‹ Compte-rendu des observations géologiques faites dans la région du Saguenay [microforme]Chapitre 4 sur 6 · PEN · texte numérisé non relu

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Métabetchonan et de Charlevoix, et le premier rang de Roberval. Plus loin, au sud, commencent les collines granitiques laurentiennes. Toutefois, ces limites ne sont qu'approximatives, vu que je n'ai pas eu l'opportunité de les étudier dans tous leurs détails. Il serait très i: téressant de déterminer rigoureusement cette ligne de démarcation, ainsi que de s'assurer si la bande calcaire, après avoir contourné la Pointe-Bleue, n’envahit pas le vaste bassin où coule l’Ashouapmouchouan et ses nombreux affluents. Il y a tout lieu de croire qu'un autre bassin paléozoïque, également développé, se trouve encore en cet endroit.

L'île calcaire: dont parle sir William Logan, et qui se trouve à l’embouchure de la Petite-Décharge, a des proportions très grandes. Lorsque les eaux sont basses, sa surface se découvre sur une étendue de trois où quatre milles de long et de deux de large. On peut encore suivre cette même formation, sous l’eau, à une grande distance de l’île elle-même. Cette dernière est peu élevée, et durant les grandes eaux elle est complètement cachée, sauf la tête des arbres qui en recouvrent la surface. Les lits, toujours horizontaux, abondent en fossiles, coraux, brachiopodes, gastéropodes, céphalopodes, etc.

Il est naturel de supposer que cette île calcaire est l’origine de tous les galets calcaires que l’on trouve assez souvent sur les rivages de la décharge du lac Saint-Jean, et cela en des endroits fort éloignés, apparemment, de toute formation calcaire. C’est ainsi que j'ai remarqué de ces galets au Grand-Remou, au rapide Gervais et à plusieurs endroits sur les rives de la Petite-Décharge. Ils sont arrachés par les glaces et transportés ça et là durant les crues du printemps.

J'ai encore trouvé des lits calcaires en plusieurs localités, vers l'extrémité orientale du lac Saint-Jean, à tel point que cette formation devait recouvrir autrefois toute cette partie du pays où se trouvent maintenant les parroisses de Saint-Jérôme, d'Hébertville, de Grammont et d’Alma, sauf quelques îlots laurentiens. Ils ont été plus tard enlevés par les différents agents d’érosion.

En eftet, les galets calcaires y sont très nombreux, assez même quelquefois pour permettre l'installation de fours à chaux. Entre autres localités doivent être signalés à ce sujet : le 35e lot du septième rang de Signay, les 7 et 8e lots du premier rang d'Alma, différents lots situés à une faible distance au nord-est de l’église de Grammont, et près de l’église de Saint- Jérôme. De plus, le calcaire se trouve encore 2 situ en plusieurs endroits. *

Les lambeaux détachés de calcaire de Trenton ont une importance industrielle pour la fabrication de la chaux, et ils sont aussi intéressants au point de vue géologique en ce qu'ils indiquent l'étendue autrefois couverte par l'océan cambro-silurien, La découverte d'autres de ces lambeaux, dans la vaste région laurentienne encore inexplorée comprise entre la baie d'Hudson et le Saint-Laurent, pourra peut-être prouver que le noyau continental laurentien a été complètement ou en grande partie submergé, peut-être plus d’une fois, dans les

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LAFLAMME. | SAGUENAY ET LAC ST-JEAN. 15 p

Sur l’île d’'Alma, à vingt arpents à l’est de la baie Trépanier, il y a une saillie de calcaire qui repose encore directement sur le granit. Par exception, les lits sont fortement inclinés vers le nord-est,

