LES JASEURS
Buffon en a connu deux espèces, le jaseur de Bohéme et le jaseur des cèdres ou de la Caroline (); ils se sont enrichis, dans ces derniers temps, d’une troisième espèce qui vit au Japon, et que M. Temminck a nommée jaseur phénicoptère (3). Cet oiseau n’a point les palettes cartilagineuses que l’on remarque aux deux autres jaseurs, et ce qui l’en distingue est une bande rouge qui occupe le milieu de laile, et un liséré de même couleur qui termine la queue. C’est à M. Siebold qu’on en est redevable, et c’est près de Nangasaki qu’il se l’est procuré.
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LES PROCNÉS OU TERSINES ().
Ils ne comprennent qu'une seule espèce qui vit au Brésil , et que caractérise un bec court, très déprimé à sa base, caréné en dessus, à narines larges et en partie cachées par les plumes du front. La commissure du bec est très fendue; ses tarses sont courts ; ses ailes sont aiguës, à première rémige la plus longue; sa queue est médiocre et échancrée. La seuls espèce de ce genre a été inconnue à Buffon. L'oiseau que cet auteur décrit sous le nom de tersine est un tangara. La tersine bleue (5) des naturalistes modernes. Le mâle a la gorge noire, le milieu du ventre neigeux ; le corps bleu azuré et vert. La femelle est verte, rayée de jaune, avec la gorge et le front gris.
LES ARAPONG:AS ().
Ont le bec des procnias, mais il est plus foible et déprimé. La mandibule supérieure est très crochue à la pointe, et la commissure est excessivement fendue. Leurs ailes sont aiguës, leur queue égale; leurs
(1) Bombycilla, Briss. Bombycivora, Temm. ampelis, L.
() B. cedrorum , Vieill., Gal., pl. 118. Levaill., pl. 6. Ampelis americana, Wils., pl 7, fig. 1. Catesby, pl. 46.
() B. phœniceptera , Temm., pl. 450. Bombycivora japonica, Siebold, Bull., IV, 87.
(#) Procnias, Hoff., Illig., Temm. Zersina, Vieill. Tersa , ibid., Analy. d'ornith.
(5) P. ventralis, Ilig., Licht., Cat. n. 585. Ampelis tersa, L. Procnias hirundinacea, SWw., Zool., illust., pl. 21.P cyanoteopus, Wied., It., 1, 291. Tersina cærulea, Vieill., Gal., pl. 119. Hirundo viridis, Temm., Catesby.
(6) Arapunga,Wied. Casmarhynchos,Temm, Averano et arapunga, Less, Ampelis, Vieill, ;
tarses sont robustes, et la tête des mâles présente des caroncules diversiformes. Les espèces sont exclusivement américaines , et se trouvent dans les forêts vierges du Brésil et de la Guyane. Buffon a décrit deux belles espèces de ce genre, l’averano (1) et l'araponca caronculé (?). Les Portugais appellent le premier averano carnobarba, et ce nom d'averano est contracté des mots portugais ave de verano, ou oiseau d’été.
Une belle espèce nouvelle , l’arapunga à gorge nue (2), a son plumage d’une éblouissante blancheur, mais le tour du bec et des yeux, la gorge et le devant du cou sont recouverts d’une peau nue, verte, parsemée de quelques soies noires. Sa taille est de dix pouces. La femelle (f) est assez uniformément d’un vert cendré, avec du noir sur les plumes de la tête. Les parties inférieures sont d’un verdâtre clair, flammées de blanchâtre par longues mèches placées sar le rachis des plumes. Elle a les mêmes nudités que son mari. Les jeunes mâles sont parlois tapissés de blanc et de vert. Cet oiseau n’est pas rare au Brésil.
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LES COTINGAS ().
