‹ Compléments de BuffonChapitre 339 sur 667 · LE TROUPIALE DU BRÉSIL · texte numérisé non relu

LE TROUPIALE DU BRÉSIL

Tcterus brasiliensis (2).

Cette espèce est douteuse, et Daudin la décrit en ces termes : Longueur, quatre pouces; plumage jaune; poitrine tachetée de brunâtre; tête et dos bruns, tachetés de noir; abdomen blanc; pennes alaires et caudales d’un noir brunâtre, terminées de blanc ; pieds noirs. Cet oiseau existe au Brésil, et Daudin doute si on doit lui rapporter le gobe-mouche de Ja Jamaïque de Sloane.

LE TROUPIALE JAPACANI.

Icterus Japacani (?).

Ce troupiale est, dit-on, long de huit pouces ; son bec est noir, son iris de couleur d’or; sa tête noirâtre ; son plumage varié de brun et de noir en dessus, de blanc et de jaune en dessous, avec des lignes transversales noirâtres ; la queue est noirâtre et les pieds sont d’un brun obscur. Il se trouve au Brésil.

() Daudin, t. H, p. 342. Oriolus annulatus, Gmel. L'ocotzinitzcan de Séba , pl. 61, fig. 3?

@) Daudin, t. IT, p. 343. Oriolus brasiliensis, Gm. et Lath Muscicapa e fusco et luteo varia, Sloane, Jam.,

@) Daudin , t. 11, p. 343. Japacani, Ray. Oriolus japacani, L.

LE TROUPIALE TOCOLIN.

Icterus griseus (1).

Cette espèce est très douteuse. On la dit de la taille de l’étourneau commun, et ayant un plumage varié de noir et de jaune sur le dos, les plumes des jambes et de l’abdomen cendrées. Elle vivroit dans les forêts de la Nouvelle-Espagne. C’est sans doute un jeune âge.

LE TROUPIALE COMMANDEUR.

Icterus phæniceus (?).

Le commandeur est un peu plus petit que l’étourneau commun. Il à neuf pouces de longueur totale son bec est noir, l'iris est blanc ; le plumage est d’un beau noir luisant, avec les petites couvertures des ailes d’un rouge vif, bordées d’une teinte un peu cramoisie, en formant sur le haut de l’aile une plaque transversale, longue de deux pouces au plus, sur une largeur de dix lignes. La queue est sensiblement arrondie à son extrémité; les tarses sont noirs.

La femelle est un peu plus petite, et n’a que huit pouces de longueur. Son plumage est d’un noir sombre avec la bande humérale moins large et moins rouge.

Les jeunes ont le bec noirâtre, avec la base de la mandibule inférieure d’un gris pâle, et le plumage assez semblable à celui de la femelle.

Le commandeur vit par troupes considérables dans l'Amérique septentrionale. Il ne fréquente la Louisiane qu’en hiver, et se rend en Virginie et dans la Caroline à l’époque de la ponte. Les dégâts que cet oiseau occasionne dans les champs de maïs ou de blé l’ont rendu le fléau de quelques provinces américaines ; aussi dans certains cantons Jui a-t-on donné le nom de maixe thief, ou voleur de maïs, tandis que dans d’autres il est connu sous celui de swampblack-bird , ou oiseau noir des marais. Les commandeurs recherchent le maïs au moment où les germes se développent, et en arrachent les semences de terre; ils en sont friands aussi lorsqu'il est sur le point de mûrir, et que le grain est encore tendre et aqueux. Leurs ravages et leurs marauderies exigèrent des colons des mesures violentes contre leurs essaims rapaces, et long-temps leur tête fut mise à

(} Daudip, t. H, p. 344. Oriolus griseus, Gm. Oriolus cinereus, Lath. Ococolin, Fernandez. Le troupiale cendré , Briss.

(2) Daudin, t. II, p. 344. Oriolus phœniceus, Linn. et Lath. Agelaïus phœniceus, Vieill. Troupiale aux ailes rouges, Buff., enl. 402. Acolchichi, Ray. Red-winged starling, Cat.,t. 1, p.13.

prix. Il paroît que les agriculteurs trouvèrent un moyen expédiif de les faire périr, en trempant les grains de maïs dans une décoction d’ellébore, et celte substance leur occasionnoit des vertiges qui les faisoient mourir.

Les commandeurs étoient très recherchés par le luxe des modes lorsque les François possédoient les Louisianes. Le goût des parures avec les épaulettes rutilantes de ces troupiales devint un engouement général et l’objet d’un grand commerce. Les sauvages de l’Amérique les premiers se faisoient des parures avec ces plumes rouges, et il paroît que vers 1770 M. Lebeau, médecin à la Louisiane, rassembla, dans un seul hiver, environ quarante mille moignons qu’il expédia en France par La Rochelle, et qui se vendirent pour faire des garnitures de robe, ainsi qu’aujourd’hui le cygne a pris faveur. La Rochelle devint alors l’entrepôt de ce genre de commerce, et l’on trouve dans Daudin qu’en 1775 le prix d’un millier d’épaulettes de commandeurs étoit de 18 francs en province et de 12 à Paris. Ce nom de commandeur vient du mot espagnol commandador, parce que les conquérants de l'Amérique comparèrent la partie rouge de feu qui tranche sur le plumage noir de cet oiseau à la plaque des chevaliers de Calatrava.

