo que toutes les richesses accumulées dans le musée céramique y sont déposée* tout autant pour servir au développement de l'industrie que pour conserver les bonnes traditions ot condamner les formes d'un style équivoque. Depuis vingt ans surtout, les collections ont pris un accroissement considérable. Et si, dès l’origine, on acceptait de préférence un vase grec, romain, étrusque ou mexicain, avec des défauts qui font connaître les principes jào su fabrication, à un vase grec, romain ou mexicain qui représenterait le sqjet le plus instructif pour l’histoire de ces peuples, on a quelque peu modifié cette loi ; le côté que je nomme artistique a couquis sa place, et fort heureusement aujourd'hui le musée céramique présente un égal intérêt à ceux qui s'occupent de technologie comme à ceux qui suivent la fabrication des poteries dons ses rapports avec les beaux-arts. 11 devait en être ainsi. Le musée reçoit, on effet, de trois source» se» éléments do formation et d’accroissement : ce sont celles où puisent ordinairement toute» les collections, les achats, les échanges et les dons volontaires. La première a été peu employée, mais la dernière a été la plus féconde; elle a fourni plus des sept huitièmes des pièces quo le musée possède. Or, une très-gmndo partie des dons a suivi les expositions et portent sur des objets artistiques créés à grands frais en vue des concours nationaux ou universels.

11 suffit de dire ici les avantages que le musée céramique de Sèvres peut procurer aux fabricants français pour empêcher que cette institution ne soit utile qu'aux étrangers, et la faire servir, conformément aux intentions libérales do l'administration supérieure, aux progrès de l’une des plus remarquables industries du pays.

Nous ne sommes sans doute pas éloignés non plus do l'époque où le Conservatoire des arts et métier» (archive» naturelles de l'industrie française) sera doté d’ono chaire de céramique, bien utile, au sens de tou» les fabricants, pour répandre les notions indispensables k leur succès et compléter une œuvre violemmeut interrompue par la mort d'un savant dont le concours avait été le plus précieux à In réJaction de ce Dictionnaire. Nous avons nommé M Ebclmcn, l'habile administrateur de la Manufacture impériale de Sèvres, g IV. OSA POTEMKfl

Considérées dans leurs rapports arec Us douanes.

Depuis que les chapitres qui précèdent ont été rédigés, le traité de commerce conclu, le 21 janvier 4860, entre la France et le Royaume- Uni de la Grande-Bretagne et d’Irlande a fait justice du régime dos prohibitions. Les poteries, telles que los faïences fines et les grès fins, qui étaient protégées par l'exclusion complète de* produits anglais, vont avoir à lutter avec les poteries similaire* fabriquées en Angleterre. Les droits d'entrée de* autres produits céramiques vont être singaïiè-

POTERIES

remeut modifias puisque le traité conclu n’admet pas de droit protecteur au-dessus de 30 p. 100 do la valeur, les z décime» additionnel* comprit.

11 etl évident actuellement que toute discussion qui porterait sur le point de savoir s'il y a lieu de maintenir ou non la prohibition en ce qui concerne les arts céramiques deviendrait oiseuse; mais il est permis aujourd'hui de rechercher do quelle nature sont les modification» que uotre production céramique devra subir par suite de set rapport» avec la fabrication anglaise.

En commençant par les produits les plus élevés comme valeur, on voit que, oorame exportation, la fu brication de la porcelnino française doit retirer un bénéfice considérable du nouveau traité. Les porcelaines et les autre» poteries entroront en franchise dans le Royaume-Uni; la porcelaine et la poterie payaient jusqu’à ce jour, en Angleterre, un droit de 24 fr. 60 c. par 100 kilogrammes. A l’intérieur, 11 est probable que la porcelaine dure soutiendra la concurrence, et que les tentations auxquelles succomberont les consom moteurs français, séduits par le brillant des faïences fuies imprimées sous couverte, ne seront pas de longue durée ; elles n’nuront pas une puissance capable de faire diminuer la production française, augmentée d’ailleurs par des débouchés plus libres à l’extérieur.

Quant aux faïences fines et aux grès fins, la question peut-elle être résolue de la même manière? Les fabricants français se sont violemment émus du traité, qui, dans l'article 4, déclare que les droits ad r alorem, admis pour les poterios de grès fin ou commun, et de torro de pipe, et pour les porcelaines, stipulés par le traité, seront calculés sur la valeur au lieu d'origine ou de fabrication de l'objet importé, augmentée des frais de transport, d'assurance et de commission nécessaires pour l’importation en France jusqu’au port de débarquement. Par l’article <3, il est stipulé que les droits ad r alortm, établis dons la limito fixée psu- les articles précédents, seront convertis en droits spécifiques par une convention complémentaire qui devra intervenir avant le 4** juillet 1860. On prendra pour base de cette conversion les prix moyens pendant les six mois qui ont préoédé ls date dn 23 janvier 4S60.

