LES SAGOUINS OU GÉOPITHÈQUES
Geopithecus.
Nous avons donné, en traitant des singes en général dans ce même volume, une définition des espèces qu’on réunit sous le nom commun de sagouins. On se rappellera d’ailleurs que M. Geoffroy Saint-Hilaire a divisé la famille des singes en deux grandes races, les catharrhinins ou singes de l’ancien monde, et les platyrrhinins ou singes d’Amérique. Ces derniers sont eux-mêmes distingués en hélopithèques ou singes à queue prenante, en géopithèques ou singes à queue non prenante, qui sont nos sagouins, et enfin en arclopithèques (1), ou outstilis, et tamarins. Ces trois tribus américaines se trouvent donc nettement circonscrites dans leurs attributs généraux.
Les sagouins forment ainsi une petite famille qui renferme, d’après les travaux les plus récents de M. Geoffroy Saint-Hilaire, quatre genres, qui sont les callitriche, callithrix; nyctipithèque, nyctipithecus ; saki, pithecia; etenfin brachyure, brachyurus. M. Desmarest regardoit son genre sagouin comme synonyme de callithrix de M. Cuvier ; mais long-temps auparavant M. de Lacépède avoit proposé pour lui le nom scientifique de saguinus. Erxleben ne sépara point les sagouins des cebus ou sapajous.
Les sagouins se distinguent de tous les antres singes d'Amérique par leurs habitudes. Leur queue non prenante ne pourroit leur servir à se balancer sur les branches et sauter d'arbre en arbre dans les forêts ; aussi de cette conformation sont aussitôt découlées les privations de ce moyen de conserva-
tion, et les sagouins ont été contraints de chercher
(") Singes dont les molaires sont hérissées de pointes aiguës.
des refuges dans les broussailles et les fournis ÿ sol, qu’ils ne quittent guère, et dans les creragy des rochers. De là le nom de géopithèque, qu leur donna M. Geoffroy Saint-Hilaire. Ces singu, par leur tête arrondie, paroissent avoir reçu en par tage une ample dose d'intelligence ; leurs yeux we ganisés pour la vision nocturne semblent proue qu’ils n'ont jamais plus d'assurance que le sira aux approches de l'obscurité, et qu'ils restent ty le jour dans l'asile qu'ils habitent ; leur face, om. munément courte, forme un angle de soixante & grés ; leurs narines, largement ouvertes, son pe. cées sur le côté ; leurs mâchoires présentent six den molaires, et enfin la longue queue qui les distioge ne paroît avoir aucun but d'utilité. M, Gelty Saint-Hilaire les divise en deux sections, d'prsla indications fournies par l'os incisif ou l'intermari laire qui porte les dents incisives. Ainsi s'exprim ce savant dans ses Leçons :
« L'incisif est dirigé en dedans, ou bien ilestr fléchi en dehors. Infléchi comme chez tous les autm singes, les dents sont parallèles et contiguës, eh cloison des narines est moins large que ne l'sth rangée des dents incisives. L'intermaxillaire et au contraire prolongé et saillant en avant, les int: sives s'écartent des canines, et la cloison des rar est tenue plus ample que la rangée des incisiresn de largeur; mais de nouvelles recherches na fait connoître d’autres différences d'organixtit, c'est-à-dire que les deux sections sont suseepills de subdivisions, ou autrement qu’elles contient plusieurs genres, » ,
M. F. Cuvier a trouvé que le système deal des callitriches ou saïmiris, premier genre dat gouins, ne différoit point de celui des aloues, ateles et des sajous ; qu’il présentoit trente six de dix-huit à chaque mâchoire, ou quatre int deux canines et douze molaires.
LES CALLITRICHES.
Callithrix (1).
