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METHODES D'ENSEIGNEMENT

L'école de plein air-devrait être l’école ordinaire normale, visant au développement intégral et harmonieux de l'enfant, avec un égal souci de son être physique, moral et intellectuel.

A l’heure actuelle elle n’est encore qu’une école de redressement physique, école qui s’efforce de réparer les maux de toutes sortes causés aux enfants fragiles. et débiles tant par le régime scolaire ordinaire que jar un régime familial antihygiénique. |

L'organisation pédagogique des écoles de plein air, étant donné le but qu’elle se propose, doit chercher à donner aux enfants une orientation différente des. programmes en vigueur et des méthodes employées. dans les écoles publiques.

Il nous faut encore insister sur un point. L’école,. outre ses méfaits d'ordre sanitaire, a aussi, à son actif, des méfaits d’ordre purement pédagogique; l’un des. principaux étant la multiplicité des matières dans les programmes scolaires.

Ce très grand nombre de sujets d’études différentes, outre qu’il produit un enseignement en surface et sans profondeur, oblige l’instituteur à couper les séances.

Tete

cu matin et de l’après-midi en trois ou quatre leconsdifférentes ne durant chacune qu’une demi-heure ou trois quarts d’heure au plus.

Très rares sont les leçons d’une heure, chaque leçon nouvelle impose à l'enfant une nouvelle mise en marche de son cerveau, dans un sens différent de celui imposé par la leçon précédente.

Ce morcellement de l'emploi du temps, cet émiette-. ment du travail, ces changements répétés sont un obstacle au développement de l’attention et à la fixa-. tion de l’esprit; ils provoquent la dispersion des idées; enfin ils engendrent une fatigue nerveuse qui n’est pas étrangère à l’agitation, voire même à l’instabilité: de tant d’écoliers des grandes villes.

Pour les enfants dit nerveux qui ne peuvent tenir en place et pour ceux qu’on appelle les débiles mentaux, l’Ecole de plein air actuelle doit donc être aussi la grande réparatrice, à condition bien entendu qu’il ne s'agisse point de troubles mentaux caractérisés ou de véritables tares intéressant les centres nerveux ; dans ce dernier cas les enfants atteints relèvent non de l'Ecole de plein air, mais de la maison spéciale de cure ou de lasile.

Le programme de l'Ecole de plein air pris dans son sens le plus large est en somme celui-ci

« Réparer les troubles physiques et les troubles intellectuels légers, autrement dit : recréer en quelques sortes ces enfants affaiblis, amener leur organisme physique à son plein fonctionnement et leurs facultés intellectuelles à leur maximum de rendement, en un

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mot, faire de ces petits des êtres robustes, des esprits solides » (Mile Chauveau).

Avant de passer en revue les moyens employés pour

refaire l'éducation physique, hygiénique et intellectuelle des enfants, nous allons rappeler ici la méthode d'enseignement mis en pratique à l'Ecole de plein air de Fontaine-Bouillant, organisée sous la direction de M. le prof. Méry.

Tout le système éducatif repose à Fontaine-Bouil- Jant sur la force des habitudes et le contact avec la nature.

Là on s'efforce :

De modifier la manière de croire des enfants, de leur inculquer des habitudes par la vie pratique qui leur est imposée.

De les persuader de la supériorité et de l’excellence de ces nouvelles habitudes, par l’enseignement du plein air que réclamait M. le prof. Léon Bernard.

D’agir sur la volonté de l’enfant, d'obtenir la promesse sérieuse que, de retour chez lui, il s’efforcera de conserver les habitudes acquises à l'Ecole de plein air. Ceci est l'éducation morale, la culture de la vo-

lonté (Mile Chauveau).

Il faut que le séjour de l’enfant à l’Ecole de plein eir soit suffisamment prolongé pour laisser en lui des traces durables, tant au point de vue physique qu’au point de vue intellectuel ou moral; à ce prix seulement les habitudes nouvelles seront assez solides pour avoir change de survie.

Car il faut du temps pour créer des habitudes.

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