ARDOISES
tandis qu'elle dure plus d'un siècle lorsque son épais- Mur est convenable.
La qa 4
de 441,8(4,000 : elle représente uno valeur de 2,743,876 franc?. Ou fabrique, en outre, divers produits avec des dalle- de schiste ordoiaier, mais leur valeur est seulement de 75,000 francs.
AitnoutK KMA1M.&. — En Angleterre, M. Maguus est le créateur d'une industrie toute nouvelle, celle de l'ardoiM! dito émaillée; et il a eu le rare l»onheur de la porter A un degré «le perfection tel, qu’il ne lui reste, pour ainsi dire, plut de progrès u faire.
I .e s première* recherche* de M. Magna* datent de 4834, et clics lui ont été suggérée* par un séjour de plusieurs année*, qu'il Ht dans le* fabrique.- de poteries du StrafTurdidiire. 11 eut d’abord l'idée de soumettre l’ardoiM-* à la chaleur graduée des four* de jh>terjp, et il vit qu’au lieu de s’altérer, elle devenait plu* dure et plu* résistante ; il songea ensuite A fixer des couleur* sur l'ardoise, et il y réussit également. Il prit un brevet en Angleterre, en 4838, et maintenant il possède à Piinlieo (larndrcs) «me usine très-importante, qui occupe une centaine d’ouvriers.
L'ardoise est une matière minérale qui réunit un grand nombre de qualités ; en effet, elle est homogène, compacte; clic n'absorbe pas l'humidité, elle résiste bien à l’action de la chaleur et clic se taille très- facilement, surtout en dalle* ou en plaques. Dans l'état naturel , elle u cependant une couleur sombre et se raye très-facilement; aussi est-elle très peu employée à cet vint pour la décoration et l’ameubleincnt; mai» coa inconvénients di-purais-ent quand on la recouvre d'un vernis auquel on peut d'ailleurs donner les couleurs les plus variées.
1 .'ardoise du pays de Galles est celle que M. Mngnus emploie pour ht iahriention de l'ardoise dite émaillée. 1. 'application de la couleur imitant le mnrbrc se fait A l'aide d'un vernis et par lin procédé consistant & utiliser les effet* produits par le mélange de corps pâteux, qui est celui mémo que la nature a employé pour créer les m arbres.
Pour appliquer les couleurs sur l'ardoiM*, do manière A imiter 1« marbre, on préparo des couleurs épaissies avec un vernis; on le* répand sur un bain d'eau et on vient appliquer la surface de l'ardoise sur ce bain coloré ; la fixation des couleurs *ur l'ardoise a lieu immédiatement.
Ce procédé est très-simple et très-rapide, puisque un seul ouvrier peut marbrer plus de 50 pièce? en un jour. L’ardoise, recouverte de son enduit coloré, est ensuite introduite dans de.- fours, où elle est soumise graduellement A une température de 200 à 300“ centigrade*. Elle reste huit A dix jours dans ces fours. ^>»rsqu’cllc en sort, elle possède, d'après M. Mngnus, une grande résistance A la rupture ; car cette résistance serait égnlo A celle d’une dalle de marbre d'épaisseur quadruple. L'euduit coloré qui recouvre l'ardoise n'a qu'une épaisseur très-mince, mais il est parfaitement fixé, et il no s'cnlcvo pas, mémo après un usage de plusieurs années. 11 résiste bien à l'action do l’air qui, A ce qu’il parait , l'altère moins rapidement que le marbre. Toutefois sa dureté est beaucoup moindre que celle du marbre, et il se laisse facilement rayer avec l’ongle. Tour rendre l'enduit brillant, lorsque l'ardoise sort du four, on la polit avoc du tripoli et avec de la potée d'étain.
Ce qui vient d'être dit sur la préparation de l'ardoise émaillée, montre qu'elle n'est pas recouverte par un email coimno celui des poteries, ainsi que *on nom semblerait le faire croire ; mais qu'elle est simplement protégée par un vornis ; il serait donc préférable do la nommer ardoiso vernissée.
Par le procédé quo nous venons d'indiquer, M. Ma-
ÀRDQISES.
gtius est parvenu A imiter la porcelaine et surtout Arc» présenter toute espèce de roche* : l'albâtre d’Egypte, la *er{>cntine verte et ronge de Gêne*, la griotte, le portor, le jaune do Sienne, lo marbre wcadien de Purbcck, les granités, le* porphyres de Suède et le porphyre ronge antique.
