‹ Complications Septiques Après Traumatisme Opératoire du Sinus Latéral: Étude Expérimentale et CliniqueChapitre 4 sur 34 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Introduction

La connaissance détaillée des complications septiques d’origine otitique n'a acquis son développement actuel que grâce à l'extension toujours plus grande du domaine chirurgical en otologie, et à la marche parallèle des recherches anatomo-pathologiques.

Parmi ces complications, les accidents septiques vasculo-sanguins sont suffisamment connus quant à leur pathogénie et leur aspect clinique pour que l’on puisse faire justice des hypothèses passées et qu’il puisse paraître vain de vouloir y apporter retouche ou complément. EX

En étudiant cependant quelques observations des complications veineuses, recueillies durant ces dernières années dans le service de clinique d’O.-R.-L.

de M. le Professeur Lannois, à Lyon, il nous a paru intéressant d’insister sur un élément étiologique important que les traités classiques n’abordent, habituellement, que pour l’éliminer aussitôt. Si l’on accorde, en effet, toute l’attention voulue aux complications veineuses au cours de l’évolution des suppurations de l’oreille, il semble, par contre, que l’on ait méconnu le rôle joué par le traumatisme du sinus latéral, au cours d’interventions mastoiïidiennes dans

le développement des complications opératoires.

Au cours d’une intervention chirurgicale sur la mastoïde, quels sont les facteurs traumatiques qui peuvent déclancher, dans les suites opératoires, l’apparition d'accidents infectieux, qu'ils soient locaux, thrombosiques ou généralisés, pyo-septicémiques ?

En toute première ligne, vient la blessure, quelle qu’elle soit, faute ou accident, peu importe pour l'instant. On connaît, depuis longtemps, les complications thrombophlébitiques traumatiques accidentelles par chute, coup de pied de cheval. Hippolyte Larrey, dans ses « Relations chirurgicales des Evénements de Juillet 1830 », signale une blessure du sinus latérale par coup de feu. Toute une série de cas de ce genre ont été recueillis et étudiés dans la thèse de Luys.

La littérature est plus discrète sur le traumatisme opératoire, sans qu'il faille conclure pourtant à une grande rareté. La plupart des auteurs, tout en reconnaissant sa fréquence, ne lui accordent qu’une importance toute négligeable ; c’est pour eux un inci-

dent contrariant, évidemment, maïs sans conséquence clinique.

Mais la blessure n’est pas tout; la blessure c’est le traumatisme franc, large, suffisamment décelé par l’hémorragie jaillissante.

Il en est un autre, dont on se méfie beaucoup moins, pas du tout même, c’est la simple dénudation. Niée par certains en tant que traumatisme, elle est recommmandée par d’autres comme moyen d’exploration systématique en cours d'intervention.

Enfin, entre ces deux termes, blessure nette et dénudation, vient s’intercaler toute la gamme des modalités possibles, piqûre, lésion pariétale non perforante, éraillure de la tunique externe, compression plus ou moins marquée, par tampons, mèches, esquilles osseuses, dont la gravité et l’existence même, restent toujours difficiles à préciser dans un cas particulier.

Comme l’a fait remarquer Sébileau, on peut considérer le sinus latéral comme une veine ordinaire et, partant, lui appliquer les données admises sur le système veineux général.

Mais, tout en ayant les mêmes caracteres et propriétés que les autres segments du système veineux, les sinus endocraniens et le S. L. en particulier, comportent cependant des caractéristiques qui peuvent les en différencier en plusieurs points.

C’est pourquoi, avant d'aller plus loin, il paraît utile de rappeler ici quelques notions d'anatomie normale, ainsi que les variations les plus fréquemment rencontrées.

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