Cette oouversion serait grosse de dangers pour la fabrication française, si le gouvernement do l’empereur, qui s’est toujours montré si préoccupé des intérêts du commerce et de l'industrie, abandonnait un seul instant la vigilance dont il a donné tant de preuves jusqu’à ce jour. Il est certain que si la conversion avait pour base le prix moyen de poteries trèslourdes et d’une valeur relativement très-basse, le droit de 30 p. •/• valorem deviendrait illusoire.

J'ai recueilli sur ce sujet des données intéressantes qui trouvent naturellement place iei ; elles font ressortir par des chiffres les différences quu présente la fabrication des cailloutages anglais sur la fabrication similaire française. On pourrait admettre, si l’enquête qui va s'ournr permettait d’étendre à toutes los manufactures de France ces chiffres qui représentent l'usine de Choisy-le-Roi, et que je tiens de l'amitié dn directeur, que le prix de revient de la faïence fine se compose en moyenne de la manière suivante :

Combustible 18 */0

Terres à faïences et à carottes. \

Kaolin, on terre à porcelaine. I ,

Pegmatite. ... p.l. pûtes

Silex )

Minium

Cérus*

Feldspath. . .

Acide borique.

Sable

pour la glaçure.

POTERIES. 474

Report. 36 00

Couleurs I 00

Papiers à impression 0 50

Main-d'œuvre , 43 50

Transports 4 00

Intérêt du capital 7 00

Emballages et frais divers 8 00

Si l’on compare ces éléments à ce qu’ils sont en Angleterre, on trouvera, d'aprè» la même source, en faveur de cetto dernière :

4“ pour le combustible uue économie do 44 38

2° pour le kaolin, une économie de. . . . 4 2'J

3" pour le caillou de Cornwall. ..... 0 32

4* pour le minium 0 95

5* pour l'aeide borique 0 44

6° pour le» couleurs 033

7° pour la main-d'œuvre. ....... 3 53

8° pour les intérêts du capital 3 53

9° pour les transports. 4 00

En diminuant ce chiffre des bonifications dont en pourra jouir par suite de la diminution des droits d’entrée sur les houilles, sur les moyens de transport et sur le» papiers d’impression, soit de 2,04, on trouve que les Anglais pourraient livrer leurs produits à 26,70 p. 70 au moins meilleur marché que les produits français.

En présence do ccs chiffre», on comprend la préoccupation des manufacture» de faïence fine ; ils redoutent de ne pas voir figurer dans l’étude qui doit précéder la transformation du droit ad valorem en droit par 400 kilogrammes tous les éléments variés que comporte la question. Il serait à désirer qu'on établit de» catégories ; car, s’il est impossible do ne pas tenir compte des formes sous lesquelles les produits céramique» peuvent se présenter, il est aussi très-urgent do prendre en considération la différence de prix qu’un même poids de marchandées affecte dans de» circonstances données. Ces difiérences ressortent des chiffres qui suivent :

400 kilog. d'assiettes en blanc valent à

Choisy 48 47

400 — de plats 87 84

400 — tasses ot souconpes 82 74

400 — moyen creux 74 00

100 — grand creux 410 72

400 — assiettes parfilées 6l 08

400 — moyen creux 8444

100 — grand crenx 422 15

100 — assiettes imprimées 90 55

400 — moyen creux 405 43

400 — grand creux 228 95

J'aurais voulu pouvoir, eu présentant ces ch i fi res, y joindre los renseignement» apportés par la discussion au sein de l’enquête à laquelle M. le ministre m’a fait l'honneur de m'appeler comme délégué du ministère du commerce, de l'agriculture et des travaux publics . L’enquête à pci no commencée ne s’est encore occupée que de» aciers, des fer» et des fontes.

Quoi qu'il en soit des conclusions auxquelles arrivera ln hauto commission chargée do l’annexe du truité de oommcrce, les tarifa actuellement en vigueur seiont profondément modifiés. On sait que dans la législation qui doit finir au 4*r juillet 1861 :

4° I.a poterie grossière est admise au droit de 9 fr. les 400 kilog.;

2* La fnîence commune acquitte à l’entré© le droit de 49 fr. les 400 kilog. ;

3* I m poterie de grès communs paye un droit de 4 5 fr.

