LE CACHALOT MACROCÉPHALE
Pliyseter macroceplialus. Boxx.
lecachalot mac-océphale et la baleine franche
M fn les géants du règne animal. La nature en les Snta voulu les mettre en rapport avec l'étendue ner qu'ils sont destinés à animer, et cependant
t gigantesque masse n'apparoit que comme un iiimperceptible sur la vaste surface des océans. os, semblables à des poutres, le poids énorme Murs muscles, les torrents de sang qui circulent sieurs vaisseaux , l'enveloppe épaisse qui jelte immense couverture de graisse huileuse sur cet nblage informe ; tout en eux dut porter l'étonbent et glacer d’épouvante les anciens peuples ks rivages desquels on les vit apparoître, De là nirent ces fables que les traditions et 12 poésie unservées : car tout porte à croire que l'orque krible et si redoutable des Latins n'est pasautre ke cachalot macrocéphale ; mais, bientôt aguerks hommes, qui avoient su remplacer de frêles des par des navi es, et sillonner en tous sens ners, attirés pr le commerce, puissants d'ail- ‘par la possession d'armes formidables, ne plus dans ces grands cétacés qu'une proie assez kà conquérir, et importante par les ressources kpouvoient en retirer. Le cachalot n’est cepenms doué de mœurs aussi innocentes que la ee : celle-ci en effet n'a pour se go“antir des des de ses ennemis que les efforts impétueux “puissance musculaire immense, tandis que le ht, dont la bouche est armée de dents fortes robustes . plus carnassier dans ses habitudes, par cette seule modilication de la mâchoire “ire un caractère plus sauvage, plus décidé et illiqueux.
“on conçoit qu'un tel colosse n'est pas de ces X qu'on peut conserver dans un muséum :
“heureux lorsque quelques parties s’y trouvent
pour en faciliter l'étude ; aussi tous les anciens auteurs qui ont décrit des cachalots semblentavoir pris pour les peindre des verres de nature très variable, grossissant où rapelissant leurs proportions au gré da narrateur, et c'est dans de telles circonstances qu'ont été traces ces descriptions si diverses, si incorrectes, et si peu rationnelles, qui mettent à la torture les naturalistes jaloux de baser leur opinion sur des faits avérés : etcependant, si l’on avoit voulu s'appesantir sur ces faits, n'étoit-il pas démontré que partout Îles capitaines balcinicrs donnoient au macrocéphale les mêmes caractères, à de légères exceptions près ; que partout, dans toutes les mers, sous tous les paraïlèles , sous l'équateur commedans les deux zones tempérées, au pôle nord comme au pôle sud, l'espèce que l'on y rencontre présentoit le même signalement, si nous pouvons nous servir de cette expression ; que l’ambre gris, que l’on sait être produit par cet animal, se trouve sur tous les rivages, sur ceux de la mer Baltique comme sur les côtes des Moluques ct des iles du grand Océan? Les
stinctions qu'on à cherché à établir de plusieurs \ èces peuvent-elles être sanctionnées à l'époque actuelle, lorsqu'on sait qu’elles reposent sur des nuances aussi légères que celles qui résultent de la courbure des dents et de bosses adipeuses sur le dos? Ce dernier caractère est si peu important que plusieurs auteurs mentionnent quelques unes de ces loupes s'élevant accidentellement sur la région dorsale des macrocéphales observés dans les mers d'Europe. De tout cet échafaudage de distinctions spécifiques établies dans le genre cachalot, et qui s'écroule de lui-même, on ne peut véritablement admettre qu'une seule espèce, le cachalot marrocén'ale, ou à grosse téle.
Ce cachalot à communément de cinquante à soixante picds de longueur, etplusrarement soixantedixetquatre-vingts ce sont les proportions les plus avérées ; car celles de cent pieds, qu'on lui donne dans quelques relations, sont exagérées, ou ne peuvent tout au plus être propres qu’à quelques vieux individus atteignant le terme d’une croissance qui n'est point ordinaire. Le corps a la forme d'un immeuse cylindre, dont la tête, qu’une légère dépression sépare du dos, constitue une grande portion , et qu'elle termine par une masse cubique, tronquée en avant pour former un muscau obtus, ou plutôt quadrilatère, L'orfice de l'évent s'ouvre à l'extrémité antérieure de la tête, au milieu &'un manelon arrondi et formé de fibres épaisses qui servent à son occlusion, tandis que le corps finit graduellement et s'amincit jusque vers la queue pour s'épanouir en une inimense nagcoire composée de deux larges lobes, profondément échanerés à leur milicu, et n'ayant pas moins de quatorze pieds de diamètre transversal. Les pectorales au contraire n’ont point
armure
636 HISTOIRE NATURELLE
recu des proportions en rapport avec la puissance de la rame caudale ; elles sont comparativement petites, oblongucs, ovalaires, et placées non loin de la commissure de la bouche. La surface du dos, arrondie et lisse, est surmontée par une fausse nageoire, ou plutôt une bosse en‘ièrement formée de tissu cellulaire dans un repli épais de la peau, et qui est brusquement interrompue à sa partie postérieure. Cette loupe graisseuse n'est pas toujours unique ; et souvent on en compte jusqu'à trois, qui ondulent ainsi la région dorsale. Les yeux sont très petits, noirs, inégaux, et celui du côté droit est beaucoup plus grand que le gauche. On à même cru que ce dernier ne servoit point à la vision. Le canal de l'évent affecte aussi ce défaut de symétrie ; il est simple et non double comme chez les baleines, et se dirige obliquement vers le côté gauche de la tête. La langue est très charnue, d'un rouge livide, peu mobile, et remplit la mâchoire inférieure dont elle a la forme; la bouche à peu d'ampleur ; la conque auditive extérieure se réduit à une simple fissure très étroite; la ve’ge du mâle est renfermée dans une sorte de fourreau qui l’abrite des chocs extérieurs, tandis que les deux mamelles des femelles occupent deux profonds replis de la peau sur le ventre. Les chairs ont une teinte de rouge noir, propre à la plupart des cétacés, et la couche de tissu graisseux où huileux qui les revêt est épaisse de plus de six pouces en dessus.
La couleur générale du cachalot macrocéphale est un noir bicuâtie plus foncé sur le dos et s'éclaircissant sur les côtés et sous le ventre. Parfois le dessous du corps est blanchâtre, ainsi que le tour des yeux. L'épiderme est d'une nature si dense, si insensible, que communément de larges coquilles s'y attachent comme sur uu rocher et y prennent leur complet accroissement. Ce sont ces coquilles, réuhics quelquefois en un assez grand nombre, que l'on a prises pour des taches blanches. Le mollusque dont l'existence paroit site à celle des grands cétacés, et qui, semblable à certains crustacés , adhère sur leur peau en parasite, est le senre coronule (1), Nous observerunsen passant que cette particularité, de voir des coquilles bivalves , du geure huitre, s’incruster sur la peau des cachalots, vers la tête et le dos , prouve que ce cétacé n'a point de mouvements brusques; et c'est aussi ce que nous avons eu très souvent occasion de remarquer.
