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LES PIES-GRIÈCHES

Sont excessivement nombreuses en espèces répandues dans toutes les parties du monde. Elles ne se distinguent les unes des autres que par des nuances lévères, qui permettent d'établir des petits groupes ousous-genres, bien qu’on les voie se confondre avec des genres d'oiseaux très distincts par des passages gradués et à peine sensibles. C’est ainsi que les échenilleurs, les merles, les tangaras, les manakins, ont reçu parmi eux des espèces qui, par quelques rapports fondamentaux de leur organisation, appartiennent aux pies-grièches.

Ces volatiles ont leur bec conique, denté, et plus ou moins crochu à l’extrémité. Ce sont des oiseaux hardis, qui vivent presque exclusivement de proies vivantes, telles qu’insectes de toutes sortes.Quelques espèces attaquent aussi les jeunes oiseaux et les très petits mammifères.

LES CORVINELLES.

Corvinella. Less.

Ont le bec assez épais en hauteur, mais très comprimé sur les côtés, court et crochu. Les ailes sont courtes et la queue est longue et étagée. L'espèce de ce genre est la pre-grièche corvine (5) qui est assez com-

() P. Cuvieri, Sw., Zool. Ilust., pl. 32. Pachyrhynchus , semi-fasciatus, Spix, pl. 44, 2.

() P. cristatus, Sw., Zool. Journ., t, II, p. 354.

(3) Les bécardes aux joues grises, noires, de Cuvier, et celles que Spix nomme cinerescens et rufescens, (pl. 45 et46 ) forment par leur bec plus petit, bien que de même forme que celui de la hécarde grise, type du genre psaris, le genre qu’il appelle pachyrhynque. Peutêtre l’habia noir et blanc de d’Azara devra-t-il être définitivement placé parmi ce dernier groupe?

() Lanius, L., Licht.; laniadées, Sw., Zool. Journ., t. 1, p. 289 et 293; Collurions, Vieill,

(5) Lanius corvinus, Shaw. ; Leyaill., pl. 78. Z. mellivorus, Licht., cat, 522,

mune au Sénégal, où on la nomme mangeur de miel, sans doate parce qu’elle recherche les mouches à miel. Sa taille est de douze pouces, et son plumage est roux cendré, ondé de noir. Il est blanc en dessous, avec des striures sur la poitrine ; des sortes de sourcils blanchâtres surmontent les yeux, tachés de noir en avant.

LA CORVINELLE DEMI-DEUEIL (1).

Est une nouvelle et curieuse espèce. D'après la longueur de sa queue et son plumage noir et blanc, elle rappelle, au premier abord, la pie-grièche de Levaillant ; mais celle-ci, habitante du Nouveau- Monde, en diffère complétement par la forme de ses ailes, celle de son bec, et même par la distribution de ses deux couleurs ; elle est d’ailleurs regardée aujourd’hui comme faisant partie de la famille des tangaras; tandis que notre nouvelle espèce , d’après la forme de ses ailes, celle de son bec fortement denté , et celle de ses rectrices allongées, étroites ou rubanées, se rapproche entièrement de plusieurs pies-grièches africaines, ses compatriotes, telles que le fiscal, la corvinelle, ete. On reconnoît dans ces rapports une nouvelle preuve de cette loi que la nature semble s’être imposée, d'imprimer à toutes les espèces d’un même groupe géographique des caractères communs de forme, de coloration, qui ne peuvent échapper à l’œil de Pornithologiste un peu exercé, et qui ne se retrouvent presque jamais entièrement semblables chez des espèces du même genre, mais habitantes d’un autre continent. Ainsi done, en rapprochant notre nouvelle espèce de la pie-grièche corvinelle, on retrouve les plus grands rapports dans la forme du bec élevé et arqué dès la base, très comprimé vers la pointe, et dans celle de la queue, très étagée et fort allongée. En la comparant au fiscal, on reconnoit de grands rapports dans la distribution des deux couleurs de leur plumage. L'une et l’autre ont le dessus du corps noir jusque vers le milieu du dos, le croupion blanc ou gris ; les plumes scapulaires blanches, les ailes noires, avec une tache blanche à la base des rémiges, et les rectrices très étagées, étroites ou rubanées, en sorte qu’en supposant ces rectrices du fiscal simplement allongées, tout en conservant leurs rapports graduels entre elles, on aura une idée exacte de la queue de notre nouvelle espèce.

Un noir profond , mais luisant, revêt tout le dessus de la tête, du cou et le haut du dos, se terminant en pointe sur cette partie. Toutes les plumes de la tête et du cou se terminent en pointe ou en petites mèches, comme celles du devant du cou du corbeau. Le bas du dos et le croupion sont blancs,

() L. melanoleucus, Smith ; Mag. Zool., pl, 61,

HISTOIRE NATURELLE

ainsi que les plumes scapulaires, qui forment de chaque côté, sur l’aile, une large bande oblique, Celles-ci sont noires, quelques unes des grandes couvertures sont terminées par une tache blanche : les rémiges le sont également ; les primaires seulement à leur fine pointe, les secondaires sur toute leur extrémité. La queue, très longue, étagée, à rectrices étroites, rubanées , est d’un noir profond , ainsi que ses couvertures supérieures. Le devant et les côtés du cou, et la poitrine, sont d’un noir un peu brun, et les plumes de ces parties seulement sont en pointe comme celles du dessus. Le ventre et l’abdomen sont noirs. Le bec et les pattes, qui sont très robustes, sont également noirs.

Cette nouvelle espèce est du nombre de celles envoyées depuis peu du Cap par MM. Verroux fils, comme venant du pays des Masilikats.

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