‹ Compte-rendu des travaux de la Chambre d'agriculture du Bas-Canada [microforme]Chapitre 79 sur 98 · PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. LXXXV · texte numérisé non relu

PROVINCIALE AGRICOLE, 1858. LXXXV

avoine, orge ou trèfle, mais encore avec la même semence selon la nature du terrain à ensemencer. Et dans ce dernier cas, la quantité peut varier du simple au double, selon la richesse du sol, sa préparation plus ou moins complète, circonstances qui déterminent le nombre probable de graines ensemencées, ayant chance de germination.

On ne peut nier, en tenant compte de toutes ces circonstances, ce qu’il y a de difficile à exécuter une bonne semaille ; aussi s’applique-t-on aisément le petit nombre existant de bons semeurs, même avec les hauts pi dont sont payés leurs services. Eh bien! cette opération si difficile pour l’homme, le génie rural l’exécute à la perfection à l’aide de ses semoirs mécaniques qui, à juste titre, font l'admiration du monde, tant par l’agencement des parties que par la rmanière complète dont ils exécutent le travail.

Le concours agricole dernier en offrait quelques uns pour les petites exploitations. Ils pouvaient à peine donner une idée des semoirs à toutes graines, employés aujourd’hui en Angleterre. Ces semoirs placent la semence en lignes également espacés,en quantitées et à des distances variables, selon le bon plaisir du cultivateur. De plus, et c’est là un avantage inapréciable que le semoir à la volée n’atteindra jamais, le semoir place les sernences à la profondeur voulue à 1, 2 et 3 pouces indifféramment. Le cultivateur, après avoir étudié la nature du sol au point de vue de sa préparation, de sa richesse, après avoir étudié la nature de sa semence, au point de vue de sa faculté germinative, peut déterminer, aussi près qu’il est possible, la quantité de semence à appliquer et la profondeur à laquelle elle doit être enfouie ; puis en bien disposant son semoir dans ce but, il ensemencera son champ bien mieux que ne saurait le faire le meilleur semeur aidé des meilleurs instruments autres que le semoir.

Mais notre agriculture n’est point arrivée au point de perfection qui justifie emploi de ces instruments perfectionnés. Jusqu’à ce jour les semoirs n’ont été que dea instruments à bras destinés à la semence des récoltes sarclées, telles que betteraves, navets, fèves à cheval et autres, dont la culture, généralement sur de petites surfaces, n’exige rien de mieux que ce que l’on voyait au dernier concours.

A l’aide d’un semoir à bras ou à brouette, le cultivateur peut placer la .2mence en lignes, à la profondeur convenable et en quantité voulue. La seule objection que l’on puisse faire à cet instrument c’est de ne tracer qu’une ligne à la fois, mais du moment que la surface à encemencer n’excède pas 2 ou 3 arpents, c’est une objection qui n’a pas de valeur. .

Les instruments destinés à recouvrir les semences et à protéger les jeunes plantes sont tantôt des herses légères, qui en pulvérisant le sol et en l’ouvrant, le remuant, placent ainsi les semences à une profondeur déterminée ; tantôt c’est an rouleau qui en écrasant les quelques mottes qui restent à la surface du sol recouvre ainsi de leur poussière les graines, dont la petitesse exige une couverture légère pour germer; tantôt c’est une houe à cheval qui dans son passage arrache, coupe les mauvaises herbes qui sont l’ennemi le plus redoutable des jeunes cultures sarclées ; tantôt c’est un butteur qui en rechaussant les plantes, les abrite contre la sécheresse et leur donne une nouvelle vie.

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