LAFLAMME | SAGUENAY ET LAC ST-JEAN
dantes dans les ravins creusés par les cours d’eau. Ces sources jaillissent toujours à la ligne de démarcation entre les argiles et les sables.
A ce point de sortie se produit quelquefois une action chimique assez remarquable, Les matières ferrugineuses qui se trouvent dans le sable et l'argile sont décomposées. Il en résulte une formation plus ou moins abondante d'ocre jaune, qui est entraîné par les eaux des sources, Sans doute que les plantes marécageuses, qui poussent fort nombreuses dans cos endroits, jouent dans ces changements chimiques un rôle très important.
Cette formation de limonite se constate particulièrement dans la partie supérieure de la rivière Mistoue, le long de la rivière des Aulnets et de la rivière à l’'Ours. Mais l'endroit le plus remarquable à ce point de vue est à l'origine de l’une des branches de la rivière aux Vases. Ily a là un petit vallon entouré sur trois côtés d’une de ces savanes sablonneuses, L'eau jaillit en sources abondantes, qui s'échappent en plusieurs petits ruisseaux dont la réunion constitue l’un des principaux affluents de la rivière aux Vases, L'ocre qui se forme sur le flanc du vallon est entraîné par l’eau et vient se déposer dans la partie inférieure. Il y a là un dépôt d'oxyde de fer don l'épaisseur varie de trois à douze pieds, sur une étendue de plus de douze arpents en longueur sur cinq ou six en largeur. Les parties superficielles sont jaune-rouille, mais cette couleur disparaît à une certaine profondeur et la masse devient brun-verdâtre. Cet ocre renferme très peu de silice et pourrait s’exploiter avec beaucoup de facilité.
A partir des Terres-Rompues, en remontant le Saguenay, les dépôts argileux n'ont pas cette surface générale régulière que nous leur trouvons plus bas. Ils restent cependant toujours stratifiés, mais ils ont été labourés par les eaux à un point tel que leur surface primitive est complètement disparue. Ce ne sont plus que des mamelons argileux ou sableux jetés au hazard à travers les rochers laurentiens. Au rapide Gervais, la surface générale redevient régulière et reste ensuite la même jusqu’au lac Saint- Jean. Cependant, le voisinage immédiat de la Décharge et du lac Kénogami est toujours plus tourmenté que les contrées plus éloignées, ce qui atteste l’action de l’eau sur une grande échelle, au moment où le bassin du lac se rétrécissait à la fin de l’époque Champlain.
Lorsqu'on examine l'ensemble des terrasses du lac Saint-Jean, un fait frappe tout d'abord : c'est que ces terrasses sont bien plus élevées sur le rivage sud-est du lac qu'en aucun autre point. A Hébertville, par exemple, elies atteignent tout près de 200 pieds, au-dessus du lac. A partir de ce point central le niveau s’abaisse, le plus souvent insensiblement, jusqu’à Snint-Prime d’un côté et jusqu'à Grammont de l’autre.
Ce fait me paraît susceptible d'une double explication, Il est possible que le mouvement de soulèvement qui à marqué la fin de l'inondation postglaciaire ait été plus accentué en ce point du rivage qu'ailleurs. Ou
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encore, les phénomènes d'érosion ont pu se faire sentir davantage près de la Décharge et à l'extrémité opposée, près de l'Ashuapmouchouan, de manière à en enlever la plus grande partie des terrasses sablo-argileuses. La première explication me semble préférable, d'autant qu'on ne voit pas à la surface des terrasses de Grammont, de la Décharge et de la rivière à la Pipe, ce ravinement profond qui aurait dû se produire en ces endroits comme il s’est produit plus bas, le long de la Décharge, là où les eaux ont agi avec une grande énergie. Toutefois, je ferai remarquer que le rivage nord-est du lac, entre la Décharge et Péribonka, devrait être soumis à un examen détaillé avant d'adopter sur ce point une conclusion définitive,
Les rivières qui se déchargent du côté du nord dans le lac Saint-Jean y apportent une quantité énorme de sable, provenant de la décomposition lente des rochers qui bordent la partie supérieure de leur cours. Ces sables se distribuent d’abord dans le lac et tendent à le remplir. Ils sont bien différents des dépôts sableux du quaternaire proprement dit, vu qu'ils renferment une quantité considérable de grenats et de magnétite.
Ces masses sableuses s'accumulent encore en dunes étroites sur le rivage depuis la rivière au Cochon jusqu’à Saint-Jérôme. Le vent, qui joue le principal rôle dans la formation de ces dunes, y opère comme une espèce de triage. Le grenat et l'oxyde magnétique, qui sont très lourds, restent sur le bord de l’eau, tandis que les grains quartzeux plus légers sont poussés à l'intérieur vers le sommet des dunes. Celles-ci atteignent en certains endroits 190 pieds de hauteur. Une fois ces collines arides traversées, le sol redevient argileux et fertile. Il est constitué par les terrasses quaterraires ordinaires.