DE TS
dauphin de Commerson (delphinus Commersonii , Lacép.), ou le jacobite (!).
t Ce cétacé, que nous vimes plusieurs fois dans l'immense baie de la Soledad aux iles Malouines, est moins grand que le marsouin des mers d'Europe. Son museau est aplati et eflilé; sa couleur générale est d'un blanc d'argent, que relève encore le noir profond qu'on remarque sur l'extrémité du museau, sur le bord des nagcoires pectorales et caudale.
Nous emprunterons à M. de Lacépède un passage où il peint avec vérité, et d'après les notes de Commerson, les habitudes de ce cétacé. « C'est pendant » l'été de l'hémisphère austral, et un peu avant le solstice, que Commerson a vu ces dauphins ar- » gentés, dont les brillantes couleurs ont fait dire à » ce grand observateur qu'il falloit distinguer ces » cétacés même parmi les plus beaux habitants des » mers. Îls jouoient autour du vaisseau de Commer- » son, et se faisoient considérer avec plaisir par leur » facilité à l'emporter de vitesse sur le bâtiment, » qu'ils dépassoient avec promptitude, et qu'ils en- » veloppoient avec célérité au milieu de leurs ma- » nœuvres et de leurs évolutions. »
Cette espèce a été observée par Commerson, dans le voyage autour du monde de Bougainville, à l'extrémité méridionale de l'Amérique. Il paroît qu'elle se plait au milieu des orages du cap Horn, et dans les mers si souvent agitées qui baignent ou qui séparent la Terre-de-Feu, la Terre-des-Etats, et qui forment les détroits de Le Maire et de Magellan. Nous l'avons vue dans la baie Soledad aux iles Malouines, et il est probable que c'est ce cétacé que MM. Quoy et Gaimard mentionnent dans la Zoologie de l'erpédition de l'Uranie lorsqu'i s parlent, page 57, d’un dauphin moitié blanc, moitié noir, à museau peu allongé, des iles Malouines , que M. Bérard tua , et qui coula à l'instant même si profondément qu'ils ne purent l'avoir.