PAR PÉRON
p'après les recherches que nous avons déjà faites, nous nous sommes assuré que, sous le nom d'ours mapin phoca ursina), ilexiste réellement plus de vingt phoques décrits, figurés ou indiqués dans les divers auteurs, et qui différent entre eux, non seulement par habitation, la couleur, la forme , la grandeur, la posikon respective des nageoires antérieures, etc., mais encore par le nombre des dents, la présence des auricules ou leur absence, etc.
aconfusion n'est pas moins grande à l'égard des eaux marins (phoca vitulina): non seulement en effet elle prétendue espèce habiteroit à la fois les régions blacées des deux pôles, mais encore elle vivroit au mi-
iLe nombre des auteurs qui ont écrit sur les animaux de celte famille est très considérable, et ce n’est pour- Man qu'en réunissant tous les matériaux qui se trouvent disséminés dans leurs écrits qu’il est possible de faire un hail complet sur les phoques ; la plupart de ces au-
Quelque considérable que cette liste puisse parottre, il en faut beaucoup qu'elle soit complète ; uous ne penons même pas qu'il soit possible de terminer avant Dlusieurs années la compilation difficile que nous avons treprise sur les animaux dont il s'agit.
Liste des auteurs.
Albini, Aldrovande, Alessandro, Anderson, Anson, Argensole, Aristote.
Bauks, Barrow, Battell, Beauchéne, Bell, Belon, Bil- Ines, Bomare, Bory, Bougainville, Brisson, Buffon,
NrON,
Candish, Cardan, Carteret, Charleton, Charlevoix, Clayton, Cook, Coreal, Cox, Crantz, Cuvier.
Dampier, de Gennes, de Lussan, d'Entrecasteaux, de Noort, Denys, Dereste, Desbrosses, Desmarest:, Do-
dirt, Dracke, Duclos-Guyot, du Petit-Thouars.
Feëde, Ellis, Erxleben. ;
Fabricius, Flacourt, Fleurieu, Forster, Frézier, Furneaux.
Gessner, Gmelin, Grandpré, Grew, Gronovius.
Hackluyt, Hagenaar, Hallenins, Hawkins, Hearne, Heidenreich, Hermann, Houttmann, Huddart,
Kbrandt, Jonston.
Kaorr, Kolbe, Krakenninikow.
labbe, La Billardière, Lacépède, Laët, Langius , La Hontan, La Pérouse, Leclereq, Lemaire, Lépéchin, Lescarbot, Linnæus.
Macartney, Mainziez, Marchand, Marion, Martens, Ma-
ut Meares, Merrelt, Misson, Molina, Mortimer, iller,
Narborough, Nassau, Noël.
VEdman, Olafsen, Olaüs Magnus.
Parès, Pallas, Parsons, Penuant, Penrose, Perestrello, Pernetty, Pigafetta, Pline, Polvesen, Pontoppidan, Pretty, Prévost, Purchass, Pyrard.
Quirugoa,
Kay, Rochon, Rogers, kondelet,.
Kuer, Screber, Schouten, Sparimann, Spilberg, Sta-
Yorinus, Steller, Strahlenberg, Surville.
Yalentyn, Vancouver.
ul Walther, White.
va,
limmermann, Zorgdrager,
cacés, Les terres stériles, nues, désertes, semées dans les mers antarctiques, ou formant un rempart aux glaces du pôle boréal, en étoient couvertes;
lieu des flots de la zone torride; elle se reproduiroit au sein de la mer Caspienne, et, par un privilége inouï jusqu'à ce jour, elle occuperoit de ses tribus essentiellement marines les eaux douces du lac Baïkal, celles du Ladoga, de l'Onéga, ete.
Pour justifier de tels rapprochements on a supposé que les phoques dont il s'agit ont pu passer de la mer Noire dans la mer Caspienne, à la faveur des conduits souterrains que quelques géographes pensent devoir exister entre l’une et l'autre de ces deux mers : : mais comment concevoir, dans cette hypothèse, que des animaux qui ont besoin de venir à chaque instant respirer l'air à la surface des flots aient pu, sans étouffer, faire une route de plusieurs centaines de lieues à travers ces espèces de siphons souterrains, où il paroît impossible d'admettre l'existence d'aucune portion d'air atmosphérique ?,
Effrayé sans doute d'une telle objection, Pallas établit une autre hypothèse à cet égard ; il veut que la Méditerranée, la mer Noire et la Caspienne n'aient formé jadis qu'une seule et même mer, peuplée des mêmes animaux, et qui s'étendoït jusqu'au pays des Calmoucks et des Cubans?.
