DES COULEURS
Ou sait que les couleurs fondamentales, indépendamment du noir et du blanc, qui correspondent à l'absence de lumière et à la lumière éclatante, sont au nombre de trois, le jaune, le rouge et le bleu. Avec ces trois couleurs, auxquelles ils ajoutent le noir et le blanc, les peintres reproduisent tous les contrastes de tons et d’effets huuineux, toutes les teintes possibles, toutes les noirs enfin des gammes, que l'on peut former avec, des couleurs.
Ou doit remarquer que parmi ces couleurs, à égalité de teintes, en les prenant daus un même spectre solaire, le jaune est le plus lumineux (après le blanc, bien entendu), puis vient le rouge, et enfin le bleu , qui est en partie sombre comme le noir; ainsi en allant de la lumière à l'obscurité, on suit l'ordre : blanc— jaune— rouge— bleu — noir. C'est en raison de cette loi fondamentale, fidèlement observée par les grands peintres, que les parties qui dans leurs travaux retiennent l’œil sont en première ligne celles où le jaune prédomine, et ensuite les rouges appliqués d'ordinaire aux draperies; li*s bleus et le gris déterminent les dégradations de la perspective aérienne. Les noirs servent de repoussoirs ; les blancs sont toujours rompus de jaune et parfois, dans les dessous, de préparations rougeâtres qui en soutiennent l'effet. (Voir les Titien, les Rembrandt, les Gorrège, etc., etc.) C'est ce qu'explique, dans son stylo brillant, l'écrivain adopté par l'école romantique moderne, Stendahl, dans sou Histoire de fa peinture en Italie:
■ Le jaune et le vert, dit-il, sont des couleurs gaies, le bleu est triste ; le ronge fait « venir les objets en avant ; le jaune altire et retient les rayons de la lumière; l'azur « est sombre et va bien pour faire les grands obscurs. — Toutes les • gloires » des ■ grands peintres, et entre autres du Corrége, sont jaunes. ■
Avant de parler des applications des couleurs, il importe de [tasser en revue les principes qui président à leur emploi ; à cet effet, nous dirons quelques mots des gammes des couleurs, des moyens de les définir, puis nous indiquerons une belle théorie due au savant M. Chevron] ; elle offre un beau modèle d'analyse scientifique appliquée aux phénomènes les plus insaisissables en apparence
COLORATION