‹ Compte-rendu général des travaux du Congrès international de statistique dans ses sessions de BruxellesChapitre 215 sur 418 · R. BIENFAISANCE. -ASSISTANCE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

R. BIENFAISANCE. -ASSISTANCE PUBLIQUE

BECEN8EMENT DES INDIGENTS. — DONNÉES QUI INDIQUENT EXACTEMENT L'ÉTAT DE L’INDIGENCE. — ADOPTION DE BASES UNIFORMES.

Pour comparer le nombre des indigents et l'état de l’indigence dans les différents pays, il est nécessaire, avant tout, de définir d'une manière positive et uniforme ce que l’on entend ]>ar indigence.

L’indigence est la privation du nécessaire; l’indigent est celui qui ne possède pas. par lui-même ou par sa famille, les moyens d’exister sans l’assistance d’autrui.

On a souvent confondu l'indigence avec la pauvreté. Il y a cependant entre ces deux termes une différence essentielle.

L’indigence est un mal absolu; la pauvreté n'est qu’un mal relatif. Le pauvre peut, à la rigueur, subsister sans recourir à l’aumône et sans obtenir île secours; l'indigent, sans aumône et sans secours, est inévitablement condamné à périr. Une population peut être pauvre sans être absolument indigente.

L’indigence revêt divers caractères ; elle est accidentelle, teinjioraire, ou bien elle est permanente et confirmée, (mur ainsi dire. Dams ce dernier cas, on lui a donné le nom de puiqiérisme.

Ou a trop souvent pris pour signe de l'indigence les moyens mis en oeuvre |*jur lu soulager.

Ainsi, dans telles localités où ces moyens sont abondants, où les secours sont attribués et éparpillés sans discernement ou d'après un système vicieux, la pauvreté simple peut être transformée en indigence et aboutir au jwuipérLsme.

11 y a lieu de procéder au recensement dis indigents, par circonscriptions (villes et campagnes), par ménages ou familles, et par individus (hommes, femmes, enfants au-dessous de IG ans), en distinguant :

а) ceux qui sont secourus accidentellement, temporairement ;

б) ceux qui sont secourus d’une manière permanente et continue.

Il est en outre désirable d'ajouter, autant que faire se peut, à ce recensement, le nombre des perso.mes recevant des secours d’institutions privées, soit seuls, soit cumulativement avec les secours publics, et de procéder à la révision périodique des documents, listes, registres, etc., servant à l'inscription des indigents, en distinguant les sexes et les âges.

Comme complément du recensement, il y a lieu de donner:

1. L’indication des causes principales et essentielles de l’indigence, en établissant, s’il est jiossiblo. le classement des indigents en raison de ces causes: vieillesse, mahulies, infirmités, veuvage, perte mi abandon de parents, grand nombre d’enfants, manque de travail, insuffisance du salaire i„. •• 'tires causes involontaires; incouduitc, paresse, intempérance, iraprobité ou autres causes volontaires.

2. Le nombre et la nature des établissements charitables des diverses catégories, en indiquant leur populntkm ou le nombre des indigents auxquels ils viennent en aide dans une période déterminée.

3. Les renseignements concernant spécialement le paupérisme, son caractère, ses causes, ses effets.

4. Des renseignements concernant les mendiants, les vagabonds, les indigents déclassés, sans domicile légal.

5. L’évaluation des ressources de la bienfaisance et des secours alloués aux indigents, eu distinguant ceux qui sont secourus à domicile et ceux qui sont secourus dans h*s établissements (secours internes et externes).

G. L’indication des institutions dites de prévoyance, destinées à atténuer et a prévenir l’indigence.

Io Cougrès émet le vœu que, dans un tcm|>s rapproché, se réunissent en un Congrès général les hommes qui, dans les divers pays, s’occu|>ont des questions concernant l’amélioration physique, morale et intellectuelle des classes ouvrières et indigentes.

Bruxollos

Londres

Pari»

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