LXXVI COMPTE-RENDU DE L’EXPOSITION
verte ne germera pas. Que deviendront alors les nombreux travaux qui ont précédé, les labours d’abord, les roulages et hersages, ensuite, enfin les engrais mis en terre? Tout cela constitue un capital dont une partie sera perdue et l’autre ne portera pas intérêt. L'Angleterre a parfaitement compris la position faite au cultivateur d’aujourd’hui, aussi, à l’aide des encouragements prodigués avec intelligence, elle est arrivée à posséder une collection d’instruments aratoires, pour toutes les opérations de la ferme, bien supérieurs à tout ce que peuvent offrir en ce genre les autres pays de l’Europe.
Non seulement elle a spécialisé les charrues, selon les circonstances de sols et de cultures qu’elles ont à rencontrer, mais encore les herses, les rouleaux, en un mot tous les instruments de culture. Après avoir autant fait pour la préparation du sol, elle devait placer la semence dans les meilleures conditions possibles, non-seulement de germination mais encore de végétation, pour réaliser, dans le produit de la récolte, tout ce que le cultivateur doit espérer de ses nombreux travaux, pour faire de son art une spéculation lucrative. Et c’est ici peut-être que l’agriculture a fait le plus de progrès ; la perfection des semoirs mécaniques est arrivée à ce point que l’on peut, quelque soit le relief du terrain, semer par arpent une quantité variable de graine, à une profondeur variable, selon les circonstances de terrain et de culture. Avec cet instrument le cultivateur est certain du grain de semence placé dans son champ. Non seulement ce grain se trouvera ainsi dans les meilleures conditions d’humidité, de chaleur, qui assurent la germination, mais encore cette graine produira une plante assez isolée de ses voisines pour jouir des conditions d’air, de lumière et autres qui lui assurent encore une bonne végétation et au cultivateur une bonne récolte.
Les machines à battre anglaises ne sont pas moins parfaites ; j’ai vu de ces machines qui engloutissaient les gerbes d’un côté, de l’autre, emmagasinaient d’elles-mêmes la paille battue, et ensachaient le grain séparé en première, seconde et troisième qualité. L'agriculture arrivée à ce point de perfection, ne se contenta plus de chevaux, comme force motrice, il lui fallut la vapeur et sa puissance, Cette introduction qui, dans la ferme, ne date que de quelques années est aujourd’hui générale en Angleterre et promet de l’être avant peu en France, en Belgique, aux Etats-Unis. Partout la vapeur est économiquement employée, pour le battage des grains, l’approvisionnement de l’eau, le coupage des pailles, foins, racines, le concassage des grains, etc. Depuis quelques années une nouvelle application de la vapeur menace d’opérer une révolution complète dans l’économie agricole. Les labours qui veulent être faits à temps opportun, à une époque déterminée, ont exigé jusqu’à ce jour un certain nombre d’attelages correspondant en général à l’étendue labourée annuelilement ; quand aux autres travaux de la ferme ils sont insuffisants pour oceuper économiquement les attelages pendant le reste de l’année. Retrancher le labour ce serait donc retrancher plus de la moitié des attelages nécessaires et c’est ce qui est arrivé en Angleterre, par emploi de la charrue à vapeur, dont l’invention n’est pas une rêverie d’utopiste, mais bien un fait accompli et pratique pour plus de 40
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