‹ Compléments de BuffonChapitre 129 sur 667 · LE PITYLE PÉRE-NOIR · texte numérisé non relu

LE PITYLE PÉRE-NOIR

Nous paroit appartenir à ce groupe, découvert par le voyageur Ricord dans l’île d'Haïti. Nous nous faisons un devoir de copier la description que ce savant a bien voulu nous communiquer, en conservant ses propres expressions.

« Toute la partie supérieure est d’un roux feuillemorte, la nartie inférieure et le cou d’un gris cendré: les plumes anales d’un roux clair ; bec, mendibule supérieure brune; linférieure blanchâtre; pieds gris ; taille du moineau franc.

» J'ai rencontré cet oiseau dans toutes les Indes occidentales et à la terre ferme de l’Amérique espagnole, sur les bords de l’Orénoque; je l’ai aussi vu au continent de l'Amérique du Nord, États-Unis, en Virginie.

» La femelle du pére-noir, dont il n’existe point de figure, a été indiquée par M. Dumas sous le nom de Loxia Porto-ricensis ; la couleur qu’il donne à la femelle prouve qu’il ne la pas observée ; il dit qu’elle est toute grise. Il en existe un seul individu que j'ai apporté de mes voyages ; il est déposé à côté du mâle dans les collections du Muséum depuis bien

nommé gros-bec plombé, dont le bec est jaune, le plumage bleuâtre et brunâtre, avec le devant du cou d’un noir intense. Le muséum posséde encore, sans indication de patrie, le pityle à bec bombé (loæia quiaris), gris enfumé, ayant le derrière de l'œil blanc. La gorge est aussi de cette couleur, et la queue est un peu fourechue. Le prince de Wied Neuwied décrit en allemand un fringille du Brésil qui paraît se rapporter aux pityies (fringilla jugularis, Wied), et qui paroît avoir été figuré par Spix, pl. 56, fig. 2.

() Loxia mexicanus, Lesson, vélins inédits.

() Loxia Haïlii, Licord, inédit.

des années, et pourtant est resté inédit jusqu’à ce jour.

» Buffon, qui n’a pas connu la femelle du pèrenoir, dit : Ses couleurs sont fort différentes, et a bien raison d'ajouter combien peu l’on doit compter sur la différence des couleurs pour constituer celle des espèces. Cette vérité est bien applicable à l'oiseau dont nous parlons ; il offre une particularité qui n’a pes pu être observée par les naturalistes voyageurs, qui d'ordinaire ne séjournent pas assez dans les pays qu’ils visitent pour être à portée d'étudier les animaux dont ils font des collections en courant.

» Le plumage du gros-bec père-noir mâle et femelle pendant la première année est gris tacheté de roux et de noir; ce n’est qu’à la troisième mue que le mâle prend sa livrée noire, et la femelle la teinte que nous avons indiquée.

» Cette femelle vit aux alentours des habitations, et y réside avec son mâle, jamais en troupe, toujours deux à deux ; elle fait son nid dans les halliers, très grossièrement, y pond de cinq à sept œufs, de la couleur des œufs de nos moineaux. Le mâle et la femelle prennent tous deux soin des petits avec lesquels ils passent près de six mois.

» Bien que ce genre d’oiseau soit de l’ordre des granivores, il se nourrit presque exclusivement de fruits.

» La femelle du pére-noir a des mœurs douces, paroît très attachée et fidèle à son mâle, dont elle ne s'éloigne pas; ces oiseaux ne sont point querelleurs; leur chant est monotone et point bruyant, c’est un sifflement que l’on peut rendre par pirt, pirt, pirt, pirt.

» Le voi est court, rapide et droit.

» Elle vit assez bien en c:ptivité. Les petits nègres la prennent à la glu, en profitant du moment qu’elle mange un fruit; une petite baguette très fine et enduite de glu est fixée à l'extrémité d’une longue gaule ; on l'approche doucement de l'oiseau, on l'applique brusquement sur les ailes, et l’oiseau , en voulant les étendre, se trouve englué. Cette chasse demande une certaine dextérité très commune aux petits noirs des habitations.

» La chair de ces oiseaux est très délicate, et ne ressemble pas à celle de notre moineau; cela tient sans doute à la bonté des fruits dont ils se nourrissent.

» C’est encore parce qu’il est très commun que cet oiseau n’a pas été bien observé. La couleur du mâle avoit frappé les naturels des Indes occidentales, et comme ils ont l’habitude dans ces pays de donner des sobriquets à toutes les personnes remarquables, les prêtres catholiques y sont appelés pères, et comme ils sont toujours vêtus de noir, on dit péêres- Ils ont cru trouver ainsi une ressemblance | avec cet oiseau tout noir, et J’espèce de rabat rou-

Rois

DES OISEAUX

geâtre que le mâle porte sous le cou s'ajoute encore, sans doute, pour faire allusion à la comparaison.»

LE PITYLE OLIVATRE (1).

Se rencontre aux environs du port de Caïlao, sur Ja côte du Pérou. Sa longueur totale est de près de huit pouces. Son bec est large, bombé, légèrement dilaté sur les côtés, sans avoir de dent marginale bieu apparente. IL est noir luisant, la pointe et le rebord de chaque mandibule exceptés, qui sont blancs. Les tarses sont bruns ; la queue est moyenne, légèrement échancrée. Toute la coloration des parties supérieures du corps est uniformément d’un brun verdûtre, tirant à l’olivâtre sur le dos et les ailes. Celles-ci ont leurs pennes brunes, mais fortement frangées de jaune verdâtre. Les rectrices sont uniformément brun en dessus, brun très clair en dessous.

La gorge et le devant du cou sont blancs. Une sorte de collier verdâtre se dessine sur le haut de la poitrine. Cette dernière partie, le ventre et les flancs, sont blanchâtres, salis par des sortes de flammèches brunâtres peu distinctes. C’est en juin que l'on rencontre plus communément cet oiseau.

LE PITYLE JAUNE ().

Habite les alentours de Callao, au Pérou. Son œil est noir, sa queue moyenne et légèrement échancrée ; son bec est robuste, muni d’une forte dent au milieu de la mandibule supérieure. {l est brun couleur de corne. Les ailes et la queue sont d’un brun olivâtre uniforme, frangé sur les bords des pennes de jaune; un jaune olive foncé colore toutes les parties supérieures, et un jaune brun foncé et vif toutes les parties inférieures. Les rectrices en dessous sont d'un jaune transparent, et les tarses sont noirs.

LES GUIRACAS.

Guiraca. Sw.

Représentent en Amérique les gros-becs de l’Ancien Continent. Ils ont un hec court, très bombé, pointu, à côtés renflés, à bords rentrés et lisses ; Ja mandibule supérieure présente à sa base une échancrure profonde, et le bord du bee, de presque droit qu'il étoit, se déjette vivement vers en bas. La man-

(> Pitylus olivacens, Less., Journ. de l'instit., no 72, page 316,1834. €

(@} Pitulus luteus, Less., Journ. de l'Institut, n° 72, page 316, 1834.

dibule inférieure, beaucoup plus épaisse que la supérieure , est convexe, terminée en pointe, oblique jusqu’au milieu, où apparoît une échancrure, puis une coupe en biais qui répond à la lame oblique de la mandibule supérieure. Les narines sont rondes, nues, ouvertes à la base des plumes et en dessus du bec. Les tarses sont scutellés, terminés par des doigts courts, surtout l’externe ct l’interne; les ongles sont petits et foibles ; la queue est moyenne, composée de douze rectrices égales ; les rémiges sont pointues et déjetées, et les secondaires amples et longues, la première est la plus courte (t}.

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