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LES FALCINELLES OU SÉLEUCIDES

Seleucides.

Les falcinelles se distinguent des ptiloris et des épimaques, parce qu’ils n’ont point de plumes écail : leuses ni sur la tête ni sur le cou. Leur bec est aussi plus droit, bien qu’il ne diffère en rien d’essentiel. Les plumes des flancs, chez les mâles, s’allongent beaucoup, sont très louffues, très lâches, et terminées par des brins criniformes, caduques, et en nombre très variable, parfois considérable, le plus souvent restreint.

Tous les auteurs se sont accordés à ne donner que douze filets aux parures des flancs ; mais ce nombre est très variable , car nous avons vu des individus qui en avoient une vingtaine, tandis qu’un magnifique échantillon, acheté à Londres par M. Guy, en possédoit au moins une centaine. Ces brins, qui ressemblent à des crins entortillés, sont en effet très cadues, et doivent se briser à mesure que l'oiseau acquiert de l’âge, car ils ne sont que le prolongement durachis des plumes costalesamplementdéveloppées.

La femelle du multifil est inconnue. On n’a point encore possédé de dépouilles de mâles complétement intactes, et l’on ignore les mœurs et les habitudes de ce magnifique oiseau, On sait seulement qu’il vit à la Nouvelle-Guinée, à Sas

LA FALCINELLE MULTIFIL.

Seleucides acantilis.

Ce magnifique oiseau a dix pouces de longueur totale ; le bec et les pieds noirs ; les plumes veloutées du front s’avançant jusque sous ies narines ; la queue courte, presque rectiligne, à ses rectrices roides, d’un violet noir, avec quelques ondes transversales brunâtres. La tête, le cou, le manteau et la poitrine sont d’un noir velouté des plus riches, avec des teintes brillantes purpurines et violettes, qui étincellent suivant la direction des rayons lumineux. Les plumes du bas du thorax prennent de l'ampleur, s’élargissent et dessinent une sorte de camail ample; elles sont délicatement frangées d’émeraude sur leur pourtour. Le bas du dos, le croupion, le ventre et les couvertures des jambes et de la qneue sont d’un blanc neigeux. On remarque quelques plumes sur les flancs, ayant une teinte verte, avec des reflets bleu d’acier bruni. Les plumes des flancs, ou subaiaires, sont assez semblables à celles des paradisiers émeraudes ; elles sont élargies, décomposées, à barbes flottantes d’un jaune tendre ou parfois orangé, qui s’eflace aisément, el auquel succède un blane mat. Ces plumes ont toutes un rachis un peu roide, terminé chez les plus fortes et les plus proches des flancs, par des brins ou forme de crins, longs de huit à dix pouces, entièrement nus et flexueux. Les couvertures de la queue, en dessus comme en dessous, sont d’un beau noir brillant.

Le jeune mâle a en partie la livrée de l'adulte et en partie celle de la femelle, bien que celle-ci soit encore inconnue. La tête et le evu ont des reflets moios brillants. Le ventre est jaunâtre très clair, avec des rayons bruns sur chaque plume. Les parures des flancs molles et flexueuses, sans brins criniformes, sont jaunes, avec des rayons transversaux brunâtres sur les plus externes. La queue et les grandes couvertures des ailes sont d’un brun cannelle. Chez quelques individus, les filets commençant à poindre à l'extrémité des plumes subalaires.

Les dépouilles de la falcinelle multifil proviennent de la Nouvelle-Guinée.

LES CANÉLIPHAGES.

Cinnamolegus.

Les canéliphages conduisent des épimaques aux véritables sucriers par l'intermédiaire du philedon moko et du promerops du Cap, le merops cafer et l'upupa promerops du Systema naluræ. Leur bec

recourbé est beaucoup plus long que la tête, com-

HISTOIRE NATURELLE

primé sur les côtés, denté à la pointe des deux mandibules, qui sont inégales, la supérieure dépassant l'inférieure. Les narines sont latérales, basales, et revêlues par les plumes veloutées du front, bien que celles qui revêtent le crâne soient écailleuses ; celles du menton sont piliformes. Les plumes des flancs ont les barbes externes bien plus longues que les internes, et se trouvent recourbées et élargies à leur sommet ; toutes sont amples, allongées, et forment deux larges parures sur les côtés, surmontées par deux toufles épaisses de plumes longues, décomposées, droites et pointues. La queue est énormément longue, de manière que les rectrices, toutes taillées en lames d'épée, se trouvent être les deux moyennes plus longues, les latérales plus courtes, et successivement très étagées ; car les deux plus externes ont à peine six pouces de longueur, suivant les individus.

