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On voit la grande influence de l’élément que nous cherchons k apprécier, qui fait que, tandis que la loi de Dulong se vérifie parfaitement sur les gaz simples, alla ne s’applique pa» aussi exactement aux gaz composés, sans aucun doute à cause de l'effet produit par la chaleur sur la molécule composée, parce qu'il y a une diminution comme pour les corps solides, suivant leur état physique, du fait du petit solido formé par les atomes élémentaires. Les différences que l'on observe, qui sont exactement du même ordre, sont com-

prises dans les mêmes limite* que dans le cas des solides; elles ont sans aucun doute une relation intime avec l’état moléculaire du composé ou avec la quantité de chaleur dégagée lors de la combinaison. C’est un élément qui pourra être utilisé par la science quelque jour, avec grand profit, pour l'analyse de la constitution moléculaire intime.

^aufla nécessité détenir compte de ces dernières observations et seulement pour des différences assez fhiblcs pour arriver k une grande précision, on peut M di .-penser de déterminer directement les capacités des corps composés. Eu effet, la gt'méralilé de la loi Dulong étant bien établie pour tous les corps, c’est-à-<lire la même quantité de chaleur échauffant également un atome de tous tes corps simples, la combinaison de plusieurs atomes exigera plusieurs fois cette même quantité de chaleur; c'est-à-dire que la chaleur spécifique ne dépend jamais que des éléments du corps et jamais de la nature du composé.

Résumé.

A l’aide des éléments que nous venons de passer en revue : chaleur latente, travail nécessaire pour la liquéfaction des gaz, chaleurs spécifiques du liquida obtenu et du solide primitif, une fois déterminés pour chaque corps, on peut tenir compta de tout ce qui appartient à l’état physique des corps dans les phénomènes calorifiques, et ramener l’étude de leur production, dans les réactions chimiques, à celles engendrées entre corps liquides à une même température, zéro par exemple.

Obtenir ce résultat était lu condition préliminaire indispensable do toute mesure de chaleur ou de travail ; il était impossible d’arriver k évaluer les autres effets, si d'abord on ne tenait compte dos quantités considérable» qui pouvent être dissimulées par l’état physique des corps.

Ou sait bien que c'est k l'état liquide que les molécules sont k l'état convenable pouT entrer danB de nouvelles combinaisons, que le» forces d'affinité peuvent produire leurs effets. Corpora non ayant nui soluta , disait l'ancienne chimie; mais il fallait encore établir que c'était k cet état, par une même température,

3u’il fallait étudier les effets des forces en jeu et en onner le moyeu avant de pouvoir marcher plus avant.

2° ruÉNOMKKES CHIMIQUES.

Ce qui précède iuffit pour l’analyse des phénomènes de la chaleur toute» le» fois qu’il ne s’agit que de mélanges, «le phénomènes physiques, que le corps ne change pas d’état, qu’il ne se produit pas d'action chimique, c'est-à-dire do modification dans la constitution atomique, qu'une combinaison nouvelle ne met pas en action los fore«ss d’affinité, d’attraction. Dans ce cas, il ne serait évidemment pas tenu compte, si on se bornait à raisonner comme précédemment, de cet élément nouveau.

Avant de voir comment on peut parvenir à mesurer les effets alors produit», rappelons que los deux ordres de phénomènes ne sont pas indépendants, qn’ils doivent être étudié» simultanément, qu'il existe une relation intime entre W faits «l’ordre physique et mécanique et oeux d'ordre chimique. S'il était nécessaire de le démontrer, nous renverrions à la statique chimique de Bcrthollet, œuvre de premier ordre daus laquelle ce savant a si bien classé toutes les conséquences du phénomène physique de la solubilité, aussi bien qu’à la presque totalité «le» lois générales admise* aujourd’hui par le* chimistes qui permettent do prévoir le» effet» d'une réaction.

C*est surtout la chaleur qni joue un rôle tout k fait capital comme élément physique au point de vne de lft possibilité des combinaison», le* affinité» ne pouvant en général triompher seules, sans l’aide de la chaleur, de»

force* qui s'opposent à la combinaison, telles que cellequi causent la cohésion des solides. Tantôt, et le pins souvent, le rôle de la chaleur se.borue h amener les corps à l’état liquide pour que les réactions paissent »e produire. D’autres foi», on utilise la facile volatilisation d'un élément par la chaleur, et celle-ci sert b intervertir l'ordre des affinités naturelles. Par exemple, le fer décompose lu potasse à une température élevée, h cause de «a fixité et de celle do son oxyde, enfin de la facile distillation du potassium. Or, puisque la chaleur intervient dans la presque totalité des réactions chimiques, on ne peut éviter de conclure que les effets d'affinité et de chaleur, ceux des forces chimiques ot les forces physique», 6ont homogènes, de même nature. Autrement elles ne sauraient agir en sens opposés, comme cela a lieu presque toujours.

