‹ Compositeur typographe de Québec, Canada (Amérique du Nord) salarié à la semaine [microforme]Chapitre 38 sur 45 · IL. Chaussures de femmes · texte numérisé non relu

IL. Chaussures de femmes

Talonneurs .

Travail des femmes :

Confection des boutonnières . . . . . . . . . . . . . . .. 2 00 Couture dés boutons. 155 Sn A aa aie col 8 75 Couture des empeignes (articles d'hommes) : . 2: ! ! : : | 2 50

(articles de femmes) . PT ET Fautiure: dessrentoets RE RES MEN 0 25

SUR UN DIFFÉREND OUVRIER TRANGHÉ PAR L'ARBITRAGE DE L'ARCHEVÈQUE DÉ QUÉBEC

La fabrication de la chaussure constitue la principale industrie de Québec; elle emploie près de deux mille ouvriers. Aussi, de toutes les associations ouvrières existant dans la ville, les plus importantes, du moins par le nombre, sont les Unions des ouvriers cordonniers. Ils ont établi trois associations : l’l'nion des tailleurs de cuir, fondée le 15 janvier 1886, constituée en corporation légale en 1888, et qui compte au delà de deux cents membres; l'Union protectrice des monleurs, fondée en 1889, dont les membres sont plus de quatre cents; et l'Union des cordonniers machinistes, fondée en 1891, et comptant aujourd'hui au delà de douze cents membres. Ces Unions, calquées sur les sociétés ouvrières anglaises et américaines, ont pour but la protection et le soutien mutuel des membres dans l'exercice de leur métier.

Pendant les premières années de leur existence, les Unions eurent avec les patrons des relations très cordiales; mais bientôt, conscients de la force que donnait à l'association le nombre des membres qui augmentait chaque jour, les chefs commencérent à dicter aux patrons certaines conditions du travail. Ils exigérent des manufacturiers qu'ils n’employassent que des ouvriers faisant partie des Unions. Pour imposer leur volonté, ils allérent jusqu’à la grève. L'engagement d'un ouvrier n’appartenant pas aux Unions amenait immédiatement la cessation du travail des ouvriers affiliés, et il en résultait des pertes considérables pour le patron. Les Unions devinrent de jour en jour plus exigeantes, et bientôt, à la moindre difficulté avec les patrons, les ouvriers quittaient le travail en bloc.

Un tel état de choses mécontenta fort les fabricants de chaussures, qui montrèrent bientôt une grande antipathie pour les Unions ouvrières. En 1899, à l’occasion d'une grève, les manufac. jiers accordèrent une augmentation de salaire de 20 °/,, mais à ceux-là seuls des ouvriers qui s’engageraient par écrit à ne faire partie d'aucune Union. Les ouvriers acceptèrent en masse cette condition et signérent l'engagement de sortir de leurs associations. Cependant ils n’en firent rien, et un mois était à peine écoulé, qu'ils exigeaient une nouvelle augmentation de salaire,

De plus, des difficultés particulières s'élevaient souvent dans les manufactures, et amenaiant la cessation du travail. Un patron ayant voulu remplacer un cordonnier machiniste, ses compagnons s'opposèrent à ce changement et quittèrent l'ouvrage.

Un autre industriel ayant remercié un ouvrier qu'il jugeait incompétent, et l'ayant remplacé par le contremaitre de l'usine, vit tous les autres ouvriers quitter l'ouvrage, si bien qu'il fut forcé de reprendre l'ouvrier renvoyé.

Des contestations de même naturs s'étant élevées au mois d'octobre 1900 dans une autre manufacture, les patrons fondèrent entre eux une association pour se protéger et décidèrent de fermer leurs établissements. Le 97 octobre, vingt et une manufactures de chaussures fermérent leurs portes; le 30 octol,se, une vingt-deuxième fit de même, de sorte qu'il n'en restait plus que quatre en activité, à Québec, à la fin du mois. Les ouvriers comprirent que cette action était dirigée contre les Unions, et avait pour but de les forcer à cesser d'en faire partie.

Dans une entrevue publiée par l'Événement |}, les manufacturiers exposèrent les motifs de la décision qu'ils avaient prise. C'étaient les griefs que nous avons énumérés. « La question se résume à savoir si les ouvriers continueront gérer les manufactures à leur gré, ou si les patrons, qui ont leurs capitaux engagés dans l'industrie, auront le droit d'administrer leurs ateliers à leur gré et d'employer les ouvriers qui leur conviennent, qu'ils soient ou non membres des Unions. »

La fermeture des manufactures laissait sans travail environ 5,860 personnes : ?,390 hommes au-dessus de dix-huit ans, 1,115 femmes, 185 jeunes gens et 110 jeunes filles. I1 y avait aussi 20 garcons de douze à quatorze ans. Outre les ouvriers directement atteints, un grand nombre de personnes, engagées dans d’autres métiers, eurent à souffrir indirectement, notamment les employés des manuf.tures de boîtes en bois et en carton, les tanneurs et les corroyeurs, dont plusieurs furent congédiés par suite du manque d'ouvrage.

Il ne fut fait aucune démarche pour régler les difficultés jusqu'au 14 novembre, date à laquelle l'avin suivant parut dans la presse locale.

(1) L'Erénement du 27 oc tobre 1902, article intitulé : La fermeture des manufactures. Exposé de la situation.

N° 404. — comPosiTeUR TYPOGRArUE DE Québec.

Avis aux ouvriers

Les ouvriers qui désirent reprendre l'ouvrage pourront se rendre aux manufactures où ils étaient employés lors de la fermeture. Toutes les autres personnes désirant apprendre à travailler dans la chaussure peuvent aussi se présenter, Les patrons leur feront connaitre les conditions auxquelles ils pourront obtenir de l'emploi.

Sur production du permis qui leur sera remis par les propriétaires de manufactures, je leur ferai signer les documents requis déposés à mon bureau. Plusieurs ouvriers ont déjà signé ces documents, et je me tiendrai à mon bureau de huit heures a, m. à dix heures p. m. à la disposition des autres.

Les ouvriers pourront en même temps prendre communication des droits, charges et obligations d'un bureau d'arbitrage qui vient d'être formé pour le règlement des difficultés futures, et dont les membres ont fait à ce sujet leur déclaration solennelle devant moi, hier, le 12 du courant.

L'avis était signé par un notaire.

Le 12 novembre, l'association des manufacturiers s'était entendue sur une ligne de conduite à suivre afin de traiter avec leurs employés, [ls avaient préparé des documents que ceux-ci devaient signer avant d'obtenir du travail dans les manufactures appartenant aux membres de l'association, et un bureau d'arbitrage avait été formé dans le but de régler les difticultés qui pourraient survenir à l'avenir entre les patrons et les employés.

Voici ces documents littéralement transcrits :

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