LES TRAQUETS
On ne les trouve que dans l'Ancien Monde; ils sont nombreux en espèces. Ils tiennent des gobemouches par leur bec un peu déprimé et élargi à sa base, et des merles par la forme échancrée pointue de la mandibule supérieure.
Les traquets fréquentent de préférence les plaines rases, les steppes ou les lieux desséchés, La plupart d’entre eux ont été décrits par Buffon , et nous nous bornerons à signaler les espèces nouvelles les plus remarquables.
Le traquet sauteur(?) cst en dessus d’un beau fauve gouaché, avec les ailes brunes, dont les pennes secondaires sont largement bordées de fauve vif, ainsi que l’extrémité de chaque rémige; l’espace entre le bec et l'œil est noir; le sourcil, ainsi que le dessous du bec et le bas-ventre, sont d’un blanc pur; le reste du dessous est d’un fauve plus vif que le dessus, mais qui blanchit insensiblement jusqu’au basventre. La moitié supérieure de la queue est blanche, et le reste d’un noir profond; sur les deux plumes du milieu le noir remonte plus haut ; chaque plume est lisérée de roussâtre et terminée de blanc. Les deux sexes sont semblables, si ce n’est que les teintes de la femelle sont, en général, moins vives que celles du mâle. Les jeunes sont de couleur isabelle tendre , avec le milieu des plumes blanchätre, les ailes et la queue noires: mais les pennes secondaires sont largement bordées de roussâtre, et les grandes pennes, ainsi que la queue, terminées de cette couleur.
IL est très commun sur les bords arides de la mer Caspienne, surtout près de Bakou, vers les feux perpétuels. Il va ordinairement par paires, et sautille continuellement; il se place volontiers sur les pointes des rochers, et là, il s'élève perpendiculairement en agitant fortement ses ailes, et faisant entendre un zrè, zrè, rt, très sonore; posé, il a un petit gazouillement très agréable. Lorsqu'il n’est que blessé, il se cache avec une promptitude incroyable dans les fentes de rochers. El se nourrit d'insectes qu’il prend au vol à la manière des muscicapa.
M. Ménétriés trouva en juillet un nid fait de pe-
() Saxicola , Bechst.; ænanthe, Vieill., comprenant les genres vitiflora, Briss., Sialia, Sw. Petroica. Sw. Gryllivora, Sw. Saxicola, Bechs!. Curruca, Leach.
E) S.saltator, Ménétriés, Cat., Caucase. Rufo-cinerca, gula alba, lorum nigrum, superciliis albis, alis
fusis, tectricibus secundariis et remigum apicibus fulvo- -
Warginalis; cauda nigra, basi alba, IT,
tits brins d'herbe sèche; les jeunes, quoique capables de voler, s’y tenoient encore; ils étoient au nombre de quatre.
Le traquet turdoïde (1) est long de six pouces. Son bec est rougeâtre. Les ailes s'étendent jusque vers le milieu de la queue. Le plumage en dessus est brunâtre, teinté de roussâtre , plus clair sur le croupion. Les rémiges sont brunes, bordées de roux sur leurs barbes externes. Le devant de la gorge est blanchâtre, vermiculé de brunâtre ; le devant du cou et la poitrine sont roux; le ventre, les flanes et le basventre sont d’un roussâtre blond très clair : les tarses sont blanchâtres.
Cet oiseau habite la Nouvelle-frlande, aux environs du port Praslin.
Le éraquet coureur (?), très commun dans plusieurs contrées du centre de l'Afrique, et qui se trouve en Egypte et an cap de Bonne-Espérance, a son plumage noir velouté, relevé par le blanc pur du sinciput, du bas-ventre et des rectrices latérales. Le commandeur (3) est noir, avec les épaules roses. Il se trouve aussi en Afrique. Le {raque! montagnard (), brun‘enfumé, avec du bline aux épaules ct aux rectrices.
