CO? +C — 2C
Si le courant d'anhydride carbonique est lent et si la couche de charbon est suffisamment longue, la transformation peut être complète. D'après Dubrunfaut celte transformalion ne serait possible qu’en présence d’une trace d'humidité; Dumas (!) a contesté ces conclusions et a constaté que CO? parfailement sec passant sur du charbon privé d'hydrogène pouvait être transformé en CO.
L'hydrogène, l'hydrogène sulfuré réagissant au rouge sur le gaz carbonique, le réduisent avec formation d'oxyde de carbone. De même un grand nombre de mélaux réduisent CO? à la température du rouge avec formation d'oxyde de carbone : il en est de même dans l’action du charbon, de cerlains métaux, sur les carbonates. Nous reviendrons du reste sur ces réactions à propos du gaz carbonique.
Quand on chauffe à des températures élevées les oxydes métalliques avec du charbon, la plupart de ces composés sont réduits, en donnant un mélange d'oxyde de carbone et de gaz carbonique : avec les oxydes facilement réductibles (CuO par exemple) on obtient surtout CO?; avec les oxydes difficilement réductibles (ZnO, Fe?0?), il y a surtout formation d'oxyde de carbone. Les oxydes alcalino-terreux ne sont réduits par le carbone qu’à la température du four électrique, mais dans ces conditions un excès de carbone s’unit au mé- {al pour former un carbure : il y a dégagement d'oxyde de carbone.
Ca0 + 3C =1C0 L Cac
En présence d’un excès de chaux, celle-ci à la température de fusion agit sur le carbure avec formation de CO (Moissan) (?).
CaC? + 2CaO — 3Ca + 2C0O
L'oxyde de carbone se forme dans une foule de réactions reposant sur la réduction de dérivés oxygénés par le charbon : c’est ainsi qu'il y a dégagement de CO dans la préparation industrielle du phosphore, des métaux alcalins, du fer, du zinc, du nickel, etc.
On obtient également CO dans la décomposition par la chaleur
(CAC MR 15 011; (2) Bull. Soc. chim., (3), 27, 663.
COMPOSÉS OXYGÉNÉS DU CARBONE. 17 ou par différents réactifs des métaux carbonyles (nickel carbonyle, fer carbonyle.
L'oxyde de carbone se forme dans un grand nombre de réactions obtenues en partant de dérivés organiques. Dans la distillation sèche des matières organiques il y a formation de CO. L'alcool éthylique C*H°O chauffé vers 800°-820° est d’abord décomposé en aldéhyde et hydrogène, puis l'aldéhyde C°H‘O est détruit avec formation de CH: + CO (Ehrenfeld) (!).
Bone et Smith (?), dans la décomposition de l’aldéhyde formique CH?0, entre 400° et 11259, ont obtenu de l'hydrogène et de l’oxyde de carbone.
On doit à Sabatier et Senderens (?) des recherches très importantes sur la décomposition des divers alcools à température peu élevée par l’action catalytique des métaux divisés. Avec le cuivre réduit la décomposition des alcools primaires commence à 200° avec formation d’aldéhydes et d'hydrogène; au-dessus de 300° les aldéhydes sont décomposés eux-mêmes en oxyde de carbone et carbures en C"-t, Avec le nickel réduit, plus actif, on obtient déjà à 150° les produits de décomposition des aldéhydes. Senderens (*), dans l’action des catalyseurs déshydratants sur différents produits réagissant à des températures convenables, a observé la formation de CO dans la décomposition d’un grand nombre de corps (acide acétique, acétone, oxalate d’éthyle, etc.).
Il y a formalion d'oxyde de carbone dans la combustion incomplète des malières organiques (gaz d'éclairage, décomposilion explosive des carbures). Quand la combustion du celluloïd se fait en présence d'une quantité d'oxygène insuffisante, il y a production d'oxyde de carbone accompagné d’autres gaz losiques, tels que acide cyanhydrique, composés oxygénés de l'azote (Will) ()
Un grand nombre de substances organiques soumises à l’action des déshydratants sont décomposées avec formation d'oxyde de carbone; quelques-unes de ces réactions ont été signalées depuis longtemps : on doit à Bistrzycki et V. Siemiradzki (f) une revue
(1) J. f. prakt. Chem., (2), 67, (2) J. chem. Soc., 81, ATOS
() Bull. Soc. chim., (29 50 7 (*) Bull. Soc. chim., (4), 3, 825.
(5) Zischr. ange. Chem. 19 M7 (°)
Ber. chem. Ges., 39, 51.
d'ensemble des réactions dans lesquelles il y a séparation d'oxyde de carbone en partant des dérivés organiques, travail dont nous pouvons extraire quelques données inléressantes.
Ces réactions peuvent être ramenées à quelques-unes dont nous ne citerons que les principales.
I Séparation de CO aux dépens de l'acide formique et de ses dérivés immédiats. Dœbereiner (!) le premier a constalé en 1821 que l'acide formique ou les formiates traités par l’acide sulfurique concentré élaient décomposés avec dégagement d'oxyde de carbone.