Ïji ressemblance de l'ardoise émaillée avec ces diverses roche* est quelquefois si grande , qu’il faut l'examiner avec beaucoup de soin, pour reconnaître que c’e*t seulement une imitation qu'on a sous les yeux; nous citerons notamment le porphyre rouge antique, comme l’une de* roche* qui peuvent le mieux être imitées.
I-e prix de l’ardoise émaillée varie avec les difficulté* que présente la reproduction du marbre qu’on a cherché A imiter; et on distingue quatre classes do prix :
4" classe. — Albâtre d'Egypte, malachite do Russie, lumachvllc, griotte, jaspe; marbres noirs, blanc* et do diverses couleurs.
2* classe. — Serpentine, jaune de Sienne, portor, porphyre*, granités, marbres de Purbeck.
3* classe. — Lapis-lazuli et marbre* riches, ou A dc-sins complexes.
4* classe. — Imitation de mosaïques; représentation de fleurs et d’animaux.
I«e prix de l’ardoise varie avec son épaisseur; et lo tableau suivant fait connaître , pour un pied carré, quels sont les principaux prix de l'ardoise émaillée :
lr* classe. 2*cUmc. 3* classe.
Ardoise de 4 p** d'épaisseur 2**fcîM 3^**Ca 4“k(H • » 2 46 56 60
Le» prix de la 4* classe sont, très-variables, et ils dépendent entièrement des objet* A représenter.
Remarquons qu’en Angleterre, le marbre jaune do Sienne revient A 45 ach. 6 d. ; le portor, A 46 sch.; et le marbre noir, A 8 schclling* pnr pied carré; les prix de Pantoise émaillée sont donc bien inférieurs A ceux des marbres; ainsi, par exemple, pour l’imitation du marbre noir, le prix est seulement un peu plus du tiers; pour l'imitation du jaune de Sienne, il n’est guère que le cinquième. .
L'Angleterre, si largement dotée de toutes les richesses minérale», est, pnr exception, pauvre en marbres; comme l'ardoise émaillée imite très-bien le marbre et revient A un prix beaucoup moins élevé, il est facile de comprendre pourquoi son usage s’est répandu avec une si grande rapidité. Elle a, en effet, été adoptée par le riche comme par le pauvre, et elle décore même des résidences royales. En quelques années, sa consommation est devenue si grande, que la production ne peut y suffire. On l'emploie, dès A présent, pour tables, consoles, toilettes et pour toutes sortes de dessus de meuble*. Elle est tres-propre aussi A faire de* cheminée» on des poêle*.
Lorsque les cheminées sont formées de pièces ayant seulement 5 pouces d’épaisseur, leur prix n’est que do 47 soit, pour ln 4" classe do raarhrt*, 4 liv. 5*cb. pour la 2* classe, et 4 liv. 48 sch. pour la 3* classe.
On se sert de l'ardoise émnilléo pour faire des baignoires très-élégantes.
Les parois dos appartements peuvent encore être re- Têtncs et décorées, avec beaucoup de luxe, par des plaques d’ardoise émaillée ; des salles do bains en sont entièrement construite*. On en fabrique aussi des vase* , des piédestaux , des autels , des pierres tumu- 1 aire s.
Enfin, l'ardoise émaillée est très-propre A faire des billards, dont le* prix no sont pas très-snpéricnra A ceux des billards en bois; comme* tous les billards en ardoise, ils ont sur eux l'avantage «le présenter une
ARGILE
surface mieux nivelée et qui ne varie pas par l'action de la température ou de l'humidité.
L'ardoise émaillée commence à se répandro hors de l'Angleterre; ainsi on l'emploio eu Allemagne, surtout à Berlin, où elle sert à faire des bains et des lavoirs.
Jusque dans ces dernier» temps, l'emploi de l'ardoise était à peu pré» limité à la toiture et à quelque» usages dune les constructions ; mais la découverte de l’ardoise émaillée a permis de s’en servir dans l'ameublement et dans la décoration; cette découverte a donc créé un débouché nouveau à une matière minérale qui se trouve en masses inépuisables dans le sein de la terre.
