‹ Compositeur typographe de Québec, Canada (Amérique du Nord) salarié à la semaine [microforme]Chapitre 3 sur 45 · QUÉBEC : LE SAINT-LAURENT ET LE CHATEAU FRONTENAC · texte numérisé non relu

QUÉBEC : LE SAINT-LAURENT ET LE CHATEAU FRONTENAC

(Vue de l'Université Laval)

Montréal et le pays des grands lacs. Quatre voies ferrées pénètrent dans la ville par le nord-ouest : le chemin de fer Canadien du Pacifique, dont le réseau s'étend jusqu’à Vancouver sur l'Océan Pacifique, à sept jours de Québec ; le chemin de fer Quebec et Luc Saint-Jean, reliant Québec avec la région si fertile du lac Saint-Jean, région de colonisation qu'on appelle déjà le grenier de la province de Québec; le chemin de fer du Grand- Nord, reliant Québec avec Parry-Sound, — ville située sur la baie Georgienne, lac Huron, — et transportant surtout le grain de l'Ouest, amené à Parry-Sound par les lacs ; enfin le chemin de fer Montmorency-Char. levoiæ, ligne encore peu importante au point de vue du commerce, son réseau ne s'étendant qu’à quarante-huit kilomètres de Québec vers l'est.

Un pont actuellement en construction reliera bientôt Québec et Lévis, petite ville située sur la rive sud du fleuve, et permettra la rentrée à Québec du chemin de fer de l’Intercoloniat dont le réseau traverse les provinces de l'est jusqu’à Halifax sur l'Atlantique (1,087 kilomètres de Québec), ainsi que des chemins de fer du Québec-Central et du Grand- Tronc, qui se dirigent vers le sud et relient la ville aux États-Unis.

Le climat est tempéré-froid, il est trés sain. La situation de la ville sur un rocher assez élevé lui assure un air toujours pur et rend le service de drainage aussi facile qu’efficace.

Il n’y a pas de richesses minérales particulières : les seuls gisements de minéraux exploités sont ceux de calcaire. On s’en sert pour la fabrication de la chaux et pour la construction. On exploite aussi pour ce dernier usage quelques lits de grès.

Québec était renommée autrefois pour ses chantiers de construction de navires en bois; mais depuis que les navires en fer les ont remplacés, cette industrie est absolument disparue. Aujourd’hui, la principale industrie est celle de la chaussure, Un grand nombre de manufactures s'élèvent dans la partie basse de la ville, et emploient la plupart des ouvriers québecquois. Outre les manufactures de chaussures, il y a un grand nombre d'établissements où l’on s'occupe de l'industrie du cuir et des matériaux nécessaires à la cordonnerie.

Le port de Québec recoit un nombre assez considérable de navires transatlantiques qui procurent de la besogne à quantité d'ouvriers débardeurs. Les articles exportés par le port de Québec sont surtout : le bois de construction, les grains, blé, avoine, maïs ét farine, le beurre et le fromage, les animaux, etc. Les articles d'importation sont : les tissus de coton, de laine, de soie, de lin, les articles de modes; les épiceries, thés, spiritueux, vins; le fer, l'acier, la quincaillerie; les articles de chapellerie et les fourrures ; les livres et pepiers, etc.

-aébec est la troisième ville du Canada par sa population; elle vient après Montréal et Toronto. Le recensement de 1901 lui donne 68,834 habitants, dont 31,532 hommes et 37,802 femmes. On compte 11,776 familles ayant en moyenne 5 à 6 membres (5.849). Il y a 10,812 hommes et 10,695 femmes mariés; l'écart s'explique par le fait que plusieurs hommes résident à la ville, tandis que leur famille est à la campagne. On compte 19,756 hommes et 24,348 femmes non mariés ; 967 veufs et 2,558 veuves.

Fondée en 1608, par Samuel de Champlain, qui y planta le drapeau de la France, Québec fut peuplée par des émigrants francais venus surtout de la Normandie, du Perche et des provinces du nord et du sud de

la Loire : la Bretagne, le Maine, l'Anjou, l'Aunis, l’Angoumois, le Poitou et la Saintonge. Bien que cédée à l’Angleterre par le traité de Paris en 1763, Québec est encore aujourd'hui une ville presque entièrement française. A peine un septième de la population est-il d'origine étrangère (5,700 Irlandais, 3,300 Anglais et 1,100 Écossais).

Les familles canadiennes comptent toujours un grand nombre de membres; il n'est pas rare d’y trouver 10, 12, 15 enfants, et quelquefois davantage. Cette fécondité remarquable explique comment les 60,000 Francais restés au Canada après la cession du pays à l'Angleterre en 1763, se sont multipliés au point de former aujourd'hui un petit peuple d'au delà de 3 millions d'âmes. La moyenne des naissances dans la province de Québec est de 36.6 par 1,000 habitants. En 189%, les registres de l’état civil ont constaté dans la ville de Québec 2,194 naissances, 1,549 décès et 21 mariages.

Les ouvriers, à Québec, occupent une position réellement enviable. Un très grand nombre d’entre eux sont propriétaires ; ainsi, dans le quartier Saint-Sauveur, sur 1,800 propriétaires, à peu près 1,600 sont des ouvriers. Les engagements sont à la journée et à la semaine, excepté dans les manufactures où l’on travaille d'ordinaire à la pièce. Les salaires sont assez élevés (K 20) et l'ouvrier sobre et honnête peut non seulement se suffire à lui-même, mais procurer à sa famille une modeste aisance, assez semblable à celle du bourgeois.

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