Le macrocéphale nageordinairement avec lenteur, et ne fait paroitre à la surface de l'eau que la large voûte de son dos et l'éminence charnue qui entoure d’un épais bourrelet l'orilice extérieur de l'évent.
{‘) Coronule-diadème, coronula diadema, Lamarck, t. V,p. 387,et coronule rayonnée, coronula balænaris, Lamarck, luco citato.
Souvent il reste paisible pendant queiques seconde le corps élevé au niveau de la mer quand elle calme, puis il replonge doucement et sans saccnd pour reparoitre quelques minutes après, 11 n'en ç pas de même lorsque, réuni en troupe à l'époq des amours, l'ardeur qui l'anime le transporte : le voit soulever à moitié sa tête massive etinfort battre les flots de ses nageoires et plonger perpe diculairement, de manière à déployer en imme éventail les lobes de sa queue, et se servir de ce partie, entièrement composée de tendons épis énergiquement robustes, pour frapper l'eau a bruit et la faire jaillir en gerbes à de grandes if tances. Ce spectacle imposant , dont nous avons plusieurs fois témoin, n’a communément lieu q lorsque les cachalots se réunissent en troupes, C! alors qu’ils s'agacent et se recherchent en tm gnant bruyemment les plaisirs de leurs sens lou etépais; c'est alors aussi qu’on les voit se rend vers les côtes, préférer les grandes baies paisibl choisir leurs femelles, etune fois ce c' oix fait séparer de la bande, et se diriger, toujours par cd ples et au hasard , au milieu des grands océans. science la plus utile que puisse acquérir un capita baleinier est donc d'étudier, par son expérience par celle de ses devanciers, les lieux où à telle que ces cétacés se rapprochent, se réunissent vivent en troupes dans les divers parages : c'est que l’on nomme pour un pays la saison de la pèc Toute la navigation se borne à ce résultat : elle être conduite de manière que le navire arrive d les tempsopportuns sur les côtes reconnues pour é les plus fréquentées. Dans les traversées inter diaires on ne chasse que les esp’ *s nageant par res, et qui, isolées de quelque grand essaim , vi nent s'offrir sur la route
Les cachalots ne rejettent point de l'eau par] évent chaque fois qu'ils apparoissent, mais ce | nomène a lieu sans doute lorsque l'animal prend aliments, et a rempli le réservoir pneuino-nasal liquide qu'il a dû avaler en saisissant sa proie. n’est point un simple mucus uni à la vapeur, ré tat de l'acte respiratoire et condensé par l'air € rieur, ainsi que le prétend M. Scoresby; car 1 pouvonsaflirmer, pour l'avoir vu maintes fois à q ques pas de distance, qu'il sort de l'évent , s'ouv par une vive contraction et avec bruit, un jet d qui s'élève à une foible hauteur en se répañdant sitôt en pluie fine, tandis que la colonne que lan les baleines conserve long-temps l'aspect d'ut droit qui monte haut avant de retomber en plui
L'opinion qui admet que le cachalot macrocép est cosmopolite, est vraiment la plus probable bien cependant que, de tous les cétacés , ce soit d qui préfère la zone intertropicale et les régions pérées, on le trouve également dans les mers
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Œuncie ll qui Wlumis D'un a kl'œs Writer à le int mme dten e ächalo bns , (4 des dél Qrons d poul
Mictdans celles du pôle sud. On doit dire toutefois
Al y cst beaucoup plus rare, et qu'il ne s'y pré-
une qu'à certaines époques , et peut-être dans des
Monstances dont on ne s’est point encore rendu
pmpte. On sait d'ailleurs que beaucoup de ces grands
Miucis ont été parfois jetés sur nos côtes, mais on
Phi supposer aussi que, plus sauvages que les ba-
Mines, le grand nombre des navires qui sillounent
Æipndue de notre portion d'océan Atlantique les ont
dussés depuis long-temps, et qu'ils s’y présentent
jurd'hui beaucoup plus rarement. Dans les mers
lues de Madagascar aussi bien que dans celles
x Moluques. dans les parages tempêtueux de la
“huvelle-Zélande comme sur les côtes du Japon,
hirignent les redoutables typhons, on rencontre
y cachalots qui sont identiques par l'ensemble de
rs formes . car les capitaines baleiniers qui les
ursuivent ne reconnoissent parmi eux que quel-
lus nuances de taille, dues sans doute à l'âge , au
blue, ou à des circonstances que nous ne pouvons
ypécier. Les parages les plus fréquentés par les
xhalots sont donc, dans le nord, le détroit de
his; les rivages de l'Europe tempérée ; les côtes
klatagonie, dans l'océan Atlantique ; les rivages de
Wilagascar et la côte occidentale de la Nouvelle-
hllande dans la mer des Indes ; les Moluques , les
Grolines, les Marianes, dans l'océan Pacifique ; les ulapagos sous l'équateur et no loin du Pérou,
ouvelle-Zélande dans le grand océan Antarceti-
we, et les archipels japonois dans le Grand-Océan
réal,
Armé de dents robustes, le cachalot a dù avoir k mœurs plus cruelles que Les baleines par exemke, dont la bouche est tapissée de lames cornées ; di dû aussi recevoir un appétit plus carnassier, et suite avoir des modilicauons dans les organes dikif, qui out dû se raccourcir, et concentrer l'ésie de leurs tibres : des muscles laiges et que Mtminent des tendons de la grosseur de fortes cor- Ms, mettant en jeu une mâchoire inférieure étroite, las longue , et aue hérissent des dents recourbées, Mirmées d'un ivoire compacte et implantées dans des : hanches osseuses , massives, constituent un appakil qui demande, pour être mis en jeu, des proies Nlumineuses, et prises parmi de grands animaux. Jun autre côté cependant l’étroitesse de l'ouverture kl'esophage semble coutrarier Le plan primitif, et brier à penser que tout ce système buccal n'estqu’an Me inutile, ou que les cachalots ne s'en servent que mme un moyen puissant de défense. Anderson lten effet qu'on avoit trouvé dans l'estomac d'un achalot des restes de requin et autres grands poisns, tandis que les baleiniers ne mentionnent que ln débris de ce qu’ils appellent squid ; or nous Srons que ces squid ne sont pas autre chose que les pulpes ou sèches que les marsouins dévorent avec
dant queiques seconde * la mer quand elle @ cement ct sans saccad inutes après. 11 n’en ç ini en troupe à l'époq anime le transporte :
tête massive etinfort oires et plonger perpe à déployer en imme ue, et se servir de ce osée de tendons épais pour frapper l'eau à serbes à de grandes di ant, dont nous avons communément lieu anissent en troupes, C’ e recherchent en tém isirs de leurs sens lou qu'on les voit se rend s grandes baies paisibl june fois ce ce oix fait diriger, toujours par cd eu des grands océans.
nisse acquérir un capita er, par son expérience s, les lieux où à telle ochent, se réunissent »s divers parages : C'esÈ pays la saison de la pêc rne à ce résultat : elle & que le navire arrive dk s côtes reconnues pour 6 s les traversées inter esesp ‘s nageant par clque grand essaim, vi
ent point de l'eau par pparoissent, mais €e | lorsque l'animal prend éservoir pneuino-nasal en saisissant sa proie.
cus uni à la vapeur, ré + condensé par l'air € d M. Scoresby; car!
