LE CYNOCÉPHALE TARTARIN
Cynocephalus hamadryas (1).
Le tartarin a été décrit par les anciens naturalistes de la renaissance des lettres. On én cite un portrait de Belon que nous n’avons pu vérifier; mais les figures de Clusius et de Jonston , quoique grossières, sont très reconnoissables. Ce nom de tartarin lui fut donné par Belon, parce qu'il pensoit que le singe auquel il l’avoit appliqué provenoit de la Tartarie. Hasselquist, dans son Voyage au Levant, en parle sous le nom de simia ægyptiaca; c'est très évidemment le dog-faced monkey de Pennant, représenté dans sa planche 14, figure première. Le tartarin reçut le nom spécifique d’'hamadryas de Linnæus ; celui de singe de Moco par Buffon, parce que l’individu qu’il étudia provenoit de Moco sur le golfe Persique ; enfin M. Cuvier l’appela papion à perruque.
Le tartarin a ordinairement le corps long de vingt-quatre pouces, et la queue de quinze ; la tête, mesurée depuis l’occiput jusqu’au bout du museau, a jusqu’à huit pouces ; son corps est trapu et énergiquement membré ; le ventre est peu proéminent, tandis que l’abondante fourrure qui recouvre les
(:) Desmarest, Mammif. , esp. 41, p. 69 : simia hamadryas, Linnæus; Screber, pl. 10 : cercopitheci, Glusius, Exot., p. 370 : papion à perruque , Cuvier, Règne animal, t.1, p. 98 : papion à face de chien, Pennant, Quadrupèdes ; Muld-Tpuñffel, pl. 39 : lowando et singe de Moco, Buffon , t. XEV, pl.18 ; Supplément, t, VI, pl.10 ; copié Screber, pl. 10 , et Encyclopédie, pl. 10, fig. 8; le tartarin, F. Cuvier, Mammifères, avril 4819, t. I, 5e livraison ; Dictionn. des Sc. natur., t. XXII, p. 578 ; Desmoulins, Dictionn. class. d'Hist, nat, t. V.p. 259,
rt
Torres
épaules donne à cette partie du corps beaucoup d'ampleur ; son museau est long et élevé ; un sillon assez profond sépare les narines; les yeux sont enfoncés sous des crêtes sourcilières très saillantes ; et les callosités sont tellement développées, qu’elles recouvrent toutes les fesses et brillent du rouge le plus if; le museau et le rebord du front sont de couleur de chair légèrement tannée, teinte qui est propre aux parties dénudées des oreilles, tandis que les mains et les pieds sont noirâtres; les joues sont garnies d'épais favoris gris-ardoisé ; une toufle de poils allongés termine la queue, qui est forte : toutes les parties supéricures du corps sont couvertes de poils longs de six pouces, qui forment sur le cou et sur le devant du corps une épaisse crinière : le pelage est uniformément d’un gris cuivré un peu lavé de verdâtre, ce qui est dû à ce que chaque poil est alterrativement annelé de noir et de jaunâtre.
Les tartarins qu’on a eu occasion d'observer en captivité étoient des singes hideux, d'une force étonnante, et d’une férocité inouïe : on leur a trouvé treize côtes et cinq vertèbres lombaires.
Le tartarin ou papion à perruque habite l’Abyssinie. Alvarez et Niebuhr l'ont rencontré en Arabie, et peut-être est-ce le sphinæx de Diodore. Ce grand singe est représenté dans les bas-reliefs du sanctuaire d’'Essaboua, si l’on en juge par la quarante-cinquième planche (figure a) des Monuments de la Nubie par Gau, où il est très reconnoissable,
Ses habitudes sont entièrement inconnues.
mt
LE MANDRILL.
Cynocephalus mormon (1).
