LE TROUPIALE A ÉPAULETTES ROUSSES
Icterus pyrrhopterus : Agelaïus pyrrhopterus. VIEILLOT.
M. d’Azara, qui le premier a décrit ce troupiale sous le nom de {ordo negro cobijas de canela, s’exprime ainsi à son sujet: « C’est un oiseau vigoureux ; il marche quelquefois sur la terre ; il vole avec force et il est défiant ; son œil est petit; sa tête rétrécie en dévant; les plumes qui la recouvrent sont serrées les unes contre les autres : cependant je pense qu’il doit être séparé des troupiales à cause de sa queue plus longue et plus fortement étagée. de son vol , deses jambes, de ses pieds, et de ses doigts plus courts, de son corps plus délié, de sa quatrième penne de l’aile plus longue que les autres, du bec plus effilé, aminci et sans enfoncement à sa base; enfin à cause de la couleur rousse de l'iris. Ces différences sont-elles assez essentielles pour l’éloigner de ce genre? Au reste, on le voit en petites troupes, et on ne remarque point de dissemblance entre les sexes. Ces oiseaux ne s’éloignent pas de la lisière des bois et des halliers ; ils ne fréquentent jamais les lieux aquatiques ni les bois; ils ne mangent point de grains et ne vivent que d'insectes ; ils construisent leur nid à la pointe des branches longues d’un palmier, entrelacent et arrangent des brins de paille déliée qu’ils fortifient avec des feuilles. Les liens qui les attachent et le poids du nid font plier un peu les feuilles, de sorte que le berceau est abrité de tous côtés, et qu’il est couvert en dessus par la branche elle-même. Il n’est point garni en dedans , et, quoique tissu en forme de bourse suspendue, il est si court que son fond ne dépasse pas les feuilles. La ponte est de trois œufs.
« Cette espèce a huit pouces et un tiers de longueur totale ; la queue est composée de douze pennes étagées , dont l’intérieure est plus courte de onze lignes que les quatre intermédiaires ; les narines assez larges, placées très près des plumes du front et recouvertes par une petite membrane à leur partie supérieure; la langue étroite, longue, dure, et comme usée à sa pointe; le tarse robuste et long de onze lignes; tout le plumage, le bec et les pieds d’un noir profond, à l’exception d’une tache d’un roux vif ou de couleur de tabac d'Espagne, large de six lignes, qui est au milieu des couvertures supérieures de l’aile. Le mâle, la femelle et le jeune se ressemblent. »
LE TROUPIALE GUIRAHURO.
Icterus : Agelaius Guira-huro. VIEIL.
Le nom imposé à cet oiseau est du langage des Guaranis , et veutdire oiseau noir et fächeux ; mais,
dit M. d’Azara, aucune de ces aualifications ne convient à l'oiseau de cet article : cependant il le décrit sous ce nom ; d’autres l’appellent guirahu bannado, parce qu’il vit dans les lieux humides, et quelques uns dragon , à cause de sa couleur. Il est assez commun au Paraguay, dans le voisinage des eaux stagnantes ; on le trouve aussi à la rivière de la Plata. Il se rassemble par petites troupes; il se perche sur les arbres et sur les plantes aquatiques.
Cette espèce construit son nid dans les jones, lattache à deux petits rameaux qui se bifurquent, de sorte qu’il paroît comme suspendu à cette fourche. Il est petit, profond, formé de pailles merues sans aucune garniture intérieure, et élevé de trois palmes au-dessus de la terre. La ponte est de trois œufs blanes, tachés de roux. Ce troupiale a neuf pouces un quart de longueur totale ; la tête et le devant du cou noirâtres; le derrière de la tête, le haut du dos, les pennes et les grandes couvertures supérieures des ailes d’un brun foncé et lavé foiblement de jaune ; les couvertures supérieures de la queue de la même teinte et bordées de jaune; le reste du plumage d’un jeune pur ; l'iris châtain , le bec et les pieds noirs. Sonnini rapporte cet oiseau au carouge de Seint-Domingue, mais c’est de sa part une méprise. El a cependant dans son genre de vie une grande similitude avec le {roupiale commandeur.
Ici se termine la série des espèces de troupiales admise dans les auteurs. Nous en connoissons encore quelques unes d’inédites, d’autres qui auroient besoin d’une complète révision, des genres nouvellement proposés par M. Swainson ; mais comme le geure icterus réclame une étude spéciale, nous nous bornerons à rapporter l’état actuel de la science et les opinions des auteurs sur ce genre éminemment rempli de confusion.
Ces oiseaux ne peuvent être distingués les uns des autres que par de bonnes figures, et nous nous bornerons à tracer l’histoire de quelques espèces nouvelles et les plus remarquables.