7 Ainsi nommés par M. Thunberg, paroissent différer des cotingas ou ampelis des auteurs françois. Ce sont des oiseaux du Brésil, fort voisins des ampelis, des arapungas et des moucherolles. Les caractères que l’auteur suédois assigne à ce groupe sont d’avoir un bec déprimé, ayant en dessus une arête élevée, fortement dilatée à sa base et très large. L’arête est côtoyée par deux sillons qui occupent toute la longueur de la mandibule. Les narines sont arrondies, et la commissure, qui est ample, est garnie de soies nombreuses. M. Thunberg a fait connoître quatre espèces que l’on doit réduire à trois , parce que son cotinga spécieux (f) repose évidemment sur un individu femelle de l’arapunga à gorge nue. Les trois autres espèces, qui pourroient bien appartenir à des oiseaux déjà décrits, mais dont les
()Le guira-punga de Maregrave. Ampelis variegata, Gm. Ampelis averano, Vicill., Gal., pl. 417. Procnias melanocephalus, Wied., It.,1, 26. Casmarkynchos variegata, Termm., pl. 51. Cotinga, Nov. sp. Cuv., pl. 4, f, 4. Less., At., pl. 02, fig. 1.
(2) Ampelis carunculata, Gm., enl. 793, et 794. Lev., pl. 39.
(3) Casmarhynchos nudicollis,Termim., pl. 368, et 383. C.ecarunculotus, Spix, av. Bras., pl. 4.
(4) Cette femelle est le cotinga speciosa de Thunberg.
6) Cotinga, Thunberg, Mém. soc. imp. de Moscou, VI,175. Bull., VII, 248.
(6) C. speciosa, virescens ; capife nigro ; abdomine flavo ,nîigro maculato,
HISTOIRE NATURELLE
courtes diagnoses ne permettent d'émettre celte opinion qu'avec doute, sont : 1° Le cotinga blanc (1), à plumage neigeux, à bec, gorge et tarses noirs, ayant neuf pouces de longueur. 2° Le cotinga verdâtre(?), à plumage vert, à ventre jaune. Les ailes sont brunes et leurs pennes sont frangées de jaune. Sa taille est celle du moineau domestique. 5° Le cotinga rugulus (3), brun fauve en dessus, d’un jaunâtré sale en dessous, avec une huppe dorée. Sa taille est celle de la sylvie régulus d'Europe.
LES AMPELIS.
Ampelis. L.
On les connoît généralement sous le nom de cotingas : ce sont des oiseaux remarquables par les riches couleurs de leur plumage au temps des amours. Les femelles n’ont souvent qu’une livrée terne, et les deux sexes perdent leurs parures pendant une partie de l’année. Les cotingas ne se trouvent que dans l'Amérique chaude, où ils se tiennent dans les bois qui bordent les savanes, vivant en troupes qui poursuivent les insectes, dont ils font leur pàture. Buffon a connu la plupart des espèces de ce groupe intéressant, et c’est ainsi qu'il a décrit le pacajaca, l'ouette, le cordon bleu, le cotinga des Maynas et le guereira (4).
Les espèces nouvelles se réduisent aux deux suivantes :
LE PORPHYRION (5).
A les plus grands rapports avec le pacapaca ou cotinga pompadour, dont il ne sembleroit être qu’une variété. Cependant sa coloration est assez différente et tellement indélébile, que l’on ne peut hésiter à le distinguer comme espèce. Son plumage est d’un rouge carmin avec des reflets noir intense; les rémiges sont blanches, mais les primaires ont leur extrémité noire, les rectrices latérales sont roses en dehors, blanches à leur côté interne. Il diffère du pompadour par sa coloration plus intense, et parce qu'il n’a pas de plumes allongées pour couvertures des ailes. Les jeunes sont cendrés, avec des masses rouges. Les ailes sont noires, mais leurs rémiges secondaires sont frangées de blanc. Cette espèce a huit pouces, et se trouve à Bahia.
(n C. alba, Thunb.
(2) C. virescens, ibid.
E) C.regulus, ibid.
(4) Consultez Levaillant, Hist. nat. des oiseaux rares de l’Amér. et des Indes, in-4, 14801.
(5) Ampelis porphyrio, Gal. de Paris. Ampelis purpurea,Licht., Cat,,n. 583et584.4.atro-purpurea, Wied., It. Il, 16.
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