Levaillant à encore figuré plusieurs autres tra= quets dans son ouvrage sur les oiseaux d'Afrique, Le pâire (pl. 180), varié de noir, de blanc et de roux. L'imilateur (pl. 481 et 182), roux en dessus, blanc en dessous, avec le sinciput noir et un large collier descendant sur la poitrine de même couleur, type du genre campicola de Swainson. Le jeune est seulement roux et blanc. Le familier (pl. 485), roussâtre, avec le croupion et les oreilles roux vif. Le tractrac (pl. 184, fig. 1), gris cendré, avec du blanc au Croupion, aux rectrices externes et sur le ventre. Le traqguet à cul roux (pl. 188, fig. 1), noir, roux à la région anale, blanc aux épaules. Le t'aquet à queue strice (pl. 488, fig. 2), noir, avec le eroupion et le bas-ventre marron, ainsi que les rectrices externes.
M. Ruppell, dans son premier voyage en Afrique, à fait connoître deux espèces de la Nubie. Le pâle (), qui a un plumage isabelle clair en dessus, blanc en dessous, et l’isabellin (6), dont la coloration isabelle est relevée par le blanc de la première moitié de la queue, dont la seconde est noir profond, Le front et la gorge sont blancs.
M. Temminck a représenté dans les planches co-
(‘) Saxicola merula, Less., Zool. de la Cog.
() S. cursoria, Vieill., Encycl., 493. Levaill., Af,, pl. 190. Egypte, pl. 5, fig. 1, p. 347.
(3) Levaill., pl. 189.
(:) Levaill., p1.185, fig. 1 et2, et 18#, fig. 2. \
(6) S. pallida , Rupp., pl. 34, fig. A.
(6)S. isabellina, Rupp., pl. 34, fig. B. Temm., pl. 472, if D
loriées plusieurs traquets. Le bifascié (1) se trouve dans la Cafrerie. El a le devant du cou, les épaules et la queue noirs, le dos roux, flammé de noir, et un bandeau blanc partant du front et encadrant le noir de la gorge. Les couvertures supérieures sont aussi blondes et puis blanches. Le moine (?, a été découvert en Nubie par M. Ruppell. Il est noir bleu, la tête et là queue exceptées, qui sont blanches. Le traquet des déserts (3) est blond roux en dessus, blond tendre en dessous, avec la gorge noire et un bandeau blanc sur le front. {l viten Egypte. L'oreillard (1) se trouve depuis l'Egypte jusqu’au Sénégal. Ilest blanc gris, lavé de rose, avec un large trait derrière les yeux; les ailes et la queue noires. Le {raquet à queue noire (5) a été rencontré en Arabie par M. Ruppell. Il est gris de plomb, avee les ailes brun clair et la queue noirâtre.Le leucomèle(f) a la têteet le dessus du cou blanc lavé de blond, la gorge noire et le dos brun. Le ventre et la moitié des rectrices externes sont blanc grisâtre.
MM. Quoy et Gaimard ont donné, dans la Zoologie de l’Astrolabe, quatre espèces d’oiseaux qu’ils placent parmi les traquets.
Ce sont : Le {raquet resplendissant (7) de la Nouvelle-Hollande, et qui nous paroît être un mérion. C'est un oiseau à plumage d’azur, relevé par l’écharpe noire qui ceint le cou et la poitrine ; les ailes sont noires à leur sommet. Le {raqurt à croupion jaune ($), du même pays que le précédent, est olivâtre en dessus, blanchâtre en dessous ; sa queue, noire, est terminée de blane. Le grivelé (?), des alertours du port Western, est brun fauve en dessus, avec des points bruns. La gorge et la poitrine sont blanches, ponctuées de noir ; la queue est brune, rayée transversalement de noir. Le traque! à long bec (!), également du port Western, à la Nouvelle- Hollande, est roussâtre en dessus, à gorge striée, à ventre brun.
Le colonel Sykes mentionne parmi les oiseaux qu'il s’est procurés, dans le pays de Mahrattes ou le PBukhua sur le continent de l’Inde, les trois espèces suivantes : Le tricolore (11) à le plumage noir, une bande sur les ailes, le croupion, le milieu du ventre blancs. Il se nourrit de mouches noires, de
{) $. bifasciata, Temm., pl. 572, fig. 2,
() S. monacha,T., pl. 359, fig. 1.
