LE TROUPIALE OLIVE DE CAYENNE
Icterus olivaceus (1).
Ce troupiale habite Cayenne et le midi des Etats- Unis; il a environ six pouces de longueur totale. Son bec est noir ; tête, gosier, devant du cou et poitrine d’un brun mordoré, plus foncé sur la gorge et tirant à l’orangé sur la poitrine ; un mordoré mélangé d’olivâtre sur le reste du corps, ainsi que sous le cou, le dos, les couvertures des ailes et de la queue ; pennes de l’aile et quelques grandes couvertures noires, bordées de blanc en dehors; pieds et ongles noirs.
LE TROUPIALE CHATAIN.
Icterus castaneus (?).
Cette espèce, que Daudina décrite comme nouvelle, et que M. Vieillot dit être le jeune âge de trois ans du carouge à gorge noire, approche beaucoup de la précédente, dont elle a aussi la taille. Son bec est noir. Tête, cou et manteau d’un beau noir mat; gorge, poitrine, ventre, plumes dorsales, uropygiales et anales d’un marron luisant ; abdomen et plumes des jambes noirâtres ; ailes et queue noires ; grandes couvertures sus-alaires terminées de blanc et formant une bande transversale ; pieds et ongles noirs.
Cet oiseau donne à son nid la forme d’une demisphère ; il le compose de racines sèches et fibreuses, et le suspend aux branches des arbres qu'un grand nombre d'individus choisissent pour établir leur demeure.
LE TROUPIALE ACUTIPENNE.
Iclerus caudacutus (©).
La plupart des auteurs rangert cet oiseau parmi les bruants ; aussi ne le plaçons-nous à la suite des troupiales que pour indiquer qu’il établit le passage du genre icterus au genre emberiza. Ce chaînon inter-
(‘) Daudin, {. I, p. 352. Or. olivaceus, Gm.; Buff., enl. 606, fig. 2.
E) Daudin, t. IT, p.353. Baltimore solitaire, Vieill.
G)Daudin, t. II, p. 352. Or. caudacutus, Gm. Sharptailed oriole, Lath., pl. 6, p. 17. Emberiza orizivora, Linn.; Lath; Wils., Orn., t. 11, p.48, pl. 12, fig. 1 et 2. L'ortolan de la Caroline, Briss., t. INK, pl. 15, fig. 3. L’agripenne ou l’ortolan de riz, et aussi ortolan de riz, enl. 388. fig. 1. Red-bird, Edw.. pl. 294, suppl.
DES OISEAUX
médiaire constitue le genre leistes de M. Vigors : on doit y joindre encore le tanagra bonariensis de Gmelin , figuré par Buffon sous le nom de {angavio, pl. 710.
Enfin, c’est encore sur les limites des {roupiales, des fisserins et des fringilles, que viendra se placer le fringilla pecoris de Gmelin , ou emberiza pecoris de Wilson, dont Brisson avoit fait son pinson de Virginie, et que Buffon a déerit sous le nom de brunet, et qu'il a figuré sous celui de troupiale de la Caroline, enl. 606, fig. 4.
Parmi les espèces admises par M. Vieillot, ou décrites d’après d’Azara, et quiappartiennent aux vrais troupiales, nous citerons les suivantes.
LE TROUPIALE CHOPI.
Icterus chopi : Agelaius chopi(").