3G 00 l par 400 kilog. ;

POULIES

POULIES

4® Le* poteries de grès lins et la terre de pipe «ont prohibée» ; toutefoi», il est fait exception en faveur de* poterie» de grè* fin» et de faïence fine de provenance belge, qui payent, anx terme» de la convention du if

août 4852 :

par 400 kilog. d'aiaiettc» et de plats ff.

blanc» 33’ »

par 400 kilog. de grand et petit creux. . 66 »

par 400 kilog. d’a-siettes imprimée». . . 60 »

par 400 kilog.* de pièces peintes et dorées,

quelle» que soient leur» forme». ... 465 a

5° Les porcelaine» commune» payent à l'entrée 4G4 fr. par 400 kilog., et le» porcelaine» fine» 237 fr. pour le même poids ;

6” Le* carreaux sont admis au droit do 4 fr.

le 4,000;

7* Les brique» payent un droit de 40 fr. le 4,000 ;

8* Les tuile», suivant leur forme, »ont taxée» à 4, 40 et 25 fr. le 4,000. SX i.v état.

POULIES (FABKiCA-non des). Non» n’avons donné I à l’article POCLIB8 que peu de détail» sur les poulies composée», le» moufles, qui sont le» organes essentiel* de la navigation , le moyen par excellence de produire de grand» effort» pour maintenir le» grande» voilure», on restant dans le* condition* indispensable» d’élasticité, ni surtout sur les ingénieuses méthodes de fabrication qui ont rendu illustre le nom de notre compatriote L. Brunei; nous n'avons décrit que quelque» machines qui servont à terminer le» poulie». Aussi allous-nous compléter cette description en reproduisant, d'après un ouvrage anglais, le» machines le» plu» essentielle», et en entrant dans quelque» détails sur l'ensemble de la curieuse manufacture créée par le génie de Brunei, qui, en perfectionnant surtout le travail des scierie» et on organisant la succession de» opération», a montré la voie qui doit être suivie, dans de» cas semblable», pour la fabrication en bois (qui à priori semble peu se prêter au travail en manufacture) d'objets pouvant être utilement produits en grand nombre.

Le» machines de Brunei peuvent se diviser en quatre séries : 4* la scierie servant à débiter les grosse» pièces do bois, que fournit le commerce, en blocs de dimensions convenables pour le travail ultérieur; 2“ la machinerie propre à fabriquer la chape ; 3” les machines * servant à fabriquer les rouets; 4° les machines servant pour obtenir les axes.

A l’arsenal de Portsmouth. la machinerie servant à fabriquer en même temps trois genre» de poulies de différentes grandeurs est mise en mouvement par deux machines à vapeur de 30 chevaux chacune. L'ordre du travail est celui ci : les troue» d’orme sont d’abord débités et préparés pour les poulies do diverses grandeurs par deux puissantes scie», l’une à action alternative, l’autre circulaire. Ces plaques de bois sont amenées au carré, en raison des grandeur» à obtenir par quatre scies circulaires montées sur des bancs pouvant glisser (une seule scie alternative est réservée pour de très-grandes poulies).

Toute la machinerie de Portherwallt, bâtiments, machines à vapeur, etc., compris, coûte 53,000 liv.sterl., et M. Brunei a reçu 2U,UOO liv. Elle a produit, de 4808 à la fin de la guerTe, environ 440,000 poulies do diverses grandeur» chaque nnnée.

Noua donnerons, d'après M. Poncelet, quelques renseignements sur le» progrès réalisés par M. Brunei dane l’établissement des scieries à lames droites.

Scierie à action alternance. — Ces scieries de M. Brunei, établies sons sa direction par l'habile Henri Maudelay, so distinguaient de celles de Belidor par plusieurs points essentiels : 4° le rochct à déclic ou pied de biche recevait l’action d’une came ou onde udnptée au bras même de la manivelle au moyen d'nn

système de leviers articulés, qui faisaient avancer le chariot porte pièce pendant la descente même du châssis de la «rie, lequel avait de plus la faculté de se retirer légèrement en arrière, pour éviter l'aecrochement des dents pendant la montée ; 2* le châssis lui-même était monté sur une courte bielle oscillante, à fourche droite ou inférieure, et ce châssis était muni latéralement de forts montants cylindriques en fer, évidés, remplis de bois élastique, et glissant dans des œillères vers leurs extrémités supérieures et inférieures ; 3* les lames de scies, verticales et parallèles, étaient maintenues, haut et bas, à des distances respectivement égales, au moyen de calibres ou plnnchettes de bois posées sur des couples de boulons horizontaux parallèles, taraudé» et ajusté» aux montants, de manière à pouvoir, à l'aide d'écrous placés à l'un des bouts, serrer à la foi» les calibres et les lame» contre le» épanlements fixé* aux montants de l’autre bout, et, par suite, maintenir dans une position invariable et sans tâtonnement ces mêmes lames de scies, dont les étriers inférieurs ou supérieurs embrassaient, à l’ordinaire, les faces verticales dos entretoises correspondantes du châssis ; ceux du haut étant terminés en dessus par des crochets destinés à être saisis successivement, lors du montage des lames, par la branche la plus courte d’une forte bascule a contre-poids ou romaine locomobile, qui, au moyen de cales transversales glissées entre le* étriers et la face supérieure de l’entretoise correspondante, permettait de tendre individuellement ces lame* de quantités rigoureusement égale» entre elles; 4” enfin, la pièce à débiter était elle-même fixée et retenue sur le chariot atumoycn de procédés ingénieux, dont le plus important sans doute consistait dans deux fort» étriers à montants articulés, et couronnés de chapeaux qui maintenaient cette pièce en dessus, en nvnnt et en arrière, comme cela s’est vu depuis dans les scieries les plus perfectionnée».