Arrivons maintenant aux effets calorifiques produits par les réactions chimiques. Nous pouvons établir quel-

3ucs principes fondés sur l'expérience qui noua con- 11 iront sans erreur possible, sans hypothèse contestable, h l’analyse de cette production.

. 1 ° Les combinaison* chimiques sont produites par do véritables forces tout b fait de la nature de l’attraction. p 2* Les atomes composés sont formés d'atomes composants réunis par ces forces; iU no peuvent, pur suite, être séparés que par l'application d'un travail mécanique ou la consommation d'une quantité de chaleur équivalente.

3° Nous connaissons très-bien les effets calorifiques qui accom]wguent l'apparition do la cohésion entre molécules semblables, qui au point do vue des phé*nomène» calorifiques et mécaniques ne peut différer de celle qui prend naissance entre les molécules de corps différents. Nous savons que la cohésion ne peut être rompue que par l'emploi d’une certaine quantité de travail mécanique, ou par la consommation d'une certaine quantité do chaleur équivalente dite c/iofcur la - Uni r, et que, lorsque cette cohésion s'établit, lorsqu'un corps passe de l'état liquide à l’état solide, il dégage nne quantité de chaleur égale h cette chaleur latente.

4" Ce qui est vrai pour le» atomes semblables est évidemment vrai également pour les atomes différents. On vérifie à chaque instant le fait de la destruction do la cohésion d'un composé par une certaine quantité de chaleur qui est ainsi consommée à produire ce travail de séparation. -Inversement le dégagement do cette chaleur, lors de la naissance de la cohésion chimique du rompoeé, est on fait g-' 'itérai qui est constaté lors de chaque combinaison. On no peut révoquer on doute l’un des deux phénomènes, car nécessairement le résultat est inverti q, quand la cause agit en sens opposé.

Par une simple extension parfaitement fondée et parfaitement logique de résultats d'expériences, se rapportant aux cohésions entre molécules semblables, pour analyser les cohésions atomiques entre molécules différent es, c'est-à-dire le jeu des mêmes forces, on arrive donc à ce principe fondamental :

Les combinaitons liquides formée* entre élément* liquides (pour ne pavtenir compte de leur constitution physique) produisent le dégagement d'uns quantité de chaleur équivalente nu travail mécanique qui terait nécessaire /tour rompre leur cohésion atomique; les dé compositions consomment, oh amlroire, celte même quantité de chaleur.

Ce principe, qni ne parait pas discutable, suffit pour l’analyse du phénomène de la production de la chaleur, pour le mesurer mémo, si on le combine avec la notion de permanence.' On voit qu’il était impossible de lo formuler nettement, de comprendre le fait de l’apparition do la chaleur dans les réactions chimiques autrement que no le fuirait Lavoisier, tant que la notion de la corrélation do la chaleur et du travail mécanique dans les actions moléculaires était inconnue, qu’on ignorait qu'une consommation de chaleur corret-

pondait à une production do travail, que la catégorie d'idées qui devait naître de l'étude de la production dn travail mécanique par la chaleur n'avait pas pris nsfoz de développement, et que la détermination de l’équivalent mécanique de la chaleur manquait pour tirer parti des chiffres fournis par les expériences connues. C’est là le principe nouveau dont l’application doit changer la face de la science.

Nous examinerons successivement le3 combinaisons chimiques formées pur des corps simples ou des corps dont les atomes sont indivisibles dans les combinaisons étudiées, puis celles qui se rapportent aux corps conr posés, qui empruntent leurs éléments b la décomposition préalable do semblables corps.

Avant tout, nous devons rapporter les données expérimentales que l'on possède aujourd'hui, les quantités de chalèur qui deviennent sensibles lors de ta production de diverses combinaisons chimiques. Elles se réduisent à celles relatées dans le tableau trouvé dans les papiers do Dulong, le travail ayant le plus de portée peut-être de ceux de l'illu6trc physicien, et par lequel il a terminé son utilo et laborieuse carrière ; et aux expériences de MM. Favre et Sübermaun. Nous les reproduirons ici (voir le tableau à la page suivante), faisant remarquer que la chaleur dégagée, mesurée dans ces expériences, ost celle do l'échauffcment du corps formé par la réaction ehiminue lorsqu’on le ramène à la température ordinaire de pour la seconde série, & zéro pour celle de Dulong.

Ce tableau comprend tous les résultats actuellement connus. Des déterminations semblables à celles qu'il renferme devront être faites pour toutes les réaction» de la chimie et ré uni os aux éléments physiques relatifs ii chaque corps. Un bon calorimètre propre b effectuer facilement de semblables déterminations doit devenir l’appareil indispensable du laboratoire du chimiste.

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