(3) S. desertorum, T., pl. 359, fig. 2.
(4) S. aurita, T., pl. 257, fig. 1.
(5; S melanura , ibid. fig. 2.
(5) S. leucomela, ib., fig. 3, mofacilla leucomela, Fallas. FI. leucomela, ct melanoleuca, Lalh.
(7) S. splendens, Astr., p. 197, pl. 10, fig. 1.
(8, S. chrysorhoa, Astr., p. 198, pl. 10, fig. 2.
(9° S.macularia, Astrol.,p. 199, pl. 10, fig. 3.
{to) S. longirostris, Astrol , p. 200, pl. 10, fig. 4.
(") S. tricolor, Sykes, Proc., IL, 92,
HISTOIRE NATURELLE
papitlons et d’abeilles. Le rousse-gorge (1), brun cendié en dessus, blanc en dessous, la gorge et la poitrine rousses. La queue-rouge (?) est brunâtre en dessus, brun légèrement strié en dessous, le croupion roux.
MM. Vigors et Horsfield ont également décrit deux traquets comme propres à la Nouvelle-Galles du Sud, Le solitaire (3), ou cataruct-bird des colons, brun fauve en dessus et roux ferrugineux en dessous ; et le jardine(f), gris noirâtre, le ventre blanc, et la queue barrée de cette dernière couleur.
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LES MÉRIONSŸ OU MALURES.
Forment un petit groupe de traquets à bec fin, grèle et assez court ; leurs tarses sont longs et grêles. Ce sont des petits oiseaux d’Afrique et d'Asie, remarquables par les vives couleurs qui teignent leur plumage. Le diphone (6), de l’ile de Boninsima, paroit appartenir à cette tribu. El a le bec et les tarses jaunâtres, le plumage olivâätre en dessus, blanchâtre en dessous. Le mérion élégant () de la Nouvelle- Hollande et le bleu (5), l’un et l’antre de l’azur le plus pur, sont très communs aux alentours de Sydney.
Le mérion à téte noire (?) a l’occiput et le dessous du corps d'un noir de velours, le dos et les ailes vermillon, les rémiges cannelle, le bas-ventre blanc jaunâtre, et la queue noire et blanche. Le malure pectoral (1) se trouve à la ‘Nouvelle-Hollande. Son plumage est bleu, marqué sous les yeux d’une tache azurée, à reflets métalliques, relevé de brides noires, el de pourpre sur le thorax (11).
LES QUEUES-GAZÉES.
Stipiturus. Less,
Ont, avec le bec grêle et mince des sylvies., une queue formée de brins filiformes, et garnie de bar-
(:) S. rubeculoides, ibid.
(2, 8. erythropygia, ibid.
(°) ria, Lewin, pl. 16. luscicapa solitaria, Lath. (4) S Jardini, ibid.
(5) Jalurus, Vieill.
(6) Sylvia diphone, Kill, Act. Pélersb., t.1, 1830,
S. solitaria, Trans. Soc. linn., XV, 236. 21. solita-
pl. 14.
(7) Motacilla superba , Shaw.
(8) Malurus cyaneus, Vieill., Gal., pl. 165. White, p: 256. Phillipp., pl. et p. 457.
(9) Muscicapa melanocephala, Lath., esp. 46.
(ro) Malurus pectoralis, Gould. Proc., IE, 106.
() M. Temminck a figuré les malurus galactotes, 2600 pl.65, fig. 1 de la Nouvelle-Hollande, et M. marginalis de Java, pl. 65, fig, 2, qui sont des mégalures.
DES OISEAUX
bes ciliées. La seule espèce, la queue gazée (1), vit aux alentours du port Jackson , où elle est nommée wawgul-jelly. C'est un oiseau d’un brun roux uniforme.
LES GYSTICOLES ().