Fabrication des chape*. — On perce d'abord le» trçus pour les axe» à l'aide de la machine à percer (donnée fig. 2200), en raison du nombre de systèmes de. rouet» que doit porter la poulie, et en même temps des outils, placés à angle droit, percent des trous qui forment les extrémités des mortaises qui devront recevoir les rouets.

Les poulies sont alors placées sur la machine h mor» taieer que noua allons décrire, assemblée» sur un chariot mobile qui les amène sous lu ciseau, se mouvant avec une très-grande rapidité (400 coups par minute, dit-on). Pour chaque coup de ciseau, il avance quelque peu, ot l’opération continue ainsi jusqu’à ce que la mortaise soit achevée dan» toute sa longueur. Los copeaux sont chassés de In mortaise par do petite* pièces d’acier passant sous les ciseaux qui coupent le bois ; elles sont placées à anglo droit avec le» ciseaux et renvoient dans le sens de la largeur le copeau fait à chaque coup, condition indispensable pour la perfection du travail. Les angles de la poulie sont alors enlevés à l'aide d’une scie circulaire (voir fig. 2202), puis elle est placée sur les circonférences de deux roues égales, fixées sur le même axe et écartées en raison des diverses grandeur» de poulies, chaque roue ayant dix rainures dans chacune desquelles peut se placer une poalie. C’est la machine à travailler les chapes que nous allons décrire. Ces roues tournent avec une grande rapidité devant un tranchant placé sur un support à chariot, placé sous une inclinaison convenable, et gnidé de manière à entailler, de la forme voulue, l'extérieur de la chape. Quand l'outil a parcouru toute la longueur de la poulie, les roues sont débrayée», et on fait faire aux poulie» un quart de tour pour exposer nne nouvelle surface à l’action de l’outil tranchant. Quand toute* les face» ont été

POULIES

POULIES

ainsi travaillées, les poulies sont enlevées et ou effectue la dernière opération de la machine à entailler, qui est de pratiquer le trou qui doit traverser la tête de la chape. Les surfaces obtenues par ce* opérations ne demandent plus qu‘un petit poli donné h la main, et la chape est terminée.

Fabrication dtt rnutta. — I.es rouets sont fiait# en gatnc; ils sont débités dans des planchas ayant leur épaisseur à l’aide d’une scie circulaire,* puis placé# sur une scie à couronne, qui perce le trou du centre en même temps qu’elle forme la circonférence (voir fig. Î204). Le rduat est placé dans une machine qui le retient pendant qu'on enfonce dans sou milieu, l’axe tourné à ses extrémités. Le mécanisme à l'aide duquel cette opération s’effectue est très-ingénieux; un- soûl coup do marteau est nécessaire peur mettre l'axe on placo. Un trou étant percé h travor* l’axe et lo bois, une goupilje y est chassée et rend lo tout solidaire.

Ces axes eux-mêmes sont faits, tôültmi et polis sur une machine spéciale; une fois placée, sauf les bride# faites en fer ou avec de* cordes (fig. si 98), U poulie est cotnplèto.

Il nous reste à donner la description et le dessin de

lüti de 1b machine, glisse le chariot « portant la poulie dans laouelle on pratique la mortaise, assujettie sur le chariot a l’oido do lu vis t; d est l'un des ciseaux, lour nombre dépendant de celui des rouets do la poulie; g le porte-outil se mouvant verticalement entre des gaide* placés sur deux montants;) partie ronde tonninant le porto-outil et guidée dans un collier. Le porte-outil est mono par une manivelle, mise en mouvement par l’axu m, qui tourne par l'effet d’une courroie motrice qui pa*se sur Te tambour n, et qui fait mouvoir lo volaut o. I.* volent est rendu libre ou dépendant de la courroie, suivant l'action du cAne de friction p qui pénètre dans l'intérieur du tambour a, et qui est mi# en mouvement à l'aide du levier coudé q . r est une vis à double filet qui fait avancer le chariot ; elle traverse un écrou, portant la roue a roehet o et la mue dentée «r; x est un pignon agissant #ur «o et tourné à l'aide de la poignée y, système qui sert à amener la poulie en place, sous le couteau, au commencement de l'opération; après quoi le mouvement dit chariot continue pur le seul effet de la machine ainsi qu'il suit ;

