LES ESCLAVES
Ont le bec nu à la base, un peu robuste, convexe en dessus, comprimé sur les côtés, à mandibule supérieure un peu fléchie en arc, et échancrée au bout ; l’inférieure est droite.
L'espèce type est le langara esclave, décrit par Buffon (enl. 456, fig. 2) et que M. Vieillot éloigne des tangaras pour le placer dans les sylvies ({).
LES ICTÉRIES (.
Ont le bec un peu robuste, entier, les narines rondes, à moitié couvertes par une membrane. Les ailes ont leurs deuxième, trois'ème et quatrième rémiges les plus longues. Ce sont des oiseaux qui habitent les buissons et y nichent dans l'Amérique septentrionale. La femelle pond de quatre à cinq œufs. La seule espèce est l’ICTÉRIE DUMICOLE (6) que Buffon a décrite sous le nom de merle vert de La Curoline , oiseau qui fait le passage des fringilles aux loriots.
LES TOUITS.
Pipilo. VIEIL.
M. Vieillot a formé ce genre aux dépens des emberiza de Latham, et l’a placé dans l’ordre des syl-
() Arremon, Vieill., Encycl., 794.
e) Enl.42 T'anagrasilens, Lath. Arremon torquatus, Yieill., Gal , pl. 78. Wied., 507. Encycl., 794.
(3) Dulus, Vieill,
() Ou le dulus palmarum, Vieill. Tanagra dominica, L.
(5) Icteria, Vieill., Encycl., 702.
(6) Yellow breasted chat, Catesby, t. IL, p, 50. Musci-
vains et dans sa famille des péricalles. T1 lui donne pour caractères : un bec épais à la base, robuste, convexe en dessus; la mandibule supérieure couvrant à son origine les bords de l’inférieure et échancrée, recourbée vers le bout; l’inférieure entière, plus courte, et les bords sont rentrés en dedans; les narines sont rondes, ouvertes et glabres; langue épaisse, bifide à sa pointe ; bouche garnie de quelques soies à la commissure ; ailes courtes; les quatre premières rémiges égales et les plus longues de toutes ; queue allongée ; quatre doigts, trois devant et un derrière; les extérieurs réunis à leur base.
Ce genre ne renferme qu’une seule espèce, qui habite jes Etats-Unis. .
M. Vieillot cite les nombreuses variations de genres que cet oiseau a éprouvées. Pour Buffon et Brisson c’est un pinson; un bruant pour Latham et Gmelin : c’est la pie-grièche noire de la Caroline (dont le mâle est figuré Journal de Physique, t. IE, pag. 570, n. 9). Le touit tient donc des pinsons par son bec renflé, des bruants par les bords rentrants de ses mandibules, des pies-grièches par l’échancrure de la mandibule supérieure et le crochet que forme son extrémité.
LE TOUIT NOIR.
Pipilo ater. VyxiL. (1).
Le mâle a la tête, la gorge, le cou, le dos, le croupion, les pennes alaires et caudales d’un noir lusiré, la poitrine et le ventre blanes, les flancs d’un brun jaune. Cette teinte s’éclaircit sur les parties postérieures, et est coupée sur le bas des jambes par un anneau noir; les six pennes les plus extérieures de la queue sont blanches, depuis leur milieu jusqu’à la pointe; une marque de la même couleur règne sur les cinq premières pennes de V’aile; le bec est noir; l'iris et les paupières sont d’un rouge obscur; les pieds sont bruns; la longueur totale du corps est de six pouces huit lignes.
La femelle a le bec brun; la tête, le cou et Île dessus du corps olivâtre rembruni. Les flancs et les couvertures inférieures de la queue sont d’un jaunâtre sale; les pennes alaires et caudales sont jaunàtres et plus foncées que la tête, Les jeunes mâles lui ressemblent avant la première mue, et on ne les
capa viridis, Briss. Icteria dumicola , Vieill., Encycl., p. 703.
() Emberiza erythrophthalma , Latham. Catesby, pl. 38. Wilson, Am. Ornith., t. 1, pl. 10, p. 35. Fringilla erythrophthalma , Linn. Fringilla carolinensis , Brisson. Trowhe &es Américains, dont M. Vieillot a formé le mot de touit : c'est le bulfinch (bouvreuil) de quelques provinces ; le chewinx des habitants de Ja Pensylvanie, ou le swamp-robin de quelques autres Etats.
distingue qu’en ce qu’ils ont le tour des yeux d’un brun roux.
Les touits se plaisent, dans la belle saison, dans l'épaisseur des taillis et sur la lisière des grands bois : c’est alors que l’on voit le mäle à la cime d’un arbre de moyenne hauteur, où il chante pendant des heures entières. Son ramage n’est composé que d’une seule phrase courte et souvent répétée, qui à paru à M. Vieillot assez sonore et assez douce. Îl chante surtout pendant la période d’incubation.
La femelle fait son nid à terre, dans l’herbe ou sous un épais buisson, en lui donnant une forme spacieuse et épaisse. Elle le compose de feuilles et de filaments d’écorce de vigne à l’extérieur, et garnit l’intérieur de tiges d’herbes fines; elle y pond cinq œufs, couleur de chair pâle, et tachetés , surtout vers !e gros bout, de roux.
Tels sont les détails dont nous sommes redevable à M. Vieillot. Nous les avons rapportés avec complaisance, parce qu’ils servent à faire connoître un oiseau qui a jusqu’à ce jour fort embarrassé les ornithologistes. M. Vieillot lui-même n’a créé le genre touit, pipilo, qu'après en avoir fait une espèce de passerina. Mais M. Charles Bonaparte, dans ses additions et corrections à l’Ornithologie de Wilson, pense qu’on doit classer cet oiseau près du loxia cardinalis, et lui restitue le nom de fringilla que lui avoit donné Linné. Quant à nous, nous croyons que c’est un {angara.