Les femelles ont une livrée terne émaillée de barioiures brunâtres. Les jeunes mâles tiennent des adultes et de leurs mères.

Les habitudes et les mœurs des canéliphages sont entièrement ignorées. La seule espèce connue vit à la Nouvelle Guinée, Pline donnoit le nom de cinnamolequs à un oiseau asiatique d’espèce indéterminée.

LE CANÉLIPHAGE PAPOU.

Cinnamolequs papuanus.

Lorsque cet oiseau est bien adulte et du sexe mâle, il a jusqu’à trois pieds et demiide longueur, et dans ces dimensions le corps n’entre guère que pour huit à neuf pouces. Son bec, long de trois pouces deux à quatre lignes, est fortement recourbé, de couleur noire, ainsi que les tarses. L’iris est, dit-on, d’un jaune noirâtre. La tête est revêtue de plumes imbriquées, de forme écailleuse', et qui ne dépassent pas l’occiput ; elles sont d’un vert glauque métallisé. Sous le menton, des plumes soyeuses s’avancent jusqu'entre les branches de la mandibule inférieure, et sont teintes en cuivre rouge à reflets d’iode. Le corps est abondamment fourni de plumes lâches, brunâtres, avec des reflets luisants, dorés et violàtres ; celles du dos sont d’un vert brillant, ainsi que le haut de l'abdomen et la poitrine. Les ailes sont noir violâtre. La queue est formée de douze rectrices très étagées ; les deux moyennes sont les plus longues, les deux externes les plus courtes. Elles sont uniformes, à pointe mousse à leur sommet, à rachis dur et droit, d’un brun teint de vert émeraude en dessus , et uniformément marron brun ou chocolat foncé en dessous. Les dimensions de ces rectrices varient beaucoup, et c’est aiusi que les moyennes ont depuis deux pieds jusqu’à trois, et les externes depuis deux pouces jusqu’à six. Les plumes mopy-

DÉS OISEAUX

gioles, étendues en couverture supérieure sur la queue, sont longues, décomposées et d’un beau noir.

Ce qui distingue surtout le canéliphage papou sont, sur les flancs et recouvrant les ailes, deux sortes de plumes formant deux parures sur chacun des flancs. Le premier faisceau est composé de plumes thoraciques abondantes, épaisses, s’allongeant graduellement au fur et à mesure qu’elles s’implantent en arrière du thorax et proche les épaules. Toutes ces plumes sont molles, flexueuses et peintes dans un certain rapport. Les huit à dix premières sont en entier d’un noir velouté ; celles qui suivent ont à leur sommet une raie azur relevée par une frange d’un vert émeraude des plus purs; puis les postérieures se trouvent être largement bordées de bleu céleste des plus luisants, tandis que les dernières et les plus larges sont d’un noir uniforme et velouté. Ces parures ont cela de particulier, que la texture de la plume présente des barbes très longues sur le bord extérieur du rachis, puis des barbes très courtes sur Le côté opposé. Il en résulte que l'extrémité est contournée presque en demi-cercle par une inversion dans l’allongement des barbes qui la garnissent, et qu’il semble qu’elle soit taillée artificieliement.

Derrière ce large faisceau marginal, si abondamment fourni, et s’élevant sur le côté de l’oiseau avec tant de grâce, est placé un second faisceau composé de plumes à teinte sombre, qui toutes ont des barbes lâches, décomposées , à barbules finement barbulées elles-mêmes, de sorte que la plume a une forme pointue, allongée et droite.

La femelle, de moitié plus petite que le mâle, a la queue fortement étagée, mais sans aucune parure des flancs. La tête et le cou, de même que le dos, les couvertures des scapulaires, sont d’une teinte rousse cannelle, tirant au brun sur le crâne, et passant au noir au-devant du cou. Les rectrices elles-mêmes sont chocolat clair; le bee et les pieds brunâtres. Le dessous du corps est de couleur de suie avec des rayures squamuleuses blanches.

Les mâles, dans leur jeune âge, ressemblent aux femelles par la plus grande partie de leurs traits ; mais déjà les plumes écailleuses et métallisées se dessinent sur la tête et apparoissent dès la seconde année.