Sur l’axe m est placé un excentrique t, qui agit sur un rouleau porté par uu levier i. dont Tea-

la machine à mortaiser et de collo à travailler les I trémité inférieure est réunie à une barre horizon chapes. ! taie 4, lequel a une dent agissant sur les dents de 1a

Marhino à tnorfaiier, représentée fig. 3702. — Sur te < roue à roohet ; à chaque révolution de Taxe, l'exceu- C. . 60 -

POULIES

PÛULIE5.

trique, élevant l'extrémité supérieure «tu levier 3, fait mouvoir dans uno direction opposée la roue 4 rochct c, laquelle nu moyen do son écrou fait tourner ta vis et avancer lo chariot, et, par suite, une nouvelle partie de bois à enlever se présente sons le oiseau. Quand toute la longueur de 1a mortaise est coupée, le mouvement du chariot est arrête par une série de leviers assemblés aux colonnes; lo chariot, arrivé au point indiqué comme fin do sa corme, soulèvo un levier, et, par l'effet d'une communication, le levier 4 cesse d'agir sur le» dents des roues à rochcU.

Narhintt à faire 1er étape* (fig. 3703). — A est une

l'axe B; K«it le porte -oiseau, outil formé d'un petit cylindre ho montai, coupant parfaitement par sa. borda ot dans tous les sons* M, double barre courbe qui sert à guider la course de l'outil à l'aide du levièr C , de» deux barres courbes, 'l'une déterminant la forme «le l une des faces des poulies, et la seconde celle do l'autre face. Co»t un levier attache au chariot, servant à le faire marcher sur le bâti II, à angle droit av«c le mouvement de glissement de l'outil, en décrivant une portion de cercle autour du centre do rotation de cette barre.

Le travail de la machine s'effectue ainsi : les chapes

grands couronne circulaire solidement nssomblée sur l’axe B ; uno seconde couronne C est disposée parallèlement 4 A. Cette dernière n’est pas fixée sur l'axe, mais elle peut glisser de manière 4 varier de distance avec À, en raison des diverses grandeurs des poulies; «les boulons, passant à travers des trons correspondants des deux couronncset des cales d'épaisseur voulue, servent à fixer l' écartement et le parallélisme ; F F sont des disques dont l'axe traverse la roue A et porte d’un côté une petite croix ; la couronne C porte des vis opposées dont l'intérieur renferme un anneau circulaire d'acier, tournant 4 frottement doux. Chaque poulie, lors de l'opération de percer les trous avant de passera la machine 4 mortaUcr, a en sa ligue d’axe déterminée par l’impression d’un double cercle d'ncicr sur une extrémité et d’un cercle sur l'autre. Les marques du double cercle fixent la position de la croix, et le cercle de la vis est avancé par celle-ci jusqu’à ce qu’il serre, en coïncidant avec le cercle tracé, l'autre faco du bloc. N est le support 4 chariot porté sur lo bâti H et attaché à la barre circulaire .1 avant mémo centre que

ayant été montées sur lo. couronnes, elles sont mises en mouvement 4 l'aide d'uno courroie passant sur le tambour T, monté sur l'axe B. Le ciseau ayant été ajusté avec soin dans une position convenable , l*ou vrier, tenant le levier C dans sa mnin droite, fait glisser lentement le chariot le long de II, pendant que, tenant le levier G dans 1 autre main, il maintient la contact avec les courbes M, et fait, par suite, que lo ciseau engendre une forme semblable 4 celle de ces modèles.

Quand la première face est terminée, les machines sont arrêtées, et on fait faire aux poulie» nn quart do conversion, pour qu'elles viennent présenter au ciseau la face voisine de celle d^jà formée. On y parvient par le moyen suivant : l'extrémité extérieure de chaque disque F porte uno roue V qui engrène avec une vis sans lin W ; 4 l’extrémité de chaque axe, portant une semblable vis, est monté un pignon Y, engrenant avec uno roue dentée, montée 4 frottement doux par l’axe central. Quand il faut faire tourner les poulies, cotte rone est fixée au bâti 4 l'aide d’nn verrou {qu’on ne voit pas inr la figure), et l'ouvrier fait tourner d un

PRESSES ANTIFR1CTI0N.

PRESSES AKtlFkléTlOïr;

quart de révolution la couronne A; le» pignons Tont marcher la vis sans fin, et on a ainsi exactement un quart de tour, d'après les proportions adoptées. Les Couronnes remises en mouvement et le chariot poussé à travers le bâti, la seconde face est bientôt ainsi faite, et l'opération répétée de la même manière pour les deux autres.

