LE PINSON D'ISLANDE
À d’abord été confondu par M. Faber dans son prodrome de l’ornithologie d'Islande avec le loæia serinus des auteurs. Depuis, il l’en a distingué par les caractères zoologiques suivants : Un bec fort, gros, de couleur de corne; le corps est gris, verdâtre en dessus avec des raies brunes ; la queue est
() Fringilla incerta, Risso, t. IX, p. 52, n.135.F. olivacea, Rafinesq., Roux, Ornith., prov., pl. 78 bis. Temm.,Man..t. II, p. 255.
() F. cinerea , Swains., Phil. mag., n° 51.
() F. canariensis , Vieill., Diet.
(4) F, islandicus, Faber, Prod., Isis, 1824, p. 792. Bull. t. XIE, p. 126.
IT
légèrement échancrée ; les pennes caudales sont brunes et pointues, et les pieds noirâtres. Sa taille est de cinq pouces six lignes. Cet oiseau paroît être de passage dans le N.-E. de l'Islande.
Après les espèces du genre PINSON, viendroient se grouper les TANAGRAOÏDES (1), de M. Charles Bonaparte.
LES EMBÉRIZOIDES CE)!
Forment une famille naturelle qui correspond à l’ancien genre emberiza des naturalistes, et ils ne se distinguent des vrais fringilles que par des nuances de transition. On les groupe aujourd’hui en divers petits genres. Les bruants, dit Cuvier, ont un caractère extrêmement distinct dans leur bec conique, court, droit, dont la mandibule supérieure plus étroite rentre dans l’inférieure. Les vrais bruants ont au palais un tubercule saillant et dur. Ce sont des oiseaux granivores, qui ont peu de prévoyance, et qui donnent dans tous les piéges qu’on leur tend.
LES TARDIVOLES ().
M. Temminck les a nommés EMBERIZOÏDES (4) ; lils sont des bruants à queue longue et étagée, à bec voisin de celui des moineaux, et font le passage de l’une à l’autre tribu.
Les tardivoles appartenoient au genre {angara de Linné. M. Temminck les en sépara sous le nom d’emberizoïdes, pour indiquer leurs rapports avec les bruants ; mais les noms à désinence irrégulière doivent être bannis de toute nomenclature scientifique. Ces oiseaux ont le bec court, comprimé, à mandibules sinueuses à leur milieu ; les narines sont latérales, triangulaires, et en partie cachées par les plumes; les ailes sont courtes, concaves et arrondies ; les deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième rémiges sont les plus longues et égales entre elles ; les tarses sont robustes, et la queue se compose de rectrices étagées qui lui donnent une apparence cunéiforme.
Les tardivoles ont donc, ainsi que l’indique leur
(1) Tanagraoides , Ch. Bonap., Syn. Ce genre nous est inconnu, à moins qu'il n’ait été créé pour recevoir les : tanagra melanictera ( Guld.), du Caucase. T. rudis (Encycl., 778), de la côte de Coromandel ; etT', ornata (Lath. Encyel., 779 ), des Indes orientales.
(2) Emberisæ.
(3) Tardivola, Swains.
(4) Emberizoïdes, Temm., texte des pl. col.
nom, un vol lourd , peu étendu, que gêne leur corps
massif et épais. On n’en connoît que deux espèces, qui vivent dans l'Amérique méridionale.
LE CHIPIU.
* Emberizoides melanotis (1).
D’Azara est le premier auteur qui ait décrit cet oiseau sous le nom de chipiu oreillon blanc. I est remarquable par la plaque d’un beau noir qui recouvre les oreilles, entoure les yeux, et s'étend jusqu'au bec; le dessus de la tête est noirâtre, mais celte teinte est séparée de la plaque de l'oreille par un sourcil blanc ; les parties inférieures du corps sont blanchätres , et les côtés de la poitrine sont d’un noir profond ; le rebord de l’aile est jaune; les plumes de l’occiput et de la nuque sont marquées de goutteleties arrondies sur un fond plombé; le dos et les ailes sont bruns, avec des taches mordorées; les trois rectrices extérieures sont noires, mais terminées de blanc ; celles des côtés sont d’un blanc cendré , et les deux du milieu sont en entier d’un brun uniforme. Cet oiseau a l'iris noir, et le bec brun en dessus, puis j:unâtre en dessous. Il a de longueur totale cinq pouces trois lignes. Les jeunes n’ont pointde plaques no res sur les joues.