ARGILE. L'introduction dans les arts des silicates alumineux qu’on nomme argile t fut de la plus grande importance, t'es combinaisons do la silice et do l’alumine, abondamment répandues dans la nature, jouent en effet un grand rôle dans la fabrication des ciments, dans l'art métallurgique, dans beaucoup de production» appartenant aux arts chimiques ; leur emploi le plus intéressant est la fabrication des poteries. Tous ce» divers usages ont pour cause le» propriété» caractéristiques et variées que nous allons énumérer.
Si les silicates anhydreff simples, que le» minéralogistes connaissent sous les noms de. dvsthène, d’andalonsite, de sillimanite, dont la composition se repré* sento par la formule 2 (Si O1), 3 (A1*0J), sont assez rares et jusqu'ici sans application» industrielle», il n’eu est plus de même de» divers silicates hydratés qui sont, au contraire, très-ré] *uid us. Ce» sel» occupent en effet une place considérable dans les couche» qui forment l'écorce du globe que noti» habitons, et leur mise en œuvre par des ouvriers intelligents transforme des matières presque sans prix en outil» indispensables aux progrès de no» diverses industries, en ustensiles de ménage, et souvent même en objet» d’nrt du plus grand mérite. L'étude des hydrosilicate» d'alumine contient celle des morne», des argiles, des kaolins, etc. Nous allons la résumer, au point de vue le plus général. Les argile» que nous présente la nature ont une composition variable entre d’assez grandes limite». Mais les corps qui portent ce nom réunissent un ensemble de caractères qui permet de les réunir en un seul groupe ; ils donnent par l'exposition & l'air une matière blanche ou grise, quelquefois colorée par de» mélanges accidentels, douce au toucher et présentant an frottement une odeur particulière, s'écrasant à l’état humide ou vert sans difficulté, assez dure quand elle est sèche.
L'argile desséchée happe fortement à la langue; quand on l'humecte et lorsqu’on la pétrit avec un peu d'eau,. elle répand une odeur particulière sul generis dont la cause est inconnue; en même temps, elle forme une pftto liante, plastique, durcissant par l'exposition à l’air et surtout lorsqu’on la soumet u l'action d’une temjiérnture élevée. Délayée dans beaucoup d'eau, l'argile trouhlo le liquide et reste en suspension pendant un temps souvent très-long, ce qui prouve la grande ténuité des particules tout à fait impalpables qui nagent au sein du liquide.
Les argiles sont essentiellement formées de silice, d’alumine et d'eau; aucun do ces corps isolés, aucune des combinaisons de ces corps deux à deux, n'a la propriété plastique*, de plus, l’argile chnuffée jusqu'à 200 ou 300 degré» et qui a perdu sou eau de combinaison ne reprend plus sa plasticité, quand on vient M'humecter de nouveau.
On ignore si les argiles sont des mélanges de divers silicate» almninenx en proportions définies; le» proportions des trois éléments sont variables dans la composition des argiles; elles renferment en général, pour 400 parties :
Silice de 45 à 80
Alumine. ■ de 45 à 40
ARGILE. 33
et de l'eau dont lu proportion s'élève rarement audessus de 48 pour 400.
On a remarqué que les argiles les plus alumineuses sont les plus plastiques ; ce sont aussi celles qni contiennent le plus d'eau de combinaison. Telle est la composition de l'argile pure. Le plus généralement les argiles donnent à l’analyse d’autre» substances qui modifient iour couleur et leurs propriété» ; ces corps ne s’y trouvent certainement qu’à l’état du mélange, et co mélange modifie les propriété» et les usages des terres argileuses : ces usage» sont en rapport direct avec la composition.
I*a argiles acquièrent par l'action du feu des propriétés remarquables : elle» prennent de la dureté, de la cohésion, de la retraite; toute» ces mollifications dans leurs propriétés initiale» ont été mise» à profit par les art». Chauffées jusqu’à 400 degrés, clics ne perdent pas toute leur eau de combinaison, elle» conservent leur plasticité qu'elles perdent complètement vers 300
degré».
