INTRODUCTION
L’allergie, modification fonctionnelle anormale, latente, tendant d'elle-même. à persister, éventuellement produite par un agent déterminé, ayant pour principal caractère de se manifester spécifiquement lors d’une intervention ultérieure de l’agent causal, ou d’un agent qui en procède, par des réactions passasères et sans spécificité propre, que cet agent n’a pas la propriété de susciter en première rencontre, peut se manifester par des syndromes humoraux ou des syndromes tissulaires, les deux étant parfois intriqués. |
Parmi les éléments pathologiques dans lesquels cette intrication est le plus manifeste, certaines côlites, et en particulier les entérocôlites muco-membraneuses, réalisent le tableau de l’hyperergie ou de la parallergie à des allergènes dont la mise en évidence est fréquemment impossible.
Du fait même de la difficulté de déceler ces allergènes naissent les difficultés thérapeutiques qui, faisant appel à toutes les méthodes de désensibilisation, spécifiques ou aspécifiques, sont souvent incapables
de modifier le facteur « terrain » dont le rôle est re Ms mis en valeur par l’école néo-hippocratique. | Nous allons nous efforcer, dans les pages qui vont
suivre, de rappeler les conceptions actuelles Re l'existence des côlites allergiques. Nous montrerons € également quels ont été les essais thérapeutiques et nous nous efforcerons d'en dégager les conclusions auxquelles on peut parvenir dans l’état actuel de nos connaissances. |
GENERALITES SUR LES COLITES
Etudions rapidement les côlites et voyons d’abord ce qu'il faut entendre par ce mot. 2 ‘La côlite est une affection caractérisée par des douleurs côliques, des troubles fonctionnels du gros intestin et des modifications des selles. ne:
C’est là une définition bien générale, aussi réservet-on le plus souvent ce terme aux inflammations côliques d’apparence primitive, les autres côlites, spécifiques ou secondaires, étant décrites avec l'infection générale ou locale qui en est la cause. ; Iya plusieurs formes de côlites, que nous pouvons distinguer au point de vue anatomo-pathologique en : côlites superficielles, le plus souvent diffuses, s’éten- < dant à une grande partie du côlon et parmi lesquelles on observe des formes aiguës et des formes chroniques.
La différenciation entre les formes aiguës et chroniques n’est pas nette en réalité, car généralement la forme chronique succède à la forme aiguë ou la forme aiguë n’est qu'une poussée sur un état chronique.
côlites profondes, le plus souvent segmentaires où
En A
on distingue des formes ulcéreuses, des formes phlegmoneuses, des formes gangréneuses.
Les principales variétés anatomo- cliniques se dif-
férencient en :
A) COLITES GÉNÉRALISÉES.
1) côlites muqueuses aiguës ou chroniques ;
2) côlites graves parmi lesquelles on range
les côlites ulcéreuses aiguës ou côlites dysentériformes,
les côlites ulcéreuses chroniques dont quelquesunes s’accompagnent d’hémorragies,
les côlites phlegmoneuses ou gangréneuses, heureusement très rares, car elles se terminent le plus souvent par la mort.
B) COLITES SEGMENTAIRES.
a) Typhlites — c’est l’inflammation primitive du coecum qui présente également une forme aiguë et une forme chronique ou dyspepsie coecale, celle-ci caractérisée par des douleurs dans la fosse iliaque droite, de la constipation ou fausse diarrhée et qui se traduit un peu plus tard par de la dilatation du coecum. C’est dire si le diagnostic différenciel est parfois difficile avec l’appendicite chronique ou la tuberculose coecale ;
b) côlites ascendantes ;
c) côlites angulaires :
d) côlites transverses.
Det) et
LE SYNDROME COLOPATHIQUE.
Dans toutes ces formes, dont le diagnostic sera fait par quelques signes propres à la variété, on rencontre, comme nous le disions dans la définition, un syndrome côlopathique caractérisé par des douleurs, des troubles fonctionnels et des modifications des selles.
Les douleurs. —— C’est d’abord une sensation continue, permanente d’endolorissement, de pesanteur, de barre, de distension abdominale sur laquelle se greffent de temps à autre des coliques localisées soit sur toute la longueur du cadre côlique, soit sur le côlon droit seul, en cas de côlite avec diarrhée, soit sur le côlon gauche dans la côlite avec constipation.
L’intensité des douleurs augmente encore au mo-
ment des défécations.
Les selles. — Leur modification est constante,
On trouve fréquemment de la diarrhée simple, trois selles par jour survenant à des heures variables, de couleur jaunâtre ou brunâtre, mousseuses, volumineuses, dégageant des gaz en abondance.
Parfois, on note des selles dysentériformes dans les formes graves, 10 à 12 selles par jour, liquides, mêlées de glaires sanglantes où on peut trouver même du pus, des lambeaux de muqueuse intestinale ; elles peuvent être franchement hémorragiques. Dans d’autres cas, les forms segmentaires gauches, les malades présentent de la constipation dûe à de la sfénose cicatricielle ou déterminée par l’atonie intestinale ; constipation qualitative formée de selles qui, si elles
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sont quotidiennes, n’en sont pas moins insuffisantes ou constipation quantitative formée de selles rares ne survenant qu’à quelques jours d’intervalle.
On trouve enfin des fausses diarrhées qui ne sont qu’une variété de constipation. Elles sont constituées par plusieurs selles quotidiennes formées de parties solides et liquides ; la partie solide marque le début de la défécation.