On le trouve au Paraguay.
D’Azara rapporte que son chipiu est un oiseau de plaine ; qu’il se tient caché dans les herbes hautes et épaisses, dans lesquelles il court avec vitesse ; qu’il se pose quelquefois, le matin et le soir, sur les plantes élevées; qu’il fait entendre un cri d’un ton bas et foible qui ne paroît pas partir d’un oiseau. Son vol est très court, et souvent il a besoin de piétiner quelque temps avant de prendre son essor. Il ne vit que par paires, et le mâle et la femelle se tiennent à environ cinquante pas de distance l’un de l’autre. Lis ne sont pas très vifs,et ils se nourrissent de vers et de petites graines.
LE TARDIVOLE LONGIBANDES.
Emberizoides marginatis (2).
M. de Lichtenstein est le premier qui ait reconnu que cet oiseau devoit servir de type à un nouveau genre. Son plumage est cendré brunâtre en dessus, marqué sur la tête, le cou et le dos, de flammèches brunes disposées au centre des plumes; les joues sont rousses; un sourcil blanc ; la gorge et le devant du cou sont blanchâtres ; le ventre est roussâtre ; le bec est brun en dessus et jaunâtre en dessous; les ailes sont vertes; la queue est longue, très étagée,
(9 Temminck, pl. col. 114, fig. 1.
G)Temm., pl. 114, fig. 2. Fringilla macroura, Lath., ind. sp, 90, p. 460.
HISTOIRE NATURELLE
et se termine en pointe. Sa longueur totale est de sept pouces.
On le trouve au Brésil.
M. Boié a établi deux genres ({) aux dépens des bruants , et nous y ajouterons celui qui suit:
LES COMMANDEURS l).
Ont le bec conique, pointu, robuste, à bords lisses, mais déjetés en bas comme chez les tisserins; les ailes sont courtes, arrondies, dépassant à peine le croupion; la queue est longue et échancrée ; les tarses sont gros et robustes ; la tête est surmontée d’une huppe dressée.
La seule espèce de ce groupe est le huppé jaune de d’Azara ou le bruant commandeur () de M. Temminek. Le mâle a une bande d’un jaune pur, qui s'étend depuis les narines jusqu’au-delà des yeux. Le sommet de la tête, la gorge, et une petite partie du devant du cou, sont noirs ; le reste des côtés de la tête et ceux du cou, le pli de l’aile, sont jaunàtres. Les quatre pennes moyennes de la queue sont noires, les autres sont jaunes à leur extrémité, et les latérales entièrement de cette dernière couleur. Le dos est vert foncé maculé de mèches noires ; la mandibule supérieure est noire et Pinférieure bleuàtre ; la huppe est noire et formée de plumes longües et eflilées ; l'iris est brun. Cet oiseau a six pouces trois lignes de longueur.
La femelle a moins de jaune, et les parties inférieures ont une nuance cendrée.
Madame de Freycinet a eu vivante à Paris cette espèce d'oiseau, qui lui avoit été envoyée de Buénos- Aires. D’Azara dit, de son huppé jaune, qu’il fréquente les halliers et les buissons des enclos, bien qu'il se tienne de préférence à terre. Il n’est ni vif ni farouche; son vol est léger et peu étendu. Il se nourrit d'insectes et de petites graines : en cage il devient aisément familier.
LES DOLICHONYX (.
Ont le bec court et conique, aigu et sans échancrures; les ailes sont longues et atténuées, à pre-
(r) Emberiza et cynchramus , Boié.
@) Gubernatrix, N. Emberiza, Temm. crestado, Azara, Voy., 111, 229.
3) Emberiza qubernatriæ, Temm., pl. 63 et 64. E. cristatella, Vieill., Gall, pl. 67. E. cristata, Swains., Zoo!. Illust., pl. 148.
(4) Dolichonyz , Swains., Zool. Journ., n, 10.
DES OISEAUX
miere et deuxième rémige égales et très longues ; la queue est étagée. à rectrices rigides et accuminées ; les tarses sont grêles, assez longs.
Les oiseaux de ce groupe font le passage des bruants aux étourneaux et aux pics, suivant l’opinion de M. Swainson. Le type est le bruant mangeur de riz (1), qui fait double emploi avec les ammodrames et les pécoris. Voyez page 560.