INTRODUCTION
Depuis plus de trente ans, la lutte contre les maladies contagieuses est administrativement basée en fait sur la désinfection terminale. De toutes les mesures très judicieuses prévues par la loi de 1902, c'est en effet, la seule vraiment applicable.
Or, depuis de nombreuses années, plusieurs grandes nations à l’instigation de leurs hygiénistes, se sont décidées à supprimer cette désinfection ou tout au moins à en diminuer considérablement l’importance et les résultats obtenus semblent encourageants.
En France, de nombreux savants ont soutenus cette thèse, mais la loi n’a pas été modifiée et les Pouvoirs publics sont encore actuellement astreints à employer des procédés univoques après transport, guérison ou décès du contagieux.
La question paraît connaître actuellement la faveur du premier plan parmi les préoccupations des hygiénistes. Un mouvement très net se dessine pour la simplification de la désinfection terminale, pour la placer dans un rang beaucoup plus modeste dans
l'armement prophylactique, ou même pour la rejeter complètement après un bon nombre d’affections contagieuses. Un récent Congrès d'Hygiène (1) a consacré une conférence à l’étude de ce problème et la discussion qui a suivi a permis de se rendre un compte exact de l'intérêt suscité par cet exposé.
Ayant eu professionnellement l’occasion d'étudier
de près un département français dans lequel une expérience pratique se poursuivait, il nous a paru intéres-—
sant de reprendre impartialement les données du problème, de l’étudier à la clarté des connaissances scientifiques actuelles et de rapporter dans ce travail ce qui a été fait et ce qui a été dit sur ce sujet.
Pour ce faire nous allons successivement envisager :
— la contagion ; — les ennemis naturels des microbes :
— l’action des agents chimiques.
Nous résumerons ensuite les récentes applications pratiques qui ont été réalisées dans les principales nations, puis en France, en indiquant, comme exemple concret, l’organisation actuelle du département de Seine-et-Marne.