Ces troupiales semblent articuler la syllabe kouik lorsqu'ils sont inquiétés ou dérangés dans le champ où leur bande maraude. Leur vol est rapide, et tous les individus aiment à voler à côté les uns des autres ou à se serrer très près. M. Vieillot dit que leur ramage est sonore, et qu’ils se réunissent volontiers en grand nombre sur le même arbre. Ils se tiennent de préférence sur le bord des ruisseaux, dans les roseaux, où ils placent leurs nids. Les femelles les faconnent avec des paquets d’herbes liés ensemble et recouverts par une sorte de toit, et tapissés en dedans par des herbes plus molles. Elles y déposent cinq ou six œufs d’un gris blanc parsemé de taches noires irrégulières, et chaque année la ponte est double.

Le commandeur habite toute l'Amérique septentrionale depuis le Mexique jusqu’à la Nouvelle- Ecosse, et passe l'hiver aux Etats-Unis. Il émigre suivant les saisons dans chaque province, et il paroît que souvent les mâles arrivent dans une contrée avant les femelles.

LE TROUPIALE AMÉRICAIN.

Icterus americanus (1).

Ce troupiale a sept pouces de longueur totale. Son bec est d’un brun noirâtre; son plumage est d’un

() Daudin, LIT, p. 345. Or. americanus et quanen sis Gm, Troupiale de Cayenne, Buff,, pl. 236, fig.z -

HISTOIRE NATURELLE

noir sombre; la gorge, le devant du cou, la poitrine et le poignet des ailes sont d’un rouge vermillon très vif; les pieds et les ongles sont bruns.

La femelle à les plumes du dos et les ailes d’un brun peu foncé et bordées de gris. Le rouge du dessous du corps est beaucoup moins vif.

Les jeunes ont le bec un peu cendré au-dessous et à sa base, avec les plumes du dessus du corps brunes, bordées de gris sale, et les parties inférieures d’un rouge terne mélangé de grisâtre.

Daudin regarde comme étant une variété de cette espèce le mocking-bird of Guiana de Bancrofh, décrit page 177 de son Histoire de la Guyane.

M. Vieillot, dans son article Troupiale du Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, en fait deux espèces qu’il nomme froupiale rouge et noir, ettroupiale de la Guyane.

On dit que le chant de ces oiseaux est fort agréable. Ils donnent à leur nid, qu’ils suspendent aux branches des arbres, une forme longue et pyramidale. Ils sont très communs dans toute l’A mérique chaude et tempérée, depuis Cayenne jusqu’au Paraguay.

Les habitants de Cayenne le nomment saintongeois ou ventre rouge, parce que tous les habitants de cette province ont constamment l’usage de leurs pères, et qu'ils tiennent des Romains, de porter des vestes rouges, ce qui a propagé le proverbe vulgaire, né au milieu des troubles et des guerres de religion : Ventre rouge ou Saintongeois , traître à son Dieu et à son roi.

Ce troupiale se tient dans les marais et les prairies humides, et affectionne les broussailles et les joncs.

LE TROUPIALE GASQUET.

Icterus Gasquetii. Xanthornus Gasquet (1).

Cet oiseau est très voisin du troupiale tricolor de M. Vieillot. Ce qui l'en distingue de prime abord est une bande jaune sur le croupion ; sa tête est d’un brun tirant sur le noirâtre, tandis que le cou, la poitrine, le dos, les ailes et la queue sont d’un brun plus clair ; les pennes alaires sont grises en dessous ; un jaune élégant colore le dessous du pli de l'aile et du ventre, et tranche sur le croupion, par une large bande, avec la couleur brune; les pieds sont rougeâtres ; le bec est noir, robuste, et forme un angle aigu entre les plumes du front. Il a treize lignes de longueur, et les dimensions totales de l’oiseau sont de huit pouces neuf lignes.

(mâle), et troupiale de la Guyane, pl. 536 (femelle ): Briss., t. IT, pl. 11, fig. 2. Agelaius militaris, Vieill., Dict. d'hist. nat., t. XXXIV, p. 554. Tanagra militaris, Lath.

()Quoy et Gaim., Zool. de l’Ur., pl. 2%. Leistes suchii, Vig., Zoot, Journ., t. If, p. 182, pl. suppl.

DES OISEAUX

Ce troupiale habite les rives de Rio de la Plata et fréquente les prairies ; il ne vit point en grandes troupes, mais seulement par petites réunions d’individus. MM. Quoy et Gaimard observèrent des variétés d’âge probablement n’ayant que du jaune sur le ventre.

LE TROUPIALE ROUGE.

Icterus ruber (1).

Cet oiseau n’est point un troupiale. On le dit de la taille d’un merle, ayant le bec noirâtre et l'iris d’un rouge de feu ; le plumage est lui-même d’un rouge de cinabre ainsi que l’abdomen ; les pennes alaires et caudales sont d’un noir de velours. Sa patrie seroit Antigue, dans l’île de Panay, l’une des Moluques. Tout porte à croire que c’est le gobemouche vermillon, muscicapa miniata, figuré par Temminck, p!. 456.

Nous ne mentionnerons point non plus le troupiale jaune, icterus flavus, de Sonnerat, pl. 69 de son Voyage à la Nouvelle-Guinée, et qui paroît être un tisserin.

Page 1