EN
suite changement de coloration de la paroi du sinus recouverte d’une fausse membrane. Décollée, celle-ci révèle un pertuis laissant sourdre une goutte de pus. I s’agit d’une thrombose suppurée.
Troisième intervention : Thrombectomie partielle; impossible à poursuivre vers le golfe. On s'arrête, sujet faible. Alors complication à distance : surrénalite.
Quatrième intervention : Pour dégager le golfe, ligature de la jugulaire au-dessus du tronc thyro-linguofacial. On place un embout de seringue dans le bout supérieur sectionné, pour lavage au Dakin : bouchon de pus expulsé par la plaie mastoïdienne. Puis l’embout saute. Alors, par la plaie mastoïdienne, éther iodoformé à 10 % dans le golfe. Guérison.
Puis abcès péri-néphrétique, abcès de la cuisse droite. Guérison. ù
(Les auteurs pensent qu’il s’agit d’une thrombose primitive du golfe de la jugulaire étendue ultérieurement au S. L.).
OBSERVATION XII In thèse de FERRABOUC Communiquée par M. le Professeur LANNOIS
B. A... 17 ans. Jeune homme entré le 20 septembre 1920 dans le service.
Otorrhée ancienne gauche réchauffée avec mastoïdite aiguë.
Première intervention : Antrite suppurée et. fongueuse; suppuration des cellules de la pointe. Abcès périsinusal. On remet le sinus à nu.
Quatre jours après, apparition de phénomènes généraux. Gros frissons avec claquements de dents, suivis d’un stade de sueurs. Température 39°5. Etat stationnaire pendant deux jours.
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Deuxième intervention : On dénude le sinus sur uné grande longueur. Aspect jaunâtre avec fongosités. Au cours du dégagement, écoulement de 2 à 3 centimètres cubes de pus roussâtre provenant du sinus. Incision sur 3 centimètres. À la partie moyenne on curette un caillot fibrineux; vers le hout supérieur: caillots cruoriques ramenés à la curette; l’arrivée d’un flot de sang confirme l’ablation complète. Une mèche comprime le sinus vers la partie toute supérieure de la plaie, une autre dans le sinus en bas en direction de la jugulaire. Mèche dans l’antre.
Petits accidents métastatiques. Douleurs au niveau des deux gros orteils et épaule droite.
Le 25 octobre : Guérison. La plaie est presque fermée.
OBSERVATION XIV BERTOIN. Soc. Nat. de Méd. et Scienc. Méd., 14 janv. 1925 Lyon Médical, 1925, n° 18, p. 544.
R.. François, 57 ans. Entre le 20 août 1924 dans le service d’O.-R.-L. de l’Antiquaille. Abcès volumineux de la région temporale droite. Un mois avant, hémicéphalée sourde, douleurs lancinantes. Oreille droite sans otor- rhée.
Examen : (Coloration du tympan presque normale, mais bombement dans le tiers supérieur. La paracentèse amène une goutte de pus.
Première intervention : 21 août. — Incision rétro-auriculaire prolongée sur le temporal. Sous le périoste, pus non fétide. Mastoïde éburnée.
Mise à nu du sinus très antérieur. Drainage.
Jours suivants, température normale. Pas de douleur. Puis tuméfaction rouge, fluctuante en avant du tragus.
Deuxième intervention, 3 septembre : Incision en
avant du tragus. Petite collection purulente sans communication avec la région temporale.
Le 5 septembre, température à 40° sans signes fonctionnels. Légère bronchite.
Le 7 septembre, vers midi : Grand frisson de 10 minutes avec température à 41°.
Le 8 septembre : état stationnaire. Violentes douleurs aux pieds et aux mollets, ainsi qu’à la pression des masses musculaires.
Une ponction du S. L. amène du sang pur.
A partir du 9 septembre, l’état général décline. Prostration. Douleurs aux membres inférieurs. Décès le 12 septembre.
Autopsie : plus de 36 heures après. Décomposition avancée. S. L. droit d’aspect normal, mais la décomposition empêche de voir s’il y a une thrombose pariétale. Altération habituelle des viscères sans septicémie. Veine cave inférieure, d'aspect normal, mais pas affaissée. A l’incision, caillot noirâtre se prolongeant dans les veines iliaques. ù
(Pour les auteurs, en l’absence d’examen histologique, on peut discuter :
1° pyohémie par passage direct des germes dans la
circulation ;
2° endophlébite pariétale du S. L.).
OBSERVATION XV MM. LanNoïs et GAILLARD
F..., 40 ans, entrée dans le service de clinique O.-R.-L. le 22 janvier 1925, pour otite aiguë suppurée bilatérale d’origine grippale ayant débuté il y a 4 jours. Il existe une légère réaction mastoïdienne du côté droit qui cède
rapidement. La malade demande à quitter le service le 7 février : elle ne souffre plus; l’écoulement est tari
de 0
à gauche et à peu près complètement à droite. La surdité reste assez prononcée à droite.
La malade revient dans le service le 12 février, présentant des signes nets de mastoïdite droite ayant apparu la veille : céphalée, rougeur et gonflement de la région mastoïdienne, surtout vers la pointe, s’étendant vers le creux parotidien et provoquant un peu de torticolis. Il y a aussi du trismus. La température est à 38°2. Atteinte marquée de l’état général. ;
Première intervention, le 12 février 1925 : trépanation mastoïdienne. On trouve un abcès collecté vers la pointe de la mastoïde. L’antre contient du pus. Le sinus est tout de suite découvert, il est procident et superficiel. La pointe mastoïdienne est enlevée en totalité : elle renferme de grosses cellules pleines de pus, dont les parois sont nécrosées. Le sinus est ainsi largement mis à nu : il continue son trajet procident en contact avec les cellules abcédées de la pointe : il ne paraît pas thrombosé. Pansement à plat, sans suture.
