‹ Comptes de dépenses de la construction du château de GaillonChapitre 21 sur 318 · PORTIQUE DE L'AVANT-COUR · texte numérisé non relu

PORTIQUE DE L'AVANT-COUR

Nous n'avons pas voulu enlever à ce beau morceau d'architecture, qui décore la cour du palais des Beaux-Arts, à Paris, la dénomination un peu ambitieuse qu'on est convenu de lui appliquer. On pourrait croire qu'il avait, au château de Gaillon, d'où il sort, la même destination que la restauration qu'on lui a fait subir et l'endroit où il est placé, lui ont donnée; ce serait une erreur. Ce portail { c'est ainsi qu'il est désigné dans nos comptes) n'était point dans une position isolée comme au palais des Beaux-Arts . il était appliqué contre un corps de bâtiment dont il était partie inhérente; il en composait l'entrée.

Les ouvertures latérales qui accompagnent l'arcade centrale, au palais des Beaux-Arts comme sur notre dessin (pl. VII), faisaient partie des fenêtres du bâtiment lui-même.

Nous avons restitué à l'arcade supérieure son véritable caractère et son ornementation du temps. Au lieu d'être à jour, cette arcade surbaissée servait d'encadrement à un écusson orné, portant les armoiries du créateur du château de Gaillon, du cardinal d'Amboise.

Nous ne nous apjoesantirons pas sur la grâce, l'harmonie de la composition de ce portail, sur l'élégance des détails, sur la délicatesse de son ornementation; tout le monde a pu l'admirer au palais des Beaux-Arts. La gravure que nous lui avons consacrée (pl. VII) suiTira pour le rappeler au souvenir de ceux qui l'ont vu, et pour en donner une juste idée à ceux, en plus petit nombre, qui n'ont pas été à même d'en apprécier le mérite.

A un artiste rouennais appartient la gloire d'avoir produit

DESCRIPTION. LXXIX ce petit chef-d'œuvre ; il avait nom Pierre Fain. On lit dans nos registres :

« Pierre Fain ( alias, maistre maçon demourant à Rouen) et ses compaignons maçons, ont fait marché de faire de pierre de Vernon le portail qui elost la court du chasteau » (p. 3 1 ) .

En marge de l'article est écrit : « Portail qui clost la bassecourt, » et , dans le corps des payements : « qui clost la court où est l'entrée de Gennes. »

L'entrée de Gênes était ce long bas-relief, représentant la reddition de cette ville, qui décorait la galerie de la cour principale, dont nous avons parlé plus haut (p. lxi). Le portail était placé au point de partage des deux cours. (Voir planche II, e.) '

Nos comptes nous apprennent que, commencé vers la fin de l'année i5o8, ce portail fut achevé dans le mois de septembre ïbog. ■

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