PRESSES ANTIFRICTION de M. Dickde Philadelphie. — La déperdition du travail est énorme, dit M. Port • ceiet, par la percussion et le frottement dans l'ancien balancier à vis employé pour frapper la monnaie, et bien que cette déperdition soit, en majeure partie, évitée dans la presse il genou, il s’en faut qu’elle le soit entièrement, eu égard au jeu, au glissement relatif, inévitable dans les articulations ou surfaces d’appui des Totales. A plus forte raison en est-il ainsi dans les machines à estomper, à découper, où l'on fait mage d*excenlriquca circulaires à frottement on glissement étendu. • •

Dans le but d’éviter ces inconvénients, M. Dick se sert uniquement, pour transmettre la pression d’un bout à l'antre de sa machine d’une sucession de disques, de galets, en fer et acier (fig. 3704 . 3705, 37061, pleins, très-solides, tournant autour d'autant

chine, que terminent toujours des secteurs à oscillations d'amplitude limitée, et correspondant respectivement l*un à une pièce on coussinet d'appui fixe, l’antre au coussinet mobile ou à la pièce qui doit transmettre directement l'effort vertical à l'objet qu'il s'agit de comprimer, percer, découper ou estamper.

Or, si l’on se rappelle que le tracé en développante de cercle a la propriété de répartir la pression d'un axé à un autre, suivant des directions invariables, en passant h des distances fixes et assez petites de ces axes, on comprendra ran* peine «pie l’arbrq horizontal auquel est directement appliqué le moteur. In manivelle, et qui correspond tantôt à un simple galet circulaire, tantôt à une double came interposée entre deux secteurs ou excentriques à développantes, entraînés par simple frottement, sans glissement relatif, cto., on comprendra, dis-je, sans peine, que cet arbre moteur essentiellement fixe, étant sollicité par une couple d’uctionp et de réactions normales, parallèles, symétriques et | do sens contraire, il ne peut en résulter qu’un flottement insensible sur scs tourillons. Cette remarque, qui s'applique, «i fortiori , aux tourillons des arbres, libres de céder aux résultantes do pressions normales, peut s’étendre également aux pivots ou couteaux des sec-

d’axes horizontaux, tantôt fixes, tantôt susceptibles de céder à la pression pur le glissement du leurs porte-coussinets le loug de coulisses verticales pratiquées aux montants des châssis-supports. Ces disques ou galets composés, les uns do cylindres à tourillons ou de secteurs à couteaux arrondis d'un profil circulaire, les autres de came» doubles et opposée», en S, ou d’excentriques tracées, dans une portion plua ou moins grande de leur contour extérieur, suivant la forme «je la développante du cercle, ces pièce», dis-je, réagissent entre ellçs par leurs contours entièrement lisses, tans glissement relatif, à simple roulement et en s'entraînant, dans leur rotation, autour des axes correspondant», en vertu même de leur frottement tangentiel ; les pressions ou réactions normales étant d'ailleurs transmises d’axe en axe, depuis une extrémité jusqu'à l’autre do la ma*.

teurs extrêmes, d’un rayon très-petit par rapport au leur propre.

Néanmoins, malgré tout ce que cette combinaison à galets et secteurs roulants, qui en rappelle d'autres déjà connues, offre d’ingénieux quant à la réduction des frottements, et ce qu'elle fournit de ressources précieuses dans une infinité de circonstance*, il no faut pas perdre de rue qu’elle o, comme la presse hydraulique, comme le cric ou la vis elle-même, simple on combinée arec des rouages, l’inconvénient d'une manœuvre d'autant plue lente que la pression doit être pins énergique relativement à l’effort moteur, et cela, conformément au principe qui veut qne les efforts exercés soient, pour chaque petit déplacement du système, m raison inverse des rheuunt respectivement parcourus dans le sens de leur direction propre. 11 faudrait d'ailleurs de tout autres dispositions pour agrandir le

champ de U machina on l'étendue dea excursion* do l'outil autant que le réclament certaine travsn*; cette presse ne saurait donc remplacer les autre*, notamment lorsqu'il s'agit de matières très-compressibles. C’est pour ce motif que M. Poncelet range l'invention originale do M. Dick dans la classe dos machines devant proprement servir à estamper, emboutir, poinçonner, etc., les pièce* métalliques d'une assez faible épaisseur, «'exigeant par suite qu'un* faible amplitude de course et uri temps relativement peu considérable.