De tous les animaux, le mandrill est le pius remarquable par la profusion des riches couleurs qui teignent les parties du corps qui sont privées de poil. Le rouge de feu , le violet le plus éclatant, l’azur le plus pur, sont répandus avec profusion sur sa face ou sur les larges nudités des fesses, et blessent les regards par la beauté cynique des organes qu’ils en-
tr) Simia mormen et maimon, Linnœæus (jeune âge et adulte) : le mand'ill, le boggo, le barris, le choras, Buffon, t. XIV, pl. 16 et 17; et Supplément, t. VII, pl. 8,et pl. color. ‘20 et 241 : Encycl., pl. 9, fig. 2 et 3 :cynocephalus mormon, Desmarest, Mammal. , esp. 42, p. 70 : papio mermon, Geoffroy, mandrill, Audebert , Singes, fam. ?, sect. 1, pl. 1 ; Screber, pl. 7 et 8: mormon, Alstroëmer, Act. Holm. : le mantegar, Encyclopédie, pl. 6, fig. 2; G. Cuvier, Rég. anti. t, 1, p. 98;Miger, grav. d’après Maréchal , Ménag. du Mus. : mandrill, Fr. Cuvier, Hamm. (très jeune), juin 1821, 29e livrais.;et mandrill mâle (vieux), mai 1824; Dict. des Se. natur., t. XII, p. 378 ; Desmoulins, Dictionn. class. d'Hist, natur.,t. V,p. 261,
HISTOIRE NATURELLE
luminent avec tant d'éclat. C'est aussi un sigen buste, puissant par son système musculaire, am de canines redoutables, et d'une salacité encore ply brutale que celle des papions. La vue d'une ferme jeune et jolie suflit pour allumer avec violence y désirs; et lorsqu'il est captif, on le voit la provoque du geste , l'appeler avec ardeur, et se livrer oh à tous les écarts de la passion la plus immodé dans ses déréglements. Ce singe légitime done ty ce qu’en ont dit d'anciens voyageurs, et a dipl d'uue fois chercher à assouvir ses désirs avec les nes Négresses qu'il trouvoit isolées dans les fui de la Guinée et du Congo, où il est très comme De là a dà dériver sans aucun doute le nom dom, par les matelots hollandois des vaisseaux europa qui les premiers fréquentèrent la côte occidenik d'Afrique, de mann-drill, ou homme-satyre, my qui répondroient au bon drille de notre vieuxk gage. L'histoire de ce singe est entremélée de déuh qui appartiennent au chimpanzé ; et il seroit fort licile de débrouiller, sous ce rapport, les fisg appartiennent aux singes que Barbot, Gassendia autres nomment barris, boggo, mantegar, cu.
Le mandrill atteint jusqu'à quatre pieds et de
ombres et intense pniforme en dessou prmés de poils très wuvrent les joues ; tiquetés de noir ; barbe qui avance et Jun jaune citron ::
ue à l'allongement pis l'occiput,
Avant que les can nce, avant que le r paxillaires se soient iférent beaucoup de t d'un gris verdâtr out du museau sont s joues, mais la tei asque sur la face, etite barbe du ment 8 favoris sont tomi cune des couleurs 1 pparoître avec tant pnt brunâtres,
La femelle ne pren
lorsqu'il se tient debout. Ses dimensions les plusw rmes sont plus peti dinaires, prises du bout du museau jusqu'à l'a, la face et des fesses sont de vingt-cinq à vingt-six pouces, tandisq e vivacité; son nez
Époque du rut, qui ; Qui amène sur le pour une afluence de s rtie la forme sphér ec la cause qui l’av pper le mois suivant Les différences qu oïent porté les aute jeune âge comme c imon de Linnæus, out le nom de sin ui de choras par B
Le mandrill est esse reçoit avec plaisir d pronnoître les soins « est intraitable, colé un mot c’est un ani ndant son régime est cherche pour alimen habite ia Guinée et] d'où on le tire ordin bulantes de l’'Europ
la tête, mesurée de l'occiput jusqu'aux narinsi huit pouces et quelques lignes ; la queue se bn à peu près à un tronçon qui a à peine deux pous et qui affecte une forme pointue et une positionté élevée sur le bassin ; ses membres sont épaisetir pus; ses joues sont nues , très renflées, etsillonét de rides profondes et longitudinales d’un bleudur vif, passant au violet noirâtre; le nez est terais par du rouge-cerise ; et ses oreilles, dont la pau lisse et le sommet pointu, sont d’un noirâtre pu pré ou violâtre, variant de teinte suivant l'e4 suivant la vivacité des désirs à l’époque durutd les mâles; les pieds et les mains sont noirdtré;h fesses sont complétement nues, et l’espace dér# de poils est beaucoup plus large que chez ai autre espèce : ces parties sont d’un rose vifau se mêle un lilas pur ou un pourpre violet foi parfois un violâtre bleu, qu’encadrent des li carnées; un rebord d’un rouge de sang en l'anus, et le périnée affecte souvent une colri jaunâtre : à ce luxe de couleurs déposées sur d# pareils que là nature à presque toujours voilés M des poilset dérobés par des parties accessoire, dis qu’elle s'est plu à les étaler au grand jour ds le mandrill, se joint le rouge de feu des paris la génération.