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Lu
DES MAMMIFÉRES.
tant de plaisir. Il paroïit cependant que ces animaux nese bornent point à ces seuls céphalopodes, et qu’ils ne dédaignent pas les clupées etautres poissons voisins, et mème les mollusques. Othon Fabricius affirme aussi qu'ils avalent des requins (squalus carcharias), etle cycloptère lump, et que les premiers surtout en ont une si grande frayeur, qu'il leur suftit de la vue d’un cachalot pour fuir jusque sur les rivages, et s’y échouer. Enfin il ajoute que cet animal se repait des cadavres des autres cétacés, et mème de ceux de sa propre espèce.
Eggède (!) n'a décrit qu'un seul cachalot, qu'il nomine pot-/ishe ou caclelotet ; et, dans la courte notice contenue dans son livre, on lit qu’il est brun sur le dos et blanc sur le ventre, long de cinquante à soixante-dix pieds, et qu’on retire de son crâne jusqu'à vingtet vingt-quétre tonnes de sperma-ceti. Anderson (?) lui donne les noms de pot-fisch et cailot, usités en Hollande, et dit que quelques pécheurs appellent encore ce cétacé nord-caper : c'est le sperma-ceti whale où humpback des baleiniers anglois, et certainement, le trumpo des Bermudes, que l'on a eru devoir distinguer dans nos livres d’histoire naturelle, bien qu'Anderson ne le sépare point de sa première espèce ou du macrocéphale. Quant à sa troisième espèce, ou cachalut à dents minces, courbes, el en forme de faucilles nous savons que les dents du jeune macrocéphale ont parfaitement cette forme, et qu'ils ne la perdent qu’en vieillissant et par usure. Le witt-/isch du même auteur n’est que le béluga pris pour type du cachalot blanc par M. de Lacépède , parce que les dents de la mâchoire supérieure tombent facilement. Des trois physeter de Fabricius(), le premier appartient seul à ce genre, et c’est le macrocéphale dont la description est exacte ; mais son calodon et son microps sont évidemment un marsouin et le globicéphale conducteur, Quant aux espèces des ouvrages plusmodernes, la confusion qu'on y a introduite exigeroit de nombreuses citations, etunesynonymie d’une utilité trop peu directe à la plupart de nos lecteurs pour que nous cherchions à la transcrire. D'ailleurs les espèces de Bonnaterre et de M. de Lacépède, copiées par divers autres naturalistes, ne sont que les cachalots d'Anderson , d'Artedi, et par suite de Sibbald, décorés de noms nouveaux sans être accompagnés de renseignements modernes le moindrement authentiques.
Quelles sont lesmæurs du cachalot macrocéphale ? quelle est la durée de la gestation de la femelle, et combien produit-elle de petits ? Si cescétacés suivent la loi commune, ils ne doivent donner la vie qu'à un
() Description du Groenland, p. 54.
(+) Hist. nat. du Groenland, & U, p. 116.
() Fauna groenlandica, p. 41.
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seul individu. puisqu'on à remarqué que les animaux produisoient d'autant plus, à la fois et à des époques plus rapprochées, qu'ils étaient plus petits, et que plus leur taille étoit considérable, moins leur progéuiture étoit nombreuse.
Nous ne connoissons rien de ce qui se rattache à la partie philosophique et à l'histoire morale du cachalot macrocéphale, et probablement nous serons long-temps encore dans une profonde ignorance à cesujet. Îl n’en est pas de même des ressources qu'il accorde aux arts; les commerçants savent fort bien les bénéfices qu'ils doivent en retirer. C'est surtout vers la fin du dernier siècle etau commencement de celui-ci que la pêche du cachalot a été régularisée, et que des armements considérables ont été expédiés dans la mer du Sud pour le poursuivre et pour le harponner ; et bien que des centaines de navires anglois et américains rentrent chaque année dans les ports de l'empire britannique et des états de l'Union, nous en sommes encore à savoir si l'on ne doit positivement reconnoitre qu'un seul cachalot, ou bien si celui du nord diffère de celui du sud,
Deux substances p'écieuses par leur abonda: ce ou par leur prix sont principalement extraites des cachalots; l'une est le blanc de baleine, si improprement nommé sperma celi, el que nous décrirons sous la dénomination plus convenable de cétine, et l'autre est l'ambre gris. Mais l'huile qu'on retire desontissucelinlaire, quoique beaucoup moins abondante que celle de la baleine, est également estimée : les Groenlandois se font des tuniques avec les intestins, et des cordes avec les tendons. ! es dents sont employées à une foule d'usages domestiques : à ce sujet nous dirous qu'elles sont en singulière estime dans plusieursiles de la mer duSud,et notammentaux Fidjis et à Rotouma. Ces peuples, dont les idées sociales sont peu perfectionnées, ont aussi adopté ces distinctions qui, partout, sont nées de la vanité et de l’amour-propre, en offrant en hommage à leurs dieux, ou parant les épouses de leurs souverains avec des colliers de dents de cachalots : car cette matière est à leurs yeux le nec plus ultrà de la rareté et de la valeur. C'est avec cette monnoie que la plupart des capitaines baleiniers paient aujourd'hui, dans les iles où elle est prisée , les vivres frais qu’ils s’y procurent pour leurs équipages ; et lorsque nous communiquämes avec les habitants de la petite mais fortunée ile de Rotouma (!), ils nous donnèrent avec un abandon et une largesse qui devoient nous étonner leurs étolfes les plus fines et les plus précieuses pour une de ces dents, lors mème qu'ils dédaiguoient les instruments de fer les plus utiles, dont
() Notice sur l'ile de Rotouma, située dans le grand Océan austral, par R. P. Lesson; Nouv. Ann, des Voyages, Cahier de juillet 1826.
ils n'ignoroient point l'usage! Et, soit dit en m sant, l'homme n'est-il pas partout le même, préférant le superfu à l'utile ?
Ces dents sont not mées famboua aux Fidiis,
Eu
touboua à Rotonum: ; les habitants pensent qu
l'animal d'où elles proviennent est le roi de la me que tous les navires qui sillonnent le grand Octa ont pour but de se ies procurer, et que l'huile qu l'on retire du tissu cellulaire n'est destinée qu'à se vir en frictions : mais ces préjugés de peupladd simples et encore stationnaires dans l'enfance de
civilisation ne se bornent point à quelques ilats ( les retrouve à de grandes distances, aux iles Ma quises (1), par exemple), et prouvent que la rad
humaine que nous avons nommée océanienne a cod
servé partout, et plus ou moins pures, ses trad tions.
