‹ Comportement Éloigné Et Résultat Final Du Pneumothorax ExtrapleuralChapitre 10 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il n’existe encore que très peu de documents statistiques sur l'avenir éloigné du pneumothorax extrapleural et peu de réponses aux questions que soulève l'interruption volontaire d’une collapsothérapie dont la définition est d’être temporaire.

Au début de 1948, à une réunion de la société de phtisiologie du Sud-Est, à Nice, aucun opérateur ne pouvait encore produire d'étude homogène de pneumothorax extrapleuraux abandonnés. Le Foyer qui en a peut-être la plus grande expérience au monde n’apportait, sur 604 cas, que 21 extrapleuraux terminés.

A l'inverse des complications précoces et secondaires de la méthode qui ont suscité d'innombrables communications et des travaux portant sur près de 7.000 cas (« le Poumon » Sept. et Oct. 1049. Bonniot, Le Brigand, Le Foyer, Laumônier : les hémorragies dans le pneumothorax extrapleural.) et qui sont parfaitement évalués, les doutes subsistent sur la façon dont peut s’abandonner un pneumothorax extrapleural et sur les conséquences de cet abandon.

L’explication de cette lacune dans la connaissance d’une méthode de traitement aujourd’hui aussi quotidienne réside uniquement dans la jeunesse du procédé.

En Juin 1941 (Société d’études de la Tuberculose) Santy et Bérard pouvaient seulement apporter 36 cas à l'analyse, et Le Foyer et Delbecq dans l'édition de 1043 de leur traité ne réunissaient entre 1938 et 1942, que 115 opérés. C’est à partir de 1944-45 surtout qu'en France la pratique du Pneumothorax extrapleural s’est généralisée. Les garanties nouvelles données par l'usage de la pénicilline, une meilleure connaissance des soins à donner aux si inquiétantes complications initiales, en ont fait une opération qui, deux ou trois ans plus tard, était, dans la plupart des centres chirurgicaux, employée aussi où plus fréquemment que la thoracoplastie.

Ainsi, le plus grand nombre des pneumothorax extrapleuraux connus du médecin n’a pas encore 4 ans d'âge et les tuberculeux qui en sont

porteurs sont toujours soumis aux insufflations, tandis que le phtisiologue reste indécis sur la conduite à tenir à leur sujet.

Pour participer à la constitution de ce dernier chapitre du dossier, nous joignons aux quelques études parcellaires ou globales (Herzog, Monod, Bonniot, Juttin), l'analyse du comportement d’une série de pneumothorax extrapleuraux dont la création remonte à 5 ans au moins. Les nombres dont nous faisons état paraissent faibles aujourd’hui puisque sur une période de 4 années (1944-45-46-47) le chiffre des pneumothorax extrapleuraux suivis n’atteint pas 200, alors que dans les trois années suivantes (1948-49-50) il en aurait comporté 738 réalisés par le même chirurgien (Docteur Magnin) dans la même station sanatoriale d’Hauteville.

Cette comparaison numérique doit être soulignée. Elle montre que les indications du pneumothorax extrapleural ont été considérablement élargies. Cet élargissement que l’avenir justifiera dans beaucoup de cas, nous l’espérons, s’est réalisé au profit de malades précédemment voués à la thoracoplastie ou à l’abstention thérapeutique. Le pneumothorax extrapleural a été appliqué à des lésions apicales limitées, chez des malades qui répugnaient au désossement, et à des infiltrations rebelles, séquelles de traitement antibiotiques, qui, peut-être, auraient trouvé leur guérison dans une cure sanatoriale très prolongée. Bénéfciant d’un côté de ces tuberculeux peu atteints, il s’est, d’un autre, attaqué à des formes plus graves ou moins classiques : tuberculose des gens âgés (50 à 60 ans), tuberculose au cours de la grossesse, grandes cavernes, formes pneumoniques, localisations lobaires inférieures, cavernes résiduelles sous pneumothorax incomplets: Ceci fait que, pour tirer conclusion actuelle des observations de -nos malades anciens, il nous faudra consacrer un chapitre primordial aux résultats considérés d’après les lésions initiales,

Parallèlement à la forme anatomique de la lésion parenchymateuse qui a nécessité la collapsothérapie, nous serons contraints, dans l’appréciation de nos résultats, de tenir compte du terrain, (en particulier des formes postpubertaires si graves) et surtout de la bilatéralité ou de la bilatéralisation des atteintes tuberculeuses.

S'il nous a semblé indispensable d’attacher à chaque aspect local de l’action finale du pneumothorax, un schéma d’ensemble de la maladie tuberculeuse qui en était responsable, nous avons par contre volontairement limité nos observations et notre enquête à la période postsanatoriale de l'existence du tuberculeux soumis à cette méthode. Notre objet dans ce travail n’est pas en effet d'établir un pourcentage des succès et des complications de ce moyen collapsothérapique vis-à-vis de tous les cas où il a été employé, mais de rechercher de quelle façon il a pu être conduit jusqu'à la période logique de son interruption et quelles ont été les conséquences de son abandon.

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Nous avons pour cela adressé à 101 malades, porteurs de 201 pneumothorax exirapleuraux (10 bilatéraux) qui avaient quitté le Sanatorium avec un collapsus bien installé, le questionnaire suivant :

1° Votre extrapleural est-il toujours entretenu ?

2° Si non, à partir de quelle date n’a-t-il plus été insufflé ?

3° Son abandon, s’il a eu lieu, a-t-il entraîné la nécessité de ponctions ?

4° Si oui, ces ponctions ont-elles retiré du pus ?

5° L’abandon de votre extrapleural, s’il a eu lieu, a-t-il nécessité une thoracoplastie de remplacement ?

6° Quel est le résultat :

a) de votre dernière radiographie ?

b) du dernier examen de crachats ?

7° Qu'est devenu votre poumon opposé depuis l'opération ?

8° Travaillez-vous ? A quelles occupations ? Depuis quand ?

Nous avons reçu 131 réponses rédigées 4 fois sur 5 par le médecin traitant ou le dispensaire. Nous avons reçu en outre, pour un certain

nombre de cas douteux, soit des clichés récents, soit la visite des malades qui nous a permis un examen local et général complet.

L'analyse de ces réponses et de ces examens comporte plusieurs chapitres.

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