D'autres naturalistes au contraire, et Tournefort à leur tête, pensent que la Méditerranée, dont le niveau étoit anciennement plus élevé que nous ne le voyons de nos jours, a rompules montagnes du Bosphore, et formé la Caspienne en se précipitant sur l'Asie comme un épouvantable torrent 3. Ainsi l'Océan renversa jadis ses barriéres entre Calpé et Abyla pour former la Méditerranée elle-même.
Toutes ces explications, toutes ces grandes hypothéses, ne paroissant pas encore à Zimmermann susceptibles de rendre raison du phénomène singulier dont il s'agit, il suppose lui-même qu’il n'a pu être produit que par une grande révolution et un bouleversement général du globe +.
A l'égard des prétendus veaux marins d'eau douce, rien n'a paru plus simple que de les faire arriver de l'Océan par divers fleuves jusqu'aux lacs où ils se trouvent élablis maintenant. Ainsi ceux du lac Baïkal par exemple y seroient venus de la mer Glaciale, les uns en remontant le Jenissey, le Tunguska et l’Angora; les autres en suivant le cours de la Léna, du Witim, du £élingué 5, etc. Quelques portions de roule à faire par terre n'étoient sans doute pas cajables d'arréter des voyageurs aguerris par une traversée de sept à huit cents lieues ; car on suppose qu'ils ont pu faire cette dernière partie de leur route en se traînant sur le sol...
Et ce sont des naturalistes eslimables sous tant d'autres rapports qui ont pu créer de pareilles hypothe-
‘Kircker., Mund. Subter.: Luloff., Geograph ; Zimmerm., Zool. Geogr., p. 248 ; African. Reich., t, NI, p. 5.
2 Pallas, Reis Durch Russ£., t. I, p. 569.
STournelort, Foyage du Levant, t.f, p.80,ett.ui,
Zimmermann, Zool. Geograpa., p. 251.
5 Il convient de faire observer ici qu'on ne trouve aucune trace de phoque dans ces divers fleuves,
mais l'homme en appréeia bientôt la valeur commerciale, et le nombre de ces animaux diminua rapidement à mesure quelesarmementsaugmentoicnt, Deux nations sont en possession presque exclusive
ses! L'identité des animaux dont il s'agit! avec les véritables veaux marins de la Méditerranée, de la mer Noire, de la Baltique, et de l'Océan Glacial, se trouvât-elle appuyée du témoignage des plus illustres naturalistes, il sembleroit encore impossible de pouvoir y croire; et c'est sur la simple assertion d'un Laugius, d'un Isbrandt, d'un Heidenreich que de telles erreurs se trouvent consacrées dans les annales de la science!
L'histoire du lion marin (phoca leonina) est entachée de méprises plus graves encore, s'il est possible.
4° Trois grandes espèces de phocacés des mers du Sud ont été faussement réunies sous ce nom, et confoudues ensuite avec le lion marin du Sud,
20 Cette derniére espèce se compose elle-même de plusieurs animaux essentiellement différents; il suffit de comparer, pour s'en convaincre, les deux descriptions que f'abricius2 et Steller: nous ont laissées du lion marin antarctique. Placés l'un et l'autre sur un théâtre également favorable aux observations de ce genre , ayant vécu plusieurs années l’un cet l'autre au milieu des animaux qu'ils ont décrits, ces deux naturalistes célèbres nous offrent des termes de comparaison également précieux, également irrécusables,
Or il résulte de cette comparaison que le phoca leonina de Fabricius diffère du phoca leontina de Steller,
4° Par les proportions. Le lion marin de Fabricius n’a que sept à huit pieds de longueur, et Steller dit positivement du sien qu’il est deux fois plus grand que les ours de mer : Magnitudine bis, vel maximos et senio confectos, ursos marinos superat5. Mais, d'aprés le même Steller, les ours marins ont sept à huit pieds de longueur 6; l'espèce de Fabricius est donc une fois plus petite que celle de Steller.
20 Par la forme de la tête. L'espèce de Fabricius porte sur le front une sorte de gros tubercule susceptibie de se gonfler comme une vessie, et caréné dans sa partie moyenne; Steller ne dit rien d’une conformation si extraordinaire.
