SCENE XVIII
Les Précédens , CARLINE.
CARLINE, entrant en pleurant.
C'est une indignité ! une horreur 1 j'en demanderai justice à son Altesse.
ASTUCIO
Ma femme toute en pleurs- . • qu'est-il donc arrivé ?. . Est-ce que la Molinara elle est déza finie ?
CARLINE , toujours pleurant.
Je crois bien ; je n'en ai pas chanté la moitié ; on ne me l'a pas laissé achever ; à chaque note , un accompagnement.
ASTUCIO, avec colère.
Il se pourrait . . .
CARLINE
Oui , il y avait là une foule d'étrangers.
ASTUCIO
Dieu ! ze ne les ai pas décommandés !
VICTOR , l'interrompant.
Là , Monseigneur . . . vous l'entendez l
ASTUCIO, à part.
Dio ! quelle bêtise elle vient de mi échapper ! LE prince.
Vous en convenez donc , enfin, signor Astucio ! {à sa cour.) c'est-à-dire, que moi, prince souverain, j'ai jouté toute la journée contre ce damné d'Italien , sans pouvoir l'emporter sur lui, et qu'il m'a été presqu'impossible de faire entendre une cantatrice que je protégeais , et dont il ne voulait pas !
ASTUCIO
Si votre Altesse elle savait dans quelles intentions ! dans quels motifs..
LE PRINCE, avec ironie.
Je les devine . . . c'est dans la crainte , n'est-ce pas , que je ne me laissasse séduire par ses accens enchanteurs. . . •
Mon Prince , je ne dis pas • .