La substance la plis recherchée dans les cachA
lots est une matièse particulière utile dans les art qu'on a nommée spirma-reti, blanc de baleine, il y a quelques aunées adipocire. L'impropriété et ridicule du premier nom en auroient dà fare fai justice depuis long-temps, si les erreurs que [ropag la routine n'étoient pas très difficiles à déraciner, nom de sperma-ceti, donne par des matelots gro siers, est en eflet plus connu que celui de blanc baleine, peu convenable, mais qui au moins n'impl que pas avec lui une idée fausse, Quant au nom d'd dipocire, que le célèbre Fonreroy donnait à cet matière, cela tenoit à l’analogie qne ce professe avoit cru trouver entre elle, le gras des cadavres, 4 la matière cristallisée des calculs biliaires humain analogie que M. Chevreul le premier à prouvé
pas exister, Ce chimiste a donc proposé le nom d
céline, pour succéder à ceux de sperma-ceti et d blanc de baleine; et sa brièveté, sa douceur et s0 étymologie radicale doivent le faire adopter avé empressement ; tandis que la substance des caleu est nommée cholestérine, et que le gras des cadavr conserve son nom primitif d'adiporcire.
La cétine (?) ou sperma-ceti du commerce n'e point pure; elle retient une petite portion d'hui qui la jaunit, et que l'action de l'air fait rapideme rancir : pour la purifier, on la dissout dans de l'a cool bouillant : et lorsque la liqueur se refroidit, se forme des cristaux qu'on laisse égoutter, et qu'o dissout dans de nonvel alcool, £a cétine qu'on € obtient est à son état de pureté; elle s'offre s0t forme de lames blanches, brillantes, commen
() Les habitants des îles Marquises de Mendoce el ment beaucoup les dents de cachalot, et les regarde comme le bien le plus précieux qu'ils puissent amb tionner :« À Good one s considered equal to the gre » test property.» Schillibeer, Briton's Voyage, 181
(s) Chevreul, article CHoLrsTERINE Dict, des s nat., LL: 1X, p. 58.
dees il UN
nes, et ayant au toucher une douceur onclucuse Ai nc grande translucidité ; son odeur et sa su- Mur dans cet état sont nulles : elle se congèle à Aodegrés, tandis que celle du commerce, impure, Aelise à 41.
Les propriétés chimiques de la cétine sont :
{re insoluble dars l'eau; de se dissoudre dans #“ huiles fixes et volatiles, dans l'éther et dans dilcol ; de ne point éprouver d'altération par l'alie nitrique ; de se saponifier très difficilement , D se séparer dans cette circonstance en acide marrique uni à de la cétine restée libre. Ses éléments hstitutifs sont pour 400 parties, suivant M. Néad, carbone 81, hydrogène 15, et oxigène 6; et près de Saussure, carbone 75,574, hydrogène Dis, oxigène 41,577, et azote 0,354, pour = lir,000 parties, | Telle est la cétine purifite et obtenue du blanc à | lalcine que le commerce livre sous forme soik, d'un aspect blanc, d'une texture cassante et Due le contact de l'air jaunit rapidement (1), en lui Blbnnant dans ce cas une odeur de ranci désagréa- 1k. Mais ce n'est point sous cette forme qu'on la mire du e chalot, et à ce sujet nous devons entrer us quelques détails.
la cétue liquide occupe l'immense cavité qui me à e!le seule la plus grande portion de la tête ; iles anciens auteurs ont-ils écrit que ve sperma- Dit étoit la partie la plis molle du cervean, ei le D decellum. Mais la nature s'est servie pour la sépa- Dion de cette matière du véritable organe principal Lksens, d'un appareil simple qui ne permet pas de dupposer de corrélation entre eux.
4 0n se rappelle que de larges crêtes s'élèvent D dwontalement des maxillaires comme les bords line coquille, et se rendent jusqu'auprès des ores où elles se redressent brusquement pour aténdre le niveau du bord supérieur de l'occipital ar la face antérieure duquel elles se contournent formant le rebord d'une immense coupe oblon- Re, moins arrêtée en avant, et qui aussi est fortebent inclinée de ce côté. Ces crêtes composent donc k parois extérieures d’une concavité dont le fond nsc sur la portion centrale, et déprimée de eurs picds, des os maxillaires et intermaxildes, et qui surmonte toute la partie supérieure icrne, Or le cerveau, très petit et refoulé, oc- He comme à l'ordinaire la cavité cranienne , due ficipalement à l'occipital en arrière et à l'eth- Mile en avant; ses dimensions n'ont offert à enper, sur une tète de dix-huit pieds de loneur, que sept pouces de profondeur, douze de meur et neuf de longueur C'est donc bien gratement que plusieurs écrivains ont prétendu
ge! Et, soit dit en m 8 partout le même, e e ?
tamboua aux Fidiis, habitants pensent qu nent est le roi de lame ilonnent le grand Océa ‘urer, et que l'huile qu re n'est destinée qu'à se s préjugés de peupladd ires dans l'enfance de point à quelques ilats {« distances, aux iles Ma et prouvent que la rad ommée océanienne à con | moins pures, ses trad
cherchée dans les cachA ulière utile dans les art veti, blanc de baleine, pocire, L'impropriété et en auroient dà fare fai si les erreurs que [ropag 8 difficiles à déraciner.
ne par des matelots gro nnu que celui de blanc 4 mais qui au moins n'imp fausse, Quant au nom d'4 Foureroy donnait à ert nalogie que ce professe le, le gras des cadavres, calculs biliaires humain l le premier a prouvé à done proposé le nom € eux de sperma-celi et d riéveté, sa douceur et 50 ent le faire adopter avé e la substance des caleu et que le gras des cadavre f d'adipocire.
a-ceti du commerce n'e ine petite portion d'hui n de l'air fait rapideme on la dissout dans de l'a la liqueur se refroidit, n laisse égoutter, et qu'o lcoo!, La cétine qu'on € pureté; elle s'offre sot s, brillantes, comme n
: sit
id
Marquises de Mendace esl e cachalot, et les regarde cieux qu'ils puissent amb nsidered equal to the gre r, Briton's Voyage, 181 oLrsTeriNE Dict. des s
‘ Couleur que le charbon animal lui enléve.
qu'il y avoit des communications entre la boîte crânienne et le vaste réservoir à demi osseux de la cétine ; elle n'en occupe que la partie postérieure et inférieure, dont l'isolent des cloisons osseuses épaisses.
