‹ Compter sans son hôteChapitre 6 sur 28 · SCENE ir · texte numérisé non relu

SCENE ir

LA DUCHESSE ,

Il s'en va; il a le dernier... mais aussi, c'esl ma faute; tontes les femmes qui restent chez elles, pour être veuves, ont quelque ouvrage d'étiquette, noir, blanc ou gris de lin, qui leur donne une contenance; voilà une précaution que j'ai négligée; cela m'embarrasse de causer avec le marquis, sans rien dans les mains. Que faire ? Commencer un travail de longue haleine, quelque broderie à la Pénélope. .. il n'est plus temps ! et ce serait à désespérer tout le monde ! Bon. . . je vais prendre un livre bien savantas! n'ai-je pas quelque part, dans mon chiffonnier, un livre de

Elle rbrrrlir iluns ni m.-. ,1.1..

M. de Humboldt?. . . voyons... non... qui me l'a

pris donc? mon Dieu, où ai-je pu mettre ce chaos? Le marquis va revenir... ah! voilà mon

(Elle l'ouvre.

garde-fon. Bon Dieu , comme cela doit être en-

f File s'assied et lit.

nuyeux!... Allons, un peu de courage !... ah ça,

' Elle lelil ri la, lie.)

il ne revient pas. Il est charmant! il parle de

passer la revue de mes défauts, comme si jeu avais un régiment. C'est décidément un mal-appris. Mon père avait bien affaire d'être son oncle ! Je l'ai sur les bras pour toute ma vie. Mais c'est

( Elle relit , puis jclle le livre sur la table. )

qu'il ne revient pas. Bon Dieu, qu'est-ce que tout cela méfait?... Ce pauvre marquis, c'est qu'il m'aime tout de bon! Sans cela serait-il ici? Pour un homme du monde est-il rien de triste comme ce vieux château , au fond de ce vieil Anjou, qu'il est venu habiter là tout prés de moi, sous prétexte de surveiller des réparations! Je ne suis pas dupe, cousin , vous êtes venu sécher les larmes que j'aurais dû verser, et me distraire un peu de mon rôle de pleureuse. Je vous en sais gré au fond, et je vous aimerais, si l'amour ne conduisait pas au mariage. Mais à quoi bon commencer un roman pour arriver rie à rac à l'ccharpe de M. le maire! Une fois mariée , adieu l'empire, adieu la fête de dire oui ou non ! Une lois marié, vous seriez tout bonnement un mari ,

( Elle se levé et va à la fenêtre. )

cousin; un mari, c'est tout dire... Oui-da, le

( Parlant de la fenètn .;

voilà qui se promène ; il s'arrête ! Aon , non , marquis, je ne vous rappelle pas; le fat! Allons, je vais jouer du piano et chanter.

Elli i.e met au piano et cl.aute.)

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