Sonnerat, qui le premier fit connoître le canéliphage papou sous le nom de grand promerops de la Nouvelle-Guinée, a figuré une variété de femelle, ou un jeune, sous le nom de promerops brun. Voici textuellement ce qu’il en dit : Cet oiseau a vingt-deux pouces de l'extrémité du bec à celle de la queue. Le bec est noir, luisant, étroit, arrondi et fort arqué ; il a deux pouces et demi de long. La queue a treize pouces de son origine à son extrémité; elle est composée de douze plumes, dont les deux du milieu,

qui recouvrent les autres quand la queue est rele- |

vée, sont les plus longues. Chaque paire de rectrices latérales va toujours en diminuant, et la plus extérieure à au plus quatre pouces de long. Le sommet de la tête et les côtés sont couleur d’acier poli. Le col et la gorge sont d’un beau noir, ou bruns; le col en arrière, le dos, les ailes, les plumes scapulaires, le dessus de la queue, sont bruns; le col, les ailes et le dos sont lavés de vert brun. Le ventre est rayé transversalement de noir$ et de blanc. Les plumes sont grisâtres à leur origine; elles deviennent ensuite noires, et sont coupées par une raie blanche, ensuite par une noire, et terminées par une blanche. Les pieds et l'iris sont noirs.

La Billandière dit avoir rencontré le canéliphage papou dans l'ile de Waigiou. Nous nous en sommes procurés des dépouilles à la Nouvelle-Guinée.

LES MOHSS ().

Ils conduisent des ptiloris aux oiseaux sucriers. Leur bec est atténué et recourbé; les plumes du front sont écailleuses , celles des flancs décomposées. Leur queue est formée de rectrices étagées. L’espéce la plus remarquable vit aux îles Sandwich : c’est le moho (?) des insulaires, de la taille de l’étourneau d'Europe, ayant les deux rectrices du milieu de la queue beaucoup plus longues que les latérales, et eflilées vers leur pointe, qui est contournée en dehors. Les plumes des flancs sont d’un beau jaune, tandis que le reste du plumage est d'un noir varié d’acier poli et bronzé. Le sommet de la tête a des reflets chatoyants. Le noër-cap (3), des îles de la mer du Sud , a la tête, le cou et le thorax d’un noir profond , les plumes écailleuses de la tête, de l’occiput, de la gorge, des joues et du devant du cou noires, mais frangées de blanc sur leur rebord. Le dessus du corps est olivâtre, le milieu du ventre est jaune d’or, et les couvertures inférieures sont roux cannelle.

LES POMATORHINS.

Pomatorhinus, Horsr.

Vivent dans les parties chaudes de l’Asie. Ils ont un bec allongé, droit à la base, se recourbant un peu au-delà des narines. Il est comprimé brusquement sur les côtés. Son arête est très apparente, carénée , entière au sommet. Les narines sont recou-

() Moho , Less., Arn., 302.

@) Merops fasciculatus, Lath. Gracula nobilis, Merrem, Av., Fasc., I. pl.2. Melliphaga fasciculata,Temm., pl. 471.

() Moho atriceps, Less., Ornith., p. 646.

vertes par un opercule oblong, convexe, à ouver-

ture oblique. Leurs ailes sont arrondies. La queue est longue, ronde au sommet:

LE POMATORHIN TEMPORAL.

Pomatorhinus temporalis (1).

Cet oiseau, qui est le dusky bee eater de Latham, Gen. Hist., t. IV, p.146, n° xxx, a le plumage fauve cendré, passant au fauve jaunâtre en dessous. Il a le front, les tempes, la gorge et la poitrine de couleur blanche, et une ligne légère au-dessus de chaque œil, noire, ainsi que la queue ; l'extrémité de celle-ci est blanche ; le bec est noir, et blanchâtre vers le front. Il a de longueur dix pouces trois lignes , et l’individu qui a servi à établir cette espèce a été trouvé à Shoal-watcr-Bay, sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, en août 4802, par M. Robert Brown.

LE POMATORHIN A SOURCILS.

Pomatorhinus superciliosus (?).

Cette espèce inédite est d’un fauve brunâtre; la ligne qui passe au-dessus des yeux s’étend jusqu’à la nuque ; la gorge, la poitrine, la partie antérieure de l'abdomen, ainsi que l'extrémité de la queue, sont de couleur blanche; le bec et les pieds sont noirs ; le corps à de longueur totale sept pouces neuf lignes. Cet oiseau a été découvert sur la côte sud de la Nouvelle-Hollande par M. Brown.

Ces deux espèces appartiennent à la Nouvelle-Hollande. On sait en effet que la partie inter-tropicale de cette grande terre a les mêmes productions animales que les îles environnantes des Moluques et de la Nouvelle Guinée ; aussi nous ne doutons pas que c’est par transposition d’étiquette qu’on indique la deuxième comme du sud de l'Australie; elle doit être plutôt de la partie nord.

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