Une température convenable le» transforme en des matières qui ne sont plus entamées par l'acier ou qui étincellent par le briquet, qui no se brisent, bous lu choc ou sous la pression, qu’avec la plus grande difficulté. En mémo temps, elle» prennent du retrait ou de la retraite, c'est-à-dire que leurs dimensions linéaires diminuent et quelquefois dans la proportion do 20 pour 100; les molécules se rapprochent par ce monvemeut, et c'est sans doute ù ce rapprochement des molécules, comme a la combinaison qui peut en résulter, qu’il convient d'attribuer le» modification» qui surviennent par la cuisson dans la cohésion et la dureté des pâtes céramique».
La calcination le» rend aussi plus facilement attaquable», surtout quand elles sont légèrement calcaire» et qu'elles n’ont pas été soumise» à des température» trop élevées. La fabrication en grand du sulfate d'alumine, qni remplace aujourd’hui l'alun dans la confection des toiles peinte», repose sur cette action do la chaleur sur les argile». La matière qui n’est que difficilement attaquée, même à chaud, par l'acide sulfurique, lorsqu'elle est à l’état cru, se décompose rapidement, au contraire, si l’on fait agir l’acide sur de» matières préalablement calcinée» d’une manière convenable. L’argilo que l'on choisit de préférence est le kaolin argileux le plus blanc, c’est-à-dire le plu* dépouillé d’oxyde de fer. L’attaque se fait dan* du* vases de plomb avec l'acide sulfurique chauffé par do la vapeur qui circule dans des tuyaux de plomb placé» dan» le» réservoirs d’attaque.
I.a retraite des argiles a été mise à profit pour établir un instrument propre, dans certaines limites, à la mesure des plu» hautes températures. Le pyromètre de Wedgwood, que nous décriront plu» tard avec les détails couvonables (voir pyuomltre ), est basé sur cette propriété. On sait qu’il est formé de deux règle» métallique* se croisant sous un angle très-aign; «le petits disques d’argile blanche infusible, tous de même diamètre, sont soumis à l'action du fou ; on juge pnf la diminution do leur diamètre, mesurée jvar la longueur de la course qu’ils peuvent faire entre les deux règle», la retraite qu’ils ont subie, c'est-à-dire la température à laquelle on les a soumis.
Le» argiles, quand elles sont pure» de tout mélange étranger, restent blanches à la température la plu» élevée de nos fourneaux ; ailes ne fondent pas : de là, la propriété réfractaire qui appartient à tou* les silicates d’alumine ; seulement elles prennent une texture serrée, compacte, unnlogue à celle du grès ou de la porcelaine. Le» argiles le* moins ramollis&abtcs aux feux de nos fourneaux ne paraissent être ni les plu» siliceuse» ni le» plu» alumineuses : celles qui sont trèsnliunincuscs 6c ramollissent sensiblement, et les pièce»
AlK.II.r..
AUGILE.
qui sont façonnées avec oc» argile* se déforment notablement. Il y a quelques proportion» intermédiaire» pondantes an n > résistance. Los tcm-
]>ératurc* très-élevée* qu’on produit en petit pnr l’emploi du chalumeau h gaz oxygène et hydrogène transforment les orgiles en Terre nvec une très-grande facilité.
Nous avons dît que les argiles admettaient en mélange dos matières étrangères : cos dernières pont assez nombreuses: tantôt elle» sont disséminées en fragments beaucoup plus volumineux que les particules argileuses, tantôt clics ont le meme degré de ténuité. Dans le premier cas, on sépare aisément les matières étrangères pur un délayage dans Tenu suivi d'une simple décantation: le» matière» très-ténues restent en suspension bien plu» longtemps que les autres, bien que leur densité soit à très-peu près la même. Cela ; tient" à co qno la force qui tend à précipiter les matière» au fond du ^ nse est proportionnelle à leur masse, taudis que lu force qui empêche leur précipitation est proportionnelle à la surface en contact avec le liquide; or je» masse» croissent connue les cubes des dimeu- J pions, et les surfaces conmio les carrés seulement ; la force accélératrice croit ainsi beaucoup plus rapidement i que la force retardatrice, a mesure (pie les dimensions des particules augmentent.
Kn soumettant donc les argiles au lavngo suivi I d’une décautation, les matières qui ont iino certaine ! masse se précipitent au fond du vaso ; presque toutes I les argile» que nous offre la nature laissent de la sorte i déposer une quantité plus ou moins considérable de parties sableuses rades au toucher ; co sont :
1° Des grains de quartz reconnaissables à leur cassure inégale, non lamcllcu.-e, à leur dureté, ii leur couleur, Ad leur transparence, enfin anx autres carnctèros qui dis- ' tingnent l’acide «ilicique.