3° Par la proportion des narines. Indépendamment des véritables narines, dit Fabricius, le lion marin en a de fausses dans le même tubercule dont il vient d’être fait mention, et le nombre de ces fausses narines varie d'une à deux, suivant l’âge 8 : or l'animal de Steller ne présente rien de semblable à tont cela.
4o Par la couleur des yeux. L'iris, dans le phoque de Fabricius, est bruns; dans celui de Steller il est d'un blanc d'ivoire polie.
5o Par la forme des nageoires. Celles de devant, dans l'animal de Fabricius, ont la forme d’un picd humain, et le poucc en est le plus long doigt; cette configuration
‘1 paroît assez probable que les prétendus phoques des divers lacs de la Russie appartiennent au genre lou: tre; cette présomplion est d'autant plus naturelle que plusieurs animaux de ce dernier genre ont été à diverses reprises confondus avec les phoques.
2 Fabricius. Faun, groënl., p. 7 (1780).
3 A DIRees Nov. Com. Petropol., vol. 1, p. 360-366
# On, cit., p.'7.—5 Op. cit., p 360.
6 Op., cit., p, 331. — 7 Op. cit., p. Te
8 Op. cit., p.'7.—9 Op. cit., p. 8
10 Op. cit, p. 361. — 1: Op. cit, p. 8.
HISTOIRE NATURELLE
du commerce des phoques, et les bénéfices quels ont faits dans ce genre de chasse sont énormes, La Anglais et les Américains de l’Union entretiennen chaque année plus de soixante navires de deux en
remarquable est étrangère au lion marin de Steller.,
6° Par le mode d'accouplement, Ceux de Fabricins s'accouplent debout ? ; ceux de Steller étendus sur les ble, la femelle dessus, le mäle dessous :,
7° Par l'époque de la mise bus. Ceux de Fabrice avrilé, ceux de Steller en juillet 5
8o Par le lieu de la mise bas. Ceux de Fabriciusswr la glace 6, ceux de Steller sur le continent :,
9o Par la nature des poils. Dans l'animal de Fabrici ils sont doux et longs, avec un fond laineux et profndt: dans celui de Steller ils sont courts, roides, ol sn aucune fouriure 9.
40° Par la couleur, même à toutes les époques de vie. Les lionsmarins de Fabricius, à l'âge de douxe moi, sont blancs, avec le sommet du dos d’un gris livide: la deuxième année ils sont d'un blanc deneige,avec un raie étroite ct brunâtre sur le dos : dans les plus vieu la tête etles picds sont noirs; le reste du corps, &g lement noir, est pursemé de taches grises, le dosreslan toujours plus obseur 10,
Dans les lions marins de Steller les poils sont de ec leur marron, pariois brusâtres ; les individus adulte affectent une teinte rousse assez semblable, dit Sleler à celle des vaches, et cette teinte est plus forte dans jeunes, plus pâle dans les vieux, plus vive et com ocracée dans les femelles ‘.
410 Par lacrinière. Les lions marins mdles de Stell ont le dessus de la tête et le cou garnis de poils longs 4 ‘oyeux qui forment une espèce de criniére trés rem
guable ‘2, et dont on ne trouve aucune trace dans le lions groënlandois de Fabricius.
12 Ces animaux diffèrent encore par le nombre du dents. Ceux de Fabricius n’en ont que trente-deur et ceux de Steller en ont trente-six ‘6,
43 Ils différent entin par les oreilles. Le lion mu de Fabricius n’a point d'auricule 5 ; celui de Seller a'6,et appartient conséquemment au nouveau gen que nous avons cru devoir établir dans la famille dé pHocAcés sous le rom d'otarie'r.
Maintenant, nous osons le demander, si pour les pl grands phoques de notre hèmisphére il règne une ll confusion méme dans les écrits de nos plus célébresn turalistes , de quelles erreurs plus graves ne doit pas trouver sutchargée l'histoire de ces innombrables phibies marinsqui peuplent toutes les parties del'ock Antarctique ? Comment admettre ces réunions témér res, ces identités invraisemblables dont on les a rende l'objet , et qui se trouvent consacrées dans un si gr nombre d'ouvrages? Presque exclusivement obserté jusqu'à ce jour par des hommes étrangers à tous | principes de la science, à toutes les distinctions qu
: Op. cit., p. 335 et 360. —* Op. cit., p. 8.