M. d’Azara ayant classé cet oiseau parmi les troupiales, on doit se conformer aux vues de ce naturaliste. Le chopi est, dit M. d’Azara , d’un naturel peu farouche, mais plein de finesse et de ruse: quoiqu’il pénètre dans les cours, les salles, les galeries des habitations, il sait éviter les piéges et y tombe rarement. Son vol est rapide, mais souvent interrompu. Il attaque quelque oiseau que ce soit, le poursuit avec acharnement, se cramponne sur son dos, et le frappe à grands conps de bec. Si un oiseau de proie, tel que le chimanzo ou le caracara, ainsi attaqué , se pose pour se délivrer de son ennemi, celui-ci se place à neuf ou dix pieds de distance et fait quelques mouvements d’un air distrait, comme pour donner à entendre que ce sont des signes de paix ; mais si le caracara se fiant à ces apparences détourne la tête pour regarder d’un autre côté, le malin chopi recommence tout-à-coup ses insultes et ses attaques, et parvient ainsi à chasser au loin tout ce qui l’incommode. El reconnoît à une grande distance ses ennemis à leur physionomie et même à leur ombre. Il avertit du danger par un sifflement toute la gent volatile, qui, à cesignai, s’'échappeet se cache, tandis que le courageux chopi ne fuit ni ne craint; il se prépare au combat pour chanter bientôt sa victoire , et ce chant de triomphe commence par l’expression du nom même de l'oiseau et continue par un sifflement gracieux et varié. C’est l’un des premiers volatiles qui se font entendre au lever de l'aurore, et il aime accompagner de sa voix le son des cloches ou fout autre bruit. On le voit alors souvent perché sur les girouettes et les toits, d’où il part pour visiter les campagnes et les habitations. Il place son nid dans les trous des murailles, des rochers et des arbres, ou sous le toit des maisons, quelquefois sur
() Vieill., Dicé,, t, XXXIV, p. 537.
les branches épaisses , hautes et déliées des orangers ou des arbres touffus. Ce nid est toujours construit de bûchettes ou de petites pailles en dehors, de plumes douces , de filaments et d’autres Matières semblables mal arrangées et en petite quantité en dedans. La ponte, qui a lieu en novembre et qui ne se renouvelle point, est composée de quatre œufs blancs ; les petits sont nourris de sauterelles et d’autres in sectes. Le père et la mère les alimentent même en cage, quoique nouvellement privés de leur liberté Le chopi a neuf pouces et demi de longueur totale ; le tarse écailleux et rude, la queue étagée, les plumes de la tête et du cou étroites, pointues, un peu longues , rudes, formant par leurs bords relevés une espèce de petite cavité ou de gouttière, mais tellement appliquées les unes sur les autres que la tête reste plate dessus et très rétrécie sur les côtés. Le plumage, le bec et les tarses sont d’un noir profond, sans aucun reflet; l'iris est d'un brun clair; la premicre livrée des jeunes offre un mélange de brun , de roux et de bleuâtre sur tout le corps , du rougeâtre sur les couvertures supérieures et les pennes inférieures des ailes , du noirâtre sur les autres pennes et sur la queue avec des bordures rougeâtres. Parmi ceux-ci on reconnoit les mâles en ce qu’ils ont plus de rougeätre sur les couvertures supérieures de l'ai ê, et les femelles plus de noir. Leur première mue dure de six à sept mois; elle commence à deux mois de leër naissance, époque à laquelle il leur tombe quelques plumes qui sont remplacées par d’autres plus noires , et cela continue jusqu’à ce que leur plumage devienne et reste entièrement noir avec des reflets violets; mais ils conservent sous l'aile une tache de couleur de tabac d’Espagne. Dans cet état ils n’ont que huit pouces de longueur totale et qu'un cri de rappel, lorsqu'ils se rassemblent en troupes séparées des vieux. Ce n’est qu'à un an que leur chant commence à prendre de la régularité, et ce n'est qu'à deux ans que leur plumage est parfait , que leur bec s’allonge, que leur face se rétrécit, que la tête et le cou se recouvrent de plumes longues, étroites , serrées les unes contreles autres et replices en gouttières ; les reflets se perdent. des modifications varient le chant ; et l'instinct acquiert plus de finesse.
LE TROUPIALE CHRYSOPTÈRE.
Jcterus chrysopierus : Agelaius chrysopterus. VieiLL. (1)
Cette espèce se trouve dans toutes les grandes îles Antilles, à Cayenne, à l’île Saint-Thomas et au Paraguay. Le mâle est totalement noir, à l'exception
(:) Oriolus cayanensis, Lalh.
des couvertures supérieures et inférieures des ailes qui sont d’un beau jaune; l'iris est de cette couleur; la queue arrondie à son extrémité; le bec et les pieds sont noirs; longueur totale six pouces et demi à sept pouces. La femelle a le dessus et les côtés de la tête noirâtres , les sourcils d’une teinte plus claire, le dos d’un brun foncé, les plumes des autres parties supérieures et inférieures noires et bordées de roussâtre, mais sur les derrières les bordures sont plus étroites et d’une nuance plus foible ; son aile est pareille à celle du mâle. Le jeune mäle lui ressemble pendant sa première année.