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DES MAMMIFÉÈRES.
Nous assignerons aux aodons , comme caractères propres à les faire distinguer de tous les autres mammifères marins de leur classe , ceux qu'on peut tirer de l'inspection du crâne, dont les os du nez et les frontaux forment une saillie énorme à la naissance du front , et derrière laquelle existe une dépression profonde, Leurs mâchoires sont prolongées en forme de bec cylindrique, arrondi, et ne sont point séparées de la tête par un sillon à la base du front, comme on l'observe dans la plupart des dauphins. Ces mâchoires, dont la supérieure est un peu plus courte et plus étroite que l’inférieure, offrent en
. dedans, tout le long du palais, une rigole latérale, dans laquelle pénètre le bord gengival de la supérieure, tandis que le sien pénètre dans une rainure semblable de l'inférieure. Le palais n'a point de rugosités, et les maxillaires sont complétement privés de dents, Le corps a la forme générale des dauphins. Les cornes de l'ouverture de l'évent sont dirigées en avant.
M. de Blainville n'a pu examiner que très rapidement le squelette et le crâne de l'aodon. Voici à ce sujet ce qu'il rapporte : « Le système osseux de la colonne vertébrale étoit, comme dans toutes les espèces de ce groupe , très solidement établi. Les vertèbres, peu mobiles entre elles, et réunies par un tissu fibreux, court et serré, avec une petite quantité de matière comme graisseuse, mais réellement mu: 5s0-gélatineuse au milieu, étoient au nombre de neuf au dos , quinze à vingt à la queue, et sept disposées, comme dans les dauphins, au cou. Les côtes n’étoient qu'au nombre de neuf, dont six sternales. Le cräne ressembloit presque complétement à celui des dauphins, avec cette différence cependant qu’au-dessus de l'ouverture des narines les os du nez et les frontaux formoient une avance assez considérable, un peu pointue, et recourbée en avant, ce qui donnoit à la racine du front la forme bombée, et faitsupposer des poches olfactives considérables : en arrière de cette avance osseuse il y avoit une dépression assez sensible. Les trous des narines osseuses n’étoient pas exactementsymétriques, comme cela arrive souvent dans ce genre : le gauche étoit plus grand et un peu dévié. Quant aux viscères, ils n'ont point été examinés, et le docteur Suriray, qui n'a fait qu'y jeter un coup d'œil, se borne à dire que le tube digestif étoit long et grê ce, et qu'il partoit des trois poches stomacales que possèdent la plupart des dauphins.
» L'aodon qui échoua au Havreavoit, dans l'épaisseur de la couche de graisse qui l'enveloppoit, une sorte de kyste, dans lequel étoit replié un ver vivant voisin des monostomes, se contractant sous des formes très variables, quelquefois globuleux, d’autres fois ovalaire, étranglé au milieu ou noué, avec des tubes en avant et unc sorte de queuc en
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arrière, Ce kyste, à parois internes lisses, peu distinet au dehois, n'étoit point unique, et on en découvrit plusieurs en divers autres endroits.
» On ne connoit qu'une seule espèce de ce genre(!). »
L'AODON DE DALE,
Delphinus edentulus, Scnes., DEsu.; dauphin de Dale, ve BLainvisee, KF,. Cuviën.
La taille de l'aodon que possède actuellement le Muséum et dont nous donnons un portrait gravé d'après nature, étoit d'environ quinze pieds de longueur sur sept pieds et demi de circonférence. La tête, assez distincte par un rétrécissement du reste du corps, avoit deux pieds sept pouces de long , me-
HISTOIRE NATURELLE
doucement arrondi. Le front, par ln manière pr noncée dont il est bombé à son origine nasyle prolonge brusquement en un museau arrondi, longé, étroit, qui ressemble parfaitement à un d'oiseau. L'ouverture des deux mâchoire étoit nm sidérable , et son diamètre de deux pieds au moi
L'évent étoit placé à deux pieds trois pouces l'extrémité du museau. Son ouverture cy(érieg n'avoit pas moins de trois pouces de largeur, et cornes du croissant qu'elle aflecte éloient dirigé en avant,
L'œil avoit deux pouces de diamètre, et étoit couvert d'une paupière supérieure assez développé mais on ne distingua aucune trace d'orcille esters ni deconduit auditif, La langue ne fut point obsern
Les nageoires pectorales ctoient fort petites pl portionnellement à la taille de l'animal, et n'avoi
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que dix-huit pouces de longueur sur six pouces largeur. Elles étoient de forme ovalaire, along un peu taillées en biseau à leur bord postérivur, placées à trois pieds quatre pouces del'extrémité mâchoires. La dorsale étoit également très pet surbaissée, triangulaire et recourbée à son ex
surée de l'extrémité du museau à l'occiput.