3 Op. cit., p. 360, 362 et 384. 12 & Op. cit., p. 8 — 5 Op. cit., p. 363.— 6 Op.cif, ) : Op. cit.. p. 363.— 8 Op. cit., p. 8.—9 Op. ep
0 Op. cit., p. 8.— ‘"Op. cit., p. 360.— '* Op. peu 53 Op. cit. p. 7.— 1 Op. cit., p. 333, 334et 360. 15 Op. cit., p. 8. — "6 Op. cit., p. 361. Fe 1 Voyage aux Terres Australes, t, 1, p.97, éd:
kinquante à tro neun dix à q coit que des mi quelques anné de ces amphibi quelque sort u Sud, Aussi, es de ces terr es trouve-t-on ortes de phoqt es Shetland ét méricains, qu ralives, bie publiée par un « éme confiées 'eddell, par ésdesiles Sh nes dans ce gooré, Les phoc uileuse , qui es péces le sont de el soyeu homme peut e walités, La ch ssile des m d'lre connues.
Dubaut , cit aims"d ( page fvations qui n is pour cet ar!
Wois cents ton ruits. Tout y « omie, Par cet oublés en bois.
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rales, t,H, D 97, éd. in
pinquante à trois cents Lonneaux an moins, et ayant seun dix à quinze hommes d'équipage. On con:
it que des moyens de destruction si actifs ont en quelques années singulièrement diminué le nombre de ces amphibies , et c'est ce qui les force à émigrer n quelque sorte et à se réfugier sur les ilots déserts ju Sud, Aussi, lorsqu'on vient à découvrir quelques nes de ces terres avancées dans les hautes latitudes, les trouve-t-on couvertes sur leurs plages de toutes tes de phoques. On dit même à ce sujet que les es Shetland étoient connues de quelques pêcheurs méricains, qui y firent des chasses immensément weratives, bien avant que leur découverte ait été publiée par un capitaine anglois. Cesexpéditionssont me confiées à des marins distingués; et James 'eddell, par exemple, tout en chassant les phowésdesiles Shetland , a fait des découvertes impornes dans cet archipel naguère complétement gooré, Lesphoquessont recherchés pour leur graisse uileuse , qui est usitée dans les arts ; mais certaines pèces le sont principalement pour leur fourrure we el soyeuse. Quant aux autres secours que homme peut en retirer, ils sont bornés à certaines walités, La chasse des phoques par les Européens Kesile des mesures et des dépenses qui méritent P'üre connues. Nous en emprunterons les détails à Dubaut, cité dans la Zoologie de MM. Quoy et ainsd ( page 75), et nous les ferons suivre d’obtations qui nous sont propres. Les navires destipour cetarmement sont du port de deux cents à Mois cents tonneaux environ, et solidement confruits. Tout y est installé avec la plus grande écounie, Par cette raison les fonds du navire sont œublés en bois. L'armement se compose, outre le tement simple et très solide, de barriques pour etre l'huile, de six yoles armées comme pour la de la baleine , et d’un petit bâtiment de qua-
ne tonneaux, mis en botte à lord et monté anx es destinées à servir de théâtre à la cuasse lors de ärivée, L'équipage d’un navire est d'environ vingtuitre hommes , et on estime à 25 000 piastres la ie dehors d’une expédition ordinaire. Les marins ui nt celle chasse ont généralement pour habine ii divers lieux successivement , ou de sur un point d’une terre et de faire des bat- Stombreuses aux environs. Ainsi il est très ordiaire qu'un navire soit mouillé dans une anse sûre ie Île, que ses agrès soient débarqués et abrités, que les fourneaux destinés à la fonte de la graisse
8e, à loutes les comparaisons qu'elle réclame, la
part de ces animaux
inables : et de tous ceux me, ou à
sont spécifiquement indéter- ; que nous avons pu voir nousue égard desquels il nous a paru possible de Prononcer avec certitude, il n'en est pas un
Qui ne se distinque essenti rénales analogues. { dd
soient placés sur la grève. Pendant que le navire est ainsi dégréé, le petit bâtiment très fin et très léger est armé de la moitié environ de l'équipage , fait le tour des terres environnantes, en expédiant ses embarcations lorsqu'il voit des phoques sur les rivages, ou laissant çà et là des hommes destinés à épier ceux qui sortent de la mer. La cargaison totale du petit navire se compose d'environ deux cents phoques coupés par gros morceaux, et qui peuvent fournir quatre-vingts à cent barils d'huile, chaque baril contenant environ cent vingt litres et valant à peu près 80 fr. Arrivé au port où est mouillé le navire principal, les chairs des phoques coupées en morceaux sont transportées sur la grève où sont établies les chaudières, et sont fondues. Les fibres musculaires qui servent de résidu sont destinées à alimenter le feu. Les équipages des vaisseaux destinés à ces chasses sont à la part; chacun se trouve ainsi intéressé au succès de l'entreprise. La campagne dure quelquefois trois années , et au milieu des privations et des dangers les plus inouïs, Il arrive souvent que des navires destinés à ce genre de commerce jettent des hommes sur une île pour y faire la chasse, et vont deux mille lieues plus loin en déposer quelques autres; et c’est ainsi que très souvent des marins ont été laissés pendant de longues années sur des terres désertes, parce que leur bâtiment avoit fait naufrage, etnar conséquent n’avoit pu les reprendre aux époques fixées. L'huile est importée en Europe ou aux Etats-Unis ; les fourrures se vendent en Chine.