2° Du febl-'path moins dur que le quartz, en cristaux I plus ou moins nets, opalins, fusible» an chalumeau.
3“ I>u tuica qui se présente en lamelle* très-minces, , large», rc.-tant longtemps en suspension dans l'eau:
!o mica est souvent visible dan» les argile» elles-mêmes sous forme do paillette» brillante» ; ce» dernières I se séparent nlors en lits de inince épaisseur.
4® De» pyrite» do fer; ces pyrites sont de* cristaux : ou des grains de bisulfure de fer, lourds, ayant l'éclat métallique et la couleur jaune du luiton ; le» pyrites se trouvent dans les argile», surtout dan» les variétés qui j contiennent du bitume en quantité notable.
Les argile» contiennent encore d’autres matière» qui août intimement mélangées avec le silicate d'alumine et qu'on ne peut en séparer par la décantation : ce sont lo carbonate de chaux, l'oxyde de fer, le sulfure de , fer, les alcali* et le bitume.
4° On reconnaît lo carbonate de chaux à la propriété j qu'ont le* argiles de faire effervescence avec les acide»; ' une petite proportion de calcaire ne détruit pas la plas- | ticité. Le» argiles mêlées de calcaires prennent le nom ; de marne. Le» marne* sont plastiques et se travaillent , assez bien quand elles ne contiennent pas beaucoup ! do calcaire, comme 40 ou 42 pour 100. l’e sont le* . marnes nrgileuse»; elle» acquièrent une grande dureté pnr le fait de la cuisson. On le* emploie le plu» ordinairement dans la fabrication des poteries commune».
Quand la proportion de calcaire dépasse uno certaine limite, la matière devient plus solide et prend une texture plus cAm pacte. Cependant il y n de* marnes I crayeuse* qui ne présentent pas une très- grande cousis- ! tance. I.’nrgilc, dans ce cas, se désagrégé facilement sous les influence» atmosphérique»; employée sons argile j plastique dans la fabrication des poteries, elln ne donne | pn« des pâte* réellement plastique». Los marnes cal- j caircs sont moins employées que les marnes argileuses ■
j dans le» arts céramique», et seulement comme matières dégraissantes, c’est-à-dire nntiplastiques. j 2” L’oxyde de fer se trouve fréquemment disséminé dans les argiles; il les colore quelquefois en rouge, il ! est alors à l'état de peroxyde anhydre; d'autres foison jaune ocrcux, il est alors â l’état d'hydrate de peroxyde; dans co dernier cas, les argile* rougissent par l'exposition au fou, lo peroxyde unhydre étant beaucoup plu*
| colorant que l’hydrate. Le» argiles absolument dépour-. vues de fer et qni no »e colorent pu» par la calcination sont excessivement rares. Quelquefois l’oxyde de fer est engage duu» la combinaison sou» forme de silicate ou de carbonate.
3” I.e sulfure de fer qni so sépare quelquefois trèsfacilement par le lavage de* argdes, ne »’u|H!ryoit pa» toujours; il peut être disséminé dans la masse sous forme impalpable, comme il l'est dan» certains cul cuire ;• qu’il coloro soit en bleu, soit en gris. Beaucoup d’argiles peuvent devoir leur coloration à des sulfures do fer disséminés; dans ce cas, la calcination fait apparuitre une couleur rouge ou rougeâtre plus ou moins loncée, c'est l'indice de la présence du fer que le lavage ne séparerait pa».
I.e carbonate de chaux cl l'oxyde de fer, qui ne diminuent la plasticité du l'argile que lorsqu’ils lui sont mêlé* en proportions notables, exercent une grande influence sur une propriété très-importante «les argiles, la qualité réfractaire.
Certaines argiles sont rendues fusibles à lmuto température par la présence d’une quantité, même peu considérable, do chaux ou d'oxyde de 1er; aussi la pluj*urt des poteries ordinaires fondent-elles en une matière vitreuso à la chaleur d'un four à porcelaine; celles qui contiennent du ter donnent une matière vitreuse noirâtre, analogue aux scorie* des haut* fourneaux. J'ai dit plus haut que les argiles renfermaient quelquefois «les pyrites en grains ; ces pyrites sont beaucoup plu» nuisible* dans la fabrication de* poteries que le* pyrites disséminée»; elle» so transforment par le grillngo en oxyde, et cet oxyde fait fondre touto la mutière qui l'entoure en formant une cavité.