PRODUCTION DE IA CHALEUR pab le* actions ciiixnji'K». I/explication du phénomène phy sique le plus capital qui puisse être l'objet des recherches des savants, s'est successivement transformée avec les progrès de la Science, ou pour mieux dire, les théories proposées jusqu'ici se sont successif emant détruites les unes le» autres, sans en laisser debout aucune quelque peu satisfaisante. 11 m'a paru que des déduction* nécessaire* do ht notion de l'équivalence du travail mécanique ot de la chaleur permettaient d’établir d'utia manière tout à (hit satisfaisante lu théorie de la production de la chaleur par les affinités chimiques, et par suite celle de la mécanique moléculaire, dont le chimiste étudie lea causes et les effets ; c'est en réalité une seule et mémo question. Plus d’on chimiste de nos jours serait étonné, en ouvrant le traité de Chimie de Ijivoisier, le prineipul promoteur du mouvement scientifique qui a amené la ehimioà son état actuel, de voir que l'étude des phénomènes calorifiques y occupe la plus grande place, car cet homme de génie sentait bien que là seulement se trouvent la mesure et la loi des phénomènes.

Jo commencerai par rappeler on quelquoo mots les systèmes successivement proposés pour rendre compte dos faits.

TKêorii du phlogiitiyue. — Rtahl essaya le premier d’établir un lien général entre le» phénomènes du f«u observes dans lus combinaisons chimiques. 11 rugarduit les corps combustibles comme dégageant, lors de leur combinaison, le principe qu'il nommait ithlogûtigui, qui produisait le feu. Quelle était la nature propre du phlogistique? C’est co qui ne fut jamais bion défini. On entttudait bion que c’était une sub>lnnce d'une nature particulière, mois cepcuinnt douée des attribut» pria* cipaux de* corps matériels. Ce système, bien qu'inspiré par un sentiment vrai de la réalité, parce que son auteur voyait que la clialeur sortait du corps lors de la combinaison, cependant n'expliquait rien , et revenait h bien peu près au simple énoncé du phénomène lui- mémo. 11 no pouvait résister h l'objection fondamentale que lui fit Lavoisier après l'analyse exacte de la combustion.

Thtarit . lu caloriqut. — 11 était sous-entendu dans la théorie du phlogitflique , puisqu'il se dégageait un principe lors de la combu»tiou dont la nature était plus ou moins assimilée h colle des corps matériels, qu'un corps combustible devait probablement perdre de son poids par la combustion, mais sûrement n'en pouvait gagner. Mais Lavoisier prouva que celle-ci consiste dans la combinaison du corp* combustible avec le gaz oxygène, et constata qne le poids final est celui du corps combustible augmenté du poids de l'oxygène. Nulle possibilité, par suita, de soutenir l’ancienne théorie, et nécessité de chercher une nouvelle explication des laits.

LavoUier, assimilant le calorique à un gaz parfaitement élastique, sans pesanteur, pose en principe qu'il *c combine avec les corps, comme ceux-ci se combinent entre eux. Coât ainsi que se produit l'état gazeux. Rien de plus simple, ait-il, que de concevoir qu’un corps devient élastique en se combinant avec un

autre qui est lui-même doué de cetta propriété au plus haut degré.

Quant h l'apparition du calorique lors do la combustion, die devient, dans ce système, le résultat de réactions semblable» à toutes les autres. Ainsi, après avoir décrit la combustion du phosphore dans l'oxygène, il ajoute : • Cette expérience prouve d'une manière évidente qu’à .un certain degré de température l'oxygène a plu» «1 affinité avec le phosphore qu'avec lo calorique ; qu’en conséquence le phosphore décompose le gaz osgyè us, qu'il s'empare de sa base, et qu'alors le calorique, qui devient libre , s’échappe et se dissipe en se répartisSant dans les corps environnants.»

Malgré scs belles expérience» do colorimétrie, dans lesquelles il sat le premier comparer les quantités de chaleur et non plus seulement le* températures, lavoisier ne put arriver à d'important* résultat*. C’est qu’en effet, limitée à ce qui précèdo, la théorie du ruloriqne n’a*t encore guère qu’un moyen d'énoncer las fait*. Pour aller au delà, pour qu'on pût l'appliquer à dea mesures d'effet*, à la prévision de» phénomène*, il fallait tirer le» conséquences do liiffirmittion do l'existence du calorique. C'est un travail que Lavoisier ne put compléter, mai» il fut admis par se» collaborateurs que c'était la condensation qui était la cause du dégagement do calorique, comme la dilatation était la cause de son absorption. C’était par la compression du métal, par exemple, que Rcrthollet, défendant la théorie triomphante du calorique eontro celle des vibrations que reprenait llumlnrd, prétendait expliquer la chaleur que celui-ci produisait par le frottement de métal sur métal. 11 était, en effet, assez naturel de penser, d’après le» propriété* de l'oxygène, le grand rOle qu'il joue dnos la nature, la ihultiplicité de se* combinaisons très-fréquemment solides et liquide*, après «Toir reconnu que les guz consomment, pour être produits, une graude quantité de chaleur, de conjecturer que la chaleur produite par les combinaison* chimique* provenait de la condensation de l'oxygène.

