PLANCHE XIII
Bas-reliefs de la rangée supérieure :
Le miracle de l'idole ;
Saint Jean-Baptiste conduit en prison (sujet répété); Mise en croix (de saint André?); Décollation de saint Jean;
L'âme du mauvais riche ballottée par les démons ; Les relevailles de la Vierge (sujet répété); Tableaux en marqueterie de la rangée inférieure : La sibylle persique, SEBILLIA PERSICA ^ La force ;^
La sibylle tiburtine, SIBILLA TIBVRTINA;
La tempérance, un frein à la bouche;
' On voit, par ces sujets, que les bas- ^ Cette inscription a été oubliée dans
reliefs ont été déplacés lors de leur restau- la gravure, ration.
Lxxvr
INTRODUCTION
La charité;
La sibylle delphique, SIBILE DELPHICEN.
La porte, en menuiserie, qui conduisait aux stalles, était digne en tout de celles-ci.
Nous avons pu recomposer cette admirable pièce de menuiserie, grâce au dessinateur qui nous a prêté le secours de son talent si fin, si précieux \
L'ancienne école, qui a semé nos monuments gothiques de tant de chefs-d'œuvre, apparaît encore là, dans toute la portion supérieure, mais comme pour y déposer son dernier soupir. La main de l'artiste, descendant aux panneaux inférieurs, les marque du cachet de la nouvelle école; elle les couvre, en jouant, de ces ravissantes arabesques, délicieux caprice qu'aucun ciseau n'effacera.
Comme pour rendre hommage à celui qui lui avait mis le ciseau à la main, et dater, en quelque sorte, son ouvrage, l'artiste y traça le portrait du créateur de Gaillon, et plaça en regard, afin qu'on n'en ignorât, l'éeusson armorié du prélat, ainsi que son patron, le glorieux saint Georges.
Quelque mérite qui éclate dans les deux autres pièces de menuiserie appartenant également à la chapelle de Gaillon , que nous avons placées à côté de la porte de cette chapelle (pl. XVI, B et C) , elles lui sont trop inférieures pour que nous nous y arrêtions.
Nous lisons dans nos comptes :
«A Thibault Roze, quinze sols pour vi peaulx de parchemin velin pour faire les pourtraicts des chaires de la chapelle , par quictance du derrein février v"^ huit ( 1 609 ). »
' M. Hercule Catenacci. heureusement associé -au crayon de Tar-
Le burin de M Henri Brevière s'est tiste.
DESCRIPTION. Lxxvii
Pourquoi ne trouvons-nous pas, à la suite, le nom de celui qui couvrit ces six peaux de vélin? Peut-être devons -nous admettre que plusieurs artistes , et non la main d'un seul , y tracèrent le plan et les détails de ces riches menuiseries; car, à cette époque, la pensée et la main ne marchaient pas séparément comme de nos jours : toute liberté était laissée à l'ouvrierartiste, il exécutait ce qu'il avait conçu.
Jusqu'à trente menuisiers furent occupés à la fois aux stalles de la chapelle; parmi ceux qui marquent en première ligne, on doit citer les maîtres menuisiers Richart Guerpe ou Carpe, Richart de la Place, Pierre Cornedieu, Colin Castille.
Les pièces en marqueterie, dans lesquelles entraient principalement des bois rouge ^ et jaune (page 3 1 4), durent passer, en partie, par les mains du maître marqneiier, Michellet Guesnon.
Ce maître , afin de détacher les figures de ses tableaux , les cerna par un trait au burin qu'il remplit d'un mastic coloré, artifice emprunté au système des nielles.
Tous ces artistes, dont les noms étaient inconnus, appartiennent à l'école rouennaise.