La forme de l'aodon étoit celle d'un fuseau, ou, pour mieux dire, son corps étoit renflé au milieu, etatténué à ses extrémités. La ligne dorsale étoit plus relevée et plus bombée vers j'occiput et au milieu du dos; et au-delà de la nageoire dorsale elle
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se relevoit pour former une carène, d'autant plus saillante qu'elle étoit plus voisine de la queue. Sur chaque côté de cette dernière partie s'élevoient des traces d'arêtes , bien moins longues et moins sensibles que celles du dos. Le ventre au contraire étoit
() Est-ce à ce groupe qu'appartient l'espèce de cétacé que M. de Blainville a nommé dauphin à museau épais (delphinus densirostris, de BI, Desm., Nour, Dict. d'Histoire nat., t. 1X, p. 178, el que ce naturaliste a établi sur ua fragment de mächoire fossile, long de neuf pouces, et haut de deux pouces et demi sur deux pouces de largeur dans la partie la plus éprisse? Ce fragment présente une form? droite et pyrarnidale, sa coupe est triangulaire, ses bords dentaires son\ trés peu développés, et soutiennent une légère crète saillante de chaque côté, aux deux arêtes de la base; leur extrémité
mité : elle commencoit à neuf pieds one lignes l'extrémité du rostre, et avoit onze pouces de haute La nageoire caudale étoit large de plus de t pieds , et formée de deux lobes arqués et point La vulve, dont la longueur étoit de plus del pouces, ne se présentoit que sous la forme d' simple fente longitudinale, et n'étant distant l'anus que d’un pouce ; de chaque côté on aperce un pli dans lequel étoit logée une mamelle, L'épiderme de l'aodon offrit partout la struc lisse de celui des cétacés ; cependant le docteur riray observa sur la gorge quatre fentes parallè longues de cinq à six pouces, et de trois à qu lignes dans leur plus grande largeur.
La couleur générale de la peau étoit d'un foncé en dessus, se dégradant au gris blanc'ätré
offre un léger sinus qui en forme la continuation, et s'étend jusqu'au bout de la mâchoire qui est mousse ; on n'apercoit sur les bords aucune trace de dents, ni aucune impression produite par une dent de la mâchoire opposée,
Cette mâchoire, dit M. Desmarest, dont nous citons textuellement les saroles, ne peut être celle d'un anarnak, puisque celui-ci a deux petites dents à l'extrémité de la sienne. Ce n'est sans doute pa: celle du dauphin de Chemriez, puisqu'elle n'a point de dents latérales; ce ne pourroit être toui au plus que celle d'un dauphin de l'espéce de Honfleur, ou d'un dauphin de Sowerby, mais dans ces animaux les os mazxillaires sont plus déprimés. Ce pourroit être une mâchoire d'adon, mais il se peut que la mâchoire supérieure qui manque ait eu des dents.
Le débris fossile sur lequel M, de Blainville a établi son dauphin densirostre, est d'une contesture fort serrée et d'une pesanteur spécifique trés remarquable. On
‘ignore complétement d'où il provien£.
dessous ; elle présentoit ce brillant et cette doud de teinte qu'un enduit graisseux rend si remrd ble chez tous les mammifères de cette classe.
Tels sont les renseignements dont nous som redevab'e à M. de Blainville. Les caracières d animal, dont on ne connoit non seulement espèce unique, mais même encore qu'un seul} vidu , sont donc suffisamment établis pour is de tous 125 auires cétacés sous le rapport physi mais ce qu'il importe d'apprendre maintenant! les habitudes, les mœurs, legenre de vie dela qui paroît être extrêmement rare, bien qu'il dans nos mers.
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