Le type de ce genre est le saïmiri de Buñin, M. Geoffroy Saint-Hilaire a pris pour len® ser ; et ce savant pense même que les autres pt de callithriches diflèrent assez notablement t® miri par les détails de leur organisalion, pol point faire partie du même genre. Quoiqu'il et voici les caractères généraux adoptés par Jesaults* tête petite, arrondie ; museau court, angle! . soixante degrés ; les canines médiocres; Jesiné
() Cuvier, Geoffroy, llliger, pesmarest:eebu En
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LE Callitlrix sciure
e joli singe, remp e de noms vulgaire uemment sapajouà de saimiri, d’ab ë parmi les Galibi hommé titi sur les bcte de Humboldt.
che 35, lui consac ia sciurea ou de si t-Hilaire dans les .
45, sp.1),et M. I Sp. 7à), lui imposé On en trouve des 18, fig. 4; dans A b LL, 40 livraison U XV, pl, 67, et f > Saïmiri a de lon, pouces, Il est ren Upar l’aplatissem au très peu sail ee, recouvrent le ; ses oreilles sont :
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férieures verticales , et contiguës aux canines ; les
les fourrées à lles grandes et déformées ; la queue un peu plus ns les crevaux ngue que le corps, couverte de poils courts ; le pithèque, qu M 5 assez grêle. Le crâne des callithriches est énorre. Ces sign, ment développé dans le saïmiri, mais beaucoup Oir reçuen pr jins quant à l'ampleur dans les autres espèces ; le ; leurs veurw veau acquiert des dimensions qui rendent compte mblent prouve l'extrême sagacité que le saïmiri manifeste ; les 2€ que le sir x sont dans toutes les espèces d’une grandeur ils restent up ES sidérable ; les orbites sont complétement arron- Leur face, va : l'oreille interne est munie de grandes caisses de soixante de jitives, mais dans les callithriches, veuve à colverles, son! per moloch, et autres, la boîte cérébrale est moins sentent six den
ndue, le trou occipital est plus reculé en arrière,
qui les dsinge , cioison inter-orbitaire est entièrement osseuse : le. M. Gel r pelage agréablement coloré leur a mérité le nom ions, dpi e aithri, qui veut dire beau poil.
F ou l'intermar
es mœurs de la plupart des animaux de ce genre Lencore peu connues; on sait seulement que ques espèces ont beaucoup d'intelligence, vivent fruits et d'insectes, et se réunissent par troupes sidérables dans les forêts équatoriales du Nou- Monde.
. Ainsi s'exprime
ou bien il estré hez tous les autrs et contiguës, eh ge que ne l'sth ermaxillaire «ti on avant, les inte cloison des rar e des incisivesn recherches md es d’'organiaiot, s sont susceplil elles contiensel
LE SAIMIRI.
Callithrix sciureus. GEOFF. SAINT-HIiL.
e joli singe, rempli d’intelligence, a reçu une e de noms vulgaires; c’est ainsi qu’on le nomme uemment sapajou-aurore ou singe-écureuil. Le } de saimiri, d’abord employé par Buffon, est É parmi les Galibis de la Guiane, tandis qu'il nommé titi sur les bords de l’Orénoque, suivant pete de Humboldt. Linnæus et Screber, dans sa che 35, lui consacrèrent le nom scientifique de ia sciurea ou de singe-écureuil ; et M. Geoffroy t-Hilaire dans les Annales du Muséum (t. XIX, 45, sp. 1),et M. Desmarest dans sa Mammalo- HES sp. à), lui imposèrent celui de callithrix sciu- : On en trouve des figures dans l'Encyclopédie, 18, fig. 4; dans Audebert, pl. 7 ; dans F. Cut. 1, 40 livraison des Mammifères ; dans Buf- L XV, pl. 67, et figures colorices , pl. 265. > saimiri a de longueur totale environ un pied pouces, Il est remarquable par sa tête arron- Upar l'aplatissement de sa face, qui rend le
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ses oreilles sont nues et taillées à angles sur eurs points, leur forme est aplatie le long des ns; les yeux sont gros; la couleur du pelage à général d’un gris olivâtre tirant sur un roux ; le museau est noirâtre, tandis que les bras et
arestscebu in