La cétine est contenue, dans ce large et immense réservoir sus-crânien, dans deux étages, dit-on; le premier seroit une cloison membrano - fibreuse, dixée solidement sur les bords des parois osseuses, et le second, ou le llapmut: des pêcheurs du Nord, formeroit par dessus cette paroi intermédiaire une immense calotte fibro-cartilagineuse, très épaisse, très dense, et tellement serrée que le harpon a peine à y pénétrer. Le kl:pmutz n'est recouvert extérieurement que par six pouces environ de tissu cellulaire, et par la peau, Il est tapissé en dedans d'une membrane noire, sillonnée par des branches nerveuses volumineuses, et renferme la cétine la plus pure et la plus précieuse, tandis que l'étage inférieur est rempli par une cétine plus grossière, contetiue dans des arécles nombreuses. Ce blanc de baleine est fluide tant que l’animal est en vie, et ne se concrète qu'après la mort. Il est maintenu isolé par des cloisons minces, membrancuses, et formées de fibres entrelacées. On lit dans Anderson (!) que les pêcheurs lui rapportèrent que lorsqu'on vide la dernière chambre ou le réservoir inférieur du spermaceli, celui qui est épars dans le corps reflue vers la tête par un large canal qui paroît avoir pour fonctions de transporter cette matière en plusieurs points de l'organisme. Mais on ne conçoit pas bien l’existence de ce vaisseau, qui doit être peu profond, pour ètre au niveau du pourtour osseux de la grande cavité, bien cependant qu'on sache que la cétine soit éparse en plusieurs parties, et notamment aux endroits marqués d’un carré, tels qu'on peut le voir dans le croquis ci-joint : ce croquis a été copié d’une figure de cachalct gravée en tête des instructions que tout capitaine baleinier doit avoir sur un tableau dans sa chambre, afin que chaque homme de l'équipage puisse en prendre connoissance.
La tête d’un cachalot (?) pris dans les mers des Moluques, et long de soixante-quatre picds francois, à donné vingt-quatre barils de blanc de baleine, après qu'on à eu enlevé le lard par zores perpeudiculaires, produisant soixante-dix, quatrevingts (3) et quelquefois cent barils d'huile pure. Les femelles, acquérant une moins grande dimen-
é) Tom, p.124.
() Z otogie de L'Uranie, p. 81.
(3) .e baril contient 31 gallons ct demi; le gallon est de 4 pintes françaises environ; ce qui donne exactement un total de 3075 pintes de blanc de baleine (2859 litres) et 12812 pintes d'huile (11913 litres), lorsqu'un de ces cétacés produit cent barils,
sion que les mâles, ne donnent pas au-delà de dixhuit à vingt barils de blanc de baleine. Celles des côtes de la Nouvelle-Zélande peuvent fournir vingtcinq ou trente barils ; mais les mâles, plus grands à proportion, rendent beaucoup plus des deux substances que ceux des archipels d'Asie (1),
« On assure (?) qu'il n'y a maintenant à Londres » qu'un prix pour le blane de baleine et : huile : on » les vend 120 livres sterling les deux mille pounde: » ce qui n'avoit pas lieu, dit-on, il y a cinq ou six » ans; la première denrée valoit 42 à 15 livres ster- » Jing de plus par tonneau que la dernière, Jadis » aussi on vendoit les deux productions séparément; » les fabricants les mélangcoient ensuite, à présent » on vend le tout ensemble. »
Quelle est la destination de la cétine dans l'organisation des cachalots? Qu'un fluide graisseux, résultat d’un excès de vie, remplisse les mailles du tissu cellulaire et devienne huile, graisse ou suif, on conçoit les résultats d'une extra-nutrition, et ces matières semblent être la première réserve que les maladies ou le manque de nourriture doivent absorber. La cétine a telle le même but? ou n'est-elle que le produit d'une sécrétion spéciale destinée à un ordre de nutrition directe que nous ne pouvons expliquer ?
Introduite dans le commerce, la cétine a d'abord été employée en médecine, On s'en est servi comme d'un cérat naturel fort doux pour toutes ces petites éruptions de la peau que la beauté et la coquetterie redoutent: mais l’art des cosmétiques à vainement varié ses formules; la rancidité, qui trop souvent s'empare de cette substance, en a fait rejeter l'emploi. C'est principalement dans la composition de Ja bougie que la cétine a été utilisée : on a obtenu des produits remarquables par leur pureté, et les masses qu'on a vues à l'exposition de 4:27 prouvent que nos manufacturiers ont surpassé les Angiois dans l’art de la purilier.
Des matières d’une valeur aussi grande que l'huile et la cétine ont servi d'appât aux armateurs. Des centaines de navires partent chaque année des ports de Londres pour une campagne dont la durée n’est jamais moindre que deux ans, et le plus long terme quatre années. Dans ce voyage, le capitaine et Les harponneurs sont les plus intéressés, et le reste de l'équipage est à la part. L'armement d'un navire baleinier se compose de vingt cinq hommes d'équipage, et de tous les ustensiles nécessaires pour fondre l'huile et la cétine ; ils sont aussi munis d'ob-
(‘) À ce sujet nous pensons que dans leurs premières années les cachalots préférent les régions intertropicales, et qu'ils ne s'avancent dans les hautes latitudes qu lorsqu'ils sont complétement adultes et peut être dans un état de pléthore.
(, Ce sont MM. Quory et Gaimard qui parlent.
HISTOIRE NATURELLE
jets d'échange pour se procurer des vivres frais da quelque iîle de la mer du Sud. Des tonneliers $0 embarqués pour mettre en ordre les pièces qui so rangées dans le vaisseau , et qui, d'abord rem plié d'eau, ne servent ensuite, et à mesure que la pécl avance, qu'à recevoir l'huile, La plupart de équipages sont quelquefois neuf mois sans commu niquer avec la terre.
En 1824 et !825 la route que suivoient génér lement les navires baleiniers (5 étoit de doubl d'abord le cap de Bonne-Esnérance, de croiser da les parages de Madagascar, de séjourner dans | Moluques, de se ravitailler à la Nouvelle-Zéland de traverser les archipels des Amis, des Navig teurs, et quelquefois ceux des Carolines et des Mi graves, et de se rendre, dans la belle saison, s les côtes du Japon, puis revenir par les Gallapagd les Marquises, relâcher au Chili, croiser devant Motcha, y terminer la pêche et effectuer le reto en Europe, en doublant le cap Horn, après av traversé dans tous les sens le grand Océan pe dant trois années environ, et fait le tour du mond D'autres au contraire se dirigent sur les côtes Brésil. croisent sur le banc de Patagonie , double le cap Horn, s'arrêtent à Valdivia et à la Conce tion, se rendent à Payta, font de l'eau à Saleng sur la côte de Guyaquil, et commencent leur gra pêche aux Gallapagos, et suivent, pour opérer le retour, un ordre inverse aux précédents.
Les gains qui résultent d’une pêche rapidemé faite, en deux ans par exemple, sont énormes, trois voyages suflisent pour assurer une fortune dépendante au capitaine.
Les balciniers de la mer du Sud harponnent cachalots et les baleines de la même manière. B que les termes techniques dont nous devions nq servir soient peu propres à donner de l'agrém à ce sujet, son importance pour notre patrie n engage à le présen'er à nos lecteurs sins en retrancher.
