‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 313 sur 394 · CÉRAMIQUE · texte numérisé non relu

CÉRAMIQUE

L'art céramique , dont le nom provient de xtpïjio?, nom grec d'une poterie, on, suivant quelques auteurs, d’un (piartier d'Athènes où travaillaient les potiers devenus de véritables artistes, est peut-être relui où les styles se sont révélés le plus nettement. Toutes les nations, dès leur origine, ont eu des vases de terre; et la moindre tendance à l'élégance a dù se révéler dans ces ustensiles vulgaires. Les Égyptiens, les Grecs, les Arabes, ont excellé également dans l’Architecture et la Céramique, deux arts primitifs dont la liaison est intime et dont les produits tirent leur charme non de l'imitation d'objets naturels, mais de l'harmonie de leurs proportions géométriques

Il importe de remarquer, avant tout, ([ue les moyens de fabrication des poteries ayant une valeur artistique, n'ont pas toujours permis aux diverses époques de traduire

* Un de nos plus spirituels feuilletonistes, M. Théophile Gautier, qui est excellent juge en matière d’art, fit sur une Exposition quelques feuilletons où l’appréciation des caractères propres à chaque création industrielle était parfaite, tout en étant présentée sous une forme légère; où était bien sentie la relation intime entre les mœurs, les idées d’une nation et les produits de son industrie, idée que cet ouvrage a surtout pour but de faire bien comprendre. Nous lui empruntons quelques lignes relatives aux poteries.

» Les potiches chinoises, dit-il. n'ont-elles pas l'air d’honnétes mandarins bénignement pansus..., le Céleste Empire n'est-il pas tout entier dans une théière? L'Egypte, avec ses Anubis à tête do chien, ses éporviers sacrés, ses scarabées mystiques, ses pylênes, se n’sume tout entière dans une urne. Ce pot au goulot court, aux épaules embarrassées, aux bras pris dans les flancs, ne vous rappelle-t-il pas un sphinx do Karnac engagé dans son piédestal, une moinie emmaillotée dans scs bandelettes? Ces patères étrusques aux contours harmonieux et sveltes, aux peintures sur fond rouge ou fond noir, ne font-elles pas penser, par la beauté et la jeunesse de leurs formes, aux dieux de l’Olympe, aux athlètes frottés d’huile et luttant dans le cirque? I. Espagne ne trahit-elle pas l'invasion moresque par scs tinajas, ses cantaros, scs jarras et scs alearuzzas en terre poreuse où se trouve inscrit le trèfle arabe? N'v a-t-il pas tout le désordre spirituel, tout le papillotage amusant et facile du xvm* siècle, dans les lignes tourmentées et pourtant coulantes de ces porcelaines contemporaines de Voltaire et do M"* de Pornpadour? »

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leurs aspirations par îles (ouvres dignes de prendre place dans l'histoire de Part: qu'on n'a pas toujours disposé comme aujourd'hui de ces belles glaçures, de ces riches colorations, de ces brillantes dorures que nous admirons si justement. Les progrès techniques ont eu, dans la Céramique, une grande influence sur les progrès artistiques, comme on le reconnaît facilement par la beauté des productions modernes.

Fabriqués à l'aide du tour, les produits de la Céramique sont toujours (sauf les cas peu nombreux de fabrications spèciales ou d'empiétements de la Céramique sur la Statuaire! des solides de révolution, des cylindres, des cènes à génératrice rectiligne ou curviligne. Quant aux proportions agréables à l o il , M. Ziégler , dans ses ■ Etudes sur les arts céramiques, • pose plusieurs principes, que nous rapporterons d'après lui, et qui sont le résultat de son expérience guidée par un goût siïr.

Il décrit les formes de la Céramique qui, par la nature de leur fabrication, sont des surfaces de révolution, des dérivations de la forme cylindrique; celle-ci, dans sa

m F3 Fl 02 1)3 B3 DI

Cl C3 C* (il lis lli

pureté, donne les formes Bl, 112, B3; par ses combinaisons avec des parties circulaires, on obtient les formes Fl , K3, DI , D3. Les formes ayant deux ordres de génératrices circulaires sont, avec la sphère, qui n'appartient pas à la Céramique, mais à une industrie bien voisine, à la Verrerie, les formes de tore Cl, d'umf C3, C2. les formes cratéroïdes (il. C12, discoïdes H2.

Quant aux proportions de ces diverses formes, il établit : que pour un vase cylindrique, conique, etc., la hauteur doit è-tre au moins trois fois le rayon, et six fois au plus pour ceux dont la hauteur excède la largeur. Si, au contraire, la largeur excède la hauteur, comme dans les cratéroïdes et les discoïdes, cette largeur doit être de deux fois au moins et de cinq fois an plus la hauteur; enfin, un vase en forme de cène renversé ne doit pas avoir en hauteur plus de deux fois son diamètre moyen.

La forme ovoïde, résultant d'un cône a génératrice curviligne, est une des formes purement céramiques qui peuvent être les plus gracieuses. Il a donné l’idée de l’ove, ornement d'architecture souvent employé dans les entablements.

La forme sphéroïde aplatie, la forme cralérolde et les formes ovoïdes sont, après les formes cylindriques, celles que l’on rencontre le plus souvent. Nous allons le voir en étudiant les produits des divers arts chez les nations qui ont toutes, dès leur origine, créé, en abondance, des vases de terre, vases d'une utilité presque absolue. Nous suivrons les indications de l’ouvrage du savant M. Brongniart pour déterminer les caractères des produits de ces diverses époques.

r.KHAMIQl'K

STYLE ÉGYPTIEN

Le* poteries des anciens Egyptiens étaient formées d'une pâte grisâtre ou jaunâtre : elles étaient recouvertes d’une glaçure bleue ou verte et décorées d'ornements noirs, généralement en zigzags. La forme générale de ces vases est celle dite canopienne provenant du conoïde renversé ; des têtes venaient souvent former la partie supérieure du vase, comme dans celui représenté sur la figure ci-contre

Vu« égyptien.

Les vases des égyptiens sont généralement d'aspect sévère, et en rapport avec la sculpture de granit de celte nation. Ce n’était pas chez ce peuple que l'élégance des formes céramiques, des décorations variées à l'infini devait prendre naissance. Il faut remarquer toutefois certaines pièces, comme exécution et comme caractère spécial résultant de formes qui appartiennent exclusivement au style des contemporains de Sésostris

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