4° Le* argile* renferment généralement une petite qnanté d'alcali» (potasse et soude) dont le poids peut s’élever jusqu'à 2 ou 3 pour 4 UH. Les argiles plastiques de* environs do Puris n'en contiennent que 4 à 5 millième»; on en trouverait certainement dans toutes le* argiles. Une petite quantité d'alcali* dans une* argile suffit pour la rendre ramollissable à la limite température do nos fourneaux ; aussi les kao- ♦ lin» qui renferment 2 ou 3 pour 100 de potasse et do »oudo ne sont-ils pas complètement réfractaire*; ces éléments ne communiquent aucune coloration au silicate d’alumine, même aux températures les plus élevées. La texture serrée *emi-vitreu*o et lu translucidité qui caractérisent la porcelaine sont ducs à l'influence de* silicates alcalins qui fondent au feu de cuisson. On peut admettre que, dans le plu» grand nombre des cas, les alcalis que l’on rencontre dans le* argiles proviennent des parties IchUpat bique» ou micacées qui »'y trouvent naturellement disséminées en particule* tellement ténues, qu'elles ne peuvent être séparées do l’argile pure par un simple lavage.
5° Les argile» et les marne* sont souvent colorées en brun, en gris ou on noir, pnr do» matières de nature organique qni exhalent une odeur bitumineuse par lo frottement, par la calcination: elle» peuvent être employées comme les nutres argile» dan» lu fabrication des poterie», et les objets qu'on eu fait peffvcut acquérir et conserver au feu uno coulour noire due au charbon qn’ils contiennent quand la cuisson se fait à une température peu élevée on conflpe en vase clos. Lorsque le charbon so hrftlo sons l'influence d’un courant d'air, on observe des place* plu» ou moins colorées en
Digi
AUtiLI.K.
AUCflLK.
rouge ai l'argile est fmvgiiMue. Certaines -argile» J Thénard ot llertliier ont constaté cctto propriété, i
renferment des proportions considérables de matières analogtn - v ln bouille et donnent des poterie» noires i qae rTofusibilité du charbon rend très-réfractaircs. Ixt* creusets de plombagine employés dans certains cas sont (hits avec cette sorte d'argile; du reste, on le» imite artificiellement en faisant un mélange d’argile et de coko pulvérisé.
Pour (aire l’analyse des argile», on profite de ce que les argiles pur^knont h peine attaquables par les acides faibles, (m peut ainsi eu séparer le calcaire et mémo l’oxyde de fer hydraté au moyen tic l’acide oxalique ; le résidu peut ensuite être décomposé |K>ur l'analyse, soit h la température rouge, par une attaque à lu potasse dans un creuset d’urgent, ou par une attaque nu carbonate alcalin, soit h lu température ordinaire, par l’acide fluor hydrique.
11 est convenable de faire précéder l'analyse do toute ergile d'une décantation en grand , ojKTéo sur une
:Icptus hors de doute par des expériences de M. Marignac. L'argile do Dreux, traitée par l'acide chlorhydrique, perd seulement les 0,2"» de son poids lorsqu’elle e>t crue, et près de 0,15 quand elle est cuite ; h une température très-élevée, la dissolution rtfdevicrtt très-difficile ; les 0,06 du poids de l’argile reniement ont été dissous.
On n fait une expérience semblable avec une argile ferrugineuse, avec de l'ocre jttiM. L’ocre crue a laissé snus ho dissoudre un résidu pesant 0,C3 insoluble daim l'aride* chlorhydrique. Après une première calcination, ce résidu pesait 0,b4 ; après une deuxième calcination, Ü,b7; enfin, après un troisième coup de feu, ou n’a plus trouvé que U, 73 de résidu non attaqué.