Consécutivement les douleurs ont cessé et la malade va bien. Cependant le 14 elle présente une petite hémoptysie sans signes stéthoscopiques.
Le 16 février, élévation thermique à 39°4, avec sueurs abondantes, prostration, état saburral.
Le 22 février, après trois jours d'amélioration, nouveaux signes septicémiques, frissons, sueurs, température à 39° et 40°. Quelques vomissements à type cérébral et céphalée assez vive vers la région temporale. Torticolis marqué et trismus persistant; pas de signes méningés. La plaie est d’aspect normal.
Le 23 février, nouvelle ascension thermique et état infectieux marqué. Herpès labial. Empâtement douloureux du creux parotidien sans reflux purulent par la plaie opératoire. On décide d’explorer le sinus latéral.
Deuxième intervention : Incision transversale des té-
Dal
guments permettant la dénudation du sinus en arrière de son coude, Il est à ce niveau tout à fait dépressible : et on le comprime par une mèche extérieure.
Sa portion descendante est couverte de fongosités qui sont curettées doucement, et bien que d’aspect dépressible, on l’incise sur 5 à 6 millimètres. Sa cavité est vide, mais vers le bas on évacue une petite collection suppurée, de pus bien lié, quelques débris de caillots sphacélés, puis du sang rouge. On laisse une mèche de compression en amont et on laisse la cavité sinusienne largement ouverte.
Donc la phlébite sinusienne s'était faite dans la partie toute inférieure du vaisseau, en contact avec l’abcès de la pointe mastoïdienne.
Suites opératoires : excellentes. Tous les symptômes disparaissent le soir même de l’intervention. La mèche de compression sinusienne est laissée 11 jours.
Le 30 mars, la malade rentre chez elle, guérie.
Le 29 septembre 1925 : Revue, la malade va bien. L’audition est excellente.
OBSERVATION XVI MM. LaAnNois et GAILLARD
Fillette de 6 ans 1/2 entrée dans le service de clinique d’O.-R.-L. le 26 février 1924.
at y a un mois otite aiguë gauche avec écoulement. Depuis deux jours, fièvre, douleurs auriculaires et gonflement mastoïdien qui font envoyer l'enfant à l’hôpital. AT + A son entrée, la température est à 40° et il y a un gros abcès collecté de la région mastoïdienne qui s’ouvre spontanément la nuit.
Le 27 février 1924, intervention : Trépanation mastoïdienne, évidement de tout le bloc mastoïdien qui est
su
ostéitique. On est conduit à dénuder le sinus largement: il paraît sain.
Le 1° mars : La veille au soir l’enfant a pris un frisson et sa température s’est élevée brusquement à 40°. Son facies est mauvais et elle présente un peu de raideur de la nuque. La ponction lombaire donne un liquide clair, mais hypertendu (30 au Claude), sans microbes, avec quelques lymphocytes.
Deuxième intervention : Dénudation large du: sinus; non thrombosé, et compression en amont.
3 mars : Hier, l’enfant a présenté quelques vomissements en jet à type cérébral, avec un peu de raideur et de signes méningés. Elle présente aujourd’hui une amélioration de ces symptômes, mais un clocher thermique à 40° (la température était à 37°5 depuis le 1° mars). La ponction lombaire donne une liquide clair, peu tendu (8 Claude).
Le ii mars : Depuis le 3, la température est à 37°5. Amélioration de tous les symptômes. La plaie a bon aspect : ablation de la mèche de compression.
Le 20 mars : Nouvelle poussée thermique à 40° avec vomissements. Le lendemain bon état général. Température à 37°8.
Le 8 avril : Cicatrisation de la plaie opératoire. Une réaction ganglionnaire cervicale droite, dûe à une angine, provoque la fièvre à 39°.
Le 6 mai, : L'enfant part à Giens en bon état. Revue à son retour deux mois après, elle reste bien guérie.
OBSERVATION XVII (résumée) GAILLARD et Mavoux. Soc. Méd. de Lyon, 26 janv: 1927 Opération de mastoïdite chez un enfant,
Pas de pus à l'intervention. On découvre le sinus. qui est sain, tissus congestionnés, Fermeture.
Sos
Dans les jours qui suivent, l’enfant est pris de grands frissons et fièvre.
Deutième intervention : On trouve une thrombo-phlé-
bite typique localisée au point découvert au cours de la première intervention. On draine. Guérison.
Conclusions
me
I. — La BLESSURE DU SINUS LATÉRAL au cours des interventions sur la mastoïde, successivement considérée comme fatale ou sans importance, peut comporter des conséquences cliniques.
IT. — La SIMPLE DÉNUDATION entraîne, dans certains cas, les mêmes complications que la blessure. Il est donc logique de l’englober dans les traumatismes opératoires du sinus latéral.
III. —— Des EXPÉRIENCES PERSONNELLES, sur le chien, nous ont, en effet, montré que la thrombo-phlébite pouvait être obtenue par le contact de cultures micro-
biennes avec le sinus dénudé.
IV. — Les altérations pathologiques consécutives au traumatisme opératoire du sinus latéral comportent tous les degrés, depuis la simple périphlébite jusqu’aux thromboses suppurées intra-sinusiennes.
V. — Les manifestations cliniques et les indications thérapeutiques ne diffèrent en rien de celles des thrombo-phlébites non traumatiques compliquant les
suppurations de l’oreille.