Lorsqu'on aperçoit à l'horizon un cétacé, l'ho placé en vigie sur le mât de l'avant ne man point de signaler l'aire de vent où il s'est mon Des embarcations solides . sveltes et légères, n mées baleinières, suspendues le long du navire constamment munies des armes destinées à la che, sont lancées à la mer (?). Les canotiers nag
{‘) Ce mot baleinier est donné aux navires destin la péche du cachalot aussi bien qu'à celle de la leine, 2.
a) Ce qu'on nomme l'armement d'une balcinièr compose d'un gouvernail, de sept avirons, de cinq pous, dont deux en bataille sur la fourche, ct mun leurs lignes: les trois autres sont dans leur étui le du bord; trois lances, dont une en bataille, c'esl-à prête à étre lancée ; une hache; un couteau; une be
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k manière à prolonger l'animal de la queue à la ve, Le harponneur se tient sur l'avant; lorsqu'il kcroit en position favorable pour lancer son fer, jait un signal; les rameurs cessent de nager; il be la place qu'il doit frapper, et dirige avec vimeur le harpon, qui quelquefois et du premier ip blesse à mort l'animal dont il intéresse les pincipaux viscères. Mais il n’en est pas toujours ii: l'arme acérée ne fait que pénétrer le plus souwmtles plans musculaires et n'occasionne qu'une motion suivie d'hésitation de la part du cétacé , et #harponneur doit alors saisir ce moment rapide Aunme l'éclair pour lancer son deuxième fer. À ces wups l'animal, que la douleur irrite, plonge ver- Mialement à de grandes profondeurs, et ce mouve- Ant, que les pêcheurs appellent sonder, néces- Mie des précautions extrêmes pour que les cordes Minchées au harpon puissent se dérouler vivement Biuns entraves : car si elles s'engageoient , et qu'un mielot ne fût pas assez alerte pour les couper, la Meinière seroit indubitablement chavirée, et les mes qui la montent en danger de périr.
Ces lignes ont communément quatre cent quatreî gts brasses de longueur. Souvent on est forcé de EX
arer des vivres frais da sud, Des tonneliers so ordre les pièces qui so 4 qui, d'abord rempli st à mesure que la pècl uile, La plupart de € neuf mois sans comm
e que suivoient génér icrs (1) étoit de doubl soérance, de croiser da r, de séjourner dans | r à la Nouvelle-Zéland des Amis, des Navig des Carolines et des Mi dans la belle saison, s venir par les Gallapagd y Chili, croiser devant che et effectuer le reto le cap Horn, après ave ns le grand Océan pe et fait le tour du mond lirigent sur les côtes ( 1e de Patagonie , double Valdivia et à la Conce font de l’eau à Saleng
À Wililer, parce que le cachalot, qui n’est que blessé, ane avec d'autant plus de force que la douleur l’aitcommencent leur gra Mbilonne. Les baleiniers alors n'ont pas d'autre suivent, pour opérer le | duree que d'attacher à leur extrémité une bouée ux précédents. | liége que surmonte un pavillon et qu'ils jettent
d'une pêche rapideme : bmer. Cette bouée, que l'animal entraine sur le kemple, sont énormes n de l'océan, est la boussole qui les guide pour Ur assurer une fortune À fr reprendre le bout de la ligne lorsque les forces icétacé s'affoiblissent et que ses mouvements sont entis par la perte du sang qui s'échappe de ses Qesures. Mais cependant, lorsque les pêcheurs Ærcoivent que le cachalot plonge brusquement %le premier coup de harpon, ils ont soin de filer Morde avec résistance, et, comme ils disent, à four, de manière que l'animal puisse éprouver obstacle permanent, qu'il surmonte il est vrai, is qui use d'autant l'énergie de ses mouvements. Lur habitude, qu'éclaire l'expérience, est telleat faconnée à cette guerre d'extermination de ce ant de la mer, qu’ils s'aperçoivent, à la diminude tension des lignes, que le cétacé à besoin de ever pour venir respirer dans l'air, où que la leur dompte son courage, etils ne manquent Mint alors de tirer la corde à eux en s'approchant ue à le toucher, et là de le frapper de nouveau qu'à ce qu'il expire. Le sang qui jaillit de l'évent
r du Sud harponnent Le la même manière. B s dont nous devions nQ & à donner de l'agrém ce pour notre patrie n nos lecteurs sans en
sorizon un cétacé, ho jt de l'avant ne man de vent où il s'est mon .sveltes et légères, n dues le long du navire $ armes destinées à la r (2), Les canotiers nag Jonné aux navires destin ÿ bien qu'à celle de la
MC son signal ; une ou deux lignes de deux cent quale brasses chacune de deux pouces à peu près de diatre, et bien lovées ou arrangées régulièrement dans baille ou petite cuve en bois. Cette embarcation a “jours à bord et de plus un mât, une voile et une pro: on d'eau douce.
mement d'une balciniér de septavirons, de cinq le sur la fourche,etmun ss sont dans leur étuile une en bataille, c'est-à ache;un couteau; une bé
avec des colonnes d'air bruyamment expirées est le signal de la victoire, et les capteurs spéculent dès lors sur les produits qu'ils vont en retirer. Le ca chalot expirant n'agite plusses nageoires, son corps devient inerte et roule sur les flancs; on l’attache et on le conduit jusqu'au vaisseau qui a cessé de faire route dès le début de la chasse, et qui fixe le corps de l'animal sur une de ses hanches (t). Alors on procède au dépècement ainsi qu'il suit : des planches sont mises en échafaudage sur le corps du cétacé ; les découpeurs lèvent le tissu cellulaire, en se servant de couteaux faits exprès, par larges bandes régulières mais en spirale ; des matelots, armés de fourchettes de fer longuement emmanchées, font passer à bord ces quartiers de lard huileux, que d'autres hommes coupent menu sur un chevalet; d'autres enfin prennent ces derniers et les jettent dans la chaudière où ils doivent laisser échapper l'huile qu'ils contiennent, Lorsque le uissu cellulaire est complétement exprimé, et qu’il est réduit aux mailles membraneuses qui forment son canevas, on l'emploie comme combustible, et il sert à entretenir le feu sous les chaudières (?). L'huile clarifiée est mise dans des pièces en bois d'une grande capacité, et le blanc de baleine, qu’on ne purilie que lorsque toute l'huile du cétacé a été obtenue, cst mis en dépôt dans des caisses en cuivre étamé, qui sont placées dans l’entre-pont, à côté du grand mât, et dont lesouvertures communiquent avec le pont supérieur. Plus tard cette matière est fondue à loisir et avec soin, et mise dans de petites caisses en cuivre, auxquelles on ne touche plus jusqu'à l’arrivée en Europe.