Une marne, soumise aux mémos essai», a perdu, crue, 0,5b, et cuite, 0,60. Si l'on enlève le calcaire, Oprgilc ente laisse 0,70 et l’argile calcinée 0,03, c'està-dire 0,31) «le perte dans un cas et sculeincnt 0,03
U UIIV m'iumuiM'ii l’ii , vj>vn« «m uug w, 'i® |ni lu uuun u>i ru» a
quantité pesée «le matière, afin de connaître la propor- 1 dana l’autre. Ces résultats mettent hors de doute que Ition de sable qui s’y trouve ; à cet effet, on délaye la la composition de l'argile exerce, tout aussi bien que matière dans l'eau, dana un vase d'une n^seÿ grande lJ température employée pour la calcination, une in
capacité ; on laisse reposer une ou doux minute», puis on fait écouler lu partie laiteuse avec la plus grande précaution pour no rien entraîner du résidu sablonneux; on recommence b plusieurs reprises l’opération toujours de la même manière, on observant les mômes règles, ai mettant a chaque fois la matière en suspension ju4Çt'h ce que l’eau do lavage ne cesse pas d être très-sensiblement trouble après doux ou trois minutes ^ do repos. On fait sécher les résidus afin de les amener * au même degré de sécheresW que la prise d’essai, puis on pèse ; on examine ensuite à la loupe le résidu sableux formé des substances dont il peut être utile do déterminer la nature.
I<es silicates d’alumine sont attaquables par l'acide sulfurique concentré et chaud qui enlève une partie «le Fnluratne; un lavage avec une dissolution alcaline dissout ln silico mise en liberté par ce premier traitement, qt colle quit primitivement à l’état de li- ; p. 39 et suivantes : berté, pouvait exister en mélange intimo avec le sili- j « ate alumineux ; on reprend par l'acide sulfurique pour ] décomposer une nouvelle portion de l'argile, et par ln l>ota»8o pour dissoudre ln silico que ce second traitement vient de rendra libre à Son tour. On peut ainsi,
* par une suito d'attaques alternatives par l’acide sulfurique et ln potassoj décompter la totalité de l'argile proprement dite, et ne Jaisscr n l’état insoluble que les matières étrangères, telles que le quartx, le feldspath, etc., non attaquables par les acides et los solutions alcalines, matières qui sô trouvaient b l’état de mélange dans l’hydrosilicate alumineux.
Iji liqueur sulfurique contient de l'alumine, du fer, de ln chaux, de la magnésie; on précipite le fer et l'alumine par Fhydroaulfate d'ammoniaque, qu’on sé- [*are ensuite Fun de l’autre pur la potasse après avoir rodissotis les sulfures dans l’acide chlorhydrique. 11 rcstqpdes sulfates de chaux et do magnésie nlêlés do sulfates alcalins ; on les sépare au moyen de Foxolate «et du phosphate d'ummoninquo. C’est !b co qu’on appelle 1 analyse rationnelle ; c'est cette analyse qui permet do définir l'argile dans un but purement théorique et qui sert aux spéculations do ln science. L'analyse empirique, celle qui intéresse le potier, lo fabricant de produit* chimiques, le fabricant de ciment hydraulique, etc., consiste b déconqioser l’argile sans s’inquiéter «le l'état de combinaison des éléments qu’elle contient : on détermine d'abord l’eau par une calcinatiou, puis on attaque l’argile par ln potasse au çreuset d'argent, ou [inr le carbonate de soude au creuset de platine. m
J'ai dit plu* liant que l'argile cuite était plus attaquable par les ac.de» que l'nrgilc crtic; MM. Vient,
fluence importante sur les différences qu'on pourrait observer. l<a p&te do porcelaine crue perd 0.10 do parties solubles, tandis qu’elle n'cu abandonne que O,0ü b l’état de dégourdi.
Les diverses méthode» d'analyses décrites pin» haut ont conduit b la connaissance exacte du certaines argiles qu'on est convenu de considérer comme types. Nous los avons classées dans les tableaux qui suivent, ot je n’ai pas cru devoir omettre ici les résultats qui rc ■ présentent les compositions et les usages des principale» argiles provenant soit du territoire français, soit do»
«ntréc» environnantes. Beaucoup de ce» analyse» oui |ê faite» au laboratoire «le Sèvres par le.» différent» chimiste» qui ont été successivement attaché* b cet établissement, MM. Laurent, Malaguti, Mnrignuc, Suivetat ; quelques autre» sont emprunté**.» nu traité classique de M. Berthier, sur les Essais par la voie sèche, t. 1,