Les chasseurs de phoques de la mer du Sud reconnoissent trois espèces principales et commerciales : la première recherchée pour l’huile est le lion marin, éléphant de mer (phoca proboscidea des naturalistes ); la seconde, les phoques à crin { ofaria molossina et jubata) . et les phoquesà fourrure (otaria ursina) : mais il paroit que sous ce nom de phoques à fourrure les Anglo-Américains confondent plusieurs espèces inconnues des naturalistes, ethien distinctes. Ainsi, suivant eux, le phoque à fourrure de la Patagonie a une bosse derrière la tête; celui de la Californie a une très grande taille; le upland seal, ou phoque du hiut dela terre, est petit et habite exclusivement les îles Macquarie et penantipodes; enfin celui du sud de la Nouvelle- Zélande paroît avoir des caractères distincts. C’esten mai, juin, juillet, et une partie d'août, que les phoques à fourrure fréquentent la terre. Ils y reviennent encore en novembre, décembre et janvier, époque à laquelle les femelles mettent bas. Les petits tettent pendant cinq ou six mois, et peut-être davantage. Un fait notoire est l’usage constant qu'ont ces amphibies de se lester en quelque sorte avec des cailloux dont ils se chargent l'estomac pour aller à l'eau, et qu'ils vomissent en revenant au rivage.
Ie TRES
es Te - CS — > v= re cp D tan ——
422 HISTOIRE NATURELLE
Les phoques des mers du Kamtschatka et des iles Kouriles sont assez nombreux en espèces. Suivant Krakenninikow ( Voyage en Sibérie, de Chappe, 11, p. 420), ils remontent jusque dans les rivières pour atteindre le: poissons ; mais ce naturaliste leur attribue des mœurs féroces qui sont exagérées. Il dit aussi que jamais les p'oques ne s'éloignent des côtes de plus trente milles , et que leur présence est le signe le plus certain du voisinage de la terre. Ils s’accouplent sur la glace pendant le printemps, dans le mois d'avril, et quelquefois aussi sur la terre, ou sur la mer quand elle est calme , et de la même manière que nous. Les femelles ne font qu'un petit à la fois, Les Tunguses se servent de leur lait comme médicament pour leurs enfants. Les Kamtschadales emploient divers moyens pour les chasser, et en tirent un grand parti pour une foule d’usages. Avec leur peau on construit des baïdars, sorte de pirogues, et des vêtements; leur graisse sert à fabriquer de la chandelle, qui en même temps est une friandise pour ces peuples. La chair desséchée au soleil ou fumée constitue la provision d'hiver ; et la chair de phoque fraiche est l'aliment ordinaire des Russes et des Kamtschadales, qui pratiquent à ce sujet des cérémonies bizarres racontées avec détail par Krakenninikow.