I nous reste encore à mentionner un produit des cachalots que la médecine et surtout la toilette ont
«) Cette opération se fait par le moyen de deux caliornes affalées du grand mât : à l'une d'elles est attaché un croc que l'on fixe profondément dans un trou pratiqué près de l'œil du cétacé, et de dehors en dedans, c'est-à-dire que la caliorne passe en dehors du corps, et vient se crocher dans le trou pratiqué sur le côté qui touche au navire; l'autre raliorne est suspendue à une élingue qui soutient le milieu du corps.
b) Ces chaudières sont au nombre de deux : elles sont en cuivre, et placées dans un fourneau en brique. qui repose lui-même sur un réservoir plein d'eau pratiqué sur le pont. Deux vases quadrilatères, en cuivre, occr« pent les côtés du fourneau : ils sont destinés à recevoir l'huile, résultat de la fonte du tissu cellulaire, et qui s'écoule des chaudières par des cu'erlures pratiquées à leur bord supérieur. La partie la plus pure de cette huile coule par une grille fermée par un rohinet extérieur placé en hant et sur un côté de chaque réservoir, et est reçue dans des caisses en fonte, où elle est prise avec une grande cuiller et jetée dans une manche e1 peau pour être dirigée dans les barriques arrangées dans la vale , et d'où elle ne doit plus sortir que pour circuler daus le commerce,
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LE ROSE nr ar om cie
642 HISTOIRE NATURELLE
rendu célèbre ; nous voulions parler de l'ambre gris. Les opinions les plus bizarres ont été émises au sujet de cette substance, et il seroit oiseux de les reproduire; ear quel avantage obtiendroit-on de discussions relatives aux idées des vieux auteurs, qui ne voyoient dans l'ambre qu'un bitume, de la cire ou du miel concrété? N'est-il pas reconnu aujourd'hui, par des faits directs, que l'ambre gris est recélé dans les intestins des cachalots sous forme de boules dont le volume varie, et que cette matière précieuse -e trouve rarement dans les jeunes individus, mais seulement chez ceux qui ont atteint leur entier développement, et qui sont dans un état maladif dont elle est la cause ou du moins le résultat ?
Swediaur, médecin anglois, est regardé comme le premier auteur qui ait cherché à prouver que l'ambre gris éloit ou un bézoard, ou des matières endurcies dans les intestins des cachalots ; Swediaur fondoit ses raisons sur ce que cette substance étoit mélangée d'arètes de poissons, et de becs cornés et durs de sèches (squit des Anglois), débris non douteux d'une élaboration digestive ; ii s'étayoit encore de faits bien connus, tels que l'odeur ambrée qu'exhalent à diverses époques les excréments de plusieurs bestiaux et des fouines, Mais biendong-temps avant Swediaur, Marco-Polo!!), ce vieux et véridique voyageur qu’on a long-temps regardé comme un conteur, n'a-t-il pas dit en parlant des cachalots, qui alors étoient très communs sur les côies de Madagascar : « Ils ont » anbre asez, por ce qe en cel mer a balene en grant » abondance ; et encore hi a cap doille (huile de la » tête ou cétine), et porce qe il prenent de ceste ba- » lence de cesti cap dol asez, ont de l’anbre en grant » quantité, et vos savès que la balene fait l'an- » bie(?, »
L'ambre gris est mou, sans saveur particulière, plus léger que l’eau, aussi a-t-il la propriété de surnager. Sa couleur est d'un gris cendré rayé de jaune brunätre et de blanc; son odeur est d'autant plus douce et d'autant plus suave, qu'il a davantage vieilli et qu'il se dessèche.
L'ambre n'est presque entiérement formé que d'une matière cristallisable, nommée ambréine (3), qui s'obtient sous formes de houppes blanches et déliées, en traitant l'ambre gris à chaud par de l'alcool, et en abandonnant la liqueur à elle-même après l'avoir filtrée. Cette ambréine se rapproche beaucoup de la cholestérine on matière cristalline des calculs biliaires dont elle se distingue non seulement par
() Voyages de Marco-Polo, Mémoires de la Société de Géographie de Paris, t.1, p. 232.
() Les Indiens d'ailleurs lui donnoient le nom de minumbir, qui signifie ambre des poissons.
(3) Mémoire de MAI. Pelletier et Caventou, Journal de Pharmacie, 1820, p. 46.
ses propriétés physiques, mais encore par sa fusi
qui a lieu à 50 degrés, et par un acide partic@
lier auquel elle donne naissance, lorsqu'on l'un de l'acide nitrique bouillant. Cette analogie ne vie droit-elle pas corroborer son origine, si tous pêcheurs de cachalots ne savoient d'une manië formelle que c'est au milieu du tube digestif qu' doivent chercher ce corps si parfumé que l'ani rejette au milieu des matières rouges et infectes constituent ses déjections” L'ambre, ainsi débarras par l'eau qui le baigne des impuretés qui le sou loient, flotte sur la mer, et est poussé par les co rants sur les sables des rivages, où de toute part apprécie sa rencontre comme une bonne fortur Les choses les plus précieuses, pour l'homme factà de la civilisation, n’ont point une origine plus pu et n'est-ce pas au milieu des organes de la générati et près de l'anus qu'il va puiser le muse ou la velte dont il parfume sou visage: et l'eau de mil fleurs, si chère aux femmes monduines, n'est-c pas le résultat d'une composition bien merveille il est vrai, puisque après avoir été puisée au sq de mille fleurs de la prairie, elle est distillée da l'estomac d’ün ruminant, et sécrétée ensuite par organes de l'appareil urinaire ?
Pour en revenir à l'ambre gris, les chimistes l’ trouvé composé : d'ambréine, 85 parties; de n tière balsamique douce , acidule, soluble dans l'e et l'alcool, et qui paroît contenir de l'acide benzoiq 2,5; d'une matière soluble dans l’eau; d'acide be zoïque et d'hydrochlorate de soude, 1,5; perte
L'ambre gris n'existe que très rarement dans cachalots. Les navigateurs baleiniers affirment q souvent ils font deux ou trois voyages et des c4 gaisons complètes avant d'en trouver, MM. Quoy Gaimard rapportent que le capitaine en second navire l'Océan, de qui ils tiennent le fait, eut u fois le bonheur d’en recueillir cinquante livres di un seul animal, L'once de l'ambre se vend à L dres de 20 à 22 francs environ.
Tout porte à croire que l'ambre est le résultat d’ état maladif des intestins, dont les mouvements f ristaltiques n’agissent plus sur les matières alime taires qui leur sont soumises. Or, comme les cachal font une grande consommation de céphalopodes, n’est pas le moindrement douteux que leur eh lardacée, coriace, parfumée et ambrée(!), ne convertisse en boules ou agglomérations de for variées, qui se moulent en concrétions comme calculs divers qui s'organisent chez l’homme. Le d bète sucré, d'ailleurs, qui transforme la saveur àd ct ainmoniacale de nos urines en sirop doux el
(:) L'encre de Chine, qui exbale l'odeur d'ambre, doit celte propriété qu'à la grande quantité de noir seche qui sert à la former,
,n'e nte el émis lion « or ba dre à de K ire ch que ( L'am prhipel at si jentat durs r iles luga, ricull ; hChin . TT.
