LXXXII INTRODUCTION
avant-corps avec celui qui lui est opposé. La porte de l'escalier, qui s'ouvrait sur la façade même, est ornée avec un goût tout particulier ^
Les deux figures d'anges, qu'on voit dans la niche placée au deuxième étage, dans le trumeau central, devaient supporter un écusson aux armes d'Amboise ou de France. Les mutilations qu'elles ont subies en lygS, achèveraient, s'il était nécessaire, de le prouver.
C'est dans l'arcade au-dessous que se lit la longue inscription latine
MEMORISE POSTERITATI HONORI SACRVM, ETC.
que nous avons rapportée dans le Récit historique qui précède cette Description (p. xxiii) , et dont notre dessin (pl. VI) offre le fac-similé.
Cette inscription , postérieure de plus d'un siècle à la construction de cette portion du château , dut remplacer une décoration d'un autre genre, bas-relief ou autre, dont il ne reste ni trace ni souvenir.
Le nouveau style brille , presque pur, dans la double façade de ce pavillon, qui sert d'introduction au château de Gaillon.
Comme dans presque tous les monuments du siècle qui le vit naître, les ornements arabesques, qui constituent un des principaux caractères de ce nouveau style, toujours en harmonie pour la masse, d'un membre d'architecture à fautre, sont constamment variés dans le détail. Les artistes de cette époque, supérieurs en cela à ceux de nos jours, s'étudiaient à ne pas se répéter. Leur génie ne pouvait s'emprisonner dans
' Cette porte est aujourd'hui murée. '
DESCRIPTION. Lxxxm
une imitation absolue, froide et stérile. Ils se complaisaient à cette liberté pleine de caprice et de charme, qui rend si attrayante l'étude de leurs œuvres. '
Pour tout œil exercé , l'architecture du pavillon d'entrée du château de Gaillon a l'analogie la plus complète a^vec le portail aujourd'hui déposé au palais des Beaux-Arts. Il est impossible de ne pas retrouver sur ces deux monuments un cachet de famille; ils doivent être sortis de la même main.
A un Piouennais donc reviendrait l'honneur de cette nouvelle composition. La construction de ce pavillon rentrait dans le marché à forfait conclu par cet architecte et ses compaignons vers la fin de l'année 1607, et doit appartenir à l'année i5o8 ou à l'année 1609 au plus tard. (Voir p. 2 55.)
Nous avons passé en revue tout le corps du château; portons-nous dans les cours extérieures et dans les jardins. Là se terminera notre excursion.