‹ Compte-rendu des travaux de la Chambre d'agriculture du Bas-Canada [microforme]Chapitre 76 sur 98 · PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. LXXXII · texte numérisé non relu

PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. LXXXII

Les premiers SCARIFICATEURS dérivaient certainement de la herse : leurs pièces travaillantes étaient des dents plus fortes et plus longues que celles des herses et souvent aplaties à l’extrémité où même sur toute leur partie active, telles qu’on les voyait dans les scarificateurs exposés au dernier concours. De là le nom de dents donné aux pièces travaillantes des scarificateurs. Dans les appareils plus perfectionnés et surtout dans ceux qui fonctionnent avec de larges socs extirpateurs, les pièces travaillantes ne sont plus des dents. Ce sont des pieds armés, c’est-à-dire, portant à volonté des socs étroits ou larges. Les dents ne doivent pas êire tranchantes comme des coutres, car elles couperaient les racines, qui ne pourraient alors être arrachées et continueraient à végéter: de plus ces dents fendraient le sol sans l’ouvrir ni le remuer, à moins qu'elles ne soient très nombreuses.

Les armatures que la dent nue doit pouvoir porter sont :

lo. Un sabot destiné à remuer souterainement le sol en même temps que le pied le remue verticalement comme toujours. 20. Un petit soc pour remuer, fendre et extirper. 30. Un large soc pour saisir sous terre les mauvaises herbes et les forcer à sortir de terre arrachées par la courbure du pied ; 40. Une double lame tranchante pour couper nettement les racines qu’il n’est pas nécessaire d'extraire. Enfin 50 un petit corps de butteur pour donner une façon superficielle ouvrant, coupant, remuant et soulevant le sol. Avec les cinq armatures que je viens d’indiquer, le même instrument peut faire six espèces de travaux. Mais outre des dents de forme convenable et variable, permettant toutes espèces de façons, il faut encore des moyens d’augmenter ou de diminuer la profondeur de la culture. Pour cela on donnera aux dents une tendance à PIQUER constamment, une fois prises en terre, jusqu’à ce que des RoUEs-suPPoRTs arrêtent l’entruve. ‘l'elles sont les conditions auxquelles doit satisfaire un bon scarificateur extirpateur. Malheureusement les instruments de ce genre que nous possédons sont loin de les rencontrer toutes. Il ne faut pas accuser nos fabricants qui, certainement, méritent les plus grands éloges, pour toute la bonne volonté dont il font preuve, dans le luxe qu’ils déploient dans la construction de nos instruments aratoires. L’absence d’un bon modèle est à mon avis la seule raison de Pinfériorité de nos scarificateurs-extirpateurs, relativement à nos autres instruments. Et en présence de ce fait, tous les vrais amis du progrès agricole ne peuvent que désirer ardemment la possession pour notre pays d’un musé agricole, riche des meilleurs modèles en tous genres des instruments aratoires connus aujourd’hui.

HOUES-A-CHEVAL.—Quoique bien simple dans sa construction cet instrument est peut-être celui qui aujourd’hui a le plus d’importance au point de vue de notre progrès agricole. Quelle est lobjection principale de nos cultivateurs lorsqu'on leur conseille Padoption des récoltes sarclées sur une certaine étendue? Le manque de bras suffsants pour entreprendre ces récoltes, pour la raison toute simple que la pioche est le seul instrument connu, pour l’exécution des travaux qu’elles exigent et qu’à l’aide de cet instrument seul la culture des plantes sarclées, sur une certaine échelle, devient impossible.

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