De l’autre côté de l’île d'Alma, sur la rive droite de la Grande-Décharge, même formation calcaire, Il en est de même au 25° lot du huitième rang de Signay, où des lits de calcaires horizontaux sont comme enfoncés dans un nid de granit, Au point où le chemin du troisième rang de Caron traverse la rivière Koushpaganish, celle-ci coule sur des lits calcaires, légèrement inclinés vers le nord et recouverts pas plus de cent pieds d'argile. Plus loin à l'ouest, le calcaire existe encore sur les lots 7 et 8 du premier rang de Métabetchouan. L'inclinaison y est de 30° vers le nord et leur épaisseur visible d'une qnarantaine de pieds. Les lits sont puissants et constitueraient une bonne pierre à bâtir. Leur déploiement a douze ou quinze arpents de long sur cinq ou six de large. En allant du côté d'Hébertville, des lits analogues se montrent près du lac à la Croix, dans une petite dépression laurentienne qui leur a servi de rempart contre l'érosion glaciaire,

Un fait remarquable est que dans tous les contacts que j'ai pu observer entre le laurentien et le Trenton, le dernier repose directement sur le premier ; nulle trace des grès de Potsdam ou de Chazy. De plus, bien que les schistes d'Utica ne se rencontrent qu’en un petit nombre d’endroits, on en trouve cependant des débris sur le rivage du lac et très souvent à l’intérieur des terres, à tel point qu'on est forcé de conclure que toute l'étendue du Trenton était autrefois recouverte de cette formation. Nous avons signalé, dans le cours de ces remarques, le fait que le calcaire se trouve assez souvent dans des nids granitiques. Or, ces dépressions des collines laurentiennes ont dû nécessairement exister au fond de l'océan paléozoïque où se déposaient les lits calcaires. Par conséquent, même durant l’époque cambrossilurienne, l'érosion avait déjà attaqué fortement les granits et les gneiss, quelque durs qu’ils fussent, et modifié considérablement leur surface,

11 me reste à signaler un dernier gisement calcaire qui se trouve sur les 3e et 4 lots du troisième rang de Bagot, près du quatrième rang. Le calcaire est visible sur une superficie de trois ou quatre arpents. Ailleurs, il est complètement recouvert par les argiles quaternaires, Ici encore, comme dans toute la région du Saguenay, la pierre à chaux repose directement et immédiatement sur le granit. Les fossiles n’y sont pas rares et on y trouve également des cavités remplies de pétrole.

âges paléozoïques reculés. Ces oscillations réitérées et la grande dénudation qui en est résulté peuvent avoir facilement effacé tout :s traces des formations qui recouvraient autrefois le laurentien. Ce n'est donc que dans : “ens modifié que l'on peut attribuer l'étendue actuelle de ces lambeaux paléozoïques à l'érosion glaciaire, qui n'a été que l’un des derniers agents de dénudation qui ont contribué à produire la topographie actuelle. —A, R. CS.

Dans la grande plaine qui comprend les paroisses de Chicoutimi, Grand- Brûlé, Saint- Alphonse et Suint-Alexis, je n'ai pas trouvé le calcaire ailleurs qu'à l'endroit mentionné ci-dessus. Cependant, il est assez probable qu'on devrait le rencontrer sous l'argile en plusieurs localités. En etfet, ces paroisses se trouvent à former comme un grand bassin analogue à celui de Sainte-Anne, Les affleurements laurentiens y sont rares et peu élevés. La surface générale du pays est assez plane, sauf les ravins creusés par Îles rivières et les ruisseaux, De plus, on à exploité, il n'y a que quelques années, des lits de pierre à chaux près de l'endroit appelé es battures, sur la rive droite du Saguenay, à peu près à la hauteur du calcaire de Bagot. [1 n’est done pas impossible que nous ayons là encore un autre bassin paléozoïque dans lequel l'érosion d'abord, et l'accumulation des détritus glaciaires ensuite, ont fait disparaître la plus grande partie des dépôts priinitifs.

Pour récapituler, je dois dire qu'à part les formations cambro-siluriennes signalées par sir William Logan, la région du Saguenay en renferme encore d’autres situées dans la paroisse de Sainte-Anne, différents petits ilots à l'est du lac Saint-Jean, et des dépôts assez restreints dans la plaine de la Grande-Baie, de telle sorte que la mer paléozoïque devait avoir de ce |

côté une étendue au moins aussi grande que l'océan quaternaire,

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