Le vieux mandrill a son pelage très épais fourni sur le corps ; ‘il est aussi foncé en couleurs | ces parties, et est d'un brun verdètre à nu
i un singe ne:
culaire, am
iLé encore puy
> d'une fem
ec violence w
it La provoque
se livrer ei us immodéré time donc tu s, et a dû plu irs avec les je dans les fory très comm, le nom don, eaux Europétts ôte occidenuk ne-salyre, mi otre vieux lt mêlée de dé À seroit fort rt, les faitiqu ot, Gassendid mtegar, ele.
*e pieds et den ions les plusur jusqu'à lou,
ces, tandis qu L'aux nariné,t queue se bunt ne deux pou, ne positiontis sont épais et tr es , et sillonés d'un bleudur nez est term dont la pauet
noirâtre pou:
suivant lg pque du rot dk nt noirétres;ls l'espace dir que chez au roge vif auul b violet foné,d Lrent des ten de sang en tune coloribl osées sur di kjours voilés M accessoires,
grand jour
eu des paris
très épais EL] 6 en couleur
dâtre à nu
ombres et intenses en dessus et d'un blanchâtre
pniforme en dessous ; d'épais favoris rayonnants,
ormés de poils très longs, entourent les oreilles et ouvrent les joues; ils sont roux, teintés de gris, tiquetés de noir ; sous le menton pend une petite barbe qui avance en brosse, et dont la couleur est un jaune citron ‘agréable; une sorte d'aigrette, ue à l'allongement des poils de la tête, hérisse parpis l'occiput, Avant que les canines aient pris toute leur croisnee, avant que le museau se/soit allongé et que les raxillaires se soient renflées, les jeunes mandrills ifférent beaucoup desindividus adultes ; leur pelage d'un gris verdâtre plus clair; leurs oreilles et le out du museau sont noirs ; les rides se creusent sur joues, mais la teinte bleue d'azur forme déjà un hasque sur la face, et les distingue du drill; la etite barbe du menton est blanchâtre ou roussâtre ; s favoris sont tombants et roux, les fesses n'ont cune des couleurs vives qui doivent plus tard y pparoitre avec tant d'éclat, et les testicules enfin pnt brunâtres.
La femelle ne prend jamais la taille du mâle; ses rmes sont plus petites et plus minces, et la peau la face et des fesses ne se colore point avec autant e vivacité; son nez ne rougit à l'extrémité qu'à époque du rut, qui se renouvelle chaque mois, et
ui amène sur le pourtour de la vulve une excitation
une aflluence de sang qui donnent alors à cette rtie la forme sphérique qui finit par disparoître ec la cause qui l’avoit vue naître, pour se dévepper le mois suivant.
Les différences que présentent les mandrills oient porté les auteurs systématiques à distinguer jeune âge comme espèce sous le nom de simia uimon de Linnæus, tandis que l'individu adulte
out le nom de simia mormon d’Alstroëmer et
uide choras par Buffon.
Le mandrill est essentiellement méchant : jeune, reçoit avec plaisir quelques caresses, et semble
poonnoître les soins qu’on prend de lui; plus âgé,
est intraitable, colère, cruel, lascif et glouton : un mot c’est un animal sauvage, féroce; et cendant son régime est purement végétal, car il ne éherche pour aliments que les fruits et les racines. habite ia Guinée et le Congo, où il est commun, d'où on le tire ordinairement pour les ménageries bulantes de l’Europe.
LE DRILL, Cynocephalus dril! (1),
Le drill est la vivante image du mandrill ; iln’en diffère que par des nuances si peu frappantes, que tous les auteurs jusqu'à M. Frédéric Cuvier ne l'en distinguèrent point. À ce sujet, nous serions assez disposé à croire toutefois que c’est du drill qu'il s'agit sous le nom de simia sylvicola, figurée pl. 12 de la Zoologie générale de Shaw. C'est aussi probablement ce singe que Buffon avoit en vue quand il décrivit son babouin des bois ? (?).