Les phoques ne fréquentent la terre que pendant un certain temps de l'année. Ceux des mers antarctiques habitent surtout les côtes les plus désertes des îles Malouines, de la Terre de Feu, des iles Shetland, Campbel, Macquarie, Orcades, des côtes sud de la terre de Diémen ct de la Nouvelle-Hollande. Leur manière de cheminer sur le sol ne s'exécute que difficilement; ce n’est qu'avec des efforts pénibles, des ondulations embarrassées qu’ils se trainent sur la partie postérieure du corps. Leur odorat est subtil, et leur intelligence extrêmement développée. Certaines espèces fréquentent les plages sahlonneuses abritées, d'autres les rocs battus par la mer, d’autres enfin les touffes d'herbes épaisses des rivages. À chaque blessure que ces animaux reçoivent, le sang jaillit avec une extrême abondance : les mailles du tissu cellulaire graisseux sont en effet très fournies de vaisseaux : mais cependant ces blessures, qui paroissent si dangereuses , attaquent rarement Ja vie de l'animal, qui ne meurt qu'à la longue, d’épuisement, et dans le cas où elles sont très profondes. Pour tuer les phoques il faut donc atteindre un viscère principal, ou les frapper sur la face avec un bâton pesant. Ces amphibies se nour-
rissent de poissons, et notamment de poulpes, et aussi d'oiseaux marins, tels que sternes et moucttes. Nous avons vu un phoque attraper avec dextérité un de ces oiseaux occupé à recueillir les débris qui s’échappoient de son repas un instant auparavant. Pendant leur séjour à terre, ils ne mangent point;
aussi dit-on qu'ils maigrissent à cette époque , w qu'ils se gonflent l'estomac en avalant des pierres, Steller et Péron, ainsi que divers autres obserss teurs, leur accordent la faculté de pleurer, Les cry qu'ils poussent ont été comparés, suivant les we pèces, à ceux des animaux terrestres dont on leurs donné les noms.
Les phoques de l'océan Pacifique du Nord ontab, solument les mêmes mœurs générales et les méme habitudes que ceux des mers antarctiques. 11 pari qu'ils sont aussi soumis à des migrations périod ques. Nous nous arrêterons ici pour une foule de détails spéciaux, que nous placerons à la suite de espèces qu'ils concernent exclusivement,
Les caractères de la famille des phoques, ou phe cacés, sont les suivants : pieds enveloppés dans de nageoires ; les antérieurs courts, les postérieurs dy le sens du corps ; les dents incisives variant en non. bre de quatre à six, ou même de deux, à une suk mächoire.
Les PnoQuESs (phara, Péron) n’ont point d'oreills externes ; les incisives sont à tranchant simple; ls molaires multicuspides ; les doigts des pieds de de: rière sout terminés par des ongles pointus, phes sur le rebord des membranes qui les unissent.
| A. Phoques de l'océan Atlantique boréal, LE PHOQUE A CAPUCHON.
Plhoca cristata (1),
Le mâle est le nesaursalik des Groënlandois, « le jeune de deux ans le kakortak. Sa taille est d'en viron sept ou huit pieds; il a trente-deux denis: tête est remarquable par un organe singulier, sue forme, dilatable, caréné en dessus, et suscepil de recouvrir le museau en raison d’une mobilité lui est propre. Les femelles et les jeunes n'en u point. Les moustaches sont grêles, annelées, aph ties et obtuses au sommet; l'iris est fauve; le cor est allongé, à peu près conique, revètu de pi longs, droits, au milieu d’une bourre laineuse; couleur du pelage varie suivant les âges: elle @ communément d’un gris brun supéricurement, 4 d'un blanc d'argent inférieurement. L'individu & crit par M. Dekai (Ann. of Lyrœæum of Neu-Vor vol. 1, p. 584) étoit parsemé de taches grises. Lé jeunes sont entièrement blancs ; les vieux ont lé et les pieds noirs. Cette espèce se présente sur côtes du Groënland dans les mois d'avril , de mülé
() Gmel., Desm., 371 : Harlan, Faun, amer, p 1 phoca mitrata, Camper, Dekai: phoca leonina, és cius, p. 7 : stemmatopus cristatus, Fr. Cuvier, tionn., t, XXXIX ,p, 551 : phoca cucullala, Dodd.
de juin, époqt rend à terre, St 1, EX, il fai Davis, et il y mai et juin il e:
jentrionales de ben le phoca donne quatre dis que dans deux, Mais doivent être ré abricius se ser ts, Le phoq olygame, et € ale : la femelle dans le moi ndons sont u ec sa peau, Si labriquer des ogues, On le h