Sq dans beaucoup de cas, appliquée à la combustion do phosphore, des métaux, etc., cctto théorie parait conforme aux laits, il en est un grand nombre aussi qui démontrent qu'elle est totalement insuffisante. C’est ce qu’il e»t facile de mettre hors de doute, en citant l'exemple le plus saillant, celui des explosions de la poudre à canon, du coton poudre; cas dans lesquels des corps Solides produisant des volumes gazeux très-considérables devraient, *i cetffi théorie était vraie, engendrer un très-grand froid en raison de la dilatation produite. L'expérience faisant reconnaître qu'il se dégage alors de grande* quantité* de cbnlcnr condamne ta théorie, et prouve quelle ne peut donner l'explication des phénomènes.

On a voulu encore expliquer la production de la chaleur par les différence-, des chaleurs spécifique* du composé et des composant*. 11 suffit de po«er des chiffres pour reconnaître que les (ait* ne s’accordent pas avec cette manière de mesurer les effets produits, et qu’on ne peut ainsi se rendre compte des grandes quantitéa de chaleur qui apparaissent dans certains cas. Nous verrons plus loin, pour quelle part cet élément entra dans l'nunlrsc complète de la combuation.

Throrit t'Uftrthrhimigvê . — I-a décomposition des corps par l'éleotricité a conduit à expliquer, par l’intervention de cet agent, lu» combinaison* de la chimie. Formulée par Ampère, un de» plu* grand* esprit* qui se soient Occupés de philosophie naturelle dans ces dernières années (ot qui expliquait le» faits calnnfiquos par des vibrations), elle a été développée par Ilorzéliuset plu&iours autres éminent» chimistes. Toutefois, les progrès de la chimie ont été contraires à son adoption pour l'explication universelle de» phénomène» chimiques, et elle n’est plus guère aujourd’hui qu’une té

wrve pour le caa où on ne peut eau* elle trouver une explication satisfaisante «les faits.

Au point de vue de 1a production de 1a chaleur, noue rappellerons que la théorie électro-chimique consiste h considérer la chaloir comme produite par la neutralioation des électricités opposées des atomes qui se combinent. Il est facile de voir combien cette explication est ipauiHsuute. 4° Elle suppose qu’il y a toujours neutra li-ation lors d'une combinaison chimique, taudis que ^expérience démontre qu'il y a, eu général, au contraire, dégagement d’une grande quantité d'électricité rendue libre. C’est sur ce fait que repose la construction de la pile électrique, l’instrument par excellence pour la production de l’électricité. De mérou M. Becquerel a reconnu que dans la combustion du charbon il se développe beaucoup d’électricité et rien n’indique la neutralisation d’une autre quantité. Cette neutralisation est une conception de l’esprit née du désir d’oxpliquer les faits, et qui n’est pus plue l’expression exacte de la réalité que l’hypothèse de deux fluides différents, qui est aujourd'hui généralement considérée comme fort contestable.

2" Si l'électricité' appartient aux atomes des corps (ce quo rend difficile A admettre le changement perpétuel de rôle d'un même corps tantôt électro-négatif, tantôt électro-positif, suivant le corps avec lequol il se ■ combine), et si la chaleur est produite par la neutralisation qui sc produit lors d’uno combinaison, une «nêtne quantité do chaleur devrait être absorbée lorsque le -même corps sortirait d’une première combinaiton. 11. s'ensuit que les combinaisons précédées de décompositions, comme dans les explosions, devraient donner pas ou peu de chaleur; or, c’est le contraire qui a dieu.

. 3» Enfin l'expérience a parfaitement démontré qu’on devait attribuer les effets calorifiques qui apparaissent lorsqu'on réunit le* pôles d'une pile uniquement à la résistance qu'oppose lo conducteur au passage du courant. Ces effet* varient rapidement par cette cause, en effet, et pour une même quantité d'électricité son! proportionnels à la résistance du conducteur, tandis qu'ils devraient être constants pour la neutralisation d’une même quantité, suivant la théorie électro-chimique.

En résumé, l’explication du phénomène de la production do la chaleur par la puissance mystérieuse de l’électricité n'est pas le résultat de La discussion des faits, D a pas d’existence réello, ne présente pas de vérifications nombreuses qui lui donnent de la valeur. Elle est un simple aperçu provoqué par lo grand nombre d'expériences qui prouvent que les phénomènes calorifiques et électriques s’accompagnent les uns le* autres «u qu’ils se provoquent mutuellement. La loi do la production de l'électricité sc déduira plutôt de la conttaissauce plus approfondie do» lois qui président aux combinaisons chimiques, quo celles-ci de lu première.

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