Sont des mérions aussi à bec fin et allongé en alène, mais légèrement fléchi en axe, et garni de quelques soies. Leurs tarses sont minces et longs. Les ailes sont courtes et arrondies. Leur queue, assez longue, se compose de rectrices très étagées. Leurs formes sont grêles et élancées. Les espèces de ce petit groupe ne se trouvent qu’en Afrique et en Asie.
L'espèce typique est le bec-fin cysticole (3), qui est répandue dans le midi de l'Europe, depuis Gibraltar jusqu’à la mer Adriatique, Son plumage est roux, ponctué de noir sur le corps. Le pavaneur de Levaillant (f), roux sur le corps, gris roussâtre en dessous, appartient à ce groupe. C’est un oiseau que l’on trouve en Afrique aussi bien que le cêtrin (5), lavé de roussâtre et de jaunâtre. Le capolier, qui fait son nid avec la ouatte des asclépias, appartient aussi à ce pelit genre.
Le pi:c-pinc de Levaillant (6), que l’on trouve au Cap, niche dans les acacias, où il construit un nid, n'ayant qu'une ouverture étroite. Son plumage est roux, grivelé de noir. Le mérion gréle (7) se trouve en Egypte, en Nubie et en Abyssinie. El est olive clair en dessus, blanchâtre en dessous, avec les rectrices terminées de blanchâtre et d’une barre brunâtre. Le criard (5), de ‘a Nubie, a le corps en dessus d’un roux rosé, le cou blanc, le ventre savé de jaunâtre. Les rectrices noires, terminées de blanc, Le polycicre (?) provient de Java, où il se tient dans les bois et les buissons , qu’il fait résonner de ses cris percants. Il est brunâtre sur le corps, roussâtre en dessous. Les rectrices sont brunâtres, harrées de noir, puis de gris à leur terminaison en dessous. Le
() Muscicapa malachura, Lath. Aalurus malachurus, Vig. et Horsf., Frans, XY. Levaill., Af., pl. 130, fig. 1 et 2.
() Cysticola, Less. Halurus, Temm.
G) Sylvia cysticola, Temm., pl. 6, fig. 3. Descript. du nid de la cysticole , Bull., 1, 481,
(4) S. brachyptera, Gm. Lev., pl. 122,
(5) Levaill., Af., pl. 127. Sylvia macroura, Lath., enl. 752, fig. 2.
(6) Sylvia textris, Vicill. Levaill , pl. 431. Égypte, pag. 352.
(7) Malurus gracilis, Cretz. in Kuppell, pl. 9, fig. 6. Temm., pl. 466. Égypte, pl. 5, fig. 4. Sous le faux nom de pinc-pinc.
(8) M. clamans, Rupp., pl. 2, fig. A. Temm., pl. 466, fig. 2.
(o) M. polyckrous , Temm., pl. 466, fig. 3.
mérion gentil (‘), qui vit dans le Kordofan, est brun en dessus, roussâtre clair et jaunâtre en dessous.
LES RUBIETTES (©).
Leur bec est mince et effilé ; les ailes sont allongées et pointues ; ils ne nous offrent aucune espèce nouvelle.
LES ZOSTEROPS ().
Sont des sylvies dont le bec est grêle et légèrement arqué, et qui ont autour de l'œil (du grec £oorrp, cercie, et ob, œil) un bourrelet de plumes soyeuses. Les auteurs de ce genre ne mentionnent que quelques becs-fins étrancers, bien que certains d'Europe, tels que le sarde entre autres, présentent cette particularité. Le bec-fin de Midagauscar (#) seroit le type du genre zosterops , qui comprendroit encore le becfin annelé de Swainson (5, qui habite les alentours de Sydney et de Paramatta, à la Nouvelle-Galles du Sud. C’est un oiseau jaunâtre, ayant le dos cendré, une raie noire en avant et au-dessus des veux, la gorge jaune pâle etles flancs ferrugineux. Le bec-fin cerclé (6), jaune et blane, de l'Inde, est encore un ZOsLerops.