‹ Conception actuelle des désinfections terminalesChapitre 24 sur 37 · A L'ÉTRANGER · texte numérisé non relu

A L'ÉTRANGER

C'est au Brésil et en premier lieu à l'Etat de Sao Paulo, que semble appartenir la priorité dans l'applition des mesures rationnelles de lutte contre les maladies transmissibles.

Ces mesures reposent sur le principe suivant : IL importe plus de détruire les germes dès leur émission que lorsqu'ils sont déposés sur les objets. En conséquence :

10 au cours d’une maladie contagieuse :

— on fera des désinfections concomitantes nom breuses ; — si cette désinfection n’est pas effectuée et à forliori si elle l’est, un simple nettoyage détruira les germes qui se sont déposés sur les objets ;

OP pue

20 au cours d’une épidémie :

— on recherchera les porteurs de germes et on leur appliquera les mesures prophylactiques spécifiques de l'affection en cause.

Une destruction précoce est, en effet, préférable

pour plusieurs raisons :

10 elle diminuera les risques de contamination ;

29 elle atteindra les microbes au maximum de leur virulence ;

3° d’autre part, une fois déposés sur les objets les microbes voient leur nocivité s’atténuer rapidement et leur destruction est, à ce moment là, moins utile.

A ces raisons scientifiques s’ajoutent des raisons d'ordre économique et pratique :

— Son prix de revient considérablement moins élevé en raison de : |

— la plus grande facilité d'opération. Une désinfection finale telle qu’elle est pratiquée actuelle ment nécessite un matériel compliqué. De plus son efficacité n’est pas reconnue de tous.

William Walton, de Nexton, a fait à ce sujet les expériences suivantes, répétées 24 fois :

IL a exposé des tubes ensemencés de bacilles diphtériques staphylocoques et streptocoques dans une chambre.

Après désinfection par fumigations on réensemence ees tubes.

Sur 82 tubes exposés, la presque totalité a donné des résultats positifs.

met DR

En appréciant ces expériences, le D' Andrew Balfour, directeur de l’Ecole d'Hygiène de Londres, s’exprime ainsi au sujet des fumigations : « It is undou-

btedly a process of camouflage (1) ».

Nous allons voir maintenant quelques résultats obtenus en nous référant aux statistiques établies dans

différents pays ou villes :

— Baltimore et Buffalo pratiquaient des désinfections terminales. Providence les avait supprimé (2).

10 À Baltimore, de 1903 à 1900, il y eut 6.931 cas de diphtérie avec 122 réapparitions, soit un pourcentage de 1, 6.

À Providence, pendant la même période, il y eut h. 189 cas ; et on a vérifié 69 réapparitions, soit 1,6%;

20/ A Baltimore, de 1903 à 1900, il y eut 5. 792 cas de scarlatine avec 84 réapparitions, soit 1, 44 %

À Buffalo, 3029 caset 117 réapparitions, soit3,8%.

À Providence, 1. 8or cas, et 31 réapparitions, soit 1:79 %

— À Aberdeen, les désinfections pour la rougeole pratiquées pendant vingt ans n'ont eu nul effet apparent sur la courbe de la maladie.

Et à New-York, la suppression des désinfections, du

(1) Office International d'Hygiène Pablique, mai 1926, n° 5,t. XVIII p. 490. — Trad : C’est incontestablement un trompe l'œil. (2) Chapin, Sources and Modes of Infection.

CPR

10 janvier au 1° mars, n’a été suivie d'aucune conséquence fàcheuse.

— Washinglon fut la dernière ville des U. S. A. à abandonner la pratique des désinfections par fumigations ; le changement eut lieu en janvier 1931 ; voici quelques chiffres communiqués par cette ville.

a pour les années 1928, 1929, 1930 il y eut respectivement : 46,52,85 cas detyphoïde ; 1288, 689, 7r9descarlatine; 1267,527, 537 dediphtérie ;

b) pour les années 1931, 1932, 1933 il y eut: 64, 67, 67, cas de typhoïde ; 890, 814, 600 de scarlatine ; 574, 4ot, 388 de diphtérie (x).

Nous ne poursuivrons pas plus longtemps une énumération un peu fastidieuse. Cependant ces quelques chiffres permettent de se rendre compte que l'abandon des désinfections terminales n’a eu aucune répercussion fâcheuse sur la morbidité des différentes maladies contagieuses : s’il n’y pas eu de diminution (et il ne pouvait y en avoir de ce seul fait : en effet, la suppression d’une mesure inutile ne peut constituer une amélioration de l’état sanitaire, ce n'est que, lorsque les désinfections concomitantes seront faites en temps utile et avec soin que l’on pourra juger des résultats obtenus), du moins n’a-t-on jamais noté d’augmentation.

L'Office international d'hygiène publique a ouvert ré-

(1) Office International d'Hygiène Publique, supplément au n° II, novembre 1934, p. 56.

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