Le drill, dans l’âge adulte, ne diffère donc pas du mandrill , ni par les formes ni par les proportions du corps : la face et les oreilles sont nucs ainsi que les fesses et les testicules, la paume des mains et la plante des pieds ; la teinte générale de la peau est bleuâtre, et les poils sont beaucoup moins abondants sur les côtés des fesses et sur la mâchoire inférieure ; les callosités et le scrotum sont d’un rouge vif: ce cynocéphale est caractérisé parce que sa face est constamment, et dans tous les âges , d’un noir luisant ; les rides mêmes qui côtoient le nez ne se creusent qu’à une époque assez avancée de la vie, et jamais on n'aperçoit de rouge sur le nez ni de bleu sur les joues. Des poils longs et très fins, gris à leur moitié inférieure, puis annelés de noir et de jaune, recouvrent toutes les parties supérieures du corps et externes des membres, ce qui donne à l’ensemble du pelage une teinte verdâtre ; ceux de la poitrine et du ventre, du dedans des cuisses et des bras, sont blancs-grisâtres ; les joues sont recouvertes de poils assez rares couchés en arrière et d’un gris roussâtre qui ne cachent point la base des poils du cou, dont le gris est à nu et forme un demi-collier ; le dessous du menton est occupé par une petite barbe d'un blanc jaunâtre, tandis que les poils de l’occiput s’allongent pour donner naissance à une sorte de petite aigrette aplatic; la queue, très courte et presque verticale , est implantée très haut sur le croupion : elle est recouverte de poils gris disposés en une seule touffe.
Le drill adulte a les mains ct les pieds de couleur tannée, le front un peu bombé, les arcades sourcilières assez développées, et le museau large et
(") Simia leucophæa, Fr, Cuvier, Mammif., décembre 1818, t. L (adulte); et Annal. du Mus.,t.IX, pl.37 (jeune); drill très vieux, mai 1821, 28e livrais.; et drill très jeune, février 1826 ; Dictionn. des Science. natur ,t. XII, p. 578 : cynocephalus leucophæus, Desmarest, Mammalogie, esp. 43, p. 71 ; G. Cuvier, Règne animal, 1. 1, p. 99.
(+) Babouin des bois, vennant ; Encyclopédie, pl. 9, fig. 47,
PE To is un zu
renflé; ses oreilles sentsans hélice proprement dite, ses lvresminces et entières, ct sa langue est douce : Ja verge, à gland piriforme, se cache en enticrdans Je scrotum.
La femelle du drill a la tête moins allongée, la taille plus petite, et le pelage beaucoup moins foncé en couleur ; les teintes verdâtres n’apparoissent que sur les parties antérieures , tandis qu’elles sont remplacées par des tons gris sur les postérieures. A l'époque du rüt le pourtour de la vulve se tuméfie, et forme une protubérance qu’un étranglement divise en deux portions inégales : ce phénomène se renouvelle mensuellement.
Un drill âgé de douze ou quatorze ans avoit vingthuit pouces de longueur totale, sur vingt de hauteur. Le ton gris du pelage avoit pris une grande intensité de brunâtre, principalement sur le dos, les
fesses, etles régions externes des membres; les ar- .
cades sourcilières éloient saillantes, ct le front afïec toit une grande déclivité; les os des maxillaires éloient très renflés ; et les poils des joues, du cou et desépaules constituoient par leur allongementune épaisse fourrure ; un rouge vif coloroit la mâchoire inférieure, les callosités, et traçoit autour de la queue un cercle élargi.
Le drill mâle dans sa deuxième année ressemble beaucoup à la femelle ; les sillons des joues ne sont point encore développés, et sa face est d’un noiràtre sale; le front est bombé, les crêtes sourcilières peu saillantes, et le museau moins allongé ; le pelage est gris-jaunâtre, excepté sur le sommet de Ja tête et sur les membres où apparoissent des reflets verdûtres. Les jeunes femelles ont tous leurs poils grisjaunâtres, et la barbe d’un jaune clair.
Le drill doit, sans contredit, avoir les mêmes mœurs que le mandrill ; il doit aussi provenir des mêmes contrées, quoiqu'on ne soit point fixé à ce sujet. Les individus n’en sont pas rares dans les ménogeries, et nous en avons vu un bel individu dans celle que le sieur Martin montre actuellement à Paris (décembre 1829 ).
ner
nn À