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n'est-il pas une dégénérescence bien plus étonnte et bien plus inexplicable encore? Un voyageur {mis l'opinion que l'ambre n'étoit qu'une modiliion du blanc de baleine résorbé par les bouches wrbantes des tubes digestifs, Cette idée n'est ve admissible, de même que celle de Lemery de Formey, qui ont soutenu que l'ambre n'étoit tre chose que du micl modifié par de l'acide forjque (1).
L'anbre se trouve abondamment sur les côtes des khipels des Indes orientales : les Malais en estiat singulièrement le parfum, ainsi que tous les rentaux , et en réservent la jouissance exclusive ime une bonne fortur kurs rajahs. Les côtes de Formose, des Moluques, ses, pour l'homme facti iles de la Sonde, du Brésil, des Antilles, de int une origine plus par@hhgascar, cotre les tropiques, sont les lieux plus s organes de la générati@icuièrement reconnus pour fournir de l'ambre. puiser le muse où la dChine et le Japon dans la zone tempérée australe, visage: et l'eau de mil wer Baltique et les côtes d'Europe dans la zone nes mondaines, n'est-cMpirée boréale, en produisent aussi quoiqu'en osition bien merveilledhindre quantité.
avoir été puisée au sd L'ambre brut varie en couleurs eten pureté; il ie, elle est distillée da souvent mèlé à un grand nombre de substances et sécrétée ensuite par Mhangères, et la cupidité surtout le dénature fort aire ? ent en le sophistiquant avec des résines et des re gris, les chimistes l'aMunes. Sous sa forme primitive la plus ordinaire, éine, 85 parties; de nMunbre gris forme des boules dont le diamètre, ditcidule, soluble dans l'eh va jusqu'à un pied , et qui pèsent communément tenir de l'acide benzoïq is une livre jusqu'à vingt et plus. » dans l’eau; d'acide be La médecine a négligé l'usage de l’ambre dont les de soude, 1,5; perte MSMuriciés odorantes ne sont plus mises à prolit que ue très rarement dans 2: rles eaux de sen eur, et pour mitiger ce que le s baleiniers affirment qi à de trop fragrant et de trop expansible. trois voyages et des ca en trouver, MM. Quoy e capitaine en second tiennent le fait, eut illir cinquante livres di l'ambre se vend à L iron.
’ambre est le résultat d’ dont les mouvements f s sur les matières alime s. Or, comme les cachal ation de céphalopodes, t douteux que leur ch née et ambrée(!}, ne agglomérations de form n concrétions comme ent chez l’homme. Le transforme la saveur àd ines en sirop doux el
nais encore par sa fusi t par un acide parti sance, lorsqu'on l'uni t. Cette analogie ne vi son origine, si tous savoient d'une maniè u du tube digestif qu’ si parfumé que l'ani res rouges et infectes L'ambre, ainsi débarras s impuretés qui le sou L'est poussé par les co ages, où de toute part
LES BALTINES.
A Tous les cétacés que nous avons passés en revue Abus ont, jusqu'à présent, offert pour attribut géné- BR d'avoir des dents aux deux mâchoires, parfois à #seule, tandis que les grands animaux qui coment la famille des baleines ont leur palais supéur seulement recouvert d'une matière cornée, ose par lames nommées fanons, Une telle modiälon à dû nécessairement imprimer à l'économie “particularités de mœurs ct d'habitudes remarbles ; aussi les baleines sont-elles des habitants s mers doux et inoffensifs, que leur énorme cor- Mence ne défend point eflicacement des attaques üerand nombre d’ennemis.
A LS masses animalisées et grossièrement dégrossies ln nomme baleines ont done, pour être isolées
IEnous suffira de dire que Dudley a établi sans “ie! Transact. philos., t. XXI!) que l'ambre étoit duit dans un sac particulier, placé au-dessus des iules du cachalot.
exhale l'odeur d'ambre, grande quanlilé de noir
des agiles dauphins ou des gigantesques cachalots, des caractères précis et qui ne permettent point de les confondre avec eux. Ces caracières sont : nulle trace de dents (t); la mâchoire supérieure disposée en toit renversé où en carène , et garnie de lames de cornes transversales, où fanons, disposées de chaque côté et sous forme de feuillets minces, très serrés, et eMilés à leur extrémité; un évent, placé au inilieu du sommet de la tête, où il s'ouvre par deux orilices séparés par une cloison.
Les baleines sont susceptibles d'être divisées en deux sous-genres, suivant qu'elles ont une nagcoire dorsale, ou que le dos est parfaitement uni. Le premier comprendra les baleines à nageoires ou baleinoptères (balænopterw, Larép.), et le second les baleines sans nageoire ou vraies baleines (balænre, LL).
Linné a réuni dans un seul genre toutes les baleines connues de son temps, où du moins celles que l'on croyoit connoitre, et les balana, pour le père de l'ordre méthodique en histoire naturelle, se composoient de six espèces qu'il nommoit mysticetus, physalus, boops, gibbosa, musculus et rostrata Bonnaterre, car nous croyons inutile de nous occuper de ceux qui ont copié ou à peine moditié quelques parties du Systema Naturæ, Bonnaterre, dans sa Cétulogie, forma son premier genre des baleines, et comprit, 4° dans la division des espèces sans nageoires, la baleine franche (B. mysticetus, L. var. A.), le nord-caper (B. mysticetus, var. B. L.; 2. glarialis, Klein) ; 2° parmi les espèces ayant une nageoire ou des bosses, le gibbar (Z. physalus. L.), le tampon (B. nodosa, Klein), la baleine à bosses (B. gibbosa, Klein); 5° dans les espèces à plis sur le ventre, la jubarte (8. boops, L.), le rorqual (A. musrulus, L.), et la baleine à bec (B. rostrata, L.).
M. Lacépède, mettant à prolit les travaux de ses devanciers, reprenant en sous-œuvre les renseigne ments incomplets, mutilés et hétérogènes de Sib= bald, d'Artédi, de Klein, d'Anderson, de Dudiey, de Müller, de Crantz et d'Eggède, bâtit sur les fondements posés tant bien que mal par Bonnaterre, et divisa le genre balæa en deux sous-genres. Le premier, caractérisé par le manque de bosse sur le dos, comprend les B, mystiretus et noru-caper, et le second, particularisé par une ou plusieurs bosses, a pour types les Z. nocosa et gibbosa. Mais M. de Lacépède distingua les baleines munies d’une nageoire, auxquelles il appliqua, pour les distinguer
des précédentes, le nom de baleinoptères (?), et il les
(‘) M. Geoffroy Saint-Hilaire a découvert, dans un fœætus de baleine. des germes de dents à la mâchoire infé rieure, qui paroissent tomber de très bonue heure (Ann. Muséum, Lt. X,p. 365.)
(2) De balæna et pteron, aile ou nageoire, pour dire baleine à nageoire, dorsale bien entendu.
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