‹ Complément du Dictionnaire des arts et manufacturesChapitre 368 sur 394 · CONTRASTE SIMULTANÉ DES COULEURS · texte numérisé non relu

CONTRASTE SIMULTANÉ DES COULEURS

Lus effets, savamment analysés Mar M. Chevreul , et qui résultent fie ce qu'il appelle le contraste simultané ries couleurs, se résument surtout en ceci :

Le contraste simultané des couleurs est un phénomène qui se manifeste en nous toutes les fois que nous regardons eu même temps deux objets différemment colorés placés à côté1 l'no do l’autre. La différence rie ton et couleur qui peut exister entre les doux objets est augmentée rie telle sorte :

1" (lue si l'un des objets est au point de jonction plus foncé que l'autre, celui-ci • ,

nous parait plus clair, moins lumineux, et le premier plus foncé qu'ils ne le sont réellement ; c'est ce que rend sensible une juxtaposition de teintes plates, comme le représente l'exemple ci-joint, et montre bien l'impossibilité d'obtenir des succes-

sions parfaites de tons, sans un très-grand nombre de tons intermédiaires; comment l'emploi de teintes (liâtes successives en nombre très-limité, ce qui est le procédé employé par l'industrie, ne peut jamais qu'approcher du but.

2" (lue les couleurs de deux objets jnxta-posès sont elles-mêmes modiliées, ]>our l'œil de l’observateur, dans leur uature optique, chacune d'elles éveillant pour les parties voisines de celles colorées le sentiment île la couleur complémentaire. (Celle qui, dans le spectre solaire, résulterait île la réunion des rayons autres que ceux qui produisent la couleur considérée, et qui, dans les cercles de M. Chevreul, se trouvent a l'extrémité opposée du diamètre passant par la couleur considérée;) C'est ainsi qu'une tache verte sur un papier blanc, par une vive lumière, éveille un sentiment rie rose sur son coulour. Ainsi encore si on place une feuille de papier bleu à coté dAine feuille rie papier jaune, ces deux feuilles, loin de nous paraître tirer sur le vert, comme ou pourrait le présumer d'après ce qu'on sait de la reproduction (lu vert jiar li' mélange du bleu et du jaune, semblent prendre du rouge, de telle sorte que le bleu parait violet et le jaune orangé.

Nous avons donné nombre d’exemples d'applications de cette théorie à l'article

COI.tlHATIOX.

t Contraste du Dictionnaire des .1 ris et Manufactures; nous n'y reviendrons pas ici. Nous ajouterons seulement une observation qui résulte de la nature des couleurs complémentaires, c'est que le mélange de celles-ci forme du gris, qu'en ajoutant à une couleur sa complémentaire, on la noircit, on la «rabat. »

M. Chevreul a également analysé les variations d'éclat des couleurs selun la manière dont sont placées, relativement à l'oeil de l'observateur et à la direction des rayons lumineux, des parties convexes colorées; nous donnerons une idée de ses travaux en parlant des étoiles, seul objet de ses recherches, mais nous noterons seulement ici que, dans tous les cas de la pratique, on doit tenir compte, en même temps que de la couleur, de l'éclat et de la forme de la partie sur laquelle elle est appliquée : qu'il faut avoir soin de considérer, par exemple, si elle est déposée sur une partie rentrante et obscure, ou sur des surfaces planes ou convexes où se trouvent des points brillants plus ou moins multipliés, suivant la forme et la position de ces surfaces.

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