les jambes sont d’un roux vif; le poil enfin est doux, etcouvre abondamment le corps, mais la face est entièrement nue et blanche, excepté le bout du nez qui est marqué par une tache noire qui se reproduit sur les lèvres. Au milieu de chaque joue se dessine une petite tache verdâtre; l'iris des yeux est chàtain, et entouré d’un cercle couleur de chair. On distingue deux variétés dans l'espèce de saïmiri, l’une qui a le dos d’un jaune verdâtre unicolore, et qui est beaucoup plus commune que l’autre dont le pelage supérieur est varié de roux vif et de noir. Cette dernière a la taille du double plus forte que la précédente’; mais toutes deux ont une teintegrise sur les membres, qui se change en un bel orangé sur les avant-bras et sur les jambes. La queue, grise-verdâtre dans son ensemble, est terminée de noir dans une longueur de deux pouces ; les parties inférieures sont d’un blanc sale teint de rouille, et les parties génitales sont d’une couleur de chair très vive. Le saïmiri a les ongles des pouces plats et larges, tandis que les autres sont longs et étroits, Ce singe vit d'insectes et de fruits, et se réunit en troupes nombreuses. M. de Humboldt est le seul voyageur qui ait publié sur cet animal des détails précis et complets. Voici ce qu’on lit dans les Leçons de M. Gooffroy Saint-Hilaire : « La physionomie du saïmiri ou titi de l’Orénoque est celle d’un enfant ; c'est la même expression d'innocence, quelquefois le même sourire malin, et constamment la même rapidité dans le passage de la joie à la tristesse. IL ressent aussi vivement le chagrin et le témoigne de même en pleurant ; ses yeux se mouillent de larmes quand il est inquiet ou effrayé. Il est recherché par les habitants des côtes pour sa beauté, ses manières aimables et la douceur de ses mœurs. Il étonne par une agitation continuelle; cependant ses mouvements sont pleins de grâces. On le trouve occupé sans cesse à jouer, à sauter et à prendre des insectes, surtout des araignées qu’il préfère à tous les aliments végétaux. » M. de Humboldt a remarqué plusieurs fois que les titis reconnoissoient visiblement des portraits d'insectes, qu’ils les distinguoient sur les gravures même en noir, et qu’ils faisoient preuve dediscernement en cherchant à s’enemparer en avançant leurs petites mains pour les saisir. Un discours suivi prononcé devant ces animaux les occupoit au point qu’ils suivoient les regards de l’orateur, ou qu’ils s’'approchoient de sa tête pour toucher la langue ou les lèvres. En général ils montrent une rare sagacité pour attraper les insectes dont ils sont friands, et jamais les jeunes n’abandonnent le corps de leurs mères lors même qu’elles sont tuées : aussi est-ce à l’aide de ce moyen que les Indiens se procurent les jeunes saïmiris qu’ils vont vendre à la Côte. « Cette aflection coïncide, dit M. Geoffroy Saint-Hilaire, avec le développement de Ja partie
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280 HISTOIRE NATURELLE
postérieure des lobes cérébraux, dont les saïmiris sont si amplement dotés. »
Ces singes vivent en troupes de dix à douze individus ; ils saisissent leurs aliments, soit avec la main , soit avec la bouche, et boivent en humant, On les trouve communément au Brésil et à la Guiane. M. de Humboldt a plus particulièrement observé la variété à dos unicolore sur les bords du Cassiquiaré. Les individus âgés ont leur pelage plus foncé en couleur suivant M. F. Cuvier, qui a décrit avec soin les mœurs d’un jeune individu en captivité.
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LE SAGOUIN ENTOMOPHAGE.
Callithrix entomophagus. D'OnBicxy, pl. 4.
Ce gracieux singe, qui rappelle le saïmiri, a l’occiput brun, la face et les orcilles couleur de chair, le museau noir, le pelage gris tiqueté, les membres jaunes, et la partie nue des pieds couleur de chair ; sa queue est longue, grise, puis jaune et entin terminée de brun.
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